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Hosha'ana Rabba et la Veillée

Le jour de Hosha’ana Rabba est le 7ème jour de la fête de Soukkot (Dimanche 23 Octobre 2016).

Il marque la dernière étape des Yamim Noraïm (les jours redoutables).

En effet, l’univers est jugé le jour de Rosh Ha-Shana, le verdict est prononcé et inscrit le jour de Yom Kippour, mais la sentence n’est scellée définitivement que le jour de Hosha’ana Rabba.

C’est pourquoi ce jour est surnommé « Yom Kippour Katan » (« le petit Yom Kippour »).

La veillée

C’est aussi pour cette raison que nous avons l’usage de resté éveillé toute la nuit de Hosha’ana Rabba (cette année 5777, la nuit de Samedi 22 Octobre 2016 au Dimanche 4 Octobre) pour étudier la Torah.

Le jour de Hosha’ana Rabba, nous devons intensifier le repentir et les prières.

Le Gaon Rabbenou Yossef ‘HAÏM de Bavel (Bagdad, l’auteur du Ben Ish ‘Haï) z.ts.l – dans son livre Shou’t Rav Pe’alim (tome 1 section sur la Kabbala « Sod Yesharim » chap.9) – fut consulté sur la question suivante :

Est-il convenable aux femmes d’étudier le Seder (le programme) d’étude spécifique

à la nuit de Shavou’ot, ainsi que celui propre à la nuit d’Hosha’ana Rabba ?

Il répondit que dans son foyer, les femmes ne réalisent pas le Seder d’étude de la nuit de Shavou’ot, et vont dormir. Bien qu’il s’agisse de femmes très érudites, qui ont l’usage de lire des Tehilim chaque jour, et qui ont aussi un programme d’étude quotidien, malgré tout, il n’est pas bon selon la Kabbala, que les femmes restent éveillées durant la nuit de Shavou’ot. Le Gaon amène un fondement à cela, à partir du Zohar Ha Kadosh.

C’est ainsi qu’écrit également notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Zatsal, dans son livre ‘Hazon ‘Ovadia – Yom Tov (page 310).

Mais la nuit d’Hosha’ana Rabba n’est pas incluse dans cela, et il est bon même pour les femmes de rester éveillées durant cette nuit pour lire des Téhilim ou étudier des choses qui les concernent, tout comme les hommes.

Il est juste d’étudier avec l’assemblée durant cette nuit là, le « Tikoun » imprimé dans le livre « KERIE MO’ED - Tikoun de Hosha’ana Rabba  » qui a été composé et instauré selon les recommandations des Kabbalistes.

Cependant, celui qui éprouve le désir d’étudier la Guémara et les décisionnaires a sur quoi se fonder.

Mais si la majorité de l’assemblée lit le Tikoun, il n’est pas du tout convenable de s’en écarter.

Le café ou le thé durant la veillée

Durant la nuit d’étude, si l’on consomme à plusieurs reprises du thé ou du café, on ne récite la bénédiction qu’une seule fois lors de la première consommation, même si la consommation suivante se fait plus de 72 mn plus tard.

Cependant, il est bon de penser lors de la première consommation, à acquitter toutes les consommations de thé ou de café suivantes.

Par contre, si l’on sort à l’extérieur de l’enceinte de la synagogue (dehors), même si l’on a laissé des personnes à l’intérieur, il faut réciter de nouveau la bénédiction sur le café ou le thé.

Les bénédictions du matin

On ne peut réciter les bénédictions de la Torah (« …Asher Kiddéshanou Bémitsvotav Vétsivanou ‘Al Divré Torah » et « …Asher Ba’har Banou… ») qu’à partir de l’aube.

Les Séfaradim ont l’usage de réciter chacun individuellement les bénédictions du matin, ainsi que celles de la Torah, sans s’imposer de les entendre de la bouche d’une personne qui a dormit une demi heure.

Lorsqu’on a veillé toute la nuit, on procède à la Nétilat Yadaïm du matin sans réciter la bénédiction.

Si l’on va aux toilettes, on récitera la bénédiction de Asher Yatsar.

L’office de Sha’harit

Il faut se ressaisir lors de la prière de Sha’harit, afin de ne pas perdre le mérite d’être resté éveillé durant toute la nuit pour étudier la Torah, pour finalement s’endormir durant la lecture du Shéma ou la ‘Amida.

Après la ‘Amida et la lecture du Hallel, on entoure 7 fois la Téva où se trouve le Sefer Torah, en récitant des prières et des supplications.

La ‘Arava au sol

Après l’office de Moussaf, on procède à la tradition instaurée par les prophètes d’Israël, en frappant un sol brut au moyen de 5 branches de ‘Arava (feuilles de saule).

Lé’haté’hila (à priori), il faut éviter de prendre la ‘Arava qui se trouve dans le Loulav.

Si on n’arrive pas à s’en procurer une autre, on peut autoriser en cas de force majeure.

Il est aussi possible de se transmettre les branches de ‘Arava après les avoir frappé au sol, à la condition qu’elles restent valables selon la Hala’ha, c'est-à-dire, qu’il reste au moins la majorité des feuilles.

Voici l’explication donnée par le Gaon Rabbi Avraham ABIKZER Shalita (rapportée dans le livre Drahot Lé-Mo’adim du Gaon Rabbi Aharon ZAKAÏ Shalita) :

La ‘Arava symbolise les lèvres (par la forme des ses feuilles), et elle symbolise aussi le Rasha’ (l’impie)

En effet, les 4 espèces (le Loulav ; le Etrog ; le Hadass ; la ‘Arava) correspondent chacune à une catégorie d’individus du peuple d’Israël :

Le Etrog possède une bonne odeur et un bon goût. Il représente les gens qui ont des connaissances dans la Torah et possèdent aussi des actions de qualités.

Le fruit du Loulav est comestible mais n’a pas d’odeur. Il représente les gens qui possèdent des connaissances dans la Torah mais ont des actions détestables.

Le Hadass (feuilles de myrtes) possède une bonne odeur mais n’a pas de goût. Il représente les gens qui ont de bonnes actions mais n’ont pas de connaissances dans la Torah.

La ‘Arava n’a ni odeur ni goût. Elle représente les gens qui n’ont ni bonnes actions, ni connaissances dans la Torah.

Il est aussi écrit au sujet des Résha’im (les impies) : « La poussière dans leurs bouches ».

C’est donc pour cette raison que nous frappons les branches de ‘Arava au sol, puisqu’elles symbolisent la bouche (les lèvres) des Résha’im qui profèrent des propos insultants à l’égard de la Torah et des Talmidé ‘Ha’hamim (les érudits dans la Torah).

Après avoir frappé la ‘Arava, on a l’usage de retourner dans la synagogue pour dire le chant de Nishmat Kol ‘Haï (sans la conclusion « Baroukh Ata…Mélekh Méhoulal… ») en ouvrant les portes du Hé’hal.

On déclare aussi que nous seront là – avec l’aide d’Hashem – l’année prochaine pour dire de nouveau Nishmat Kol ‘Haï.

 

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