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Un doute sur le Birkatt Ha-Mazone

Dans les précédentes Halah’ot, nous avons expliqué de façon générale le principe de « Safek Bénédictions Léhakel » (« Lors d‘un doute sur la récitation d’une bénédiction, on ne la récite pas »), selon lequel si une personne doute si elle a oui ou non récité une bénédiction sur ce qu’elle consomme, elle ne doit pas réciter la bénédiction sur ce qu’elle consomme par doute, car elle s’introduirait dans un risque de prononcer le Nom d’Hachem en vain en récitant de nouveau la bénédiction, car il est probable qu’elle a déjà récité cette bénédiction sur ce qu’elle consomme. Malgré cela, cette personne peut poursuivre sa consommation, selon le principe de « Safek Dérabbanane Léhakel » (« lors d’un doute sur une ordonnance de nos maîtres, nous allons à la souplesse »), or puisque le principe des bénédictions est Midérabanann (instauré par nos maîtres), chaque fois que l’on est face à un doute, nous considérons qu’il ne faut pas refaire la Bénédiction.

Nous avons précisé que tout ceci n’est valable que pour les bénédictions dont l’obligation est Midérabanann (par institution de nos maîtres), mais lorsqu’il s’agit du Birkatt Ha-Mazone dont l’obligation est Mine--Ha-Torah (ordonnée par la Torah) (puisque dès lors où l’on a mangé du pain et que l’on est rassasié de ce que l’on a mangé, on est soumis à l’obligation de réciter le Birkatt Ha-Mazone Mine-Ha-Torah, comme il est dit : « Tu mangeras, tu te rassasieras, et tu réciteras la Bénédiction… »), le Din est que même dans le doute, on est tenu de réciter de nouveau le Birkatt Ha-Mazone, car lors d’un doute sur une ordonnance de la Torah, nous allons à la rigueur.

En réalité, lorsque nous avons écrit que l’obligation de réciter le Birkatt Ha-Mazone est Mine-Ha-Torah, ce n’est vrai que pour les 3 premières bénédictions du Birkatt Ha-Mazone qui sont : « Ha-Zane Ete Hakol » ; « ‘Al Ha-Arets Vé’al Ha-Mazone » ; « Boné Yérouchalaïm ».

Par contre, la 4ème bénédiction, qui est surnommée « Ha-Tov Véhamtiv »(« La’ad Ha-El Avinou Malkénou … ») n’est pas Mine-Ha-Torah mais seulement instaurée par nos maîtres dans le Birkatt Ha-Mazone.

Selon cela, il semble évident qu’il n’y a pas à réciter de nouveau cette bénédiction en cas de doute, selon le principe de « Safek Bérah’ot Léhakel ».

Cependant, le Maguenn Avraham (au chap.184) écrit que chaque fois où il faut recommencer le Birkatt Ha-Mazone à cause du doute, il faut également redire la bénédiction de « Ha-Tov Véhamétiv », car si l’on considère qu’il ne faut pas la dire de nouveau, on pourrait en arriver à en négliger son importance vis-à-vis des autres bénédictions du Birkatt Ha-Mazone. Il cite plusieurs grands décisionnaires qui tranchent de cette façon, comme entres autres le Maharach H’AYOUN ou le Mahary HA-LEVY. De nombreux autres décisionnaires approuvent cette opinion et écrivent que même si concernant un doute dans les autres bénédictions nous tranchons « Safek Dérabbanane Léhakel », malgré tout lorsque sont mélangées ensemble des bénédictions Mine-Ha-Torah avec des bénédictions Midérabanann, nous tranchons qu’il faut réciter de nouveau toutes les bénédictions, afin que l’on n’en vienne pas à négliger l’importance de ces bénédictions qui ne sont pas Mine-Ha-Torah.

Le Gaon auteur du livre Eliya Rabba écrit qu’il a trouvé dans le Léh’em Michné qu’il ne faut pas réciter de nouveau la bénédiction de « Ha-Tov Véhamétiv » en cas de doute, car elle n’est pas Mine-Ha-Torah. C’est également ce qu’écrit le Gaon auteur du ‘Olatt Tamide, puisque la forme des termes employés par MARANN dans le Choulh’an ‘Arouh’ selon lesquels on recommence le Birkatt Ha-Mazone en cas de doute « car son obligation est Mine-Ha-Torah » indique que c’est exclusivement la partie Mine-Ha-Torah du Birkatt Ha-Mazone qu’il faut redire en cas de doute, mais la 4ème Bénédiction qui - elle - n’est pas Mine-Ha-Torah, ne doit pas être redite en cas de doute.

C’est également l’avis de nombreux autres décisionnaires selon lesquels chaque fois qu’il y a un doute, on ne doit recommencer que les bénédictions dont l’obligation est Mine-Ha-Torah, mais la 4ème Bénédiction du Birkatt Ha-Mazone dont l’obligation n’est que Midérabanann, il ne faut pas la redire en cas de doute.

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita, après s’être longuement étendu sur le sujet en citant les différents avis parmi les décisionnaires, conclut qu’en raison du doute, il ne faut pas redire la bénédiction de « Ha-Tov Véhamétiv », et il ne faut redire que les 3 premières bénédictions du Birkatt Ha-Mazone en cas de doute.

En conclusion :

Celui qui a consommé du pain et qui est rassasié de sa consommation, mais qui a le doute s’il a oui ou non récité le Birkatt Ha-Mazone, doit le réciter de nouveau par doute, mais dans ce cas il ne doit réciter que les 3 premières bénédictions du Birkatt Ha-Mazone, et non la 4ème bénédiction qui est celle de « La’ad Ha-El Avinou Malkénou… », car celle-ci ne doit pas être récitée en cas de doute.

Dans la prochaine Halah’a, nous expliquerons – avec l’aide d’Hachem – le Din pour les femmes sur ce point.

 

 

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