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Doit-on réciter la Bérah'a de « Chéhakol » sur un chewing-gum ?

Les décisionnaires contemporains débattent afin de définir s’il faut réciter la Bérah'a de «Chéhakol Nihya Bidvaro» sur un chewing-gum.

En effet, lorsque l’on consomme un chewing-gum, on n’avale pas le corps du chewing-gum. De plus, le corps du chewing-gum en lui-même ne possède aucun goût, et son goût provient uniquement des ingrédients sucrés que l’on introduit en lui. Il y a donc lieu de s’interroger s'il est justifié de réciter une Bérah'a sur une telle chose ou non.

Le Gaon Rabbi Moché LEVY zatsal (Rav à la Yéchiva de Kissé Rah’amim à Bné- Brak. Il était un très grand assidu dans l’étude de la Torah, et il est décédé de façon prématurée, il y a quelques années) écrit dans son livre Birkat Hachem, qu’il ne faut pas réciter de Bérah'a sur un chewing-gum, même si l’on ressent la douceur lorsqu’on commence à le mâcher, malgré tout, ce goût ne possède pas l’importance de manger et boire, et par conséquent, il ne faut pas réciter de Bérah'a.

Il apporte une preuve à ses propos en citant le Maguen Avraham (sur chap.567) au sujet du jeûne (par exemple le 10 Tevet) où il est interdit de manger et boire, malgré tout, il est permis – à celui qui jeûne de goûter un plat et de recracher ensuite, malgré que l’on en retire une satisfaction. C'est-à-dire : il est permis (selon le Maguen Avraham), à une personne qui jeûne, de goûter un aliment et de le recracher, malgré que cette personne a - de façon certaine – l’intention de tirer satisfaction de ce plat, en ressentant progressivement le goût de l’aliment, lorsqu’il entre dans sa bouche. De plus, il est impossible qu'il n'y ait pas la moindre quantité aussi petite qu'elle soit, qui n'est pas rentrée dans le corps de la personne qui goûte le plat, et malgré cela, puisque ce n’est pas une façon habituelle de manger, il est permis d’agir ainsi le jour d’un jeûne, et ce n’est pas considéré comme si l’on a mangé pendant le jeûne.

À partir de là, il écrit dans le Birkat Hachem que l’on peut prouver d’ici qu’il ne faut pas réciter la Bérah'a sur le chewing-gum, car - sans le moindre doute – le Din de la personne qui goûte un plat sans l’avaler, est comparable avec le Din de la personne qui mâche un chewing-gum. Or, s’il est permis de goûter un plat (sans l’avaler) le jour d’un jeûne, de la même manière, il ne faut pas réciter de Bérah'a sur la consommation d’un chewing-gum.

(Les propos du Maguen Avraham sont aussi l’opinion du Hagahot Maïmoni, et même si la Halah’a n’est pas fixée comme leur avis, malgré tout, dans le domaine des Bérah’ot, nous aurions dû tenir compte de leur opinion, au moins à cause du principe de « Safek Bérah’ot Léhakel » = lors d’un doute sur la récitation d’une Bérah'a, nus allons à la souplesse et nous ne la récitons pas).

Mais notre maître, le Décisionnaire de la Génération, Rabbénou Ovadia YOSSEF Chlita écrit qu’il n’y a aucune preuve dans les propos du Maguen Avraham, car le Maguen Avraham écrit lui même au sujet du jeûne, que la raison pour laquelle il est permis de goûter ainsi un plat, réside dans le fait que la personne qui jeûne n’a jamais eu l’intention d’accepter sur elle une telle rigueur de ne pas goûter du plat, et puisque cela ne représente pas une façon habituelle de manger, mais uniquement un geste de dégustation, une telle dégustation ne contredit pas le jeûne dans lequel la personne se trouve.

Cependant, concernant la satisfaction retirée du fait de goûter le plat, il est certain que cette personne qui goûte, retire une satisfaction de cette dégustation, et de ce fait, même selon l’opinion du Maguen Avraham selon qui, il est permis de goûter de cette façon le jour d’un jeûne, malgré tout, la personne serai tenue de réciter la Bérah'a puisqu’il est interdit de « tirer profit » de ce monde sans réciter de Bérah'a. Or, le Din de réciter une Bérah'a ne dépend pas du fait de manger ou de goûter, mais il dépend seulement du fait que le palais tire profit de l’aliment, et puisque cette personne qui mâche un chewing-gum, ressent la douceur du chewing-gum et en tire satisfaction, il est évident que cette personne est tenue de réciter la Bérah'a sur ce chewing-gum.

Par conséquent, l’essentiel selon la Halah’a est qu’il faut réciter la Bérah'a de Chéhakol Nihya Bidvaro lorsqu’on mâche un chewing-gum, car il est interdit de tirer profit de ce monde sans Bérah'a. Celui qui tire profite de ce monde sans Bérah'a, est considéré comme avoir volé les possessions du Beth Ha-Mikdach. Or, la personne qui mâche ce chewing-gum, en tire profit, et c’est pour cela qu’elle est tenue de réciter la Bérah'a avant de le mâcher. Telle est aussi la décision des Grands de la génération.

Il est interdit à la personne qui mâche le chewing-gum de parler avant d’avoir goûté le goût du chewing-gum, et d’en avoir avalé un peu, car ce moment-là est considéré comme le début de la consommation où il est permis de parler.

 

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