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A la mémoire des Tsadikim
Rabbi
Ra’hamim ‘Haï ‘Hawita Hacohen
Rabbi Ra’hamim ‘Haï ‘Hawita
Hacohen naquit à Djerba le 22
Sivan 5661 (1900). Son père,
Rabbi Hanina, subvenait difficilement
aux besoins de sa famille, mais
jamais ne demanda à son fils
de l’aider dans don travail.
Rabbi Ra’hamim étudia avec
passion et s’éleva dans la connais-sance
de la Torah car son père lui
disait que la Torah est plus
précieuse que l’or et les perles.
Il aimait approfondir chaque
point de son étude jusque tard
dans la nuit.
A l’âge de quinze ans, Rabbi
Ra’hamim rejoint les cours du
Av Beth Din de Djerba, chez
Rabbi Moché ‘Halfon Hacohen.
Déjà, il commençait à échanger
des correspondance avec les
grands de la Torah. Puis quelques
années plus tard, il fut nommé
Cho’het attitré de Djerba et
Sofer du Beth Din.
Lorsqu’il se maria, il décida
d’enseigner et sa renommée fut
immense. Ses disciples lui vouaient
une admiration sans borne et
il leur consacrait une grande
partie de son temps. Il leur
donna l’habitude de noter dans
un petit carnet leurs propres
commen-taires sur le Chass et
le Tanakh et ensuite il corrigeait
leur style afin qu’ils aiment
leur étude. Rabbi Ra’hamim
innova en matière d’enseignement
et inculqua à ses élèves, dès
leur plus jeune âge, les principes
de l’étude et de la loi. Cette
méthode permit de former des
décisionnaires et des maîtres
destinés à devenir rabbins dans
les communautés d’Israël.
Des disciples célèbres grandirent
à son ombre, parmi eux le Gaon
Rabbi Matsia’h Mazouz et le
Gaon Rabbi Raphaël ‘Hadir Tsaban.
En 5691 (1930), un des postes
de Dayan de Djerba se libéra
et les Sages de la ville lui
demandèrent de venir siéger
parmi eux. Néanmoins, ils craignaient
en le nommant à cette fonction
de perdre un illustre propagateur
de la Torah. Après maintes consultations,
il décidèrent de sa nomination.
On découvrit alors qu’il avait
l’envergure d’un grand décisionnaire
et ce dans tous les domaines.
En outre, il rédigea dix livres
de Halakha.
Rabbi Ra’hamim sut préserver
avec vigueur le judaïsme et
promulgua divers décrets pour
sa communauté. Sa renommée de
prédicateur et d’orateur attirait
les foules. Il avait l’habitude
d’illustrer ses discours de
commentaires merveilleux. Ses
interprétations inédites éclairaient
d’une lumière intense la Torah
et rapprochaient les juifs de
leur source.
La vie de Rabbi Ra’hamim
fut troublée par de multiples
souffrances. Dans ses lettres,
il relatait les épreuves endurées
l’empêchant d’avoir une pensée
claire et sereine. Malgré sa
faiblesse et sa maladie, il
commenta la Méguilat Esther
dans laquelle il écrit : “ Lorsqu’il
me fut impossible d’approfondir
le Talmud et les Poskim à cause
de ma maladie et mes douleurs …
Hachem m’a guéri pour que je
puisse étudier aux heures de
rémissions… Entre deux crises,
j’ai puisé réconfort et force
dans le Méguilat Esther… Béni
Soit l’Eternel qui ma donné
son secours dans la détresse,
m’a envoyé Sa parole et l’a
guéri… ”. Malgré ces dures épreuves
il n’abandonna pas sa voie et
continua d’étudier, d’ensei-gner,
d’interroger et de répondre.
Quand Rabbi Moché Halfon
Hacohen décéda, il le remplaça
à la fonction de Roch Av Beth
Din. Il fut aimé par tous les
habitants de la ville. Malgré
ses souffrances, il recevait
chacun avec chaleur et toujours
avec le sourire. Il occupa cette
fonction pendant quatre ans
jusqu’à son départ pour la Terre
d’Israël. Une semaine avant
don départ, une foule nombreuse
se pressa à sa porte. Chacun
venait le voir pour être béni
par sa bouche sainte. Quand
il prit la route pour son voyage,
toute la ville l’accompagna
se résolvant non sans peine
à se séparer du maître si cher.
En arrivant en Israël, il
décida de s’installer dans la
petite commu-nauté de Béréhia.
La lumière de son enseignement
ne tarda pas à dépasser les
limites de celle-ci. On le surnomma
avec respect Ahadmour MiDjerba
et sa modeste demeure devint
un haut lieu d’étude. De tous
les horizons, on accourait pour
lui demander conseil ainsi que
pour bénéficier de la pureté
et de la clarté de sa sagesse.
Il devint le guide spirituel
et le Rav des émigrants de Tunisie.
Il partagea leurs difficultés
et ne manqua pas, lorsqu’ils
venaient le voir, de leur prodiguer
ses conseils et ses bénédictions.
Le 10 Chevat 5719, à peine
âgé de 58 ans, son âme sainte
fut rappelée au Créateur. Ses
disciples érigèrent une Yéchiva
prés de sa tombe et la nommèrent
en son souvenir “ Kissé Rahamim ”.
Aujourd’hui encore, elle diffuse
les lumières de l’enseignement
du maître regretté.
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