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La règle pour un aliment constitué de plusieurs espèces II

Dans les précédentes Halah’ot, nous avons expliqué la règle essentielle selon laquelle, lorsqu’on consomme 2 aliments dont la bénédiction est différente, et que l’un d’entre eux est considéré comme aliment principal et l’autre secondaire, on ne récite pas de bénédiction sur chacun de ces 2 aliments de façon indépendante, mais seulement sur l’aliment principal et l’on acquitte ainsi l’aliment secondaire de bénédiction. C’est pourquoi si l’on consomme un aliment très salé ou très doux, et que l’on désire consommer ensuite un morceau de pain seulement dans le but d’atténuer le goût de l’aliment précédent, on ne récite pas de bénédiction sur le pain, car il est considéré dans ce cas comme secondaire, et acquitté de bénédiction par celle de l’aliment précédent.

Il est évident que lorsqu’on dit que l’on doit réciter la bénédiction sur l’aliment principal et que l’on acquitte ainsi le pain, ceci n’est valable que lorsqu’on n’est absolument pas intéressé par la consommation du pain, excepté pour atténuer le goût de l’aliment précédent.

Par conséquent, même si l’on consomme une quantité de pain plus importante que l’aliment salé consommé précédemment, malgré tout, on ne récite pas de bénédiction sur le pain, puisqu’il est secondaire.

Mais si l’on a aussi l’intention de consommer le pain, il est certain qu’il faut réciter la bénédiction de Ha-Mosti sur le pain, et dans cette condition, il  ne faudra pas réciter de bénédiction sur l’aliment salé puisqu’il est consommé pendant un repas.

Dans la précédente Halah’a, nous avons expliqué que lorsque sont mélangés 2 aliments, et que l’un d’entre eux est un aliment sur lequel on récite la bénédiction de Mézonot, comme une tarte que l’on a confectionnée avec un peu de farine, on considère toujours l’espèce du Dagan (la récolte, comme le blé, l’orge…) comme aliment principal. C'est pourquoi il faut réciter la bénédiction de Mézonot sur une tarte même si les autres ingrédients sont plus importants que la farine en quantité.

A la lueur de ce que l’on a dit, le Gaon Rabbi David YOSSEF Chlita écrit dans son livre Halah’a Béroura (chap.212) au sujet de ce que l’on trouve de notre époque, que l’on consomme du poisson salé sur des Crakers dont la bénédiction est Mézonot, en plaçant le poisson sur le Craker.

Le Din est le suivant :

Si la véritable intention du consommateur est de consommer uniquement le poisson salé, mais en raison du goût salé trop important, il l’accompagne de Craker afin d’atténuer le goût du poisson, s’il n’aurait absolument pas consommé de Crakers sans le poisson, dans ces conditions le poisson est considéré comme aliment principal et l’on doit réciter la bénédiction de Chéhakol Nihya Bidvaro sur le poisson en acquittant les Crakers. Même si les Crakers sont en quantité plus importante que le poisson, malgré tout, ils sont considérés comme aliments secondaires vis-à-vis du poisson, et sont acquittés de bénédiction par celle récitée sur le poisson.

Mais dans le cas contraire, si l’intention principale du consommateur était de consommer les Crakers, et pour leur donner du goût il ajoute du poisson, dans ce cas le poisson ne peut être considéré comme aliment principal, et c’est pourquoi il faut réciter la bénédiction de Mézonot sur les Crakers, et cette bénédiction acquittera également le poisson salé.

Même dans le cas où l’on a l’intention de consommer des 2 aliments, c'est-à-dire, aussi bien le Craker que le poisson sans que l’un soit plus important que l’autre aux yeux du consommateur, malgré tout, on récitera la bénédiction de Mézonot sur le Craker et l’on acquittera par cette bénédiction le poisson, car tout aliment qui fait partie des espèces du Dagan (récolte, comme le blé ou l’orge) et dont la bénédiction est Mézonot, est toujours considéré comme aliment principal, comme nous l’avons expliqué.

Cependant, certains décisionnaires font remarquer que puisque le Craker et le poisson sont 2 aliments distincts, on ne peut parler de principe d’aliment principal et d’aliment secondaire puisque l’aliment fait à base de Dagan est principal vis-à-vis de l’autre aliment seulement lorsqu’ils sont mélangés, comme dans un gâteau par exemple, mais lorsqu’ils sont tous les 2 distincts, on doit réciter sur chacun la bénédiction qui lui correspond. C’est pourquoi ces décisionnaires écrivent qu’il faut dans ce cas réciter avant tout Mézonot sur le Craker et ensuite Chéhakol sur le poisson. C’est ainsi que tranche le Gaon auteur du Michna Béroura.

Mais notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita – dans son livre Chou’t Yabiya’ (tome 7 sect. O.H chap.33) – réfute les propos de ces décisionnaires, et selon son opinion, dès lors où l’on consomme les 2 aliments ensemble, le fait qu’ils étaient distincts ne fait aucune différence, et l’on doit donc réciter la bénédiction sur l’aliment principal qui est le Craker, et ainsi acquitter l’aliment secondaire qui est le poisson.

Par conséquent, lorsqu’on consomme des Crakers accompagnés de poisson salé, et que l’on n’a absolument pas l’intention de consommer les Crakers puisqu’ils ne sont là que pour atténuer le goût salé du poisson, dans ce cas, on ne récite pas de bénédiction sur les Crakers, mais seulement Chéhakol sur le poisson, et l’on acquitte par cette bénédiction les Crakers qui sont considérés comme aliments secondaires vis-à-vis du poisson.

Mais si l’intention essentielle du consommateur était de consommer aussi les Crakers, puisqu’il en apprécie également le goût, dans ce cas, le Craker qui est un Mézonot est donc considéré comme aliment principal vis-à-vis du poisson, il faut donc réciter la bénédiction de Mézonot sur le Craker, et l’on acquitte ainsi le poisson salé.

 

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