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Sucer un fruit

Question :

Lorsqu’on suce une orange ou un pamplemousse, sans mâcher avec les dents, doit-on réciter la bénédiction de Boré Péri Ha-‘Ets au même titre que la bénédiction que l’on doit réciter lorsqu’on mange un fruit, ou bien Chéhakol Nihya Bidvaro, comme lorsqu’on boit le jus d’un fruit ?

Réponse :

Il est vrai que même si lorsqu’on mange un fruit, nous devons réciter Boré Péri Ha-‘Ets, malgré tout si l’on prend le fruit et qu’on le presse, on récite Chéhakol Nihya Bidvaro.

Cependant, les décisionnaires débattent au sujet d’un jus provenant du corps du fruit lui-même, comme un jus d’orange par exemple, où toute la chair du fruit est pressée et devient liquide, le statut de ce jus est-il le même que les autres jus de fruits dont la bénédiction est Chéhakol Nihya Bidvaro, ou bien Boré Péri Ha-‘Ets, au même titre qu’un fruit écrasé ?

Le Gaon H’azon Ich écrit que l’on doit réciter Boré Péri Ha-‘Ets sur un jus d’orange ou tout autre fruit similaire, puisque toute la chair du fruit est pressée dans l’ustensile. Le ‘Hazon Ich a été devancé par d’autres décisionnaires sur ce raisonnement, et parmi eux, le Gaon auteur du Lekett (Halah’ott Kétanott), et d’autres grands décisionnaires. Leurs propos prennent leurs sources dans les enseignements des Richonim (décisionnaires médiévaux).

Cependant, plusieurs de nos maitres les Ah’aronim réfutent cette argument, et selon eux, on doit réciter Chéhakol Nihya Bidvaro même sur un jus d’orange, car il n’y a aucune différence entre les différents jus de fruits, même si toute l’essence du fruit se trouve dans le jus, sa bénédiction reste Chéhakol Nihya Bidvaro.

C’est ainsi que tranche sur le plan pratique notre maitre le Rav Ovadia YOSSEF Chlita.

Nous devons à présent débattre du cas où une personne désire sucer le jus qui se trouve dans le fruit, sans introduire le corps du fruit dans sa bouche pour le mâcher, mais seulement en le suçant. Est-ce comparable au cas de celui qui boit un jus et doit donc réciter Chéhakol, ou bien au cas de celui mange un fruit et qui doit donc réciter Boré Péri Ha-‘Ets ?

Les grands décisionnaires discutent sur ce point.

Le Gaon auteur du Péri H’adach prouve à travers le RAMBAM que le cas de celui qui suce le fruit est le même que celui qui mange le fruit, puisque le RAMBAM écrit au nom des Guéonim que lorsqu’on suce la canne à sucre, on doit réciter Boré Péri Ha-Adama. Le fait de sucer le fruit n’est donc pas comparable au fait de boire le jus du fruit. C’est ainsi que tranche également le Gaon Rabbi Yéhouda ‘AYACH, et d’autres décisionnaires.

Mais d’autres décisionnaires, comme le Gaon Rabbi ‘Akiva IGUER, ou le Gaon Rabbi Yossef YEDID, prouvent des propos des Tossafott que le fait de sucer un fruit est totalement comparable au fait de boire le jus du fruit, et il faut donc réciter Chéhakol.

Du point de vue de la Halah’a, après avoir longuement traité les propos des décisionnaires sur ce point, notre maitre la Rav Ovadia YOSSEF Chlita tranche que le fait de sucer le fruit sans le mâcher est identique au fait de boire le jus du fruit, et il faut donc réciter la bénédiction de Chéhakol. Après avoir sucé le fruit, on ne récite aucune bénédiction finale, car pour réciter la bénédiction finale sur une boisson, il faut avoir bu la quantité d’un Révi’itt (8.1 cl) en une seule fois, ce qui n’est pas réalisable sur le plan pratique lorsqu’on suce un fruit.

En conclusion :

Lorsqu’on suce un fruit sans le mâcher avec les dents, on doit réciter Chéhakol Nihya Bidvaro, au même titre que lorsqu’on boit le jus du fruit.

 

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