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Transgresser Chabbat en cas de danger de mort

La Guémara dans le traité de Yoma (85b) débat au sujet d’une personne sur qui s’est effondré un tas de pierres pendant Chabbat, de sorte que nous ne sommes pas en mesure de déterminer s’il est vivant ou mort, et le fait de déblayer les pierres constitue un interdit pendant Chabbat, malgré tout, il est évident que nous sommes tenus de retirer les pierres afin de vérifier si nous avons encore la possibilité de sauver cet homme, et de le faire vivre.

Il est expliqué dans la Guémara que lorsqu’on déblaye les pierres et que l’on arrive jusqu’à l’homme enseveli sous les pierres, si l’on constate qu’il est mort, il ne faut plus continuer à transgresser Chabbat pour lui, car la transgression de Chabbat n’est pas autorisée pour un mort. Mais tant qu’il a encore de la vitalité, nous sommes tenus de poursuivre le déblayage des pierres pendant Chabbat, afin de le sauver.

Comment vérifie-t-on si l’homme est encore vivant ou mort ?

Au moyen de la vérification respiratoire. Si l’on sent encore des respirations au niveau de son nez, c’est signe qu’il est encore vivant, comme il est dit : « Tout ce qui contient le souffle de vie dans ses narines… ». Mais si nous constatons qu’il ne respire plus, cela est signe qu’il est mort, et nous ne pouvons plus transgresser davantage le Chabbat pour lui.

Ainsi, tranchent les Poskim (décisionnaires) et MARAN l’auteur du Choulh’an Arouh’ (O.H chap.329).

Les Poskim contemporains – le Gaon Rabbi Moshé FEINSTEIN zatsal, le Gaon Rabbi Chélomo Zalman OYERBACH zatsal, ainsi que (qu’il soit distingué pour la vie) notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita – expliquent que ce DIN n’est valable que pour une personne qui a été très sérieusement touchée par l’effondrement, au point où l’impossibilité de la sauver ne fait pas le moindre doute, quel que soit le moyen. Mais tant qu’il reste la moindre chance de le sauver au moyen de la respiration artificielle ou d’appareils électriques ou autres, il est certain que nous sommes tenus de transgresser Chabbat pour cette personne, tant qu’il reste la moindre chance de le sauver.

Il existe un célèbre enseignement de nos H’ah’amim dans la Guémara traité Yoma (85b) qui nous donne la raison pour laquelle nous sommes tenus de transgresser Chabbat pour sauver une personne en danger.

En effet, il est justifié de transgresser un Chabbat pour cette personne, afin de lui permettre d’observer de nombreux autres Chabbatot.

S’il en est ainsi, nous pouvons donc en déduire que toute notre obligation de transgresser Chabbat pour sauver une personne en danger, ne concerne qu’une personne pour laquelle il y a encore un espoir de vie pour une durée assez longue, et qui pourra donc observer Chabbat. Mais s’il s’agit d’une personne pour laquelle il est certain que même dans l’hypothèse où elle vivra, cela ne durera qu’un moment assez court, ou bien qu’elle restera sans connaissance, apparemment, il ne faudrait pas transgresser Chabbat pour une telle personne, puisque la raison qu’elle puisse observer de nombreux autres Chabbatot n’est pas applicable dans une telle situation.

Mais en réalité, cette déduction est fausse, et selon la conclusion des Poskim, on doit transgresser Chabbat même pour sauver une personne qui ne vivra que quelques instants de plus, et l’enseignement de la Guémara « Transgresse un Chabbat pour cette personne afin de lui permettre d’observer de nombreux autres Chabbatot » n’est qu’une raison supplémentaire qui vient justifier notre devoir de transgresser Chabbat pour une personne en danger.

Nous sommes donc tenus de transgresser Chabbat même s’il est certain que la personne ne vivra que quelques instants de plus.

Notre maître le Rav Chlita s’est longuement étendu sur ce sujet dan son livre LEVYAT H’EN (page 150) en expliquant les propos de nos maîtres de différentes manières.

De toutes les façons, du point de vue de la Halah’a, il faut transgresser Chabbat même pour sauver une personne qui ne vivra que quelques instants de plus. Nous devons également transgresser Chabbat pour sauver une personne agonisante, car le danger de mort repousse toute la Torah, dans son intégralité, et il est impossible d’évaluer l’importance d’un instant de la vie d’un juif, puisqu’à chaque instant où le juif est en vie, il peut encore gagner la Vie Eternelle au moyen de la réflexion sur la Téchouva (le repentir) et les bonnes actions.

Il est également impossible d’évaluer la grandeur du mérite de celui qui subit des épreuves, car les épreuves ont la faculté de purifier l’individu, avant son arrivée à la vie du Monde Futur.

 

 

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