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Laitue provenant d’une production non surveillée

Question : Est-il permis d’utiliser une laitue ordinaire vendue dans le commerce, sans surveillance particulière au sujet des vers ? Qu’en est-il des feuilles de vigne ?

Réponse : Il est expliqué dans la Guémara Péssah’im (24a) que toute personne consommant un ver est condamnable pour la transgression de 5 interdits de la Torah. Le Gaon Rabbi H’aïm BENVICHTI – auteur du Kénesset Ha-Guédola – écrit (Y.D chap.84) au sujet de la laitue : « Dans ces contrés (il vivait en Turquie) les vers sont très fréquents, et il faut exercer une bonne vérification, car les vers sont très fins et très petits, et leur apparence ressemble à celle du légume lui-même. Auparavant, je consommais la laitue (pour la Mitsva du Maror le soir de Péssah’) au moyen d’une grande vérification, mais récemment, je m’en abstiens catégoriquement, et je ne consomme que le cœur qui est blanc et toujours avec vérification. »

Il est rapporté dans les usages du Gaon auteur du H’atam Sofer (règles de Péssah’ note 18) que le H’atam Sofer avait l’usage d’utiliser la laitue le soir de Péssah’. Mais des jeunes étudiants en Torah étaient nommés pour la vérifier au préalable à la loupe. Tout ceci uniquement le soir de Péssah’, mais le reste de l’année, un tel légume n’apparaissait pas à sa table.

De même, le Gaon Rabbenou Yossef H’AÏM écrit dans son livre Ben Ich H’aï (Tsav note 27) que l’épouse – qui représente la poutre du foyer – doit être très vigilante lors de la vérification des feuilles de laitue dans lesquelles se trouvent des vers, car tous les membres du foyer se fient à elle pour ça, et si elle se montre négligente dans la vérification, la faute lui sera imputée. Il est même probable qu’elle se rende passible par une telle attitude de la sentence de « Malkout » (39 coups) beaucoup plus de fois que le nombre de cheveux de sa tête, car pour chaque ver consommé on est passible de 5 fois cette sentence ! Si les membres du foyer sont nombreux et qu’il est difficile de vérifier la laitue car une telle vérification demanderait beaucoup de temps, il faut retirer les feuilles et prendre uniquement les cœurs, car leur vérification est facile et l’on peut s’en acquitter de la Mitsva de Maror.

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita cite tout ceci dans son livre Chou’t Yéh’avé Da’at (vol.1 chap.18).

Le Gaon Rabbi Moché FEINCHTEIN z.ts.l traite (Chou’t Iguérot Moché sect. O.H vol.4 chap.91) au sujet du chou, afin de définir si l’on peut le consommer après une vérification ordinaire que l’on réalise pour les vers. Il écrit : « Lorsque nous étions en Europe, les choux étaient réputés pour contenir beaucoup de vers, et cela nécessitait une grande vérification, mais ici en Amérique, les choux ne contiennent absolument pas de vers. C’est pourquoi, une vérification ordinaire suffit pour consommer les choux d’Amérique. Il en est de même pour la laitue poussant dans des contrées où elle ne contient pas de vers. Mais un légume réputé pour contenir de nombreux vers, ou bien les endroits où les choux ou les laitues contiennent des vers, ceux-ci sont de couleur verte et sont de très petite taille, et il ne faut pas se fier à toute personne pour la vérification de ce type de feuilles. »

Dans nos contrés et de notre époque, l’expérience a prouvé que les feuilles de laitue sont remplies de vers par centaines. Il est quasiment impossible de les vérifier correctement. Lorsque notre maître le Rav Chlita était jeune, il vit un jour dans une famille que l’on nettoya correctement les feuilles de laitue avec du vinaigre, et qu’on les vérifia ensuite à la lumière, puis on les plaça à table pour la Mitsva du Maror. Notre maître la Rav Chlita pris les feuilles et les plaça sur une nappe blanche face au soleil. Au bout de quelques minutes, on vit la nappe entièrement remplie de vers qui étaient sortis de la laitue.

C’est pourquoi, notre maître le Rav Chlita tranche qu’il est préférable de prendre pour la Mitsva de Maror uniquement les cœurs blancs de la laitue, et non les feuilles vertes. Même ainsi, on ne peut autoriser qu’au moyen d’une minutieuse vérification dans le calme.

Ces dernières années, les habitants du « Gouch Katif » ont commencé à produire de la laitue sous serres surveillées, de sorte qu’il n’y a plus de risque. Après un bon rinçage conformément aux instructions des producteurs, il est possible de consommer de ces feuilles de laitue. D’autres ont ensuite suivis leur exemple et des sociétés commercialisent elles-aussi ce type de laitue. Par conséquent, il est très souhaitable de ne pas acheter une laitue d’une autre production, mais uniquement d’une production surveillée sans risque de présence de vers.

La personne craignant pour elle-même et ne désirant pas acheter ce type de production en raison des différents pesticides utilisés dans ces productions - ce qui représente un certain danger - peut s’imposer la rigueur sur ce point, mais il ne faut en aucun cas acheter une production de laitue non surveillée, car cela pose un très grand risque de présence de vers.

Concernant les feuilles de vignes, il y a déjà environ plus de 100 ans que les sages de la ville de Alep (Syrie) ont décrété l’interdiction formelle de consommer les feuilles de vignes, puisqu’il est impossible de les vérifier correctement des vers qu’elles contiennent. Cependant, il existe de nos jours des feuilles de vignes conservées et préservées, provenant de productions sous surveillance. Parmi ces productions, celle sous la surveillance du Badats « Beit Yossef », qui accomplissent leur travail avec honnêteté, selon les instructions des grands de la génération, et l’on peut se fier à eux.

En conclusion : Il n’est pas juste d’acheter des feuilles de laitue ou des feuilles de vigne provenant de productions non surveillées.

 

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