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La tradition des Kaparott

Question : Doit-on accomplir la tradition des KAPAROTT exclusivement avec des volailles, ou bien est-il préférable de l’accomplir avec de l’argent ?

Réponse : Nous avons la tradition dans toutes les communautés juives de procéder aux KAPAROTT la veille de Yom Kippour, c'est-à-dire, d’abattre des volailles pour tous les membres du foyer.

Nous avons l’habitude d’abattre un mâle pour un homme et une femelle pour une femme.

On fait ensuite tourner la volaille au dessus de la tête de la personne en disant la formule écrite dans les Rituels de prière de Yom Kippour :

« Ceci est ton remplacement, ceci est ton échange, ceci est ta Kapara (ton expiation)… »

Lorsqu’on fait tourner la volaille au dessus de sa propre tête nous disons :

« Ceci est mon remplacement, ceci est mon échange, ceci est ma Kappara (mon expiation)… »

Cette tradition est accomplie durant les 10 jours de Pénitence, c'est-à-dire entre Roch Ha-Chana et Yom Kippour.

Cependant, le RACHBA dans une Tchouva (chap.395) s’oppose à cette tradition, et voici ses propos :

« J’ai constaté que la tradition des Kaparott était répandue dans notre ville  (Barcelone – Espagne), ainsi que d’autres usages qui me semblent être assimilables à des usages païens (Darké Ha-Emori). J’ai repoussé cette tradition, et j’ai ordonné de l’abolir. Il est vrai que j’ai entendu dire que cette question avait été soumise au Rav Haï GAON, et qu’il aurait répondu qu’ainsi était la tradition, malgré tout, j’ai fait cesser cette tradition » Fin de citation.

MARANN tranche également dans le Choulh’an ‘Arouh’ qu’il faut éviter cette tradition, conformément à l’opinion du RACHBA.

C’est ainsi que tranche également le PERI H’ADACH, ainsi que d’autres Poskim (décisionnaires).

Cependant, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Zatsal écrit que puisque cette tradition est répandue aussi bien dans les communautés Achkénazes que Séfarades, puisque l’opinion des Guéonim est également favorable à cette tradition, puisque le ARI zal  accomplissait cette tradition avec beaucoup de vigilance, et que de nombreux autres grands Poskim ont attesté qu’il fallait maintenir cette tradition, en additionnant tous ces arguments, il semble qu’il faut maintenir cette tradition, particulièrement lorsque l’on offre les volailles des Kaparott (ou leur valeur en argent) à des nécessiteux.

En effet, il semble que dans ces conditions, même le RACHBA serait favorable à cette tradition, puisque sous cette forme, cela n’est plus tellement assimilable à des usages païens.

Toutefois, il faut veiller impérativement à ce que la Chéh’ita (l’abattage rituel) soit effectuée par un Choh’et compétant et doté d’une véritable crainte d’Hachem.

Cependant, il est tout à fait possible d’effectuer les Kaparott avec de l’argent, en faisant tourner l’argent autour de la tête et en disant la formule citée plus haut, et en ajoutant « Cet argent ira à la Tsédaka, et toi, tu entreras dans une vie de bien et de paix. »

Tel était l’usage de notre maître le Rav Ovadia Yossef Zatsal durant de nombreuses années.

Mais on peut aussi ajouter que nos maîtres les Kabbalistes ont particulièrement vanté les mérites de cette tradition des Kaparott lorsqu’elle est effectuée exclusivement avec des coqs, en précisant que cet usage représente un moyen important d’expiation pour l’individu, car le coq est appelé « Guévèr » et l’homme est lui aussi appelé « Guévèr ». Notre saint maître le ARI zal a lui aussi vanté les mérites de la tradition des Kaparott lorsqu’elle est accomplie avec des coqs.

Il est vrai que notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Zatsal a – durant de nombreuses années – accompli la tradition des Kaparott avec de l’argent, cependant, à la veille du Yom Kippour dernier, il a changé son habitude et a effectué les Kaparott avec des volailles. C’est aussi ce qu’il a ensuite conseillé à ses proches qu’il est beaucoup plus juste d’accomplir les Kaparott avec des volailles

Par conséquent, il est préférable - pour toute personne qui en a la possibilité -d’accomplir cette tradition avec des volailles, que l‘on donnera ensuite à des nécessiteux, les volailles elles-mêmes ou leur valeur financière.

Il n’est pas nécessaire de faire mention de la très sévère interdiction de faire souffrir un animal, qui – selon certains dans la Guémara Bava 32a (voir aussi Chabbat 154a et le Choulh’an ‘Arouh’ H’ochen Michpatt chap.272) – est un interdit condamné par la Torah, et cette interdiction peut entraîner une terrible mise en accusation pour la personne. C'est pourquoi il faut être très vigilant et se comporter correctement vis-à-vis des volailles destinées aux Kaparott, et n’accomplir cette tradition que lorsqu’on est certain d’une surveillance conforme, aussi bien vis-à-vis de la Chéh’ita elle-même que vis-à-vis du fait de ne pas effectuer plusieurs Kaparott sur la même volaille, comme le font des gens malhonnêtes.

S’il n’y a pas de possibilité d’accomplir cette tradition dans des conditions correctes, il ne fait le moindre doute qu’il est préférable dans ce cas d’accomplir la tradition au moyen d’argent et non avec des volailles.

Qu’Hachem nous pardonne.L’essentiel reste la pureté de l’intention et qu’elle soit dirigée vers Hachem.

 

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