Ce sont là les paroles que Moïse adressa à tout Israël

Commentant le premier verset du Deutéronome: Ce sont là les paroles que Moïse adressa à tout Israël, en deçà du Jourdain, dans le désert, dans la plaine en face de Souf, entre Paran et Tofel, Laban, ‘Hatséroth et Di-Zahav, Rachi explique en citant le Sifri (id.): tous les lieux mentionnés sont des endroits où Dieu s’est mis en colère. Moché, qui aimait beaucoup Israël (cf. Zohar III, 286b) ne les rappelle pas toutefois directement, mais par allusion.

Dans son livre Pitou’hé ‘Hotham, Rabbi Ya’akov Abou’hatsira explique que Moché voulait apprendre indirectement aux enfants d’Israël que l’étude de la Torah et l’accomplissement des mitsvoth doivent se faire dans la plus grande sainteté. Et pour ne pas leur faire honte, il parlait par allusions:

* Ce sont là dévarim (les paroles) celles de la Torah, exclusivement. Il faut prendre garde de ne pas parler de futilités.

* dans le midbar (désert) de la racine dibour (parole). Le Roi David nous avertit à ce propos: Quel est l’homme qui souhaite prolonger sa vie de longs jours pour go-ter le bonheur? Préserve ta langue du mal et tes lèvres midaber (des discours) perfides (Psaumes 34:13-14).

* dans la ‘aravah (la plaine) allusion à la destruction du mauvais penchant, qui paraît ‘arev (agréable) à l’homme. C’est toutefois aux yeux du Saint, béni soit-Il, qu’il faut trouver grâce, comme il est écrit: Vé’arévah Alors l’Eternel prendra plaisir aux offrandes de Judah et Jérusalem (Malachie 3:4). D’autre part, le mot ‘Aravah, peut se composer en Ra’ Bah, les plaisirs du mauvais penchant ne sont que le mal.

* Mol Souf en face de Souf: Moché incitait les enfants d’Israël à envisager sof (la fin) connue seulement de l’Eternel, comme il est écrit: Dès le début, J’annonce les choses futures (Isaïe 46:10).

* Entre Paran et Tofel la cohabitation Piryah VéRivyah doit se faire dans la plus grande sainteté, en négligeant tout ce qui est tafel (futile). Comme l’enseigne la Guémara (traité Nédarim 20b): on ne doit pas boire d’un verre en en fixant un autre (on ne doit pas penser alors à une autre femme). Ceci rapprochera l’homme du Saint, béni soit-Il, de Ses mitsvoth et de Sa Torah.

Moché réprimande les enfants d’Israël pour les inciter à se repentir. Le prophète nous conseille: Armez-vous de paroles [suppliantes] et revenez au Seigneur (Osée 14:3). Moché a parlé à tout Israël, à toutes les âmes, pour qu’elles fassent téchouvah. On y accède en fuyant Di Zahav (l’or), le côté matériel de la vie et en se concentrant sur le côté spirituel (R. Ya’akov Abou’hatsira).

Pour accéder à l’état de perfection, il faut essentiellement préserver sa vue. D’après le Zohar (I, 36a), le jour même de sa naissance ‘Havah a fauté avec ses yeux, comme il est écrit: La femme vit que l’arbre était bon comme nourriture, qu’il était attrayant à la vue, elle cueillit de son fruit et en mangea (Genèse 3:6), contrairement à l’ordre que Dieu lui avait donné. Commentant là le verset: Où est cette kédéchah (prostituée) qui se tient Ba’enayim à la vue de tous? (id. 38:21), nos Sages expliquent que c’est essentiellement en préservant sa vue (‘enayim) qu’on accède à la kédouchah (la sainteté).

La Torah commence par Béréchith et se termine par Lé’éné Kol Israël. Apparemment, le mot Lé’éné semble en trop. Mais la Torah veut précisément nous enseigner que Réchith, le début de la sainteté et de la pureté, c’est l’attention particulière qu’il convient de prêter à la vue. On arrive ainsi à accomplir toutes les mitsvoth dans la sainteté. Le début (réchith) de l’élévation de l’homme vers la voie de l’Eternel, celle de la pureté et la sainteté, se fait par la vue.

Les enfants d’Israël qui ne regardaient que les choses saintes qu’accomplissait Moché, ont eu ainsi l’insigne honneur de voir l’Eternel, comme il est écrit: Voilà Mon Dieu, je lui rends hommage! (Exode 15:2). En revanche, si on regarde ce qui est interdit: les femmes, les choses impures... on altère son esprit, on descend bien bas et on succombe au péché (voir le Kav Hayachar). On peut donner l’exemple de Kora’h (que sa vue a trompé) de Zimri et de Chimchon. Chimchon était certes le juge d’Israël durant quarante ans, mais comme il n’a pas veillé à sa vue (cf. Sotah 9a) et a demandé à son père de lui procurer cette femme car elle trouve grâce à mes yeux (Juges 14:3), les Philistins se saisirent de lui et lui crevèrent les yeux (id. 16:21): châtiment divin, mesure pour mesure!

Celui qui prend garde à sa vue porte le nom de craignant Dieu et le verset dit de lui: Voici, les yeux du Seigneur sont ouverts sur ceux qui Le craignent (Psaumes 33:18).

D’ailleurs, les paroles même de Moché y font allusion. En effet, la phrase ELéH HaDéVaRiM ACheR DiBeR MoChE EL KoL ISRaEL (début du premier verset de Dévarim) a la même valeur numérique que CheMIRaTh Ha’ENayIM BiKDOuChaH OuVTaHaRaH KoL YéMé ‘HaYéNOu (1971) (garder les yeux par la sainteté et la pureté tout au long de nos jours).

 

Demande à ton père et te l’enseignera…
TABLE DE MATIERE
Les reproches de Moché. La Torah et l’union contre le mauvais penchant

 

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