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Arrosage des plantes la veille de Chabbat

Question :

Est-il permis selon le Din, d’ouvrir - avant Chabbat – les robinets d’arrosoirs d’un jardin, lorsqu’on sait que l’eau continuera à couler même pendant Chabbat ?

Est-il également permis de refermer les robinets des arrosoirs, pendant Chabbat ?

Réponse :

Nous avons expliqué précédemment (dans la Halah’a qui traite de l’interdit de Zoréa’), que l’interdiction de planter pendant Chabbat inclus toute activité réalisée dans le but de faire pousser. Par exemple : planter ; arroser, entretenir ou autre.

Le sujet de notre question est donc en rapport avec l’interdit de Zoréa’ (planter) pendant Chabbat.

Il est certain que la Torah interdit uniquement la réalisation d’une Mélah’a (activité interdite) pendant le jour du Chabbat lui-même. Mais lorsque la Mélah’a est réalisée la veille de Chabbat, il n’y a là aucun interdit.

C’est justement pour cette raison que nous avons l’usage - selon l’institution de nos maîtres – d’allumer, la veille de Chabbat, des Nérot (veilleuses) qui brûleront durant le Chabbat lui-même, et il est évident que cela ne constitue aucune transgression, puisque l’allumage n’est pas effectué durant le Chabbat lui-même. (Les karaïtes – qui renient la Torah Orale – ont falsifié l’explication du verset de la Torah : « Vous n’allumerez aucun feu dans vos demeures, le jour du Chabbat. ». Ils l’expliquent en disant qu’il est interdit à un juif d’avoir de la lumière dans sa maison, le jour du Chabbat, comme il est dit : « les impies resteront dans l’obscurité ». Le Rav Sa’adya GAON mena une véritable lutte contre cette secte, car de nombreuses personnes se laissaient attirées par eux. D’ailleurs, cette lutte est allusionnée dans les Halah’ot relatives à l’allumage des Nerot de Chabbat, puisqu’elles se trouvent au chapitre 263 du Choulh’an ‘Arouh’. Or, le nombre 263 est composé des lettres Reich Sameh’ Guimel, initiales de Rav Sa’adya GAON).

A partir de là, nous pouvons également apprendre qu’il est permis selon le Din, d’ouvrir- la veille de Chabbat - des arrosoirs qui continueront à arroser un jardin pendant Chabbat, car aucun interdit n’est enfreint pendant Chabbat lui-même (cependant, selon la tradition ashkénaze, il existe des Mélah’ot qu’il est interdit de démarrer la veille de Chabbat, comme nous l’expliquerons dans la prochaine Halah’a).

De même, il semble qu’il est permis de refermer le robinet de l’arrosoir pendant Chabbat lui-même, car mettre fin à l’arrosage pendant Chabbat, ne représente aucun interdit, et c’est pourquoi, il y a lieu d’autoriser.

Le Gaon Rabbi Eli’ezer WALDENBERG zatsal, dans son livre Chout Tsits Eli’ezer, après avoir écrit – comme nous l’avons précisé – qu’il est permis d’ouvrir, la veille de Chabbat, des arrosoirs qui continueront à arroser pendant Chabbat, rapporte une instruction urgente au nom du Gaon H’azon Ich, qui stipule que lorsqu’on possède plusieurs robinets qui arrosent le jardin, il faut veiller – lors de la fermeture des robinets – à ne pas les fermer un par un, mais uniquement fermer le robinet principal, qui procure l’eau aux autres robinets, et seulement ensuite, fermer les autres robinets un par un. En effet – selon le H’azon Ich – lorsqu’on ferme un robinet, on augmente la pression d’eau dans les autres robinets, ce qui va causer un arrosage plus intense d’une partie du jardin, pendant Chabbat, ce qui constitue un interdit à titre d’arroser pendant Chabbat.

Mais notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita réfute totalement cette instruction du H’azon Ich, et il écrit qu’il n’y a aucun interdit à refermer les robinets un par un pendant Chabbat, car lorsqu’on ferme un robinet, le jardin se trouve - à ce moment précis - suffisamment arrosé, et il est plausible que le surplus d’eau conséquent à l’augmentation de pression, ne représente aucune utilité pour le jardin à ce moment-là. Il n’y a donc là aucun interdit à titre d’arroser pendant Chabbat, puisque la Torah interdit uniquement un arrosage qui sera utile aux plantes, afin qu’elles poussent. Mais si une personne arrose un jardin qui a déjà été suffisamment arrosé, ne transgresse aucun interdit. C’est pourquoi, un jardin sur lequel une forte pluie est tombée, de telle sorte que l’arrosage n’est plus d’aucune utilité aux plantes, il n’y a aucun interdit à l’arroser pendant Chabbat. Notre maître s’est longuement étendu sur le sujet, avec d’autres explications.

Par conséquent, il n’est pas nécessaire d’adopter cette H’oumra (rigueur), et selon le strict Din, dès lors où le jardin a été suffisamment arrosé, il est permis de fermer les robinets des arrosoirs pendant Chabbat, de la manière avec laquelle on les ferme en semaine.

Conclusion :

Il est permis d’ouvrir – avant l’entrée de Chabbat – des robinets d’arrosoirs qui vont continuer à arroser le jardin pendant Chabbat.

De même, il est permis de fermer – lorsque l’arrosage est terminé – les arrosoirs, pendant Chabbat, de la manière habituelle.

 

 

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