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Doit-on faire preuve de vigilance sur la Cacherout même vis-à-vis des enfants en bas âge ?

Réponse :

Lorsqu’il s’agit d’un aliment interdit par la Torah, comme un mélange de viande et de lait par exemple, ou bien de la viande d’animal interdit, ou bien du lait provenant d’un animal interdit, il est certain qu’il est interdit de le donner aux enfants en bas âge, même s’il s’agit d’un nourrisson.

Le fait de leur donner des aliments interdits par la Torah constitue une interdiction de la Torah elle-même.

La question se pose uniquement vis-à-vis des aliments qui ne sont pas réellement interdits par la Torah, mais qui représentent un risque d’interdit, comme du lait dont on ignore la provenance par exemple. Dans ce genre de situation, il y a matière à considérer qu’étant donné que la majorité des laits proviennent d’animaux permis, et qu’il n’est imposé que par nos maîtres de savoir avec exactitude que le lait provient d’un animal pur, c’est pourquoi il est permis de donner un tel lait (dont on ignore la provenance) à un enfant en bas âge en cas de nécessité. De même, une friandise fabriquée sous un contrôle rabbinique pas très réputé, même s’il y a matière à autoriser sa consommation, malgré tout, les adultes veillent à ne pas consommer un tel aliment par risque d’interdiction.

La question est donc : Y a-t-il matière à s’imposer la rigueur sur ce point même pour des enfants en bas âge ?

Il est dit dans notre Torah :

« Ne souillez pas vos âmes par tout insecte, vous ne vous souillerez pas par eux pour ne pas devenir impurs »

Apparemment, le mot « Vénitmétem » (devenir impurs) devrait être écrit avec un Alef. Pourquoi est-il donc écrit sans Alef ? Ceci afin de nous apprendre que la consommation d’aliments interdits entraîne l’obstruction du cœur de l’homme (« Vénitmétem » sans Alef signifie obstruction), et l’esprit de sainteté ne réside par sur lui (Yoma 39a).

Nos maîtres ajoutent aussi dans la Guémara (Yoma 80a) :

Lorsqu’un homme se souille un peu (par la consommation d’aliments interdits), on le rendra davantage impur. S’il se rend impur ici bas, on le rendra impur en haut.

Il est expliqué dans le Talmud Yérouchalmi qu’un nourrisson peut téter le lait d’une femme non juive, et l’on ne craint pas la moindre transgression. C’est ainsi que tranchent les décisionnaires.

Malgré tout, nos maîtres les Richonim (décisionnaires de l’époque médiévale) écrivent que Léh’atéh’ila (a priori) il ne faut pas agir ainsi, sauf dans une situation où il est impossible d’agir autrement. Comme l’écrit le RACHBA : le peuple d’Israël est composé de gens timides et cléments de par leur nature, et le fait de téter du lait d’une non juive peut faire naître en eux une nature cruelle et effrontée.

Son élève le RYTBA ajoute que le lait d’une femme non juive qui consomme elle-même des aliments interdits fait naître chez l’enfant une nature mauvaise, ainsi que de la cruauté.

La chose prend sa source dans le commentaire de nos maîtres sur le fait que la consommation d’aliments interdits entraîne une obstruction du cœur de l’homme, fera barrage à l’entrée de l’esprit de pureté, et l’individu ne pourra pas absorber la sainteté de la Torah.

Il est expliqué  travers ces propos de nos maîtres que même lorsqu’il s’agit d’une chose totalement permise selon le Din, malgré tout, puisque la chose peut entraîner l’obstruction du cœur, il faut être vigilant sur cela.

Tout juif qui connaît la valeur de la Torah, désire voir grandir son fils dans la Torah et la crainte d’Hachem, mais le manque de vigilance vis-à-vis des aliments interdits, peut entraîner de très mauvaises choses à son fils ou sa fille, en remplaçant le cœur de chair qu’ils possèdent, par un cœur de pierre qui les incitera à ne pas écouter la voix de ceux qui les réprimandent (qu’Hachem nous en préserve).

Par conséquent, il est certain qu’il est très juste de s’imposer la rigueur même vis-à-vis d’enfants en bas âge, et de veiller à ce qu’ils ne consomment pas le moindre aliment dont la Cacherout est douteuse. Grâce à cela, l’esprit de pureté résidera sur eux, comme l’ensemble des Béné Israël qui sont tous saints. Ceux qui les verront reconnaîtront en eux une sainte descendance bénie par Hachem.

 

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