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Rabbi David Hacohen Leibowitz • Roch Yéchivat Hafets Haim

Quand les bnei Israël se mirent à construire le Sanctuaire, le Saint béni soit-Il a dit à Moïse : « Seul des gens sages de cœur le construiront. » L’Ecriture répète à plusieurs reprises : « et tout homme sage de cœur », « et tout homme sage de cœur dans le cœur de qui Dieu a donné la sagesse ». Ceci vient nous enseigner que pour construire un lieu de sainteté, la sagesse seule ne suffit pas, il faut aussi du cœur, l’union entre l’intelligence et les sentiments. La Torah ne subsiste que grâce aux sages de cœur. Il est indispensable qu’un talmid ‘hakham ait un caractère raffiné et fasse de bonnes actions, aime les créatures et soit rempli de crainte et d’humilité.

Rabbi David Leibovitz fait partie des derniers grands de la Torah qui ont brillé comme des étoiles dans le ciel du judaïsme, de ces sages de cœur à l’âme délicate, au cœur pur et aux mains propres, humbles et purs, qui ont sanctifié le Nom de Dieu. C’est pourquoi il a réussi à construire un sanctuaire de Torah et de moussar en Amérique.

Rabbi David est né dans la petite ville de Zchetyl, dans la région de Grodna en Lituanie polonaise, en 5650 (1889). Quand il eut quatre ans, ses parents allèrent vivre à Varsovie. C’était un enfant prodige par la clarté et la vivacité de son intelligence. Encore jeune, il alla étudier à la yéchivah de Lomza. Il fut très rapidement célèbre pour ses dons extraordinaires, comme  une intelligence à la fois vive et profonde. Son grand-oncle, le ‘Hafets ‘Haïm, entendit parler de lui et lui demanda de venir chez lui à Radin. A la yéchivah de Radin, il entendit les cours de Rabbi Naftali Tropp, et avait aussi une étude régulière avec le ‘Hafets ‘Haïm. Son oncle le poussait tout le temps à étudier la Torah et à s’élever, en lui disant : « Ne sommes-nous pas des cohanim… » A la yéchivah de Radin, Rabbi David étudia six ans et il comptait parmi les meilleurs élèves.

En 5668 (1908), à l’âge de dix-huit ans, il partit étudier à la yéchivah de Slobodka. Rabbi Nathan Tsvi Finkel, connu sous le nom de « Saba de Slobodka », vit en lui une étoile montante dans le ciel de la Torah, il se consacra à lui et lui donna l’amour du moussar. Le nom de Rabbi David Varshewer, du nom de la ville de Varsovie, se répandit dans tout le monde des yéchivot, et tous savaient qu’une force considérable de Torah et de moussar était venue s’ajouter au monde de la Torah.

A l’âge de vingt-cinq ans, il épousa la fille de Rabbi ‘Hanokh Henich Shereshevski, le Rav de la ville de Slobodka, et après la mort de son beau-père il le remplaça comme Rav de la ville. En tant que Rav, Rabbi David ne s’enferma pas dans la tente de la Torah, il était actif dans toute la vie de la communauté. Il ne pensait pas que le rôle du Rav soit uniquement de répondre à des questions sur ce qui était permis ou interdit, mais qu’il portait la responsabilité de tout ce qui concernait la ville. Ainsi nous le voyons fonder une école pour de jeunes garçons juifs, et veiller à ce qu’elle obéisse à l’esprit de la Torah et du moussar. Il fonda aussi une caisse de prêt pour les nécessiteux de la ville, chose nouvelle à l’époque. Rabbi David craignait que les jeunes gens ne lisent des livres impies, il ouvrit donc une bibliothèque, et il vérifiait le contenu de chaque livre avant de le placer sur les étagères. Tout ce qui concernait la ville était décidé par le Rav. Les habitants voyaient en lui un maître et un père qui se souciait de chacun.

Rabbi David resta Rav pendant six ans, mais cela ne correspondait pas à ses aspirations. Il estimait être fait pour enseigner la Torah dans l’une des yéchivot, et c’est par hasard qu’il était devenu Rav. Quand s’ouvrit le célèbre collel de la yéchivah de Slobodka, pour les élèves les plus brillants, Rabbi David quitta la rabbanout, et alla se perfectionner dans un groupe de jeunes très brillants, afin de se préparer à sa mission dans la vie, qui était d’être Roch Yéchivah. Il étudia la Torah avec intensité pendant cinq ans. Il plongeait dans ses profondeurs et travaillait énormément pour arriver au point de vérité d’un problème de la Guemara. Il approfondissait le moussar de la Torah et la Torah du moussar. Il étudia le mécanisme des forces psychologiques de l’homme, et adopta la méthode du moussar comme mode de vie. Armé d’un bagage spirituel considérable, il sortit du collel vers le vaste monde.

