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A la mémoire des Tsadikim
Rabbi
Haï Taïeb Lo Met
L’un des grands Tzadikim
de Tunis fut Rabbi ‘Haï Taïeb,
de mémoire bénie, qui vécut
de 5504 à 5596 (1744 à 1856).
C’était un Gaon connaissant
aussi bien le sens révélé que
le sens caché de la Torah, tout
en restant modeste; discret
et effacé.
On était en plein hiver et
il ne pleuvait toujours pas.
La terre se crevassait de fissures
béantes et les champs désolés
apparaissaient tout craquelés
et fendillés. Les puits vides
qui avaient toujours étanché
la soif, demeuraient secs. Chaque
matin, on levait des yeux pleins
d’espoir vers le ciel, dans
l’attente d’un nuage porteur
de pluie qui se lèverait à l’ouest.
L’eau... La vie...
Les rabbins de la communauté
demeuraient en prière, récitaient
des Psaumes avec ferveur et
finirent par proclamer un jeûne
pour susciter la miséricorde
des Cieux.
Dans la maison de Rabbi ‘Haï
Taïeb, la vie suivait son cours.
Rabbi Haï Hatsadik se leva à
l’aube pour servir le Créateur.
Il méditait toujours la Torah
discrètement et, à l’heure où
les Rabbins avaient annoncé
le jeûne, il était plongé dans
ses livres, loin de tout. Sa
fidèle épouse se leva elle aussi
à l’aube, prête à le servir.
Rabbi Haï termina sa fervente
prière envers le Créateur.
«Prépare-moi je te prie,
une tasse de café» dit-il à
sa femme.
La femme ouvrit de grands
yeux étonnés et s’adressa à
son mari : «N’as-tu pas entendu
la décision des Rabbanim ? Ils
ont ordonné un jeûne pour faire
venir les pluies».
«Vraiment ? Je ne savais
pas. C’est bien, prépare-moi
quand même une tasse de café,
je reviens tout de suite».
Rabbi Haï Taïeb sortit de
chez lui, le va les yeux au
Ciel et comme s’il s’agissait
d’un fils s’adressant à son
père, il dit à Celui qui détient
la clé :
«Maître de l’Univers, tes
enfants ont besoin de pluie,
je t’en prie, n’empêche pas
l’eau de tomber !»
Son voisin non-juif se trouvait
à ce moment non loin de la maison
de Rabbi Haï, lorsqu’il entendit
soudain celui-ci parler avec
Dieu !
Il était encore sous l’effet
de la surprise, quand soudain
le ciel s’assombrit et une pluie
torrentielle se mit à tomber.
Effrayée par le fracas de
la pluie et de l’orage, la Rabbanit
dit à son mari : «Le monde ne
risque-t-il pas d’être détruit
par un tel déluge !»
Rabbi Haï retourna sur le
pas de la porte et implora l’Eternel.
«D-ieu tout puissant, je
t’en prie, envoie-nous des pluies
de bénédiction».
Le tonnerre s’arrêta immédiatement
et une pluie bienfaisante emplit
les puits. Le jeûne public fut
annulé et de tous côtés, des
cris de joie retentirent.
Tandis que Rabbi Haï Taïeb
rentrait chez lui, son voisin
non-juif qui avait assisté à
tout ce qui s’était passé, courut
paniqué chez le propriétaire
qui lui louait sa maison. Tremblant
de peur, il frappa à la porte
:
«Que se passe-t-il ?» demanda
le propriétaire.
«Je t’en prie, je veux immédiatement
changer de maison ! Je ne peux
plus habiter dans le voisinage
d’un homme qui fait des prodiges
! Si tu avais entendu comment
il a déclenché toutes ces pluies
en quelques mots ! Que ferai-je
si ce juif qui est un Tsadik,
ordonne à D-ieu de me tuer ?
Aies pitié de moi !».
L’homme s’empressa de préparer
son cheval pour se rendre chez
Rabbi Haï. Il regrettait d’avoir
à se séparer de ce locataire
qui le payait si bien son logement.
Peu après, ils arrivèrent tous
deux chez le Rav.
«Rabbi, ton voisin dit qu’un
lion demeure dans son voisinage;
Il craint d’être un jour avalé».
«D-ieu me garde» répondit
Rabbi Haï, de faire du mal à
quiconque. Mais promets-moi
également de ne pas causer de
tort à un juif».
Le non-juif embrassa la main
du Tsaddik et, plein de respect
jura de toujours respecter les
juifs.
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