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Y a-t-il une interdiction à formuler des vœux même lorsque la personne a l’intention de les réaliser ?

Réponse :

Nous devons tout d’abord définir ce que la Torah appelle un vœu.

La Guémara Nédarim (13a) explique que la principale définition de ce que la Torah appelle un vœu consiste à frapper d’interdiction au profit un objet quelconque sur lequel on formule le vœu. Par exemple : une personne dit : « Ce pain devient interdit pour moi comme un sacrifice. », cette personne vient de frapper ce pain de l’interdiction de consommation qui touche les sacrifices. Ce pain lui est donc interdit à titre d’interdiction de vœu.

Malgré tout, les décisionnaires ainsi que MARANN dans le Beth Yossef (Yoré Dé’a chap.206 et 239) expliquent que même lorsqu’on formule le vœu dans un langage plus courant de nos jours, par exemple « Je fais le vœu de manger avec toi aujourd’hui », ou bien « Je fais le vœu de ne jamais manger avec toi », le vœu prend effet.

Par conséquent, si la personne regrette ce qu’elle a dit et désire se faire délier de son vœu, elle doit aller trouver un Talmid H’ah’am (érudit dans la Torah) qui lui trouvera une « ouverture » et une raison de regretter son vœu, et grâce à cela, il pourra délier la personne de son vœu en présence de 3 hommes aptes à participer à un jugement selon la Torah.

Il est ramené dans la Guémara Chabbat (32b) :

On enseigne dans une Béraïta : Rabbi Nathan dit : En conséquence à la faute des vœux, l’homme peut perdre son épouse (qu’Hachem nous en préserve). Cet enseignement prend sa source dans un verset. Rabbi dit : En conséquence à la faute des vœux, l’homme peut perdre ses enfants lorsqu’ils sont petits (qu’Hachem nous en préserve), comme il est dit : « Ne laisse pas ta bouche faire fauter ta chair ! Pourquoi Hachem se mettrait-il en colère sur l’œuvre de tes mains ? ». Quelles sont les œuvres des mains de l’homme ? Ce sont ses enfants.

Il est enseigné dans la Guémara Nédarim (35a) :

Rabbi Yéhouda dit au nom de Rav : Un jour, en période de famine (causée par une sècheresse), un homme confia sa pièce d’or à une veuve. Elle plaça la pièce dans une cruche de farine. Par erreur, elle pétrit du pain avec la farine contenue dans cette cruche où se trouvait la pièce d’or, et elle donna le pain à un pauvre. Quelque temps plus tard, l’homme se présenta et réclama sa pièce d’or qu’il avait confiée à cette veuve. Elle lui répondit : « Que l’un des fils de cette femme (elle parle d’elle-même) soit empoisonné si j’ai tiré profit de cette pièce ! »(Cette façon de rapporter un dialogue est propre à la Guémara lorsqu’elle relate des propos qu’il ne serait pas bon au lecteur de prononcer de sa propre bouche afin de ne pas provoquer le Satann). Peu de temps s’est écoulé et l’un des fils de cette femme perdit la vie. Tout ceci en raison du fait qu’elle avait malgré tout tiré profit de cette pièce d’or puisque le pain qu’elle avait donné au pauvre avait une forme plus importante à cause de la pièce d’or qu’il contenait. Lorsque les sages eurent connaissance de cette histoire, ils dirent : « Si une personne qui avait pourtant juré de façon sincère (car cette femme pensait réellement ne pas avoir tiré profit de cette pièce d’or) a été malgré tout punit de façon aussi sévère, qu’en est-il de celui qui prête un faux serment ?! »

On enseigne à la fin du 2ème chapitre du traité Nédarim :

Prends toujours pour habitude de ne jamais formuler de vœux. Chémouel dit : celui qui formule un vœu, même s’il le réalise, cet homme est qualifiable de Racha’ (impie). Voici l’enseignement de Rav Dimi frère de Rav Safra : celui qui formule un vœu, même s’il le réalise, cet homme est qualifiable de fauteur. Cet enseignement prend sa source à travers des versets.

Le Talmud Yérouchalmi enseigne :

Lorsqu’un homme tarde à réaliser son vœu, son dossier est ouvert. C'est-à-dire : on sera plus pointilleux avec les actes de cet individu qui tarde à réaliser ses vœux.

 Par conséquent, il incombe chacun à être vigilant et à s’éloigner véritablement du domaine des serments et des vœux. Le Roch ainsi que MARANN l’auteur du Choulh’an ‘Arouh’ écrivent que même s’il s’agit de vœux de Mitsva, il n’est pas bon de les formuler. Par exemple : « Je donne cette pièce (ou cette somme) à la Tsédaka ». Il faut toujours dire la formule « Béli Néder »(« Sans faire de vœu »). Tout ceci en raison de la gravité du domaine des serments et des vœux, comme nous l’avons expliqué.

 

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