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Faire don d’un rein

Question : Lorsqu’une personne souffre d’une sérieuse maladie des reins et court un véritable danger, nous est-il permis de lui faire don d’un rein afin de lui sauver la vie ?

Réponse : Avant tout, il est important d’expliquer que l’intervention chirurgicale que subit le donneur de rein est absolument sans danger pour le donneur, car grâce aux progrès de la médecine durant ces dernières années, 99 % des donneurs de reins retrouvent une parfaite santé après l’intervention.

À présent, nous pouvons traiter notre question.

Les décisionnaires débattent afin de définir si l’on est autorisé à se placer dans une situation de danger incertain, afin de sauver une personne d’un danger certain. Par exemple, lorsqu’on sait nager et que l’on voit quelqu’un qui ne sait pas nager se noyer dans des eaux à courant, est-il permis dans ce cas de plonger pour porter secours à cette personne, alors que l’on peut soi-même être emporté par le tumulte des eaux ? Ce cas fait justement l’objet d’une divergence parmi les décisionnaires.

Du point de vue de la Halah’a, les décisionnaires tranchent majoritairement qu’il est interdit de se placer dans une situation de danger, même incertain, afin de sauver quelqu’un d’un danger certain. Telle est la décision Halah’ique du RADBAZ qui ajoute que si l’on s’introduit malgré tout dans une situation de danger, même incertain, pour sauver quelqu’un d’un danger certain, on est considéré comme « H’assid Choté » (faire preuve de piété débile) et on a agi de façon contraire au Din.

À partir de ces propos, de grands décisionnaires de notre génération, comme le Gaon Rabbi Itsh’ak WEISS z.ts.l, le Gaon Rabbi Eli’ezer Yéhouda WALLDINBERG z.ts.l, et d’autres, écrivent qu’il est interdit de faire don de reins, puisque l’intervention chirurgicale est liée à un risque de danger - si petit soit-il -  pour le donneur. Or, il est interdit de se placer dans une situation de danger, même incertain, pour sauver une personne d’un danger certain.

Mais notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita, après avoir traité longuement du sujet, fait remarquer que les décisionnaires n’ont débattu que lorsque les pourcentages de risque de danger sont véritablement distincts, ce qui n’est pas le cas de notre époque à la lueur des progrès de la chirurgie, qui ont considérablement fait descendre les pourcentages de risques dans cette intervention, de sorte qu’ils sont complètement insignifiants. Ces pourcentages ne sont donc même plus considérés comme un « danger incertain ». Selon cela, il semble que même selon les propos des Guéonim cités précédemment, qui interdisent le don de reins, on peut autoriser de notre époque de façon essentielle.

Notre maître le Rav Chlita cite un argument de grande importance à ces propos.

En effet, le RADBAZ lui-même explique les propos du RAMBAM (chap.1 des règles relatives au meurtrier) selon lesquels toute personne qui a la possibilité de sauver un juif et qui ne le sauve pas, transgresse l’interdit de la Torah : « Tu ne resteras pas aux côtés du sang de ton prochain ». Cela s’applique même dans le cas où il y a un « faible danger » pour le sauveur, comme lorsqu’on voit son prochain se noyer, ou bien lorsque des brigands le menacent, ou alors lorsqu’il est attaqué par une bête sauvage, dans tous ces cas où un faible danger est présent pour le sauveur, on est malgré tout tenu de lui porter secours.

Nous constatons des propos du RADBAZ que lorsque le risque de danger reste faible et qu’il n’est pas équilibré, il est permis de se placer dans une situation de danger incertain, afin de sauver une personne d’un danger certain.

Par conséquent, du point de vue de la Halah’a, notre maître le Rav Chlita conclut qu’il est non seulement permis, mais qu’il est aussi une Mitsva de faire don de reins, afin de sauver une personne qui souffre d’une maladie des reins et qui est en danger.

Le mérite de cette Mitsva a un pouvoir très protecteur.

Quoi qu’il en soit, il est évident que cette intervention doit être réalisée exclusivement par des médecins experts en la matière.

Qu’Hachem envoi sa parole guérisseuse afin d’apporter la guérison à tous les malades de son peuple Israël, comme il est dit : « Paix, paix, à celui qui est loin comme à celui qui est proche, ainsi parle Hachem qui guérit. »

 

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