Index Halakhot Index Halakhot

Statut Halah’ique des tribunaux civils en Israël

Dans une précédente Halah’a , nous avons expliqué la gravité de l’interdiction d’aller se faire juger auprès des tribunaux non-juifs. Même lorsque les juges non-juifs rendent une décision de justice conforme aux lois de la Torah, et même avec l’approbation des deux parties en litige, il est interdit de se faire juger par des tribunaux non-juifs. Toute personne transgressant cet interdit, est qualifiable de blasphémateur envers la Torah et porte atteinte à la Torah de Moché Rabbénou.

Cette loi découle principalement du verset : « Voici les lois que tu placeras devant eux » « Devant eux » et non devant les non-juifs.

Pourtant, au sein de l’état d’Israël, les juges des tribunaux civils sont juifs mais généralement, ils ne rendent pas leurs jugements selon les lois de la Torah, et quoi qu’il en soit, ils ne maîtrisent pas les très nombreuses lois de la Torah (beaucoup plus nombreuses que les lois du code civile hébreu laïc, ne serait ce qu’en superficie. En effet, un étudiant en Torah d’un bon niveau, doit étudier avec assiduité durant environ 10 ans jours et nuits pour parvenir au titre de juge rabbinique, et parfois, la seule connaissance des lois de la Torah ne suffit pas, car il faut les approfondir considérablement). Il semble donc qu’il ne faut pas faire de différence entre les juges non-juifs et les juges israéliens, car non seulement leur judaïté ne suffit pas à autoriser de se faire juger par eux, mais au contraire, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita écrit qu’il faut se montrer encore plus rigoureux s’il s’agit de juges juifs, puisqu’en tant que tels, ils sont déjà assermentés depuis le Mont Sinaï a juger seulement selon les lois de la Torah, alors qu’ils ont « abandonné la source de la Torah au profit de puits incapables de contenir de l’eau » en jugeant selon les lois des non-juifs et selon leurs juges, ainsi que selon leurs codes de lois. Le fait de se faire juger par des juges civils juifs est donc beaucoup plus grave que de se faire juger par des non-juifs qui ne sont pas soumis à l’obligation de juger selon les lois de notre Torah, car même si les non-juifs sont tenus d’instaurer des tribunaux (comme le tranche le RAMBAM à la fin du chap.9 des règles relatives aux rois), malgré tout, ils peuvent statuer selon la logique humaine et selon ce qui leur semble juste, sans être tenus de juger selon les très nombreuses lois de la Torah. Il reste malgré tout interdit de se faire juger par les non-juifs, et à fortiori par des juifs soumis depuis le Mont Sinaï à ne juger que selon les lois de la Torah, qui ont finalement tourner le dos à la Torah en jugeant selon des lois dont une bonne partie provient du code de lois de l’Empire Ottoman et du mandat britannique. En agissant ainsi, ils donnent de la valeur et de l’importance aux lois des non-juifs, il est donc d’autant plus grave de se faire juger par des juifs laïcs que par des non-juifs.

De même, le Gaon Rabbi Tsévi Péssah’ FRANK z.ts.l, qui fut le Grand Rabbin de Jérusalem, répondit à un avocat religieux qui s’étonnait du fait que le Rav qualifiait les tribunaux laïcs israéliens de « tribunaux non-juifs ». Le Rav écrit entre autre : « Lorsqu’on réfléchit sur la raison pour laquelle il est interdit de se faire juger par les tribunaux non-juifs, on se rend compte que cette raison est fondée sur le fait de ne pas valoriser leurs lois et de ne pas leur donner de l’importance, comme il est dit : « nos ennemis sont des juges », ce qui signifie que lorsque nos ennemis jugent, cela représente un témoignage de la supériorité de leurs jugements, comme l’explique Rachi sur la Paracha de Michpatim (rapporté dans la précédente Halah’a). Par conséquent, la personne qui accepte de se faire juger par eux, est un mécréant etc. … selon les propos du RAMBAM et de MARAN dans le Choulh’an ‘Arouh’.

Selon cette même raison, un juge juif qui rend des jugements selon leurs lois, est de façon certaine pire qu’un non-juif, car le non-juif n’est pas soumis à l’obligation de juger selon les lois du peuple d’Israël, mais un juif qui a le devoir de ne rendre des jugements que selon la Torah et qui au contraire, s’en éloigne et juge selon le code de lois des Ottomans et des différents autres codes de lois des nations, est un mécréant et porte atteinte à la Torah de Moché Rabbénou, et selon les propos du Rachba, il détruit les murailles de la religion et en déracine les fondements. Il devra rendre des comptes pour avoir dédaigner les lois de la Torah. Il en est de même pour toute personne qui accepte de se faire juger par de tels juges. Nous déplorons le fait que ces lois ont été adoptées par le gouvernement et le parlement israélien comme code de lois du pays. Malheur aux gens pour le dédain qu’ils expriment envers la Torah … »

Des propos similaires ont été écrits par le Gaon auteur du H’azon Ich, ainsi que par le Gaon Rabbi Itsh’ak Eizik Ha-Lévy ERTZOG, Grand Rabbin d’Israël.

A partir de tous ces propos, il est évident qu’hormis toutes ces explications, il existe une raison très simple pour laquelle il est interdit d’aller se faire juger par les tribunaux civils, car nos maîtres enseignent : « Voici les lois que tu placeras devant eux » « Devant eux » et non devant les non-juifs ; « Devant eux » et non devant les gens simples (incompétents). Cela signifie qu’une personne incompétente qui n’a pas été agrée par les grands de la génération, n’est pas autorisée à rendre des jugements. A fortiori lorsqu’il s’agit des juges de l’état d’Israël, qui sont tous considérés selon notre sainte Torah comme catégoriquement inaptes à rendre des jugements, car ils transgressent volontairement et publiquement des interdits de la Torah, et il est certain qu’ils sont encore pire que de simples personnes incompétentes à juger. Telle est la position des grands d’Israël.

Nos maîtres enseignent (Chabbat 139a) :

Pour tout malheur qui s’abat sur Israël, vérifie les juges d’Israël.

Or, nous constatons malheureusement la situation difficile dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui, aussi bien du point de vue de la sécurité que du point de vue économique, jusqu’au jour où Hachem déversera sur nous un esprit depuis le très haut, et qu’il nous restitue nos juges et nos conseillers comme auparavant. Tsion sera rachetée par la justice et ses repentants par la charité.

Dans la prochaine Halah’a, seront rapportés d’autres cas pratiques de ce sujet.

 

Hevrat Pinto • 32, rue du Plateau 75019 Paris - FRANCE • Tél. : +331 42 08 25 40 • Fax : +331 42 06 00 33 • © 2015 • Webmaster : Hanania Soussan