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La Chémita financière (Chémitatt Késsafim)

Cette année (5775) est une année de Chémita (« 7ème année »), comme nous l’avons déjà expliqué en début de cette année, et de ce fait, plusieurs Mitsvot liées à la culture de la terre (d’Israël) et relatives à l’année e la Shemita, sont en vigueur cette année, comme nous l’avons également expliqué.

Mise à part la Mitsva de Chémita liée à la terre et à la sainteté des fruits en vigueur durant cette année (il s’agit ici de fruits provenant du terrain d’un juif, qui n’a pas été vendu à un non juif par le procédé du Héter Méh’ira), Hachem nous a ordonné également la Chémita financière (« Chémitatt Késsafim ») également en vigueur durant cette année.

Il est dit dans la Torah (Dévarim chap.15) : « Voici le sens de la Chémita : tout créancier doit faire remise de sa créance, de ce qu'il aura prêté à son prochain. Il n'exercera pas de contrainte contre son prochain et son frère, dès qu'on a proclamé la Chémita pour Hachem. »

Nos maitres ont expliqué qu’à la fin de l’année de Chémita, toutes les dettes qu’un individu a contractées envers son prochain sont abolies.

Exemple : Réouven a prêté une somme d’argent à Chim’on, et Chim’on s’est engagé à rembourser cette somme avant la fin de l’année de Chémita, car ils ont fixé l’échéance de la dette au 23 Eloul 5775 par exemple. Mais voilà que Réouven – pour une quelconque raison – a laissé s’écouler l’année de la Chémita sans réclamer son argent à Chim’on, Réouven ne peut plus désormais réclamer sa dette de Chim’on, puisqu’à la fin de l’année de Chémita, toutes les dettes qu’un individu a contractées envers son prochain, sont abolies. Si Réuven enfreint cette loi et réclame malgré tout sa dette de Chim’on (après la fin de l’année de Chémita), il transgresse ce qui est dit dans la Torah : « Il n'exercera pas de contrainte contre son prochain et son frère… ».

D’où sait-on que la Shemita n’abolie les dettes qu’en fin d’année ?

Parce qu’il est dit : « Au bout de 7 années, tu observeras la Chémita », et nos maîtres ont appris d’ici dans la Guémara traité de Arah’in (28b) que la Shemita n’abolie que seulement en fin d’année. C’est ainsi que tranchent les Poskim (décisionnaires) et MARAN dans le Choulh’an Arouh’ (H’ochen Michpatt chap.67 parag.30)

Par conséquent, lorsqu’une personne prête de l’argent à son ami même pendant l’année de la Chémita elle-même, elle peut réclamer sa dette durant toute l’année entière. Mais dès le coucher du soleil de la veille du Roch Ha-Chana qui marque la fin de l’année de Chémita, la dette est perdue, sauf si le créancier a rédigé un « PROUZBOUL », comme nous l’expliquerons dans la prochaine Halacha.

La Chémita n’abolie que les dettes contractées entre un prêteur et un emprunteur, mais les dettes qui n’ont pas été contractées dans le cadre d’un prêt - comme lorsqu’on doit payer l’épicier à la fin d’une période précise ou autre, ou bien lorsqu’un homme doit payer à son épouse la somme d’argent écrite dans la Kétouba s’il la divorce – ces dettes ne sont pas abolies par la Chémita.

Par contre, toute autre dette contractée dans le cadre d’un prêt, est abolie par la Chémita.

De même, une personne qui a emprunté à son ami un appareil électrique ou autre, étant donné qu’il ne s’agit pas d’un emprunt financier mais uniquement d’un emprunt matériel, il est certain que l’emprunteur est tenu dans ce cas de restituer l’objet, même après l’année de la Chémita.

Mais tout autre emprunt réalisé dans un « esprit financier » est aboli avec la fin de l’année de la Chémita.

C’est pourquoi, lorsqu’une femme a prêté du pain ou du lait ou autre à sa voisine (des choses qui n’entrent pas dans un cadre de mise à disposition et restitués après utilisation, puisque la femme n’escompte pas que lui soit restitué le pain d’origine qu’elle a prêté à sa voisine, puisque ce pain est simplement donné en tant que prêt, et par la suite, la voisine achètera un nouveau pain qu’elle restituera à la femme), et que s’écoule l’année de la Chémita, la femme ne peut plus réclamer le pain ou le lait à sa voisine, car cette dette a été abolie avec la fin de l’année de la Chémita.

Dans les prochaines Halachot, on expliquera – avec l’aide d’Hachem – d’autres détails sur ces règles, ainsi que la signification du « PROUZBOUL » instauré par Hillel l’Ancien afin que les prêteurs ne perdent pas leur argent, et en arrivent à ne plus prêter aux nécessiteux.

 

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