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Le voleur repenti I

Question :

Il y a quelques années, une personne m’a volé le logo de ma machine (le logo de la société productrice de la machine, qui figure généralement sur l’avant de la machine).

A présent, un homme vient me trouver et me dit qu’il m’a volé (et qu’il a volé à d’autres personnes) le logo lorsqu’il était jeune, et il désire me rembourser pour ce dommage. Comment dois-je agir ?

Réponse :

Si une personne a volé une chose à autrui, même lorsque cette personne se repent et revient dans le chemin de la Torah, elle est toujours tenue de restituer l’objet du vol à son propriétaire. Si elle ne restitue pas, elle ne pourra pas se repentir totalement, car il est dit dans la Torah : « Il rendra l’objet du vol... »

Nous voyons à partir de là que la faute du vol est un « interdit lié à un commandement positif », car lorsqu’on a transgressé l’interdiction de voler, on est tenu d’accomplir le « commandement positif » de restituer l’objet du vol.

Nous pouvons apparemment comprendre de là que lorsque le voleur vient pour restituer l’objet du vol, nous sommes tenus d’accueillir avec joie ce qu’il nous rend, et de lui pardonner sur tout ce qu’il nous a fait, afin qu’il puisse réaliser son repentir.

Nous avons déjà mentionné antérieurement à plusieurs reprises que les fautes commises envers le prochain n’ont pas de pardon tant que l’offensé n’a pas accordé son pardon. La faute du vol fait - de façon certaine – partie des fautes envers son prochain. C’est pourquoi, hormis le fait que l’on est tenu de restituer l’objet du vol, on est aussi tenu d’apaiser la victime du vol pour le mal qu’on lui a causé.

Cependant, il est enseigné dans une Béraïta (chap. « Ha-Gozel » 94b) :

Lorsque le voleur se repent et vient restituer l’objet du vol, nos maîtres disent qu’il ne faut pas accepter de lui, afin de lui ouvrir les portes du repentir.

Cela signifie que lorsque le voleur se présente chez la victime du vol et lui dit qu’il désire lui restituer ce qu’il lui a volé, il ne faut pas accepter l’objet du vol, afin de lui faciliter le repentir, car si le voleur voit que le repentir est si difficile, puisqu’il doit restituer les importantes sommes d’argent qu’il a volé à toutes ses victimes, il se découragerait du repentir, et il resterait dans sa faute. C'est pourquoi nos maîtres ont instauré qu’il ne faille pas accepter ce qu’il vient restituer, afin que le voleur puisse se repentir.

Il est dit aussi dans la Guémara :

Rabbi Yoh’anann dit : cet enseignement (qu’il ne faut pas accepter la restitution du voleur) fut enseigné à l’époque de Rabbi (Rabbi Yéhouda Ha-Nassi). Un jour, un homme désira se repentir. Sa femme lui dit : « Idiot ! Si tu désires te repentir, même ta ceinture ne t’appartient pas !! » L’homme se priva du repentir. C’est à ce moment que l’on décréta : lorsque les voleurs ou les prêteurs avec intérêt viennent restituer, il ne faut pas accepter. Celui qui acceptera, l’esprit des sages n’est pas à ses côtés.

Rachi et le Nimouké Yossef expliquent les termes « l’esprit des sages n’est pas à ses côtés », en disant : « il n’y a pas d’esprit de sagesse, ni de piété en lui. »

À partir de là, nous pouvons apparemment constater qu’il ne faut pas accepter la restitution du voleur, car sinon il est possible qu’il en arrive à se décourager de se repentir.

Cependant, c’est un sujet qui comporte de nombreux détails sur le plan pratique, et ce n’est pas dans tous les cas qu’il faut refuser la restitution du vol. Nous expliquerons tout cela avec l’aide d’Hachem dans la prochaine Halah’a.

 

 

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