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A la mémoire des Tsadikim
Rabbi
Yechoua Bessis
Parmi tous les grands de
Tunis, Rabbi Yechoua Bessis
occupe une place particulière.
De nombreuses histoires extraordinaires
circulaient sur lui relatant
les miracles et les prodiges
qu’il avait réalisés. Il connaissait
parfaitement la Torah et maîtrisait
la Kabbala. Avec une grande
bonté et une grande pureté,
il apportait la guérison à tous
les malades et aidait son peuple
lorsqu’il se trouvait en difficulté.
En 5533 (1773), il devint célèbre
dans le monde juif.
Les juifs de Tunis avaient
coutume de recouvrir leur Soucca
de feuilles de myrte odorantes
qui emplissait l’air de son
doux parfum. Les marchands non-juifs
se souvenaient chaque année
de la veille de fête de Souccot
et remplissaient leurs carrioles
de myrte pour le vendre. Cette
année-là, ils décidèrent de
donner une leçon aux juifs qu’ils
haïssaient. Au cours d’une assemblée,
ils se mirent d’accord pour
augmenter le prix du myrte.
Ils décidèrent donc de multiplier
par sept et même davantage le
prix de la branche.
Le matin de la fête, les
juifs arrivent au marché de
très bonne heure afin d’acheter
le myrte pour finir la construction
de la Soucca. Quelle ne fut
leur surprise lorsque les marchands
annoncèrent le prix. Ils allèrent
d’un marchand à un autre, le
prix été multiplié par sept
voir plus. Les juifs n’étaient
pas prêts à accepter cette étrange
décision et commencèrent à tenir
conseil. Mais les marchands
s’étaient tous mis d’accord
et aucun n’accepta de baisser
ses prix. Les juifs après
de multiples discussions, décidèrent
d’aller voir Rabbi Yechoua Bessis.
Immédiatement, ils choisirent
des représentants et se dépêchèrent
vers la maison du Rav.
Rabbi Yechoua Bessis fut
informé du prix excessif et
parti sur la place du marché.
En approchant lui-même un des
marchand, prit le rameau et
paya le prix demandé. Il demanda
au marchand de lui porter le
rameau et de le monter au grenier.
L’Arabe consentit volontiers
à répondre à la requête du Rav.
Tout en s’approchant de sa maison,
Rabbi Yechoua marmonnait les
versets d’une prière. Ses lèvres
chuchotaient encore tandis que
le non-juif montait le rameau
de myrte au grenier. Comme il
tardait à descendre, tout le
monde s’interrogea sur la cause
de son retard, et à leur grande
surprise il découvrirent loin
dans le ciel la silhouette d’un
homme portant un rameau sue
son épaule, s’éloignant au point
de ressembler à un oiseau...
La nouvelle de l’oiseau du
ciel se répandit en quelques
minutes au palais du roi. Le
roi Albaï qui connaissait le
pouvoir du Rav des juifs, lui
dépêcha immédiatement ses ministres
les plus importants, ainsi qu’un
carrosse attelé de chevaux pour
qu’il puisse se rendre au palais.
Par respect pour la grandeur
royale, Rabbi Yechoua accepta
l’invitation sans tarder. Le
roi lui dit : Je sais mon ami
que tout ce tumulte venait de
toi. Dis-moi pour quelle raison
as-tu causé un tel tort à cet
homme. Le Rav lui répondit qu’il
lui avait demandé simplement
de monter la marchandise au
grenier et que ce marchand monté,
monté dans les airs.
«Ne me dissimule rien» demanda
le roi, «et il ne t’arrivera
aucun mal».
Rabbi Yechoua vit que le
roi était sincère et qu’il souhaitait
son bien. Il commença à lui
raconter le malheur des juifs
en cette veille de fête, depuis
que les marchands avaient décidé
d’augmenter le prix et qu’aucun
membre ne pouvait en acheter.
«Voici cet homme qui redescend
vers nous», ajouta le Rav. «Il
confirmera mes paroles».
Et voici que le marchand
de myrte, le rameau encore à
l’épaule, descendait petit à
petit chacun les échelons de
l’échelle céleste. De frayeur,
l’assistance tomba face contre
terre.
Alors le roi ordonna à tous
ses serviteurs d’afficher le
prix du myrte et que celui-ci
sera le même que l’année dernière.
C’était le salut qui arrivait
grâce à Rabbi Yechoua Bessis,
le Tzadik faiseur de miracles.
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