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A la mémoire des Tsadikim
Rabbi
Yéhouda Ben Attar (1656-1733)
Un des grands Rabbanim du
Maroc, né à Fez en Elloul 5415.
Il devint Av Beth Din dans sa
ville. Il prit d’importantes
décisions visant à renforcer
la vie spirituelle de sa communauté.
Durant de nombreuse générations,
les juifs de Fez restèrent attachés
à son enseignement. On raconte
à son sujet de forts nombreux
récits miraculeux.
Il quitta ce monde en l’an
5493 (1733) à l’âge de 77 ans.
Le Hida raconte : Un jour
le Gaon Rabbi Yéhouda Ben Attar
fut mis en prison, le temps
que la communauté juive paie
de quoi le faire libérer. C’était
une pratique courante dans les
communautés orientales en ces
temps là. Seulement cette fois-ci
la somme fixée par la gouverneur
était trop élevée et très au-dessus
des moyens financiers de la
communauté juive. Rabbi Yéhouda
Ben Attar resta donc en prison.
Peu après, le cruel gouverneur
décida de faire jeter le Rabbi
dans la fosse aux lions. Quelle
ne fut la stupeur des gardes
lorsqu’ils virent Rabbi Yéhouda
Ben Attar s’asseoir tranquillement
au sol et poursuivre son étude
avec les lions respectueusement
accroupis autour de lui. Dès
qu’il fut tenu au courant, le
gouverneur fit libérer le Rabbi
et lui voua un grand respect
tout au long de sa vie.
On raconte également à propos
de Rabbi Yéhouda Ben Attar l’histoire
suivante : A Tunis, un juif
et un musulman avaient décidé
d’exploiter ensemble une entreprise
commerciale. Leurs affaires
réussirent au-delà de leurs
espérances et le juif gagna
beaucoup d’argent. Le musulman,
lui, ne comprenait pas grand
chose aux affaires ni aux comptes
que lui établissait son collègue
juif. Le musulman avait entièrement
confiance dans le juif et il
comptait sur lui pour tous les
détails de leur association.
A priori il n’avait pas lieu
de se plaindre de la confiance
qu’il mettait dans le juif,
puisqu’il voyait de ses propres
yeux à quel point l’affaire
prospérait. Au fil des ans le
non juif ne réclama jamais sa
participation aux bénéfices,
si bien que la dette du juif
allait sans cesse en augmentant.
Un jour malgré tout, l’associé
voulut récupérer sa part et
il en informa son collègue le
commerçant juif. Celui-ci malheureusement,
sachant que le musulman n’aurait
aucune preuve de leur association,
eut l’audace de nier tout en
bloc y compris même qu’ils aient
été associés. Le non juif en
fut terriblement affecté. Son
associé Juif avait trahi sa
confiance et lui, ne savait
plus comment récupérer son argent.
Finalement il pressa le juif
de jurer que ses paroles étaient
conformes à la vérité et que
vraiment il ne lui devait rien.
Il ne lui demanda pas de prêter
un simple serment, il lui demanda
de jurer au nom de son Rav Rabbi
Yéhouda Ben Attar. Sachant où
il était la vérité, le juif
refusa de toutes ses forces
de prêter serment. Le non juif
comprit alors que ce refus représentait
sa chance. Il comprit à quel
point le nom du Gaon Rabbi Yéhouda
Ben Attar était important aux
yeux de son associé juif.
Dés lors, il ne cessa d’insister
et ne laissa plus le juif en
paix jusqu’à ce qu’il ait obtenu
qu’il prête serment : Le juif
finit par jurer sur la vie du
Gaon Rabbi Yéhouda Ben Attar,
qu’il ne lui devait rien et
ne lui avait jamais dû le moindre
sou. Après avoir ainsi prêté
serment le juif rentra chez
lui heureux. Il s’était ainsi
débarrassé de la pression que
le non juif faisait peser sur
lui. Il était heureux car il
avait maintenant pris possession
sans le moindre effort de toute
la richesse qui appartenait
à son associé. Il était si heureux
qu’il décida d’offrir une Séouda
un dîner à sa famille et à tous
ses amis. Au cours du dîner
le juif se rendit au cellier
pour prendre du vin en l’honneur
de ses invités. Malheureusement
pour lui, en quittant le cellier
avec les bouteilles qu’il était
venu chercher il oublia les
bougies qu’il avait apportées.
Quelques minutes plus tard le
feu prit dans le cellier et
toute la maison, ainsi que toute
ses richesses et malheureusement
ses propres enfants partirent
en flammes. Lorsque le non juif
apprit la nouvelle, il en fut
si ému qu’il quitta sa ville
de Tunis et se rendit jusqu’à
Fez au Maroc, à la maison du
Gaon Rabbi Yéhouda Ben Attar
avec des présents. Il pénétra
dans la maison, il embrassa
les mains du Tsadik et lui raconta
ce qui s’était passé. Il insista
auprès de lui pour qu’il accepte
les dons qu’il avait apportés.
Bien entendu Rabbi Yéhouda Ben
Attar refusa cet argent. Le
musulman s’en alla distribuer
toute cette somme importante
à la Tsedaka et aux écoles où
l’on étudiait la Thora. Ce musulman
ne cessa toute sa vie de raconter
publiquement son histoire et
ainsi le nom de D. d’Israël
se trouva sanctifié.
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