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Question : Lorsqu’une personne se trouve en milieu de repas, et qu’elle doit se rendre aux toilettes, à son retour, doit-elle de nouveau procéder à la Nétilate Yadaïm avec la Bérah’a et réciter de nouveau la Bérah’a d’Ha-Motsi, ou non ?

Réponse :

Nous avons déjà expliqué que lorsqu’une personne sort – pendant le repas – de la pièce où elle prend son repas, pour se rendre dans une autre pièce, même s’il ne faut pas agir ainsi Léh’atéh’ila (à priori), malgré tout, si on a agit ainsi, il ne faut pas réciter de nouveau la Bérah’a sur ce que l’on va continuer à consommer. On peut déduire de là pour le cas de la personne qui se rend aux toilettes pendant son repas, qu’il est certain que ce déplacement ne nécessite pas de réciter de nouveau les Bérah’ote sur ce qu’elle va consommer. En particulier, selon ce que l’on a écrit au sujet d’un déplacement qui est réalisé contre le gré de la personne (par exemple lorsqu’on se déplace à cause d’une sirène d’alerte) n’est pas considéré comme un changement d’endroit pendant le repas, lorsqu’on avait dès le début l’intention de retourner sur le lieu initial. Selon cela, le fait de se rendre aux toilettes pendant le repas est – de façon certaine – considéré comme forcé, et n’est pas considéré comme un changement d’endroit pendant le repas. Même Léh’atéh’ila, il est permis de se rendre aux toilettes pendant le repas.

Il nous reste à expliquer le Din au sujet de la Nétilate Yadaïm pour la personne qui – lors d’un repas constitué de pain – doit se rende aux toilettes.

Il est tranché dans le Choulh’an ‘Arouh’ (chap.164) que lorsqu’on est entré en contact avec les parties intimes du corps pendant un repas, il faut de nouveau se laver les mains et réciter la Bérah’a de « Al Nétilate Yadaïm ». A fortiori lorsqu’il s’agit de se rendre aux toilettes pendant le repas, selon l’opinion de MARANE l’auteur du Choulh’an ‘Arouh’, on doit de nouveau se laver les mains, exactement comme la personne qui s’apprête à consommer du pain. Si cette personne désire encore consommer du pain, elle doit d’abord se laver les mains en récitant de nouveau la Bérah’a de ‘Al Nétilate Yadaïm. Puisque cette personne s’est rendue aux toilettes, le simple fait de s’y être rendu, lui impose l’obligation de se laver de nouveau les mains. C’est pourquoi, on doit dans ce cas se laver les mains 3 fois au moyen d’un Kéli (ustensile pour la Nétila), et réciter la Bérah’a de ‘Al Nétilate Yadaïm. Après avoir récité la Bérah’a de ‘Al Nétilate Yadaïm, on récite la Bérah’a de Acher Yatsar.

Cependant, le Gaon MAHARCHAL (Rabbi Chélomo LOURIA) – dans son livre Yam Chel Chélomo – conteste l’opinion de MARANE l’auteur du Choulh’an ‘Arouh’, et il écrit que même si l’on doit de nouveau se laver les mains à titre d’hygiène, malgré tout, on n’est pas soumis à l’obligation d’une véritable Nétilate Yadaïm avec un Kéli et 3 fois. Il est certain qu’il ne faut pas réciter de Bérah’a sur cette ablution qui n’a pas réellement le Din d’une Nétila pour le repas.

De nombreux Ah’aronim citent ces propos du MAHARCHAL en tant qu’Halah’a. Tel est l’usage chez les Achkénazes.

Selon le principe de « Safek Bérah’ote Léhakel » (Lors d’un doute sur la récitation d’une Bérah’a, nous allons à la souplesse et nous ne la récitons pas), il semble que tel est l’usage même chez les Séfarades qui pourtant ont accepté les décisions Halah’iques de MARANE, malgré tout, puisqu’il s’agit là d’un risque de récitation de Bérah’a en vain, on ne récite pas la Bérah’a de ‘Al Nétilate Yadaïm dans un tel cas. Tel est l’usage chez de nombreuses personnes Séfarades. Lorsqu’elles sortent des toilettes au milieu du repas, même si elles se lavent les mains 3 fois au moyen d’un Kéli, conformément à l’opinion de MARANE, malgré tout, elles ne récitent pas la Bérah’a sur cette ablution, afin de prendre en considération l’opinion du MAHARCHAL.

Le Gaon Rabbi David YOSSEF Chlita – dans son livre Halah’a Béroura – écrit que selon le principe qu’a écrit notre grand maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita dans son livre Chou’t Yabi’a Omer, il semble qu’il faut enseigner que lorsqu’on s’est rendu aux toilettes au milieu du repas, et que l’on désire poursuivre la consommation de pain, on doit se laver les mains avec la Bérah’a (« ‘Al Nétilate Yadaïm »). Nous voulons désigner ici ce que notre maître le Rav Chlita a écrit à de nombreux endroits, que bien que nous craignons le risque de réciter des Bérah’ote (en vain) même à l’encontre de l’opinion de MARANE l’auteur du Choulh’an ‘Arouh’, malgré tout, lorsque la Mah’loket (divergence d’opinion Halah’ique) se situe non pas au niveau de la Bérah’a mais au niveau de la Mitsva, par exemple dans notre cas, où la divergence n’est pas pour définir s’il faut réciter la Bérah’a sur la Nétilate Yadaïm ou pas, mais plutôt sur la Mitsva de Nétilate Yadaïm en elle-même, faut-il oui ou non dans ce cas refaire Nétilate Yadaïm en tant que Nétilate Yadaïm obligatoire pour le repas, c'est-à-dire, au moyen d’un Kéli et 3 fois, ou bien l’obligation de se laver les mains n’est qu’une mesure d’hygiène uniquement, et la Bérah’a n’est que conséquente à la Mah’loket, dans un tel cas, on ne prend pas en considération le risque de réciter des Bérah’ote en vain à l’encontre de l’opinion de MARANE l’auteur du Choulh’an ‘Arouh’, car la décision de la Halah’a au sujet de la Mitsva, est fixée selon l’opinion de MARANE dont nous avons accepté les décisions Halah’iques, il faut donc réciter la Bérah’a sur la Mitsva dans un tel cas.

(Il est évident qu’il ne faut faire la Bérah’a uniquement si l’on a l’intention de consommer la quantité minimale de Kabétsa qui correspond à environ 54 g de pain, car le cas contraire, on ne récite pas la Bérah’a de Nétilate Yadaïm, comme nous l’avons déjà expliqué au sujet du Din « Combien de quantité de pain doit-on manger pour être soumis à l’obligation de Nétilate Yadaïm ? »)

En conclusion :

Il semble que la personne qui s’est rendue aux toilettes pendant son repas, à son retour, cette personne est tenue de se laver les mains non seulement à titre d’hygiène, mais aussi à titre d’obligation de Nétilate Yadaïm pour ce qu’elle va consommer à présent. Si cette personne désire continuer à consommer du pain, elle est autorisée à réciter la Bérah’a de Nétilate Yadaïm sur cette Nétila. Selon l’usage des Achkénazes, on ne récite pas de Bérah’a sur cette Nétila. Malgré tout, on ne récite pas de nouveau la Bérah’a de Ha-Motsi sur ce que l’on va continuer à consommer, car le fait de se rendre aux toilettes ne représente pas une interruption dans le repas.

 

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