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A la mémoire des Tsadikim
Le
Admor Rabbi Chalom Dovber De
Loubavitch
Le mouvement Loubavitch a
toujours été intéressé par un
travail public extensif en faveur
du klal Israël. Ses Admorim
ne se sont pas enfermés dans
les quatre coudées de la ‘hassidout,
mais sont entrés en contact
avec tous les grands de la Torah
dans toutes les générations.
Le cinquième Admor, Rabbi Chalom
Douber Schneersohn, a été particulièrement
actif. Il a élargi le travail
communautaire, et l’a adapté
aux conditions du temps et aux
besoins de l’heure. Il s’est
rapproché du gaon de la génération,
Rabbi ‘Haïm Soloveitchik de
Brisk, et a entretenu une correspondance
avec Rabbi Méïr Sim’ha de Dvinsk,
avec le ‘Hafets ‘Haïm, avec
Rabbi ‘Haïm Ozer de Vilna et
avec d’autres personnalités.
Le Rav a également pris une
part active dans les assemblées
centralisées des rabbanim de
Russie, dont il était l’esprit
vivant et influent. Il accordait
une grande importance au travail
public, en faveur du klal Israël,
et il devint petit à petit l’un
des grands dirigeants du judaïsme.
Il fut aussi le premier Admor
à fonder des yéchivoth adhérant
à la méthode d’étude des yéchivoth
lituaniennes. Dans les yéchivoth
Loubavitch, on apprenait le
Talmud et les décisionnaires
comme dans les yéchivoth lituaniennes,
tout en consacrant quelques
heures par jour à l’étude de
la ‘hassidout.
Rabbi Chalom Ber est né de
Rabbi Chemouël, le quatrième
Admor, le 20 ‘Hechvan 5621 (1861).
Son père l’aimait beaucoup et
disait de lui qu’il était saint
depuis le ventre de sa mère.
Après la mort de celui-ci, le
titre resta vacant pendant très
longtemps, car Rabbi Chalom
Ber, étant le plus jeune des
fils, ne voulait pas occuper
la place de son père, et son
frère plus âgé ne le voulait
pas non plus, car il estimait
que Rabbi Chalom Ber en était
plus digne que lui. A la fin,
les plus âgés parmi les ‘hassidim
insistèrent beaucoup, et il
fut choisi comme cinquième dirigeant
de la dynastie des ‘hassidim
de ‘Habad (sigle formé des premières
lettres de ‘Hokhma, Bina, Da’at,
adopté par les ‘hassidim de
Loubavitch).
Il entreprit cette sainte
tâche au très jeune âge de vingt-neuf
ans. Au début, il s’enfermait
chez lui pour étudier la Torah
de neuf heures du matin à neuf
heures du soir, uniquement la
Guemara et les décisionnaires.
Et de neuf heures jusque tard
dans la nuit, il étudiait et
écrivait la ‘hassidout. Il ne
se montrait que rarement en
public, et même les invités
qui venaient chez lui de l’extérieur
ne le voyaient qu’au moment
où il disait des paroles de
Torah. C’est seulement à trois
moments de l’année, Sim’hat
Torah, Pourim et le 19 Kislev,
qu’il participait à un repas
communautaire (d’après une remarque
du livre « Achkavata de Rabbi »
du gaon Rabbi Moché Douber Rivkin).
Le Rabbi, qui était par nature
miséricordieux, et que les malheurs
du peuple d’Israël touchaient
au cœur, ne pouvait pas toujours
rester enfermé dans sa tente,
et il commença peu à peu à s’intéresser
aux affaires de la communauté.
Au cours du temps, sa maison
dans la ville de Loubavitch
devint l’adresse centrale de
toutes les affaires publiques.
Rabbi Chalom Ber fonda la
première yéchivah de la ville
de Loubavitch, qui s’appelait
« Tomkhei Temimim ». Peu de
temps après, elle s’agrandit
au point que le nombre des élèves
s’éleva à quatre cents. Le Rabbi
connaissait chacun d’eux et
s’occupait de ceux qui avaient
terminé leurs études à la yéchivah
pour les aider à trouver un
poste de Rav ou de Roch Yéchivah.
