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Se découvrir les cheveux à la maison

Cette Halacha est dédiée à l'élévation des Néchamot de nos jeunes frères : Ya'akov Naftali Ben Ra'hel Dévora (16 ans), Guil Ad Mi'hael Ben Bat Galim (16 ans) et Eyal Ben Iriss Téchoura (19 ans) assassinés sauvagement par des bêtes immondes parce qu'ils étaient juifs. Qu'Hachem venge leurs sangs et qu'il envoie la consolation à leurs familles, qu'il sèche les larmes du peuples d'israël et qu'il nous envoie le Mashiah rapidement et de nos jours Amen.

Question : Est-il permis à une femme mariée de rester tête découverte lorsqu’elle se trouve chez elle ?

Réponse : Il est clair et évident qu’il est interdit à une femme mariée de découvrir ses cheveux, et de ce fait, les femmes juives mariées se couvrent les cheveux avec un foulard ou autre couvre-chef (excepté la perruque !), afin que leurs cheveux ne soient pas visibles. Une Mitsva incombe donc les maris qui ont épousé des femmes qui ne se couvrent pas les cheveux, de les convaincre par tous les moyens, par des paroles encourageantes ou même des cadeaux, afin qu’elles acceptent de se couvrir les cheveux selon les exigences de la Torah. De même, si un mari constate que sa femme ne se couvre pas les cheveux de façon conforme à la Halacha, qu’elle laisse dépasser trop de cheveux devant ou derrière La tête, il se doit de dialoguer avec elle afin qu’elle veille à se couvrir les cheveux conformément à la Halacha.

Cependant, selon l’usage répandu depuis des siècles dans les communautés séfarades, les femmes laissent apparaître quelques cheveux sur l’avant de la tête (environ 2 cm), et ces femmes ont sur qui s’appuyer. Les femmes qui ont l’exigence de recouvrir la totalité des cheveux sont dignes de la bénédiction.

A présent, concernant le sujet de notre question, MARAN tranche dans le Beit Yossef (Even Ha-‘Ezer chap.115) que selon le strict Din, on peut autoriser une femme à rester tête découverte lorsqu’elle se trouve chez elle avec son mari, et il n’y a là aucun interdit. La décision Halachique de MARAN prend sa source dans les propos de Rachi, des Tossafot et du Ran sur le traité Kétoubot, où ils écrivent concernant « celle qui transgresse Dat Yéhoudite » (certaines règles de la Torah qui concernent La femme juive) qui est une femme qui se comporte avec manque de pudeur au point d’en perdre ses droits à La Kétouba (à La somme promise par le mari dans La Kétouba en cas de divorce ou de décès du mari), qu’une femme qui ne se couvre pas les cheveux lorsqu’elle se trouve chez elle ne commet aucune transgression.

Dans son saint livre Taharat Ha-Baït (tome 2 page 166), notre grand maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l cite les propos du Gaon Rabbi Moché FEINCHTEIN z.ts.l et d’autres décisionnaires qui tranchent que même lorsque La femme est indisposée (Nidda), elle est autorisée à rester tête découverte lorsqu’elle se trouve chez elle, et il n’y a là aucun interdit.

Nous connaissons le très célèbre enseignement de nos maîtres dans la Guémara Yoma (47a) :

Kimh’itt avait 7 fils qui ont tous occupé les fonctions de Cohen Gadol. On lui demanda un jour : « Comment as-tu fais pour avoir ce grand mérite de voir chacun de tes fils servir comme Cohen Gadol ? (dont Rabbi Ichma’el Ben Kimh’it très célèbre dans le Talmud, dans les Avott Dé-Ribi Natan, dans la Tossefta ou autre) »

Elle répondit : « C’est parce que les murs de ma maison n’ont jamais vu les nattes de mes cheveux ! » Ce qui signifie que les murs de sa maison n’ont jamais vu ses cheveux.

Il en ressort apparemment qu’il est une grande mesure de piété de ne jamais découvrir les cheveux, même à La maison, et la femme qui s’imposerait cela mériterait d’avoir des enfants érudits dans la Torah ou qui serviront comme Cohen Gadol. Rachi commente cette Guémara ainsi : « J’ai vu dans le Talmud Yérouchalmi : Toute resplendissante est La fille du roi dans son intérieur, sa robe est faite d’un tissu d’or. (Téhilim 45-14). Une femme pudique est digne de donner naissance à un Cohen Gadol qui est vêtu de tissu d’or.

En réalité, selon le Gaon auteur du Ménoratt Ha-Maor, les choses ne sont pas à prendre véritablement à leur sens littéral selon lequel les murs de sa maison n’ont jamais vu ses cheveux, mais plutôt dans un sens volontairement exagéré qui signifie que ses cheveux n’ont pratiquement jamais été visibles, même si lorsqu’elle se lavait, une partie de ses cheveux se découvrait forcément.

Malgré tout, nous apprenons que par mesure de piété, il est juste que La femme ne se découvre pas les cheveux même lorsqu’elle est à la maison, comme les hommes le font avec La Kippa qu’ils ne quittent pas, même lorsqu’ils se trouvent à la maison.

Il est vrai que certains de nos maitres les Ah’aronim (décisionnaires des derniers siècles et contemporains) ont sévèrement interdit le fait de rester tête découverte même à La maison, mais notre maitre le Rav z.ts.l écrit dans son livre Taharat Ha-Baït (page 166) que cet interdit n’est pas le strict Din mais seulement une H’oumra (rigueur) qui émane du Zohar Ha-Kadoch qui est très rigoureux sur ce point. De même, le livre ‘Emek Ha-Meleh’ de Rabbi Naftali MORNKFORTT qui était l’élève de Rabbénou Ménah’em ‘Azarya Mi-PANO il y a environ 350 ans, atteste qu’une femme qui reste tête découverte à la maison, entraîne un grand mal dans son foyer, car le fait de découvrir les cheveux de la femme augmente la rigueur divine dans le foyer. Il écrit d’autres arguments selon la position des kabbalistes.

En conclusion : Selon le strict Din, La femme n’est pas tenue de rester tête couverte lorsqu’elle se trouve à La maison.

Par mesure de piété, certains de nos maîtres les Ah’aronim ont écrit que la femme doit se couvrir la tête même lorsqu’elle se trouve à La maison, en particulier lorsque les membres de son foyer sont présents, car il y a là une grande mesure de piété. Toute femme qui ferait attention à cela est qualifiable de sainte, puisqu’elle apporte une grande influence positive sur tous les membres de son foyer.

 

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