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Le devoir de réprimande entre un homme et son prochain, et lorsqu’une personne bavarde pendant la prière.

Dans la précédente Halah’a, nous avons expliqué le principe du devoir de réprimande, comme il est dit dans la Torah : « Tu feras la réprimande à ton prochain, et tu ne porteras pas sur lui la faute ».

A partir de là, nous apprenons le devoir de faire la remarque à son prochain lorsqu’on constate qu’il ne se comporte pas correctement.

Ce n’est pas seulement lorsqu’on voit son prochain fauter envers Hachem que l’on a le devoir de lui faire la remontrance, mais également lorsqu’on s’aperçoit qu’il ne se comporte pas correctement vis-à-vis d’une autre personne. Il est certain que l’on doit lui faire la remontrance même dans ce cas, afin qu’il ne poursuive pas dans cette attitude. (Et comme nous l’avons expliqué dans la précédente Halah’a, ceci n’est valable que lorsque la remontrance sera bénéfique, et non lorsque la remontrance ne fera qu’augmenter la discorde).

De plus, même lorsqu’on voit son prochain se comporter d’une manière incorrecte vis-à-vis de nous même, il ne faut pas garder les choses dans le cœur et entretenir une haine envers son prochain, mais plutôt aller le trouver et parler à son cœur. Comme l’écrit le RAMBAM dans les règles relatives aux tempéraments :

« Lorsqu’une personne faute envers une autre personne, l’offensé ne doit pas garder la haine en silence comme il est dit aux sujets des impies : « Avchalom n’adressa plus la parole à Amnon, ni en bien ni en mal, car Avchalom haïssait Amnon », mais au contraire, il est un devoir d’aller lui faire savoir, et lui dire : « Pourquoi as-tu agis ainsi envers moi ? Pourquoi as-tu fauté envers moi sur telle ou telle chose ? » Comme il est dit ; « Tu feras la réprimande à ton prochain ». Si l’autre vient en demandant pardon, il faut lui pardonner, sans montrer de la cruauté, comme il est dit : « Avraham pria Hachem » (Pour qu’il guérisse les servantes du roi Avimeleh’, bien que celui-ci avait enlevé Sarah à Avraham) ». Fin de citation.

Lorsqu’on a dit qu’il est interdit d’haïr son prochain dans son cœur et qu’il faut au contraire aller l’informer qu’il a mal agit envers nous même, il est certain que ceci n’est valable que lorsqu’on a la certitude que l’autre va regretter ses actes, et que la réprimande ne fera qu’augmenter la paix entre eux. Mais si on a affaire à une personne qui n’est pas très intelligente, et avec qui on n’est pas spécialement disposé à entamé un dialogue, on n’est pas tenu dans un tel cas de lui faire la réprimande, et par simple mesure de piété, il faut lui pardonner son comportement afin qu’il n’y a pas de haine entre eux.

Lorsque l’on a précisé qu’il n’y a aucune différence entre une faute commise par une personne envers son prochain ou envers Hachem, et que dans le deux cas il est un devoir de lui faire la réprimande, il existe malgré tout une petite différence :

Lorsqu’il s’agit d’une faute commise envers son prochain, on a le devoir de lui faire la réprimande 2 à 3 fois, en lui parlant avec tact et diplomatie. Mais si malgré nos efforts, l’autre n’accepte pas nos propos et continue dans son attitude désagréable, on n’a plus d’obligation de lui faire la réprimande, car s’il refuse d’entendre la voix de ceux qui le réprimandent, la Mitsva de réprimande n’existe plus pour lui.

Par contre, lorsqu’il s’agit d’une faute commise envers Hachem, l’obligation de réprimande n’a pas de limite. Si l’on voit que la personne s’obstine dans son attitude rebelle envers Hachem, il faut lui faire honte en public, et l’on doit divulguer ses actes, afin qu’il les cesse pour toujours.

Cependant, il est certain qu’une telle décision ne peut être prise par tout le monde, car il existe des situations pour lesquelles le fait de divulguer les actes de l’autre n’apportera aucune amélioration de son attitude, et de plus, il y a de nombreux détails sur l’autorisation de divulguer les fautes d’une personne. Par conséquent, il faut consulter un Talmid H’ah’am (une autorité rabbinique) qui décidera s’il est bénéfique ou non de divulguer les actes de qui que ce soit.

Lorsqu’une personne bavarde constamment à la synagogue, pendant la prière et la lecture de la Torah, en dérangeant ainsi les autres fidèles et en profanant ainsi le respect de la synagogue, il faut d’abord lui en faire la remarque en privé, en lui demandant de cesser ses bavardages pendant la prière. Si cela n’est pas suffisant, il est donc permis de lui faire la remarque en public (en le faisant traire en lui disant « Chut ! »), sans arrêt jusqu’à ce qu’il cesse ses mauvaises actions.

Si l’assemblée voit quelqu’un faire la réprimande à plusieurs reprises à un fidèle qui bavarde pendant la prière, elle se doit de lui prêter main forte en lui faisant la réprimande, afin que celui qui a réprimandé ne soit pas seul dans cette initiative et que l’autre en arriverait à le haïr parce qu’il lui fait constamment des réprimandes.

Dans un tel cas, il serait souhaitable que chacun lui fasse la réprimande à tour de role, jusqu’à ce que la synagogue retrouve son prestige.

MARAN tranche dans le Choulh’an ‘Arouh’ (Orah’ H’aïm chap.124) :

On ne doit pas bavarder lorsque l’officiant répète la ‘Amida. Si une personne bavarde, sa faute sera trop lourde à porter, et il faut lui en faire la remarque.

Voici les propos du Eliyah Rabbah au nom du Kol Bo :

« Malheur au gens qui bavardent à la synagogue pendant la prière, car nous avons constaté plusieurs synagogues détruites par faute de bavardages.

Le Saint Rabbi Israël ABOUH’ATSIRA (Baba Sali) z.ts.l disait que plusieurs communautés des pays d’orient ont été épargnées des griffes des nazis par le mérite du fait qu’ils préservaient le respect de la synagogue.

 

 

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