Que faire pour reconstruire le Saint Temple et faire revenir la Chékhinah

On retrouve le même terme Ekhah dans deux différents versets de la Torah:

1) Ekhah Comment donc supporterais-je seul votre labeur et votre fardeau, et vos contestations? (Deutéronome 1:12).

2) Ekhah Comment peut-elle être assise solitaire la cité naguère si populeuse? (Lamentations 1:1).

Nous allons expliquer qu’il existe un lien entre les deux versets.

La Chékhinah réside essentiellement dans le Saint Temple, pour se propager au sein des enfants d’Israël par leur étude assidue de la Torah (Torath Cohanim 26:3) et leur attachement constant au Saint, béni soit-Il. Ils reçoivent ainsi, comme on l’a vu, un éveil d’En Haut et une abondance spirituelle et matérielle. Toutefois, sans cette volonté et cette aspiration des enfants d’Israël, l’abondance ne trouve pas un réceptacle pour la contenir. Ils n’ont plus alors besoin du Temple de Jérusalem, car aucune influence ne s’exerce sur lui: c’est pourquoi il a été détruit. C’est l’essence de la destruction et de l’exil.

On rectifie cet état de fait par la construction de synagogues et maisons d’étude d’où émane la Torah: ce sont des Sanctuaires (cf. Yé’hezquel 11:16 et Méguilah 29a). Au temps de la destruction, Rabbi Yo’hanan ben Zakaï a demandé à l’Empereur de Rome de lui donner Yavnéh et ses Sages (Guitine 56b) pour que le peuple d’Israël puisse continuer à subsister (Rachi): l’Assemblée d’Israël se réédifiera par la construction de Yéchivoth.

Il faut pour cela que le peuple d’Israël s’engage assid-ment dans l’étude de la Torah, qu’il soit MaKhouR vendu à elle (du mot KéReM Yavnéh). Le Saint, béni soit-Il, a Lui aussi été vendu avec elle, si on peut s’exprimer ainsi (Chémoth Rabah 33:1). Augmenter le nombre de Yéchivoth, c’est accroître sa sagesse, enseigne Hillel  (Avoth 2:7). La Torah constitue l’essentiel, et le Sage est préférable au Prophète (Zohar I, 183b; Bava Bathra 12a) et celui qui s’engage dans l’étude fait résider la Providence Divine sur lui et sur son entourage.

Comment donc supporterais-je seul... s’écrie Moïse. Comment pourrais-je m’attacher au Saint, béni soit-Il, sans votre volonté et votre aspiration? Car tous les Juifs sont garants l’un de l’autre (Sanhédrine 27b; Chevou’oth 39a). Un Juif seul ne peut pas accomplir toutes les six cent treize mitsvoth, car certaines appartiennent exclusivement aux Cohanim, d’autres aux Léviim, etc. S’ils sont garants l’un de l’autre, c’est comme s’ils accomplissaient tous toutes les mitsvoth de la Torah. C’est pourquoi, avant d’accomplir une mitsvah, nous récitons un passage où sont mentionnés les termes: au nom de tout Israël. Je ne peux subsister seul, leur dit Moïse, et je ne peux le faire que si vous étudiez la Torah et en accomplissez les mitsvoth. Et la volonté de l’Eternel, c’est que vous soyez tous unis.

L’Eternel sera votre Dieu uniquement si vous ajoutez et intensifiez votre étude de la Torah sans cesse. Le Dieu de vos pères vous rendra alors mille fois plus nombreux... (Deutéronome 1:11). Veillez toutefois aux mitsvoth entre l’homme à son prochain. Jugez et prononcez équitablement des sentences entre chacun et son frère, entre chacun et l’étranger... (id. 1:16). Soyez unis car vous êtes garants l’un de l’autre. L’Eternel fera alors résider sa Chékhinah sur vous.

Nous pourrons ainsi comprendre l’exclamation du prophète: Comment peut-elle être assise badad solitaire, la cité, naguère si populeuse. Comment Jérusalem peut-elle rester solitaire, déchue de sa couronne? Comment la Providence Divine a-t-elle quitté cette cité vers qui tous les yeux du monde étaient tournés? La réponse se trouve dans l’exclamation même de Jérémie. Chacun était badad, l’union ne régnait pas entre les enfants d’Israël; ils n’étaient pas garants l’un de l’autre. C’est ce qui a engendré la destruction du Temple.

Moïse a en somme expliqué aux enfants d’Israël que s’ils voulaient s’élever, qu’ils ne comptent pas exclusivement sur les grands de la génération mais sur leur volonté de s’unir, le pouvoir du Tsadik consistant à aider celui qui est prêt à être un réceptacle apte à recevoir le flux spirituel divin. Autrement, le juste reste solitaire; il ne peut pas s’élever et élever les autres avec lui.

Pour recevoir ce flux, les Juifs doivent se débarrasser de tous les obstacles placés devant eux. C’est ce à quoi fait allusion le verset: Et toi, ordonne au peuple ce qui suit: Vous touchez aux confins de vos frères, les enfants d’Essav qui habitent en Séir. Ils vous craignent, mais tenez-vous bien sur vos gardes (Deutéronome 2:4). Quand les enfants d’Israël se conforment à la volonté divine, tous les peuples et tous les mécréants sont saisis d’effroi et s’efforcent alors de trouver grâce à leurs yeux. La Torah nous avertit donc: Tenez-vous méod bien sur vos gardes. Méod étant le mauvais penchant, comme l’enseigne le Midrach (Béréchith Rabah 9:9). Le mot SéIR y fait allusion, car il contient les mêmes lettres que RiSh’E (les mécréants) ne vous laissez pas séduire par les méchants, le mauvais penchant, etc.

Ne les attaquez point (Deutéronome 2:5), poursuit la Torah. Ne vous dites surtout pas: Comme les nations ont peur de nous, nous ne pouvons pas cohabiter avec elles... car je ne vous accorde pas de leur pays... En d’autres termes, Je ne vous laisserai pas suivre leurs lois, et si, à Dieu ne plaise, vous les suivez, vous tomberez entre leurs mains. Ils vous est interdit de recevoir d’elles un don gratuit... car il ne vous manque rien, et J’ai béni toute l’oeuvre de vos mains. Ne vous soumettez donc pas à l’épreuve. Vous pourrez ainsi vous laisser imprégner par l’influence des Tsadikim et des grands de la génération. Le Temple sera reconstruit et la Providence Divine résidera en vous.

 

 

La Torah s’acquiert par la modestie
TABLE DE MATIERE
L’interdiction de la médisance

 

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