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Attitude à adopter lors du Kaddish

Questions : Est-il permis de passer devant une personne qui dit le Kaddish ?

Quelle la gravité de l’interdiction de bavarder pendant le Kaddish ?

Doit-on se lever lors du Kaddish ?

Réponse : Dans notre précédent exposé, nous avons expliqué l’importance et les conséquences du Kaddish que l’on récite de nombreuses fois par jour dans nos prières quotidiennes.

Nous avons également cité les différentes catégories de Kaddish.

1.   Passer devant une personne qui récite le Kaddish

Dans son livre Birké Yossef (sur O.H 55 note 9), notre maitre le ‘HYDA cite les propos du Gaon Rabbi Ya’akov MOLHO dans une Tshouva, selon qui, il est interdit de passer devant une personne qui récite le Kaddish, au même titre qu’il est interdit de passer devant une personne qui dit la ‘Amida.

De nombreux autres décisionnaires citent cette opinion, et parmi eux :

Shalmé Tsibbour (page 80b) ; Sha’aré Téshouva (sur le début de O.H 56) ; ‘Hessed Lé-Alafim (sur O.H 55 note 12) ; Ben Ish ‘Haï (Vay’hi note 10) ; Kaf Ha-’Haïm (sur O.H 55 note 9), et d’autres …

Cependant, le Ben Ish ‘Haï et le Kaf Ha-‘Haïm précisent que cette interdiction ne concerne que la première partie du Kaddish (« demi Kaddish »).

 2.   L’interdiction de bavarder pendant le Kaddish

Il est rapporté dans le Sefer Ha-‘Hassidim (chap.58) :

Un ‘Hassid rencontra un autre ‘Hassid. Il vit que son visage était verdâtre.

Lorsqu’il lui en demanda la raison, le ‘Hassid répondit :

« C’est parce que je bavardais pendant le Kaddish. »

Le livre Maté Moshé (chap.411) rapporte au nom du Midrash qu’un ‘Ha’ham apparut à son élève dans un rêve. L’élève constata que son maître avait une tâche au front, et il lui en demanda la raison. Le ‘Ha’ham répondit :

« C’est parce que je bavardais pendant que l’officiant disait le Kaddish. »

Dans le Beit Yossef (O.H 125), MARAN rapporte au nom du traité Dere’h Erets (Zouta) :

Rav ‘Hama Bar ‘Hanina rencontra le prophète Eliyahou avec des chameaux chargés. Il lui demanda :

« De quoi ces chameaux sont-ils chargés ? »

Eliyahou répondit :

« Ils sont chargés de colère et de courroux pour toutes les personnes qui bavardent pendant la Kédousha et le Kaddish. Toute personne qui bavarde durant ces moments sacrés, ne mérite pas d’être qualifiée de descendant de Ya’akov. »

Le Mishna Béroura (sur O.H 56 note 1) ajoute au nom du Péri ‘Hadash qu’il est également interdit de penser à d’autres choses durant la récitation du Kaddish, même s’il s’agit de pensées de Torah.

3.   Se lever ou rester assis pendant le Kaddish

Dans son livre Darké Moshé (fin du chap.56), notre maître le RAMA fait mention d’une tradition selon laquelle on se lève lors de la récitation du Kaddish ou de « Baré’hou ».

Cette tradition est aussi mentionnée dans le commentaire du Mordé’hi au nom du Yéroushalmi sur un verset (livre de Shofetim 3-20) au sujet de ‘Eglon, roi de Moav, où il est écrit : « Lève-toi, car la parole d’Hashem s’adresse à toi. »

A partir de là, Rabbi Eli’ezer apprend que lorsque l’assemblée répond Amen « Yéhé Shémé Rabba » ou toute autre chose sacrée, on doit se lever.

On peut apparemment déduire de tout cela qu’il est obligatoire de se lever lors de la récitation du Kaddish ou de « Baré’hou » car même ‘Eglon, roi de Moav, se leva lorsque la parole d’Hashem s’adressa à lui.

