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Contredire son Rav

Question : Est-il permis à une personne de contredire l’opinion Halachique de son maître ?

Réponse : Il est enseigné dans la Guémara Sanhédrinn (110a) :

Celui qui contredit son maître est comparable à celui qui contredit la Chéh'ina (la Présence Divine).

Nous avons déjà fait mention dans la « Halacha Yomit » que l’on distingue 3 catégories de sages sur ce point. La première de ces 3 catégories est celle du Rav Mouv'hak (Rav par excellence) de la personne. C'est-à-dire, le Rav duquel l’élève a appris la majeure partie de sa connaissance, ou bien un grand de la génération.

MARAN l’auteur du Choulh’an ‘Arouh’ tranche que l’interdiction de contredire son Rav n’existe que lorsqu’il s’agit du Rav Mouv'hak de la personne. C’est uniquement dans ce cas que l’on considère la personne contredisant son Rav, comme celui qui contredit la Chéh'ina (Présence Divine). Mais lorsqu’il s’agit de son Rav mais qui n’est pas son Rav Mouv'hak (par exemple, son Rav duquel la personne a appris une partie de ses connaissances, mais pas la majorité), dans ce cas-là, cet interdit n’existe pas. Selon cela, cette interdiction de contredire son Rav persiste donc lorsqu’il s’agit de contredire un Grand de la Génération, puisqu’il est considéré comme le Rav Mouv'hak de tout Israël.

Mais les décisionnaires débattent afin de définir la notion de « contredire son Rav ».

Cela veut-il dire tout simplement émettre un avis Halachique contraire à celui de son Rav, ou bien cela veut dire établir son propre Beth Midrach, en étudiant et en y enseignant la Torah sans l’accord de son Rav. En agissant ainsi, la personne revendique le pouvoir pour elle-même sans l’accord de son Rav, et elle est donc considérée comme celui qui contredit la Chéh'ina (Présence Divine).

En réalité, telle est la définition du RAMBAM, et c’est ainsi que tranche le Tour ainsi que MARAN dans le Choulh’an ‘Arouh’ en disant que celui qui établie pour lui-même un endroit où il va étudier et enseigner la Torah sans l’accord de son Rav, est considéré comme celui qui contredit la Chéh'ina.

Mais contredire son Rav sur des sujets d’Halacha, est permis puisque nous constatons cette attitude dans de nombreux endroits de la Guémara, par exemple chez Rabbénou Ha-Kadoch qui contredit son père et maître Rabban Chim’on Ben Gamliel. Ou bien chez Rava qui contredisait Rav Yossef qui était son Rav Mouv'hak (son Rav par excellence).

Cependant, il est certain qu’il faut des preuves et des arguments solides pour contredire l’opinion Halachique de son Rav, en vérifiant très minutieusement les propos de son Rav afin de ne pas se précipiter à le contredire de façon injustifiée, ce qui aurait pour conséquence d’avoir contredit son Rav de façon contraire à la Halacha, et également le fait d’enseigner de façon erronée.

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l écrit que même lorsqu’on contredit son Rav sur un sujet Halachique précis, on ne doit pas le contredire en sa présence, mais uniquement en son absence. Et même dans cette condition, il faut le faire avec beaucoup d’humilité et de respect et non pas dans le but de gagner.

Il faut ajouter que de notre époque, nous trouvons malheureusement de nombreux Talmidé H’ah’amim (érudits dans la Torah) qui n’hésitent pas à contredire l’opinion Halachique de leurs maîtres, les Grands de la Génération, mais lorsqu’on vérifie leurs propos, on s’aperçoit qu’ils n’ont rien de concret. Ces gens augmentent la discorde au sein du peuple d’Israël de façon gratuite et enseignent la Halacha de façon erronée fausse. Les paroles du RAMBAM leurs sont tout à fais appropriées, et les voici :

« Ces petits élèves qui n’ont pas suffisamment étudié la Torah et qui recherchent uniquement à se grandir aux yeux de la masse populaire (les ignorants), ainsi qu’aux yeux des gens de leurs villes. Ces gens se précipitent en avant pour juger et décider la Halacha au sein du peuple d’Israël. Ce sont eux qui multiplient la discorde ; ce sont eux qui détruisent le monde ; ce sont eux qui éteignent la lumière de la Torah. Ils détériorent la vigne d’Hachem, et l’on peut leur attribuer le verset écrit par le roi Salomon : « Des petits renards qui détériorent des vignes ».

Nous faisons mentions de tout ceci, car toute personne, lorsqu’elle se choisit un Rav pour qu’il lui indique le chemin à prendre dans des sujets d’Halacha ou autre, doit veiller à ce que ce Rav soit un véritable Talmid H’ah’am (un véritable érudit dans la Torah) qui bénéficie de l’appréciation des Grands de la Génération, et qui a la crainte d’Hachem dans le cœur. Car chez un Talmid H’ah’am, la crainte de la faute doit primer sur l’érudition, et il doit posséder des qualités exceptionnelles, comme nous l’expliquerons plus tard avec l’aide d’Hachem.

 

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