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Est-il permis à n‘importe quel homme d’épouser la fille d’un Cohen ?

Réponse :

Nous savons que le peuple d’Israël possède 3 classes de noblesse :

Cohen ; Levi ; Israël.

La sainteté d’un Levi est supérieure à celle d’un Israël, et la sainteté d’un Cohen est supérieure aux 2 autres classes.

D’où la question s’il est permis à un juif qui n’est pas Cohen d’épouser la fille d’un Cohen.

La question se pose évidemment pour la femme : est-il permis à la fille d’un Cohen d’épouser un juif qui n’est pas Cohen, ou bien doit-elle chercher exclusivement un Cohen ?

Cette question prend sa source à partir de ce que nous enseignent nos maîtres dans la Guémara Péssah’im (49a) :

On enseigne : Rabbi Chim’on dit : un Talmid H’ah’am (un érudit dans la Torah) n’est pas autorisé à prendre part à un repas qui n’est pas un repas de Mitsva. La Guémara demande : quel type de repas ? Rabbi Yoh’anan dit : le repas de mariage de la fille d’un Cohen avec un Israël, ou bien le repas de mariage de la fille d’un Talmid H’ah’am avec un ignorant. Rachi explique : la fille d’un Cohen doit se marier avec un Cohen, et ne pas apporter de défaut à sa famille en se mariant avec un Israël. De même, Rabbi Yoh’anan veut dire que lorsque la file d’un Cohen se marie avec un Israël, leur union ne sera pas harmonieuse. La Guémara objecte sur ces propos de Rabbi Yoh’anan puisqu’il a lui-même enseigné par ailleurs que lorsqu’on désire s’enrichir, on doit s’attacher à la descendance d’Aharan Ha-Cohen, car la Torah et la prêtrise leur apporteront la richesse. La Guémara répond en disant qu’il y a une différence entre un ignorant qui épouse la file d’un Cohen (le terme ignorant désigne ici celui qui ne possède ni Torah, ni crainte d’Hachem), un tel couple ne vivra pas dans l’harmonie, mais s’il s’agit d’un Talmid H’ah’am, c’est pour lui une qualité d’épouser la fille d’un Cohen. C’est ainsi qu’explique Rachi en disant qu’un ignorant qui n’est pas Cohen qui épouse la fille d’un Cohen, porte atteinte à l’honneur d’Aharon Ha-Cohen, car c’est un déshonneur pour Aharon qu’une telle personne vienne s’attacher à sa descendance, c’est pourquoi un tel couple sera puni pour cela.

Nous en déduisons donc qu’un Talmid H’ah’am est autorisé à épouser la fille d’un Cohen, mais un ignorant n’a pas le droit d’épouser la fille d’un Cohen, et s’il l’épouse malgré tout, leur couple ne vivra pas dans l’harmonie.

Cette Halah’a est tranchée par le RAMBAM (chap.21 des règles relatives aux unions interdites, Hal.31).

Voici les termes employés par le TOUR et par MARAN l’auteur du Choulh’an ‘Arouh’ dans le tome Even Ha-‘Ezer (chap.60 parag.8) :

Un ignorant ne doit pas épouser la fille d’un Cohen, et s’il l’épouse, leur couple ne vivra pas dans l’harmonie, puisque l’un d’entre eux mourra subitement, ou bien un malheur leur arrivera. Mais un Talmid H’ah’am est autorisé à épouser la fille d’un Cohen, puisqu’une telle chose est belle et agréable, car la Torah et la prêtrise sont réunies au sein d’un même couple. Fin de citation.

Les premiers propos de la Guémara que nous avons cités traitent d’un repas de Mitsva, et la Guémara a précisé que le repas de mariage d’un ignorant avec une fille de Cohen n’est pas considéré comme un repas de Mitsva. Le Gaon auteur du Chou’t H’avot Yaïr (chap.70) explique longuement la définition d’un repas de Mitsva, et il écrit que même le repas de mariage de la fille d’un Talmid H’ah’am avec un ignorant est considéré comme un repas de Mitsva, car l’ignorant de notre temps ne correspond pas à la définition de l’ignorant du temps de nos maîtres, et il cite de nombreuses preuves à cela.

Notre maître le Gaon Rabbi Ovadia YOSSEF Zatsal explique que même selon le H’avot Yaïr, tout homme n’est pas autorisé à épouser la fille d’un Cohen, et en réalité il faut que l’homme soit au moins une personne qui pratique scrupuleusement la Torah et les Mitsvot ainsi que la bonté, car même s’il n’étudie pas la Torah, il reste malgré tout apte à témoigner et n’entre pas dans la catégorie de ‘Am Ha-Arets (ignorant). Mais s’il s’agit d’un homme qui ne pratique pas la Torah et les Mitsvot, un tel homme est inapte à témoigner, et entre de façon certaine dans la catégorie des ignorants. Il est déshonorant pour Aharon Ha-Cohen qu’un tel homme épouse une fille de sa descendance.

Après s’être longuement étendu sur la question, notre maître le Rav Chlita conclut sur le plan pratique qu’il faut diviser le problème en 3 cas de figure :

S’il s’agit d’un Talmid H’ah’am, c’est pour lui une très grande qualité d’épouser la fille d’un Cohen, et cela ne lui procurera que richesse et honneur, puisque la Torah et la prêtrise seront réunies au sein d’un même couple.

Par contre s’il s’agit d’un ignorant qui ne possède ni Torah, ni Mitsvot, ni pratique du bien, c’est un déshonneur pour Aharon Ha-Cohen qu’un tel homme s’attache à sa descendance, et il n’y a pas le moindre doute qu’il faut tout mettre en œuvre pour l’empêcher d’épouser la fille d’un Cohen, car un tel couple s’expose au danger, comme l’explique la Guémara : « Ou veuve, ou divorcée, ou sans descendance. » Une telle union correspond à la sentence de la Guémara : « Celui qui donne sa fille à un ignorant est comparable celui qui place sa fille contre son gré devant un lion. » Car il est quasiment certain qu’ils n’observeront pas les règles de pureté familiale, puisque celui qui est soupçonné de transgresser Chabbat est soupçonné de commettre toutes les fautes de la Torah.

S’il s’agit d’un homme simple qui n’a pas étudié la Torah mais qui observe scrupuleusement les Mitsvot, qui pratique le bien et qui se conduit de façon droite et honnête, un tel homme est autorisé à épouser la fille d’un Cohen, mais une telle union ne représente ni honneur ni déshonneur.

En conclusion :

Un Israël n’a pas le droit d’épouser la fille d’un Cohen sauf s’il craint Hachem et qu’il fixe des moments réguliers pour étudier la Torah, à fortiori s’il étudie à plein temps dans une Yéchiva même s’il n’a pas encore atteint le stade du Talmid H’ah’am. Mais s’il n’observe pas scrupuleusement les Mitsvot et qu’il ne se comporte pas de façon droite et honnête, il n’a pas le droit d’épouser la fille d’un Cohen, et il est même vivement recommandé à toute fille de Cohen de s’abstenir d’une telle union qui ne sied pas à son rang.

 

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