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Michloah’ Manot

Il est dit dans la Méguilat Esther (9 – 22) :

« Faire des ces jours, des jours de festin et de joie, et d’échange de mets mutuels, ainsi que de cadeaux aux nécessiteux. »

Il est rapporté dans la Guémara Méguila (7a) :

Echange de mets (Michloah’ Manot) : 2 mets à au moins 1 personne.

Cadeaux aux nécessiteux (Matanot Laevionim) : 2 cadeaux à au moins 2 personnes.

(En effet, le minimum de la forme pluriel du terme « mets » correspond à 2, un met et encore un met. Le minimum de la forme pluriel du terme « cadeaux » correspond à 2, un cadeau et encore un cadeau. De même, le minimum de la forme pluriel du terme « nécessiteux » correspond à 2, car il n’est pas écrit « d’échange de mets mutuels, ainsi que de cadeaux à un nécessiteux. »)

Lorsqu’on envoie un présent à son ami, on lui exprime par ce geste tout l’amour qu’on lui porte, et ce geste implante aussi dans notre cœur toute l’estime que l’on a à l’égard de notre ami.

De plus, il existe des gens qui vivent dans la plus grande précarité, et qui éprouvent de la honte à aller solliciter la générosité des autres pour pouvoir accomplir le repas de Pourim, et lorsqu’on envoie à son ami de façon très décente, un Michloah’ Manot, il n’en éprouvera aucune honte, et accomplira le repas de Pourim dans la joie et la bonne humeur.

Puisque selon la première explication citée, tout l’objectif de la Mitsva de Michloah’ Manot est d’entretenir l’amour entre l’homme et son prochain, il faut impérativement que celui qui envoi s’identifie auprès du destinataire, car si le destinataire ne sait pas qui lui envoi ce Michloah’ Manot, celui qui l’a envoyé n’est pas quitte de la Mitsva, car le fait d’envoyer anonymement n’entretient aucun amour ni aucune fraternité.

Cette Mitsva diffère de la Mitsva de Tsédaka car lorsqu’on donne de la Tsédaka durant toute l’année, il est une Mitsva de faire en sorte que le bénéficiaire ne sache pas d’où provient le don qu’il reçoit, et que le donateur ne sache pas non plus à qui il donne. Alors que pour la Mitsva de Michloah’ Manot, il faut absolument que le bénéficiaire sache de qui il reçoit ce cadeau, afin que l’amour pour son prochain pénètre à l’intérieur de son cœur.

Le mot « Manot » signifie « mets ». Autrement dit, 2 aliments différents, ou un aliment et une boisson, comme une pâtisserie et une bouteille de vin.

Aujourd’hui, l’usage est d’envoyer des douceurs pour Michloah’ Manot.

Les femmes sont elles aussi soumises à la Mitsva de Michloah’ Manot, et elles doivent accomplir cette Mitsva avec leurs amies.

Puisque l’une des raisons essentielles de la Mitsva de Michloah’ Manot est de procurer à chacun le nécessaire pour accomplir le repas de Pourim. Par conséquent, une personne qui envoie différents cadeaux en tant que « Michloah’ Manot », par exemple en lui envoyant des vêtements ou des draps ou autre, cette personne n’est pas quitte de son obligation de Michloah’ Manot. Même si on envoie de l’argent à un ami afin qu’il puisse s’acheter de la nourriture, on ne s’acquitte pas de la Mitsva de Michloah’ Manot, car il faut envoyer exclusivement de la nourriture et de la boisson. C’est pourquoi même si on envoie du tabac à priser ou bien des cigarettes à un ami, on ne s’acquitte pas de cette façon de la Mitsva de Michloah’ Manot.

Quelqu’un a diffusé dans la revue « Ha-Méassef » qu’un Talmid H’ah’am peut s’acquitte de la Mitsva de Michloah’ Manot en envoyant à un ami des commentaires originaux de Torah, car cette envoi rempli aussi bien l’objectif d’augmenter l’amour et la fraternité entre les gens, aussi bien l’objectif de procurer au bénéficiaire de quoi se réjouir pour Pourim, puisque les paroles de la Torah réjouissent le cœur comme il est dit : « Les paroles d’Hashem sont droites et réjouissent le cœur ». Par ces paroles de Torah, le bénéficiaire se réjouira autant qu’une personne qui reçoit de la nourriture et des boissons pour le repas de Pourim. De plus, il n’y a pas meilleur moyen que la Torah pour unir les gens.

Mais notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Zatsal écrit que ces propos ne sont que pure « Drachot » (commentaires) et n’ont pas de fondement Hala’hique, car il est évident que l’on s’acquitte de l’obligation du repas de Pourim seulement avec de la nourriture, et pas en « consommant » des paroles de Torah. Par conséquent, l’obligation d’envoyer ds Michloah’ Manot se définit - elle aussi - par de véritables aliments et pas par des paroles de Torah.

C’est pourquoi, du point de vue de la Halah’a, il ne faut pas se fier à de tels propos, et on a l’obligation d’envoyer exclusivement des cadeaux comestibles ou de la boisson avec lesquels le bénéficiaire pourra se réjouir à Pourim.


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