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La personne qui doute si elle a mentionné « Rétsé Véhah’alitsénou » dans le Birkat Hamazon

Nous savons que la Mitsva de réciter le Birkat Hamazon est ordonnée par la Torah, comme il est dit : « Tu mangeras, tu te rassasieras et tu béniras Hachem… », par conséquent, lorsqu’on a le doute si l’on a récité le Birkat Hamazon ou pas, nous sommes tenus de le réciter de nouveau par doute, conformément au principe : « Dans un doute sur une ordonnance de la Torah, nous allons à la rigueur », comme nous l’avons déjà expliqué dans la Halah’a traitant de la mention de « Rétsé Véhah’alitsénou » dans le Birkat Hamazon.

Selon cela, il semble apparemment que le Din est le même concernant la personne qui a le doute si elle a mentionné « Rétsé Véhah’alitsénou » le Chabbat, puisque dans le cas où elle a oublié de le mentionner, elle doit recommencer le Birkat Hamazon selon le Din, il doit en être de même lors d’un doute, et l’on devra normalement recommencer le Birkat Hamazon.

Mais en réalité, même si le Birkat Hamazon est une ordonnance de la Torah, malgré tout, le fait de mentionner le passage de « Rétsé Véhah’alitsénou » dans le Birkat Hamazon, n’est pas ordonné par la Torah. C’est ce qu’écrivent un grand nombre de nos maîtres les Richonim (décisionnaires de l’époque médiévale) et parmi eux le RACHBETS (Rabbi Chim’on Bar Tsémah') dans ses décisions Halah'ique sur la Guémara Bérah'ot (49a), et d’autres.

C’est pourquoi, il semble plutôt que lorsqu’on a le doute si l’on a mentionné « Rétsé Véhah’alitsénou » ou pas, le Din est qu’il ne faut pas réciter de nouveau le Birkat Hamazon, selon la règle : « Dans un doute sur une ordonnance des H’ah’amim, il faut aller à la souplesse » car selon la Torah, on est quitte de l’obligation du Birkat Hamazon même si l’on n’a pas mentionné « Rétsé Véhah’alitsénou ».

Cependant, il est écrit dans le livre Chou’t Béssamim Roch (chap.287) (que l’on attribue essentiellement à notre maître le ROCH), qu’étant donné la forte probabilité qu’une personne poursuive sa Bérah'a selon ce qu’elle a l’habitude le plus fréquemment durant tous les jours de la semaine, il y a plutôt lieu d’estimer que cette personne n’a pas mentionné « Rétsé Véhah’alitsénou » dans le Birkat Hamazon, et c’est pourquoi, elle doit recommencer le Birkat Hamazon comme dans le cas où elle se rend compte de façon certaine qu’elle n’a pas mentionné « Rétsé Véhah’alitsénou » dans le Birkat Hamazon.

Comme c’est le cas pendant la période où nous nous trouvons actuellement (en Israël), pour la personne qui a le doute - après avoir terminé sa prière – si elle a dit Barèh’ ‘Alénou (la demande des pluies) ou pas, car nous estimons plutôt que cette personne a oublié que nous nous trouvons dans la période hivernale, et qu’elle a poursuivit sa prière comme à son habitude en période estivale, sans mentionner Barèh’ ‘Alénou. C’est pourquoi cette personne est tenue de recommencer sa prière, et il en sera de même pour la mention de « Rétsé Véhah’alitsénou » dans le Birkat Hamazon.

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita – après avoir longuement traité le sujet dans son livre Chou’t Yabi'a Omer (tome 7 page 68) – écrit que même si en général nous penchons plutôt vers la forte probabilité que la personne poursuive selon son habitude dans la prière comme dans les autres choses, malgré tout, concernant le Birkat Hamazon le jour de Chabbat, un argument s’oppose à cette probabilité, puisque la solennité du Chabbat entoure la personne en ce jour, car toute l’atmosphère change le jour du Chabbat, et l’on est vigilant au moindre interdit de Chabbat à chaque instant, par conséquent, il y a matière à estimer qu’au contraire, la personne s’est rappelé que nous sommes Chabbat, et n’a pas oublié de mentionner « Rétsé Véhah’alitsénou ».

Et même si la chose n’en reste pas moins un doute, malgré tout, nous avons déjà expliqué que le Din de la mention de « Rétsé Véhah’alitsénou » n’est qu’une ordonnance Midérabbanane (ordonnée par nos H’ah’amim) et non Min Ha-Torah (ordonnée par la Torah), et de ce fait, le Din reprend sa place de doute sur une ordonnance de nos H’ah’amim sur lequel il faut aller à la souplesse.

Par conséquent, dans une telle situation, il ne faut pas recommencer le Birkat Hamazon.

En conclusion :

La personne qui a terminé le Birkat Hamazon le jour de Chabbat (lors du 1er et du 2ème repas), et qu’elle a maintenant le doute si elle a mentionné « Rétsé Véhah’alitsénou » dans le Birkat Hamazon ou pas, elle ne recommence pas le Birkat Hamazon puisque l’obligation de mentionner « Rétsé Véhah’alitsénou » n’est que Midérabbanane (instaurée par les H’ah’amim). Et il n’y a pas à craindre que la personne a probablement poursuivi selon son habitude de tous les jours sans avoir mentionné « Rétsé Véhah’alitsénou », puisque nous pouvons contrer cette probabilité grâce à l’argument selon lequel, la solennité du Chabbat l’a très probablement fait penser à mentionner « Rétsé Véhah’alitsénou » dans le Birkat Hamazon.

Si toutefois après avoir conclut la Bérah'a de « Boné Yérouchalaïm », on a le doute si l’on a mentionné « Rétsé Véhah’alitsénou » ou pas, si l’on n’a pas encore entamé la Bérah'a de Hatov Véhamétiv qui se trouve après la Bérah'a de « Boné Yérouchalaïm », on peut résoudre ce problème en disant sur place « Barouh’ Ata

A. D. O. N. A. Y Elo-hénou Méleh’ Haolam Chénatane Chabbatot Limnouh’a Léamo Israël Béahava Léot Vélivrite Barouh’ Ata A. D. O. N. A. Y Mékadech Hachabbat » comme nous l’avons expliqué dans la précédente Halah’a.

 

 

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