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Quelques précisions sur le « Héter Méh’ira »

Dans la précédente Halacha, nous avons expliqué de façon globale le fondement du « Héter Méh’ira » (autorisation de vente de terrains agricoles juifs en Israël à des non-juifs pendant l’année de la Chémita) que l’on a l’usage de mettre en application pour l’année de la Chémita, selon la décision Halah’ique de notre saint maitre

le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l qui tranche sur le plan pratique que même de notre époque, une obligation incombe aux Grands Rabbins d’Israël de permettre à toutes les personnes intéressées de vendre leurs champs à des non-juifs musulmans pour la durée de l’année de la Chémita, afin que la sainteté de la 7ème année n’entre pas en vigueur sur les fruits et légumes qui poussent dans leur domaine.

Mais lors de la précédente Chémita (l’année 5768), nous avons écrit tous les propos précédents, selon lesquels dès lors où les terrains ont été vendus au non-juif, toute personne désirant acheter des fruits ou des légumes provenant du « Héter Méh’ira » est autorisée à le faire même Léh’atéh’ila (même à priori), sans craindre les propos des contestataires du « Héter Méh’ira ». particulièrement du fait qu’il y a une grande différence de prix entre les fruits et légumes sous le contrôle rabbinique de différents organisme de Cacherout « Laméhadrin » (réputés « très stricts ») et les fruits et légumes provenant du  « Héter Méh’ira », et dans ces conditions il est certain que l’on peut se montrer souple en achetant exclusivement la production du « Héter Méh’ira ».

Suite à nos propos dans la « Halacha Yomit », certaines personnes ont exprimés des contestations sur nos propos, et l’un des fidèles de notre maitre le Rav z.ts.l habitant la ville d’Achdod, adressa un courrier à notre maitre le Rav z.ts.l, dont voici le contenu :

A l’attention de notre maitre, la couronne de notre tête,

le Gaon Rabbénou Ovadia YOSSEF Chlita.

Ci-joint une décision Halachique du site « Halacha Yomit », rédigée au nom de notre maitre le Rav Chlita, décision Halachique selon laquelle il faut se fier au Héter Méh’ira, qui est une autorisation totale et fondée, et même les étudiants en Yéchiva ainsi que les étudiants en Kolel peuvent acheter en se fiant au Héter Méh’ira. J’ai lu ces propos et je ne sais pas s’ils sont exacts, en particulier du fait que notre maitre le Rav Chlita a écrit aux habitants de la cité orthodoxe de la ville d’Achkélon que les étudiants en Torah devaient acheter de la production de ceux qui observent la Chémita et ne pas se fier au Héter Méh’ira. Fin du courrier adressé à notre maitre le Rav z.ts.l en 5768.

Notre maitre le Rav z.ts.l répondit à ce courrier en ces termes :

En réalité, il faut se fier de façon certaine au Héter Méh’ira, qui est une autorisation claire et fondée selon la Halacha, et je n’ai pas le moindre doute sur la question.

Uniquement les personnes qui ont l’usage d’adopter toutes sortes de H’oumrot (rigueurs non-obligatoires) dans différents domaines peuvent s’imposer la rigueur sur le Héter Méh’ira, à la condition de ne pas faire subir à leurs familles un manque de fruits ou de légumes. Fin de la réponse de notre maitre le Rav z.ts.l mot pour mot.

Notre maitre le Rav z.ts.l s’est exprimé sur la question à d’autres occasions, comme on peut le constater par la large diffusion de ses propos.

En réalité, lors de la précédente année de Chémita, nous avions consulté notre maitre le Rav z.ts.l pour savoir s’il nous autorisait à écrire en son nom que le « Héter Méh’ira » était juste selon la Halacha même pour les étudiants en Kolel, compte tenu de la grande montée des prix des fruits et légumes de la production commercialisé par les organismes de Cacherout ne suivant pas le « Héter Méh’ira ». Notre maitre le Rav z.ts.l nous répondit que nous pouvions écrire tout ceci en son nom, puisqu’à ses yeux le « Héter Méh’ira » est très clair, et il n’avait pas le moindre doute sur l’exactitude et l’authenticité de cette autorisation. Notre maitre le Rav z.ts.l nous ordonna de diffuser son opinion parmi nos amis élèves de la Yéchiva, afin qu’ils achètent de la production du « Héter Méh’ira ».

