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La viande H’alak (Glatt) I

Question : Que représente la viande « H’alak » ou la viande « Glatt »? Y a-t-il une obligation selon le Din de veiller à ne consommer que cette catégorie de viande?

Réponse : Après l’abatage rituel de la bête ou de la volaille, des examinateurs experts réalisent des vérifications de certains organes de la bête ou de la volaille, car si la bête ou la volaille possède à certains endroits de son anatomie le moindre trou, le moindre abcès ou toute autre maladie, la bête ou la volaille sont déclarées Téréfa et interdites à la consommation.

Mais en général, la majorité des bêtes ou des volailles sont déclarées Cachers lors de ses vérifications, excepté lors de la vérification du poumon de la bête afin de vérifier si elle n’a pas d’adhérences (c'est-à-dire, des sortes de fils qui pendent dans le poumon d’un côté à l’autre), car lors de cet examen, il est fréquent de trouver une majorité de bêtes qui possèdent des adhérences aux poumons. Il s’agit donc d’une situation où il est question d’une importante perte d’argent, car le prix d’une bête probablement Téréfa (morte autrement que par la Chéh’ita) est relativement bas.

Les décisionnaires débattent au sujet d’une adhérence qu’il est possible de retirer facilement en passant la main dessus et en palpant l’adhérence jusqu’à ce qu’elle se détache.

En effet, selon certains, ce type d’adhérence facile à détacher n’a absolument pas le statut Halah’ique d’adhérence, car selon ces décisionnaires, ce type d’adhérence n’est en réalité qu’une mucosité qui s’étend de part en part dans le poumon. Selon ces décisionnaires, seule l’adhérence qui ne se déchire pas même au contact de la main a le statut d’adhérence.

Notre maître le RACHBA fut consulté sur cette question et on lui demanda s’il y avait matière à autoriser ces types d’adhérences. Il répondit en ces termes :

« Cette chose fait partie des choses desquelles vous devez absolument vous éloigner. Nous avons d’ailleurs considérablement réprimandé celui qui agit ainsi (qui écrase ce type d’adhérence pour déclarer la bête Cacher). Celui (abatteur rituel ou vérificateur) qui agira de la sorte parmi nous se verrait démis de ses fonctions après avertissement. En effet, ce sujet (l’autorisation de passer la main et d’écraser les adhérences, sous prétexte qu’elles ne sont que des mucosités), ne possède aucune source dans le Talmud et nous ne lui connaissons aucune source. Une adhérence est-elle forcément de la même épaisseur que les rênes d’une charrette au point de ne pas pouvoir la détacher ?! (Faut-il que l’adhérence soit aussi épaisse qu’une rêne de charrette pour rendre la bête Téréfa). En définitive, n’écoutez aucune personne vous autoriser ce sujet sous tout aspect. » Fin de citation.

Notre maître la RACHBATS (Rabbi Chim’on Bar Tsémah’) écrit que celui qui agit ainsi en écrasant les adhérences à la main est considéré comme faisant consommer de la viande Téréfa à Israël. C’est ainsi que tranche notre maître Rabbenou Yossef KARO z.ts.l dans le Choulh’an ‘Arouh’ (Yoré Dé’a chap.39 parag.10) où il précise que chaque fois que l’on parle de l’interdiction des adhérences, il n’y a aucune différence entre une adhérence fine comme un cheveu ou une adhérence très épaisse et très rigide, par opposition à ceux qui écrasent manuellement les adhérences, et si l’adhérence se détache ils autorisent la bête. Celui qui agit ainsi est considéré comme faisant consommer de la viande Téréfa à Israël.

Cependant, le RAMA (au parag.13) écrit en ses termes :

« Certains permettent de palper les adhérences et de les écraser en disant qu’une véritable adhérence (qui rend la bête interdite, et qui n’est donc pas seulement une mucosité), même si l’on tentait de l’écraser durant toute une journée, elle ne se détacherait pas. C’est pourquoi, chaque fois que l’on peut écraser, il faut autoriser. Dans ce cas, ces décisionnaires considèrent cette adhérence comme une mucosité et non une comme une adhérence. Même si cette autorisation représente une grande souplesse selon le Din, malgré tout, l’usage est déjà répandu dans toutes ces régions, et il ne faut pas les en empêcher, car ils ont sur qui s’appuyer. » Fin de citation.

Lorsque le RAMA précise que les gens qui s’autorisent l’écrasement des adhérences ont sur qui s’appuyer, il fait allusion au ROCH qui a déjà fait mention que tel est l’usage en Allemagne, d’écraser manuellement les adhérences, et ainsi vérifier s’il s’agit bien d’adhérences ou bien d’une simple mucosité. C’est également ainsi que tranchent le MAHARCHAL, le CHA’H (Sifté Cohen) ainsi que d’autres nombreux décisionnaires.

Une viande qui ne comporte absolument pas la moindre adhérence se nomme « H’alak » (Glatt). Une viande dans laquelle on a trouvé des adhérences que l’on a écrasées à la main se nomme « Cacher ». Si les adhérences n’ont pas été écrasées, la viande est déclarée « Téréfa ».

Quoi qu’il en soit, il est évident que les Séfaradim et les originaires des communautés du moyen orient qui ont accepté les décisions Halah’iques de MARAN l’auteur du Beit Yossef et du Choulh’an ‘Arouh’, sont tenus de veiller à cela, et s’imposer la rigueur de consommer uniquement de la viande provenant d’une bête dans laquelle on n’a pas trouvé la moindre adhérence aux poumons, même s’il s’agit d’adhérences aussi fines qu’un cheveu. Nos maîtres Séfaradim se sont toujours montrés rigoureux sur ce point.

Il y a environ 50 ans, lors d’une réunion du conseil du grand rabbinat d’Israël, certains avaient proposé – pour l’unification des communautés Séfarades et Achkénazes de Jérusalem (entre lesquelles il y avait pas mal de conflits concernant l’abatage rituel et les abatteurs rituels) d’unifier les abatages rituels, et d’instaurer l’abatage rituel à Jérusalem selon les usages Achkénazes, ce qui inclut également cette autorisation de l’écrasement des adhérences.

Le Gaon et Tsaddik Rabbi Ben Tsion Méïr H’aï ‘OUZIEL z.ts.l, désirant conserver des rapports d’amour et de paix entre les différentes communautés de Jérusalem, et connut pour ses qualités exemplaires, accepta cette proposition, bien que cette proposition entraînera aussi à des Séfaradim de consommer de la viande qui possède des adhérences écrasées à la main.

Mais le Grand Rabbin de Jérusalem, le génie de la génération, le Gaon Rabbi Tsevi Pessah’ FRANCK z.ts.l (il était Achkenaz) s’éleva et protesta contre une telle proposition. Il fit même la menace – si l’abatage rituel des Séfaradim était interrompu à Jérusalem – qu’il montera un nouvel organisme qui veillera à ce que l’abattage rituel pour les Séfaradim respecte toutes les exigences de MARAN l’auteur du Choulh’an ‘Arouh’, ainsi que les usages des Séfaradim dans ce domaine.

Cette proposition – grâce à D. – fut totalement abandonnée.

Aujourd’hui, il est possible d’obtenir en abondance de la viande classée « H’alak » même selon l’opinion de MARAN l’auteur du Choulh’an ‘Arouh’, comme on l’expliquera dans la prochaine Halah’a avec l’aide d’Hachem.

 

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