Et effectivement, au cours du
temps sortirent de la yéchivah
de grands érudits qui occupèrent
des postes importants dans le
monde juif. Outre la grande
yéchivah, il fonda des petites
yéchivoth dans diverses villes,
toutes portant le nom de « Tomkhei
Temimim ». Les élèves de la
yéchivah éditaient toutes les
semaines un journal écrit en
hébreu, qui contenait des articles
de fond, des histoires, des
poèmes et des conversations
profanes de talmidei ‘hakhamim,
et dont le but était de répandre
dans la jeunesse la crainte
du Ciel et la confiance dans
les tsaddikim.
Quand éclata la Première
Guerre mondiale, le Rabbi partit
s’installer à Rostov, où il
fit aussi venir sa yéchivah.
A ce moment-là, il apprit qu’en
Géorgie il y avait beaucoup
de juifs, qui craignaient le
Ciel par nature mais qui étaient
très pauvres en Torah. Sans
réfléchir longtemps, le Rabbi
y envoya son disciple Rabbi
Chemouël Levitan pour y fonder
des ‘hadarim et des yéchivoth.
La tentative réussit, et de
ces yéchivoth finirent par sortir
de nombreux élèves qui restèrent
sur place pour être rabbanim,
cho’hatim et sofrim.
A cette époque, le Rabbi
accomplit un grand exploit.
Les Russes voulant mobiliser
les rabbanim, une grande assemblée
se réunit à Saint-Pétersbourg
pour chercher un moyen de les
libérer. Après un travail épuisant
de plusieurs mois, on y réussit,
mais à la condition que seuls
les rabbanim qui officiaient
effectivement seraient dispensés.
Rabbi Chalom Ber ne pouvait
pas être témoin du malheur des
talmidei ‘hakhamim qui avaient
une ordination mais ne travaillaient
pas comme rabbanim. Il écrivit
donc à toutes les villes et
tous les villages pour leur
demander d’envoyer des contrats
de rabbins, et grâce au Rabbi,
presque tous les talmidei ‘hakhamim
de l’époque furent libérés.
(Voir le livre « Ichim Véchitot »,
du Rav Chlomo Yossef Zevin,
p. 66, et aussi la remarque
en tête du livre, selon laquelle
Rabbi ‘Haïm Soloveitchik, le
Rav de Brisk, s’y était opposé).
Rabbi Chalom Douber ne vécut
pas vieux. Les terribles massacres
qui eurent lieu en Ukraine en
1918 et les persécutions religieuses
des Bolcheviks juifs eurent
une mauvaise influence sur sa
santé.
Rabbi Moché Douber Rivkin,
Roch Yéchivah de « Tora Vada’at »,
l’un de ses plus proches disciples,
qui se trouvait présent au moment
de la mort de son grand Rav,
nota ses derniers moments dans
son livre « Achkavata DeRabbi ».
Le Rav sentait que ses jours
étaient comptés. Il s’aperçut
aussi que l’heure était cruciale
pour le peuple d’Israël, et
il eut la vision du grand danger
qui menaçait les juifs de la
part du gouvernement communiste.
C’est pourquoi il utilisa les
derniers instants de sa vie
à pousser ses ‘hassidim à ne
jamais se décourager et à accueillir
le mal avec une âme forte et
une puissance d’acier. Dans
toutes les conversations qu’il
eut avec ses élèves, il leur
ordonna de sanctifier la vie,
la vie à jamais.
Après Pourim, qu’il vécut
dans une grande exaltation,
le Rav tomba malade du typhus,
et ne s’en releva pas. Le 2
Nissan 5680 (1920) il ferma
les yeux et rendit son âme à
son Créateur, à l’âge de cinquante-neuf
ans. Il fut enterré dans la
ville de Rostow sur le Don.
Dans son testament, il ordonna
que son fils Rabbi Yossef Yitz’hak
prenne sa place, et continue
son œuvre de répandre la Torah
en Israël.
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