Cette opinion du RAMA est partagée par d’autres décisionnaires, et parmi eux le Kabbaliste Rabbénou Ména’hem ‘Azarya de PANNO dans l’une de ses Tshouvot (chap.91).

Cependant, dans son livre Sha’ar Ha-Kawanot (commentaire du Kaddish page 16d), Rabbénou ‘Haïm WITTAL, l’élève de notre maître le ARI zal, atteste que notre maître le ARI ne se levait absolument pas lors du Kaddish. Il lui confia que les propos du Yéroushalmi cités par le RAMA ne sont pas justes, car en réalité il ne s’agit pas d’un extrait du Yéroushalmi, mais seulement d’un vieux texte erroné imprimé par erreur à l‘intérieur du Yéroushalmi.

Si le ARI était déjà debout lorsque l’officiant entamait le Kaddish, il attendait la fin du Kaddish pour s’asseoir.

Le RAMA fait lui aussi mention d’un usage similaire au début de ses propos dans Darké Moshé, au nom du MAHARYL qui ne se levait pas lors du Kaddish ou de « Baré’hou ».

S’il se trouvait debout lorsque l’officiant entamait le Kaddish, il attendait la fin du Kaddish pour s’asseoir.

Il en ressort que selon l’opinion de notre maître le ARI, il n’y a pas d’obligation de se lever lors du Kaddish ou de « Baré’hou ».

Dans son livre Tov ‘Aïn (chap.18 note 32), notre maître le ‘HYDA écrit que si

Rabbénou Ménah’em ‘Azarya de PANNO avait eu connaissance des propos de notre maître le ARI, il aurait lui aussi admis qu’il est permis de rester assis lors du Kaddish, car Rabbénou Ména’hem ‘Azarya de PANNO se réfère aux enseignements de notre maître le ARI dans la plupart de ses propos.

Par conséquent, selon l’approbation de l’ensemble des décisionnaires Séfarades, on ne se lève pas lors du Kaddish ou de Baré’hou.

Notre maître Rabbénou Yossef ‘HAÏM de Bagdad écrit dans son livre ‘Od Yossef ‘Haï (Vay’hi note 10) qu’il a constaté l’usage en vigueur à Bagdad où les gens avaient l’habitude de se lever légèrement lors de « Baré’hou ». Il chercha une source à cet usage sans en trouver aucune.

Cet usage est répandu dans quelques communautés où l’on se lève légèrement lors de « Baré’hou ».

Cet usage n’a pas de fondement, car selon l’usage Ashkénaze conforme au RAMA, il faut se lever véritablement lors de « Baré’hou », alors que selon l’usage Séfarade, il n’y a absolument pas de nécessité à se lever lors de « Baré’hou ».

Conclusion:

Il est interdit de passer devant une personne qui dit le Kaddish.

Cependant, cette interdiction ne concernbe que la première partie du Kaddish (« demi Kaddish »).

Il est strictement interdit de bavarder pendant le Kaddish, quelle que soit la nature des propos, même s’il s’agit de paroles de Torah.

Le fait de bavarder pendant le Kaddish entraîne la colère d’Hashem et de terribles malheurs s’abattent sur Israël en raison de cette grave transgression.

L’individu en subira également les conséquences dans le monde futur.

Les Séfaradim n’ont pas l’usage de se lever lors du Kaddish ou de Baré’hou.

Les Ashkénazim ont l’usage de se lever systématiquement lors du Kaddish et de Baré’hou.

Cependant, même selon l’usage des Séfaradim, si le Kaddish est entamé et que l’on se trouve debout, on ne peut s’assoir qu’après avoir répondu « Yéhé Shémé Rabba… Damairann Bé’alma ».

Le vendredi soir, lors du Kaddish de l’officiant récité en ouverture de ‘Arvit, les Séfaradim ont l’usage de rester debout selon la Kabbala, en raison du supplément d’âme reçu lors de Baré’hou à ce moment précis.

 

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