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Le vin des non-juifs

Question :

Un vin Cachère servi par un serveur non-juif dans un restaurant, est-il interdit à la consommation ?

Réponse :

Un vin consacré à l’idolâtrie est interdit à la consommation puisque les non-juifs idolâtres avaient l’usage de verser du vin en l’honneur de leurs idoles. Cet usage était très répandu chez les non-juifs. C'est pourquoi un tel vin est interdit à la consommation par la Torah. De même, il est aussi interdit au profit (il est interdit de le vendre à un non-juif), car toute chose liée à l’idolâtrie est interdite au profit.

Nos maîtres ont également interdit au profit n’importe quel vin des non-juifs, même un vin dont on ignore s’il a été oui ou non consacré à l’idolâtrie (Stam Yénam).

C'est-à-dire : même s’il s’agit d’un vin dont on ignore parfaitement s’il a été consacré à leur idolâtrie ou non, nos maîtres ont malgré tout décrété que ce vin nous est interdit au profit.

Le décret de nos maîtres a pour objectif de nous éloigner des filles des non-juifs.

En effet, le fait de boire du vin peut entrainer un rapprochement important, et lorsqu’un juif va s’assoir pour boire du vin en compagnie d’un non-juif, une certaine proximité peut naître de cela, et elle peut avoir pour conséquence un mariage entre le juif et la fille du non-juif.

C’est pourquoi nos maîtres ont décrété que leur vin nous est interdit au profit.

Par conséquent, même de notre époque, n’importe quel vin des non juifs nous est interdit au profit, et à fortiori à la consommation.

On peut quand même se demander pour quelle raison nos maîtres se sont montrés si rigoureux sur l’interdiction du vin des non-juifs, au point de l’interdire même au profit, alors que ce qui n’est pas le cas pour d’autres éloignements vis-à-vis des non-juifs.

En réalité, puisque le vin véritablement consacré à l’idolâtrie nous est interdit au profit, nos maîtres ont décrété que n’importe quel vin des non-juifs est considéré comme s’il était de façon certaine consacré à l’idolâtrie, même si l’on n’en a pas la certitude. Ceci en raison d’une probabilité - si infime soit-elle – que ce vin soit consacré à l’idolâtrie.  Mais la raison essentielle reste le risque de se marier avec leurs filles.

À partir de là, il nous reste à débattre au sujet du vin des non-juifs de notre époque.

Est-il lui aussi interdit au profit, ou bien n’est-il interdit qu’à la consommation ?

Notre grand maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita s’est longuement étendu sur le sujet, et il conclut que le vin des chrétiens est également interdit au profit puisque les chrétiens sont considérés comme de véritables idolâtres, car ils ont foi en Jésus qu’ils considèrent véritablement comme une divinité qu’ils servent et qu’ils prient. Par conséquent, ils sont considérés comme de véritables idolâtres, dont le vin est véritablement consacré à l’idolâtrie, et il nous est donc interdit au profit.

Par contre, concernant le vin des Arabes musulmans, il y a matière à discuter, et il est possible qu’il ne soit interdit qu’à la consommation, et non au profit.

En effet, même s’ils ont foi en Moh’amed qu’ils considèrent comme un prophète, et même s’ils renient certains principes du TANAH’, malgré tout, les musulmans n’ont pas le statut d’idolâtres puisqu’ils ont foi en un D. unique et qu’il n’y a rien qui lui soit comparable.

C’est pourquoi ils n’ont pas le statut d’idolâtres et leur vin ne nous est interdit qu’à la consommation et non au profit. Nous pouvons donc le vendre à un non-juif ou autre.

Le Rav écrit que telle est l’opinion de plusieurs décisionnaires qui ont attesté que tel est l’usage en vigueur dans leurs régions où l’on interdit le vin des musulmans seulement à la consommation et non au profit.

Cependant, nous pouvons émettre une remarque sur nos propos.

En effet, dans ses commentaires sur le traité Sanhédrin (61b), le RAN écrit :

« Même s’ils n’ont pas été jusqu’à considérer leur prophète (Moh’amed) comme une divinité, malgré tout, puisqu’ils se prosternent à lui comme l’on se prosterne à une divinité, cet individu est considéré comme une idole, car ce n’est pas seulement par respect qu’ils se prosternent à lui, mais plutôt comme un culte que l’on adresse à une divinité. Telle est leur façon de le servir. » Fin de citation.

Selon cela, il semble que les musulmans sont considérés comme des idolâtres.

Mais en réalité, les propos du RAN ne sont pas totalement approuvés, car selon le RAMBAM, les musulmans ne sont pas considérés comme des idolâtres, puisque même si à l’origine ils étaient de véritables idolâtres, malgré tout, ce culte idolâtre fut parfaitement oublié de leur mémoire et de leurs pensées. Ainsi, eux-mêmes, leurs enfants ou leurs femmes vénèrent Hachem le D. unique, et ils le servent comme ils le servaient dans les précédentes générations, mais sans la moindre défaillance vis-à-vis de l’unicité d’Hachem. De plus, il y a d’autres arguments pour autoriser, et c’est donc pourquoi, les musulmans ne sont pas considérés comme des idolâtres, et leur vin n’est interdit qu’à la consommation et non au profit.

Non seulement le vin des non-juifs nous est interdit, mais même leur contact avec notre propre vin le rend intégralement interdit, car nos maîtres ont également décrété qu’un vin Cachère qui a été touché par un non-juif devient lui aussi interdit. De même, un vin servi par un non-juif nous est également interdit.

Par conséquent, un vin touché par un chrétien est interdit au profit. Mais s’il a été touché par un musulman, il n’est interdit qu’à la consommation et non au profit, comme le donner ou le vendre à un non-juif par exemple.

En conclusion :

Les chrétiens sont considérés comme des idolâtres, et de ce fait, leur vin est interdit au profit. Par conséquent, il est interdit de le vendre ou de le donner à un non-juif. Il faut le verser aux toilettes.

Mais les musulmans ne sont pas considérés comme des idolâtres, et de ce fait, leur vin n’est pas interdit au profit, mais seulement à la consommation, par décret de nos maîtres afin de ne pas en arriver à se marier avec leurs filles.

Leur contact avec notre propre vin le rend également interdit. De même, s’ils servent notre vin dans un verre, le vin est également interdit. Tel est l’usage respecté

 

 

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