En 5686 (1926), il arriva aux Etats-Unis. Dès son arrivée, il se fit des amis et des adeptes. Sa bonne renommée le précédait et lui gagnait les cœurs. Sa personnalité lumineuse, qui rayonnait la clarté et la bonté du cœur, et sa foi solide qu’ici aussi en Amérique il était possible d’éduquer une génération à la Torah et à la crainte de Dieu, le placèrent au nombre des plus grands enseignants de la Torah. Les directeurs de Metivta Torah VaDa’at l’invitèrent à être Roch Yéchivah.

Une nouvelle époque commençait dans la vie de Rabbi David. Il se mit à donner ses cours merveilleux aux élèves de la yéchivah, enseignant aussi le moussar, et leur ouvrant des perspectives nouvelles. Les élèves étaient très attachés à leur Rav et l’aimaient d’un très grand amour. La yéchivah grandissait de jour en jour, et de près et de loin on venait écouter la Torah de sa bouche. La merveille, c’est que de jeunes garçons américains le comprenaient, le suivaient et devenaient ses adeptes, l’appelant Rabbi, sans aucun autre nom. Dans une certaine mesure, il n’était pas pour ses jeunes disciples seulement un Roch Yéchivah mais aussi un Admor, car il avait la sagesse du cœur, et ses enseignements étaient transmis par la langue du cœur.

Un jour, un de ses élèves vint le trouver pour lui demander conseil. Comme il sentait qu’il était doué, il envisageait de faire sa médecine, afin de découvrir des médicaments à différentes maladies. Rabbi David regarda le jeune homme avec affection, et lui répondit : « Si tu es vraiment doué, pourquoi consacrer tes dons à être médecin des corps, pourquoi ne pas vouloir être un médecin des âmes ? » L’élève écouta le conseil de son Rav et devint Roch Yéchivah.

Pour diverses raisons, il fut obligé de quitter la yéchivah. La plupart des élèves le suivirent. En 5693 (1933), il fonda une yéchivah qu’il appela « Yéchivat Rabbeinou Israël Méïr HaCohen », du nom de son oncle le ‘Hafets ‘Haïm.

Le chemin de Rabbi David ne fut pas facile. La situation financière en Amérique était très mauvaise. Il décida de ne pas faire appel à l’aide des ba’alei batim, ne voulant pas dépendre de l’opinion des autres. Il entreprit sa sainte tâche avec tout l’enthousiasme de son cœur et de son âme pour trouver les fonds nécessaires à réaliser ses projets. Il possédait un verger en Erets Israël. Il le vendit et investit l’argent dans la yéchivah. Ses élèves, qui voyaient la peine de leur maître, se portèrent volontaires pour partir au loin ramasser de l’argent pour la yéchivah. Et en fin de compte, la yéchivah fut construite et resta debout ! La voix de la Torah montait de la Yéchivat Rabbi Israël Méïr HaCohen. Jour et nuit, des jeunes gens étudiaient la Torah. De tout son cœur et de toute son âme, le gaon Rabbi David se consacrait à l’éducation de ses élèves, à ses cours, à l’enseignement du moussar, et tout son univers était contenu entre les murs de la yéchivah. Il se souciait comme un père fidèle de ses enfants-élèves, et leur inculqua la lumière et le feu de son enthousiasme. Sa maison était également ouverte aux élèves à n’importe quel moment.

Après des années d’un dur labeur, vraiment épuisant, Rabbi David devint très malade. En effet, le fardeau de l’enseignement de la Torah doublé du souci de la situation financière de la yéchivah s’avéraient au-dessus des forces d’un seul homme. Sans tenir compte de sa santé, il continua à accomplir sa tâche sacrée. Une fois, à Pourim, je suis monté à la yéchivah, et j’y ai vu un spectacle magnifique. Les jeunes gens dansaient et chantaient avec beaucoup d’enthousiasme. Rabbi David était assis à sa place, sur son visage resplendissant on voyait de fines rides, et il était très pale. Ses grands yeux brûlants exprimaient la peine et la joie. Il était heureux de voir ses élèves, qu’il avait élevés, remplis de la joie de la Torah, mais il était sans cesse préoccupé de la situation financière difficile de la yéchivah. Rabbi David pensait certainement à ce moment-là : « Malheur aux créatures de l’insulte faite à la Torah… »

Le 15 Kislev 5702 (1941), Rabbi David mourut, à l’âge de cinquante-deux ans. Le judaïsme d’Amérique perdait ainsi l’un de ses plus grands enseignants de Torah. Mais il n’est pas mort, la yéchivah qu’il a fondée avec son sang et son âme se maintient fièrement et continue dans la voie et la méthode qu’il lui a insufflée. C’est son fils unique Rabbi ‘Hanokh Henich HaCohen qui la dirige.

 

 
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