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Changement d’endroit pendant le repas, conséquent au retentissement d’une sirène d’alerte, ou autre impératif.

Le principe du changement de place pendant la consommation, est que celui qui quitte sa maison pendant qu’il mange pour aller dans la maison d’autrui se trouvant dans un autre immeuble à proximité, s’il désire poursuivre cette consommation, il devra réciter de nouveau les bénédictions sur ce qu’il consommera.

Nous avons cité beaucoup de cas pratiques sur ce sujet. Nous avons écris - entre autres - que cette règle ne s’applique que sur un aliment sur lequel il n’y a pas d’obligation de réciter la Bérah’a Ah’arona (bénédiction finale) sur le lieu de la consommation, par exemple des fruits ou des légumes sur lesquels on peux réciter la Bérah’a de Boré Néfachote à n’importe quel endroit.

C’est pourquoi, dés lors où l’on a quitté le lieu de la consommation, cette consommation s’achève immédiatement et l’on est tenu de réciter de nouveau les Bérah’ot si l’on désire continuer à consommer. Mais si l’on consommait des aliments pour lesquels on est tenu de réciter la Bérah’a finale sur le lieu de la consommation, par exemple du pain, pour le quel on est tenu de réciter le Birkat Ha-Mazon sur le lieu de la consommation, dans ce cas même si l’on a quitté le lieu de la consommation, on ne récitera pas de nouveau les Bérah’ot si l’on désire continuer à consommer, car puisque l’on est - de toutes façons - tenu de retourner sur le lieu initial afin d’y réciter le Birkat Ha-Mazon, le départ du lieu initial ne représente donc pas la fin de la consommation, la personne est donc encore dans ce repas, et par conséquent, elle ne récite pas de nouveau les Bérah’ot.

Nous pouvons à présent traiter de la question qui nous a été posée durant le dernier conflit armé.

Une personne qui était en train de consommer un repas accompagné de pain, à son domicile, quand soudain, retentie une sirène d’alerte, qui oblige cette personne à sortir subitement de chez elle, pour aller se réfugier dans le Miklat (l’abri) situé à proximité de l’immeuble où elle habite. Au bout de quelques minutes, cette personne remonte chez elle, et désire poursuivre son repas, est-elle tenue de réciter de nouveau les Bérah’ot sur ce qu’elle va maintenant consommé, ou pas ?

Il semblerai apparemment qu’il faut de nouveau récite les Bérah’ot, car concernant une consommation de pain, le fait qu’on n’est pas tenu de réciter de nouveau les Bérah’ot, est valable uniquement parce que l’on doit retourner sur le lieu initial afin d’y réciter la Bérah’a finale, car puisque l’on est tenu de retourner sur le lieu de la consommation, le départ de ce lieu n’est pas considéré comme la fin du repas. Par contre, lorsque nous disons que l’on est tenu de réciter sur le lieu de la consommation, il s’agit uniquement du cas où l’on a quitter le lieu de la consommation de façon volontaire, mais dans le cas où l’on a quitté le lieu de la consommation de façon forcée, par exemple dans le cas d‘une sirène d’alerte, que nous traitons aujourd’hui, où l’on a quitté le lieu de la consommation de façon involontaire, MARAN l’auteur du Choulh’an ‘Arouh’ a déjà tranché ce cas (au chap.184), et dans ce cas on n’est pas tenu de retourner sur le lieu initial afin d’y réciter le Birkat Hamazon.

Nous pouvons donc en déduire que même si l’on était en train de consommer du pain, dés lors où l’on a quitté le lieu initial de façon forcée, on est tenu de réciter de nouveau les Bérah’ot si l’on désire poursuivre la consommation, car dans ce cas, on n’est pas tenu de retourner sur le lieu initial de la consommation, et ce cas est donc similaire au cas de la personne qui était en train de consommer des fruits, et qui a quitté le lieu de la consommation, cette personne est tenue de réciter de nouveau les Bérah’ot si elle désire poursuivre sa consommation. On peut s’étendre d’avantage sur ce sujet (même si les choses nécessitent réflexion sur le plan pratique).

Malgré tout, puisque la question touche un grand nombre de personnes, nous avons consulté notre grand maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita, et il nous a répondu que selon la Halah’a, il faut enseigner - sur ce cas précis - que lorsqu’on revient à l’endroit initial, on n’est pas tenu de réciter de nouveau les Bérah’ot. La raison invoquée est en rapport avec les propos de notre maître le RYTBA dans ses commentaires sur la Guemara Souka (45b), et voici ses termes : « Similairement, au sujet des Bérah’ot alimentaires, lorsqu’on quitte les lieux au milieu du repas, dans l’intention d’y revenir immédiatement, il ne faut pas réciter de Bérah’a ni pour ce que l’on a consommé, ni pour ce que l’on va continuer à consommer, car on est retourner à notre décision initiale. »

Ces propos du RYTBA nous indiquent donc que même si l’on dit que tout départ du lieu de la consommation, est considéré comme la fin de la consommation, ceci n’est valable que lorsqu’on a quitté les lieux sans raison apparente, et que l’on ne pense pas revenir sur le lieu de la consommation, mais si l’on est sorti un court moment, et qu’on a l’intention de revenir sur le lieu de la consommation, ce départ n’est pas considérée comme la fin de la consommation, et la Bérah’a initialement récitée au début de la consommation acquitte encore la personne de réciter de nouveau les Bérah’ot.

A partir de là, nous pouvons conclure pour notre sujet. Une personne forcée de quitter le lieu de sa consommation et de descendre se réfugier dans l’abri par crainte des missiles, puisque cette personne a l’intention de retourner sur le lieu de la consommation afin d’y poursuivre sa consommation immédiatement après l’alerte, en particulier parce qu’elle ne sort pas de son propre gré, lorsqu’elle reviendra à son endroit initial, elle ne doit pas réciter de nouveau les Bérah’ot sur ce qu’elle consommera.

 

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