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« Le vol est la source des mises en accusation »

Il a été expliqué dans la précédente Halah’a que même si le jour de Yom Kippour a la faculté d’expier la majorité des fautes de l’individu, malgré tout, pour les fautes commises envers le prochain, le jour de Yom Kippour de les expiera que lorsqu’on lui aura demandé pardon.

Le vol est la source des mises en accusation

Sans le moindre doute, parmi les fautes inexpiables par le jour de Yom Kippour « jusqu’à obtenir le pardon du prochain » est inclus la faute du vol.

En effet, cette faute constitue un obstacle particulier puisque le vol représente le principal frein à l’agrément des prières, comme nos maîtres l’enseignent (Midrach Rabba sur Vaykra chap.33 sect.3) : « Dans une Séa (quantité) de fautes, c’est le vol qui est la source des mises en accusation. »

Cela signifie que même si l’individu possèdent de nombreuses fautes, c’est la faute du vol qui se tiendra en tête de toutes ses fautes contre lui.

Les embuches entraînant le vol

De nombreuses personnes trébuchent sur la faute du vol en particulier, sans y porter attention, et les gens ne s’imaginent même pas être concernés par cette faute.

L’exemple le plus répandu se trouve parmi de nombreux chefs d’entreprises, des gens intègres et craignant Hachem, qui aiment la Torah et ceux qui l’étudient, et malgré tout, il leur arrive parfois de s’autoriser à gérer leurs affaires par des moyens qui touchent à l’argent d’autrui, et de façon illégal selon le Din. Comme l’enseigne Rav Yéhouda au nom de Rav (Bava Batra 165a) : « La majorité se heurte à la faute du vol, la minorité à la faute de la débauche, mais tous trébuchent sur la poussière de la médisance. »

C’est le propos que traite notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita (dans son livre sur les Yamim Noraïm page 240) au sujet d’une personne qui s’est tournée vers les tribunaux civils (des tribunaux qui ne tranchent pas selon les lois de la Torah), en poursuivant son ami pour lui prendre quelque chose de façon non justifiée selon le Din. Par exemple, lorsqu’un mari vient au tribunal pour réclamer l’héritage de son légué à son épouse à part égale avec ses frères, alors que selon les lois de la Torah une fille n’hérite pas avec ses frères, et qu’il obtient une part de l’héritage selon les décisions juridiques du tribunal qui juge selon des lois non-juives. (nous avons déjà précisé à une autre occasion que dans ce cas, la fille peut recevoir un quelconque dédommagement, mais pas la somme totale de la part d’héritage, comme nous l’avons expliqué). Tout ce que ce mari prendra de ses beaux frères est en opposition avec les lois de la Torah, cet argent représente du véritable vol dans sa main, et il est tenu de leur restituer toute la part qu’il a reçu pour son épouse avec le devoir de leur demander pardon.

De même, lorsque quelqu’un a un litige financier avec son ami, il ne doit pas s’autoriser à maintenir son opinion, car « personne ne se voit débiteur » (Chabbat 119a).

C’est pourquoi, il doit présenter ses arguments avec authenticité et de façon intègre devant un Rav compétant, qui lui indiquera s’il est oui ou non tenu de restituer l’argent à son ami. Même si son ami ne le poursuit pas devant un tribunal, il est malgré tout tenu de s’acquitter vis-à-vis du Ciel en allant consulter une autorité rabbinique compétente, comme l’enseigne nos maîtres (Avot chap.1) : « Fais toi un maître et écarte toi du doute. »

 « Se purifier avec un reptile dans la main »

Il est enseigné dans la Guémara Ta’anit (7b) :

Rabbi Amé dit : « La sécheresse arrive uniquement à cause de la faute du vol. »

La Guémara demande : « Quelle est la solution ? » C'est-à-dire : comment réparer la chose ? Et la Guémara de répondre : « On doit augmenter les prières. »

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita cite sur ce point les propos du livre Guévourot Ari (du Gaon Rabbi Arié Leïb z.ts.l, Av Beit Din de Metz il y a environ 200 ans), selon qui lorsque la Guémara répond « On doit augmenter les prières. », cela signifie qu’après avoir restitué l’objet du vol, on doit augmenter les prières, car sinon, le repentir et la prière ne sont d’aucune utilité, car il est écrit dans la Guémara (ibid. 15a) qu’une personne ayant commis la faute du vol, qui avoue sa faute mais ne restitue pas le vol, à quoi est-elle comparable ? A celui qui s’immerge dans un Mikvé pour se purifier, tout en ayant dans la main un reptile (le reptile mort est selon la Torah la source de toutes les impuretés).

Il est enseigné également dans le Talmud Yérouchalmi (début du chap.2 de Ta’anit) :

Rabbi Abba commente : Il est écrit : « Levons nos cœurs vers les paumes de nos mains, vers D. qui est dans le ciel » Vérifions avant tout nos mains, s’il ne s’y trouve pas la moindre trace de vol ou d’escroquerie, et c’est seulement ensuite que nous pourrons prier notre D. qui est au ciel. Car si un reptile se trouve dans la main de l’homme, même s’il s’immergerait dans les eaux du Chilowah’ (source d’eau près du Temple de Jérusalem) ou bien dans les eaux originelles, il n’obtiendrait aucune purification tant qu’il n’aura pas retiré le reptile de sa main.

Par conséquent, il est donc une sainte obligation de se réveiller, en particulier durant cette période, afin de vérifier s’il ne se trouve pas dans nos mains la moindre crainte de vol, afin de le restituer à son propriétaire et de lui demander pardon, conformément au Din. Pour toute situation de doute, ou dans l’impossibilité de restituer le vol, il faut impérativement consulter une autorité rabbinique compétente qui indiquera ce qu’il faut faire.

 

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