Récemment, un enregistrement vidéo partiel de notre entrevue avec notre maitre le Rav z.ts.l a été diffusé (sans notre consentement), mais dans cet enregistrement, l’essentiel manque puisque le point central de notre discussion avec notre maitre le Rav z.ts.l portait sur ce que nous avions écrit dans la « Halacha Yomit », et les instructions de notre maitre le Rav z.ts.l sur ce point étaient que nous pouvions diffuser exactement comme nous l’avons décrit plus haut. Notre maitre le Rav z.ts.l ajouta lors de cet entretient que toute la propagande et la publicité que l’on faisait exclusivement sur les propos des contestataires du « Héter Méh’ira » en dénigrant les propos de ceux qui l’autorisent, étaient provoquées uniquement par des raisons financière et politiques, et non par la véritable criante d’Hachem. A de nombreuses occasions, notre maitre le Rav z.ts.l nous confia toute son amertume vis-à-vis de ceux qui cherchent à noircir l’aspect du « Héter Méh’ira » par des moyens politiques et de propagande, qui ne sont pas les voies de la Torah.

Lorsque le grand rabbin de France le Rav Yossef SITRUCK Chlita prit connaissance de nos propos publiés sur notre site Halacha Yomit, il entra auprès de notre maitre le Rav z.ts.l pour un entretient et lui demanda s’il y avait des limites au sujet du « Héter Méh’ira ». Notre maitre le Rav z.ts.l lui répondit en ces termes :

« Il n’y a aucune limite, c’est permis ! Celui qui veut faire preuve de H’assidout et se l’interdire, qu’il le fasse pour lui-même, mais ne pas enseigner aux autres de se l’imposer. Pour lui-même, il peut faire autant (de rigueurs) qu’il veut, mais pour les autres il doit enseigner selon le « Héter Méh’ira » car il est authentique. Qui a innové le « Héter Méh’ira » ? Le Gaon Rabbi Ya’akov Chaoul ELYACHAR qui occupait les fonctions de Richon Lé-Tsion (grand rabbin Séfarade d’Israël) il y a 100 ans, et il était un génie de la Torah. C’est lui qui a innové le « Héter ». Nous nous sommes contenté de l’élargir afin qu’on ne vienne pas objecter sur ses propos, mais le « Héter » est le sien, c’est lui l’original. De plus, vivait à son époque le saint et pieux Gaon Rabbi Réphaël Méïr FANZ’EL, qui approuva ses propos.

Le Gaon Rabbi Réphaël Méïr FANZ’EL voyagea en Tunisie en mission pour récolter des fonds pour les juifs d’Israël. Pendant son séjour en Tunisie, un lion s’échappa d’un zoo et sorti dans les rues. Tout le monde prit la fuite, mais le Gaon Rabbi Réphaël Méïr FANZ’EL s’approcha du lion sans la moindre peur et le chassa comme on chasse un chien. Les gens lui demandèrent comme n’avait-il pas eu peur ? Il leur répondit : celui qui est juste et se préserve de la débauche n’a pas a redouter quoi que ce soit.

Ces gens étaient des Guéonim et des justes. Ils ont rédigé le « Héter », ils ont constaté la pauvreté des affamés, qui n’ont pas de Parnassa et les ont pris en pitié.

Il y a beaucoup de choses comme celles-ci, comme la vente du H’amets … Qu’est ce qui est plus grave ? Le H’amets ou la Chémita ? Le H’amets,  on est passible de la peine de Karett, alors que la Chémita de notre époque n’est qu’instaurée par nos maitres. Pourtant tout le monde procède à la vente du H’amets … MARAN cite cette autorisation à vendre le H’amets dans le Beit Yossef au chapitre 448, et personne ne conteste, alors que là, tous les 7 ans on crée des problèmes, on n’agit pas selon le Din … »

Ceci était le contenu des saintes paroles de notre maitre le Rav z.ts.l, sans qui ce « Héter Méh’ira » si précieux n’aurait pas survécu, et grâce aux actions des opposants, le grand rabbinat d’Israël n’aurait pas pu vendre les terrains, et tout Israël consommeraient les fruits de la 7ème année sans la moindre autorisation.

Cependant, il nous reste encore à apprendre la manière de se conduire avec les fruits de la 7ème année, car il s’agit là de fruits qui ne proviennent pas du « Héter Méh’ira » mais du « Otsar Beit Din » ou d’autres productions, comme nous l’expliquerons.

 

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