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A la mémoire des Tsadikim
Rabbi
Chimone Hatsadik
Rabbi Chimone Hatsadik était
l’un des derniers survivants
de la Kénesseth Haguédola, cette
Grande assemblée des 120 d’Israël
qui, au lendemain de la destruction
du Temple, ont tant fait pour
assurer la survie de la nation
juive, menacée tant par la disparition
du Beith Hamikdach que par la
Galout (exil) qui s’en est suivie.
C’est à elle que nous devons
notamment notre rituel de prières
car, disaient ces Sages en citant
le Prophète: «Remplaçons les
taureaux du sacrifice par nos
lèvres». Cette Kénesseth Haguédola
comptait parmi ses membres des
personnalités majeures de la
Communauté : même des Prophètes.
Rabbi Chimone Hatsadik lui-même
avait été Cohen Gadol (Grand-Prêtre)
au Beith Hamikdach. Quarante
années durant, il avait officié,
vêtu de sa tenue bleue solennelle,
et nombreux sont les miracles
dont bénéficia le peuple juif,
par son entremise, grâce à son
immense piété. Voici donc le
récit d’un de ces miracles,
grâce auquel le Beith Hamikdach
a été sauvé de la destruction
celle-ci était voulue par les
Samaritains qui projetaient
également de perpétrer un massacre
parmi la population juive. Mais
l’Eternel fit échec à ce sinistre
projet et châtia les Samaritains
comme ils le méritaient. Toute
cette histoire est racontée
dans le traité talmudique Yoma.
Nos sages nous ont enseigné
: «Le 25 Téveth est un Yom Tov,
jour de fête. Ce jour-là, on
n’a pas le droit ni de prononcer
des éloges funèbres, ni de réciter
les Tahanounime (supplications
bi-quotidiennes). Ce jour-là,
en effet, les Samaritains avaient
demandé et obtenu de l’empereur
Alexandre le Grand l’autorisation
de détruire le palais
de l’Eternel à Jérusalem. On
vint annoncer la triste nouvelle
à Rabbi Chimone Hatsadik. Que
fit-il ? Il se vêtit de ses
habits de Grand-Prêtre, appela
plusieurs notables de Jérusalem;
chacun prit un flambeau
allumé, ils marchèrent en procession
toute la nuit, pour aller à
la rencontre de l’Empereur,
qui se rendait à Jérusalem avec
sa suite. Au matin, ils se trouvèrent
face-à-face avec lui.
Ses courtisans lui dirent
:
- Voici les juifs qui se
sont soulevés contre toi !
Mais en voyant Chimone Hatsadik,
Alexandre le Grand s’empressa
de descendre de son carrosse
et de se prosterner devant lui.
Stupéfaits, ses courtisans lui
demandèrent :
- Un grand roi comme toi
se prosterne devant des juifs
?
Il leur répondit :
- J’ai vu le visage de cet
homme-là pendant que j’était
en train de faire la guerre.
C’est grâce à cette vision que
j’ai pu triompher de mes ennemis.
Puis, se tournant vers Rabbi
Chimone Hatsadik et ses compagnons,
il leur demanda pourquoi ils
étaient venus à sa rencontre.
Rabbi Chimone lui répondit :
- Est-il concevable que des
idolâtres aient pu te persuader
de détruire un édifice où l’on
ne cesse de prier pour toi et
pour la pérennité de ton Empire?
- De qui parlez-vous ?
- Des Samaritains.
Comprenant son erreur, Alexandre
le Grand leur dit :
- Ils sont entre vos mains
faites en ce que vous voulez.
Aussitôt, les chefs de la
Communauté s’emparèrent des
conspirateurs, les attachèrent
à la queue de leur cheval et
les traînèrent ainsi parmi les
ronces et les chardons, jusqu’à
leur village, sur le Mont Guérizime.
Là, ils détruisirent tout sur
leur passage, exactement comme
les Samaritain avaient prévu
d’agir à Jérusalem.
Depuis, le 25 Téveth fut
décrété jour de fête au sein
du peuple juif.
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