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La sainteté de la 7ème année (Chémita)

Dans la précédente Halacha, nous avons expliqué de façon globale les principes du commandement de la Chémita – la 7ème année – qui tombe cette année (5775), et parmi ces principes, l’interdiction de réaliser certains travaux de la terre pendant la Chémita, comme labourer ou couper des branches d’arbres.

Tous les cas pratiques sur la façon de traiter un champ ou un jardin pendant l’année de la Chémita ne concernent pas beaucoup de personnes, car tout le monde ne possède pas forcement un champ ou un jardin. Par conséquent, nous expliquerons avant tout les règles communes à tout le monde durant l’année de la Chémita, qui sont les règles relatives aux fruits et aux légumes qui poussent pendant l’année de la Chémita.

La sainteté de la 7ème année

Les fruits qui poussent pendant l’année de la Chémita, ainsi que les légumes cueillis pendant cette même année, possèdent « la sainteté de la 7ème année », comme il est dit : « Car c’est le jubilé, cette année est sainte pour vous. » (Vaykra 25). Et nos maitres commentent : (Talmud Yérouchalmi Chévi’it chap.4) : Au même titre qu’elle (la 7ème année) est sainte, ainsi sa récolte est sainte. Cela signifie que toutes les pousses, les fruits et les légumes qui poussent ou qui sont cueillis (chacun selon son sujet, comme nous l’expliquerons) pendant la 7ème année, possèdent une sainteté, et l’on ne doit pas agir envers eux comme nous le faisons avec les autres fruits et légumes des autres années.

Comment s’exprime la sainteté de la 7ème année ?

La sainteté de la 7ème année s’exprime à travers différents sujets pratiques qui touchent la Halacha, et parmi eux : la manière de consommer les fruits ; la manière avec laquelle on les vend ; et le devoir de les préserver de toute perte, comme nous l’expliquerons avec l’aide d’Hachem.

Les fruits d’Israël et les fruits de l’étranger

La sainteté de la 7ème année n’existe qu’en Israël. Par conséquent, tous les fruits ou légumes qui poussent à l’étranger, et parmi eux les productions qui poussent dans la ville d’Eilat, ne possèdent pas de sainteté de la 7ème année.

De même, si ces fruits ou légumes qui ont poussés à l’étranger sont ensuite importés de l’étranger en Israël, même s’ils ont pénétrés en Israël, ils ne possèdent pas de sainteté de la 7ème année.

Par contre, des fruits d’Israël exportés à l’étranger gardent leur sainteté de la 7ème année, car tout est défini selon l’endroit où les fruits ou les légumes ont poussés.

Les fruits de Syrie

Des fruits ou des légumes qui ont poussés en Syrie sont frappés d’un décret de nos maitres du Talmud et sont soumis à la plupart des règles de la 7ème année, par crainte que les juifs auraient abandonnés leur terre et se seraient installés en Syrie pour pouvoir travailler la terre (car à cette époque, les relations de voisinage entre Israël et la Syrie étaient bonnes).

Les fruits vendus de notre époque

De notre époque où le marché des fruits et légumes est très vaste, on a l’usage dans de nombreux endroits d’Israël où vivent des gens pratiquants la Torah et les Mitsvot, d’importer pour eux des fruits et légumes de l’étranger, afin de ne pas s’introduire dans les limites Halachiques des fruits de la 7ème année (que nous nous efforcerons d’expliquer avec l’aide d’Hachem). Ces fruits sont appelés « récolte de l’étranger ». lorsque les fruits sont d’origine d’Israël, on précise en général leur origine à côté de chaque fruit ou légume. Mais les endroits qui ne possèdent pas d’organisme de Cacherout responsable qui contrôle le domaine des fruits et légumes, se heurtent à de sérieux problèmes concernant l’achat de cette production, comme nous l’expliquerons également.

Les champignons

La sainteté de la 7ème année n’est en vigueur que sur les végétaux, mais les truffes et les champignons - dont la bénédiction alimentaire est « Chéhakol » et qui n’entrent pas dans la catégorie des végétaux - ne possèdent aucune sainteté de la 7ème année.

Les arbres stériles

La sainteté de la 7ème année n’existe que sur les fruits, les légumes, ou les légumineuses et autres graines, mais les arbres stériles (qui ne donnent pas de fruits comestibles) n’ont aucune sainteté de la 7ème année.

Cependant, il est catégoriquement interdit de planter ou de réaliser les autres travaux interdits pendant les 7ème année sur un arbre stérile, au même titre qu’il est interdit de le faire avec un arbre fruitier.

Le champ d’un non-juif en Israël

Toutes les règles de la sainteté de la 7ème année ne concernent que des terrains appartenant à des juifs en Israël, mais des terrains appartenant à des non-juifs en Israël, ne possèdent pas de sainteté de la 7ème année. MARAN Rabbénou Yossef KARO z.ts.l – l’auteur du Beit Yossef et du Choulh’an ‘Arouh’ – et les membres de son Beit Din (tribunal rabbinique) ont édité un « H’érem » (une mise au ban) à l’encontre de quiconque observerait les règles de sainteté de la 7ème année vis-à-vis de fruits ou légumes provenant du terrain d’un non-juif en Israël, (puisqu’une grande polémique était née à cette époque en raison de cette rigueur, qui est encore d’actualité de nos jours).

Dans la prochaine Halacha, nous expliquerons – avec l’aide d’Hachem – ce qu’est le « Héter Méh’ira » (autorisation de vente de terrain juifs à des non-juifs) ; qui sont les décisionnaires autorisant et ceux qui l’interdisent, et si l’on peut se fier à cette autorisation de notre époque.

 

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