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Quelle Bérah’a doit-on réciter lorsqu’on respire le bon parfum dégagé par le citron ?

Réponse

Il est enseigné dans la Guémara Bérah'ot (43b) :

Mar Zoutra dit : Celui qui respire un Etrog ou un coing, doit réciter au préalable « Barouh' (Ata A.D.O.N.A.Ï Elohénou Mélèh’ Ha’olam) Chénatane Réah’ Tov Bapérote » (« … qui a donné une bonne odeur aux fruits »).

Nous avons la tradition de terminer cette Bérah’a plutôt par les « Hanotène Réah’ Tov Bapérote » (« … qui donne une bonne odeur aux fruits »), conformément à la décision Halah'ique de MARAN dans le Choulh’an ‘Arouh’ (chap.216 parag.2).

Cependant, les Poskim (décisionnaires) débattent au sujet de la Bérah’a qu’il faut réciter en respirant un citron.

En effet, selon certains, puisque le citron n’est pas consommable de façon indépendante, du fait de son acidité importante, selon ces Poskim,  on ne peut donc pas réciter « Hanotène Réah' Tov Bapérote » avant de sentir le citron, comme nous le faisons sur l’Etrog.

Concernant la Bérah’a que l’on doit réciter avant de respirer les clous de girofle - qui sont des boutons de fleurs séchées, et que l’on utilise pour agrémenter des plats ou des confitures – plusieurs de nos maîtres les Richonim (décisionnaires de l’époque médiévale), ainsi que MARAN dans le Choulh’an ‘Arouh’, tranchent qu’il faut réciter « Hanotène Réah' Tov Bapérote » avant de les sentir.

Or, le fait que MARAN tranche ainsi pour les clous de girofles, nous indique la Bérah’a qu’il faut réciter avant de respirer un citron, car même si le clou de girofle n’est pas consommable de façon indépendante – d’ailleurs la personne qui mange des clous de girofles ne doit réciter aucune Bérah’a (comme l’ont écrit les Tossafot sur la Guémara Bérah'ot 36b) – malgré tout, puisqu’il s’agit d’un fruit qui peut devenir consommable lorsqu’on le mélange à autre chose, la Bérah’a qu’il faut réciter avant de le respirer est donc « Hanotène Réah' Tov Bapérote ».

Selon cela, il en est de même au sujet du citron, car même s’il n’est pas consommable de façon indépendante à cause de son acidité importante, malgré tout, puisqu’il devient consommable lorsqu’on le mélange à d’autres choses, il faut réciter « Hanotène Réah Tov Bapérote » avant de le sentir, sans prendre en considération l’argument selon lequel le citron n’est pas consommable de façon indépendante.

(Cependant, nous avons la tradition de réciter « Boré ‘Atsé Béssamim » avant de respirer les clous de girofles, car il ne s’agit pas d’un véritable fruit, mais seulement d’une partie de l’arbre. C’est ainsi qu’ont tranchés le MAHARAM de Rottenbourg, le BAH’ (Baït H’adach), le Ben Ich H’aï et d’autres… Mais concernant le citron, il faut déduire des propos de MARAN que la Bérah’a qu’il faut réciter avant de le respirer est « Hanotène Réah Tov Bapérote », comme l’ont déduit le Gaon auteur du Chou’t Ginat Véradim et d’autres de nos maîtres les Poskim, comme notre maître le Rav Chlita le rapporte dans son livre Chou’t Yabiy'a Omer tome 9 page 248)

Cependant, il y a un avis qui prétend qu’il ne faut pas réciter cette Bérah’a avant de respirer le citron, car l’essentiel de son parfum provient de son épluchure et non du fruit lui-même. Or, l’épluchure n’est pas un fruit, et l’on ne peut donc pas réciter (selon cet avis) « Hanotène Réah Tov Bapérote» avant de sentir le citron, mais uniquement « Boré Miné Béssamim ».

Mais notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita s’étonne sur de tels propos (dans son livre H’azon Ovadia sur les Halah'otes relatives aux Bérah'ot), qui vont à l’encontre de l’opinion de la majorité des Ah’aronim (décisionnaires contemporains) selon lesquels il faut réciter « Hanotène Réah Tov Bapérote » avant de sentir le citron, car son épluchure est totalement collée au fruit, et de ce fait elle est considérée comme partie intégrante du fruit, et il est donc évident qu’il faut réciter « Hanotène Réah Tov Bapérote » pour le parfum qu’elle produit, car le citron est un fruit en une seule partie.

Le Gaon Rabbi Eliyahou MANI (le Rav de Rabbi Yossef H‘AÏM de Bavel, l’auteur du Ben Ich H’aï) atteste également que l’usage de la ville de Jérusalem est de réciter « Hanotène Réah Tov Bapérote » avant de sentir le citron.

Tel est l’usage de notre grand maître le Rav Chlita, chaque Chabbat il récite d’abord « Hanotène Réah Tov Bapérote » avant de sentir le citron, ensuite il récite « Boré ‘Atsé Béssamim » sur un Hadass (feuilles de myrte) ou autre, et ensuite « Boré ‘Isbé Béssamim » sur de la menthe (Na’na) ou sur une plante que l’on appelle la « rue » (Roda).

Tout ceci afin d’atteindre le nombre de 100 Bérah'ot également le jour de Chabbat (car nous n’avons pas 19 Bérah'ot dans chaque ‘Amida le jour de Chabbat, c’est pourquoi il faut augmenter le nombre de Bérah'ot ce jour-là, afin d’atteindre le nombre de 100).

De même, nous avons constaté un samedi soir à la sortie de Chabbat qu’il n’y a avait pas de parfum pour réciter la Bérah’a, excepté un citron, et notre maître le Rav Chlita a récité la Bérah’a de « Hanotène Réah Tov Bapérote »sur le citron, sans prendre en considération les propos de ceux qui contestent l’usage de réciter « Hanotène Réah Tov Bapérote » avant de sentir le citron.

En conclusion, l’usage est répandu de réciter « Hanotène Réah Tov Bapérote » avant de sentir le citron, même si son parfum provient essentiellement de son épluchure, et même si le citron n’est pas consommable de façon indépendante, malgré tout, il est un fruit et son épluchure est une partie intégrante de lui. C’est pour cela que cette Bérah’a lui correspond.

 

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