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paracha de la semaine

Vayikra

12 Mars 2011

6 Adar II 5771

ARCHIVES DE L'ANNEE 2002 A 2012 ARCHIVES

L’HUMILITE PEUT MENER L’HOMME AUX PLUS HAUTS NIVEAUX

(par Rabbi David Hanania Pinto Chelita)

« Il appela Moché et Hachem lui parla depuis la Tente d’assignation en disant » (Vayikra 1, 1)

Rachi : « Vayikra (Il appela) indique l’affection ; depuis la Tente d’assignation, car la parole sortait du Saint des Saints et arrivait à la Tente d’assignation où elle s’arrêtait, en lui disant : ‘Sors et dis-leur des paroles attirantes : c’est pour vous qu’Il parle avec moi !’ Nous trouvons en effet que pendant tous les trente-huit ans où les bnei Israël étaient dans le désert comme mis à l’écart, la parole ne s’est pas isolée avec Moché. »

Or il y a plusieurs questions à se poser. D’abord, pourquoi le « aleph » de « Vayikra » est-il une lettre plus petite que les autres ? Ensuite, pourquoi la voix s’arrêtait-elle à la Tente d’assignation et parlait-elle de là, sans aller dans la tente de Moché ? Enfin, j’ai trouvé chez le Rav Yoël de Satmar qu’il s’interroge sur Rachi, qui dit : ‘Sors et dis-leur des paroles attirantes : c’est pour vous qu’Il parle avec moi !’ Il dit que des paroles attirantes sont faites pour conquérir le cœur des bnei Israël afin de les ramener sur le bon chemin, comme le dit le traité Ta’anit (16), alors qu’ici, il s’agit de les complimenter en leur disant : « C’est pour vous qu’Il parle avec moi ». Qu’est-ce qu’il y a là d’attirant ?

Il cite également le Yalkout Chimoni (Vayikra 431) selon lequel Il aurait pu parler avec lui pour son propre compte, alors pourquoi est-il dit que c’était pour les bnei Israël qu’Il parlait avec lui ? Pour nous enseigner que ce n’était pas pour ses propres besoins. Autre explication : est-il possible qu’Il n’ait parlé avec lui que pour les besoins de la communauté ? Il est pourtant dit « avec lui », ce qui nous indique qu’Il parlait également avec lui pour ses propres besoins. Ce passage du Yalkout demande explication.

Moché était le père des prophètes, l’homme de D., qui avait mérité des niveaux qu’aucun autre être humain n’avait mérité. Hachem le connaissait face à face, comme Il le dit : « Dans toute Ma maison il est fidèle, Je parle avec lui de bouche à bouche, et non par des mystères ou des visions. » Il contemple la ressemblance de Hachem, il est monté aux cieux, il a mangé le pain des puissants, il a saisi le Trône de gloire. Pourtant avec tout cela, il était abaissé à ses propres yeux et se considérait comme rien, au point qu’il a dit de lui-même : « Et nous, que sommes-nous ? », et que la Torah témoigne sur lui (Bemidbar 12, 3) : « L’homme Moché était le plus humble des hommes de la terre. » Ce degré d’humilité se trouve en allusion dans le petit « aleph ».

Et Moché, qui nous a laissé un tel héritage, nous a dévoilé le secret du fait que la Torah est comparée à l’eau : de même que l’eau descend d’un lieu élevé vers un lieu plus bas, de même la Torah ne peut être acquise que par celui qui s’abaisse pour elle. Il faut être quelqu’un qui se considère comme un sacrifice. De même que ce sacrifice tend le cou pour être égorgé, l’homme doit s’annuler devant la Torah. Alors, sa Torah consistera à faire la volonté de son Créateur et non à se glorifier. Cela aussi se trouve en allusion dans le petit « aleph » qui indique la soumission et l’humilité.

On trouve encore en allusion dans ce petit « aleph » les jeunes enfants pour qui cette lettre est chère, parce qu’elle est la première qu’on apprend et qu’ils l’aiment. Cette idée figure en allusion dans le mot « vayikra », « yikrou aleph », « le ‘aleph’ leur est cher », eux dont il est dit : que viennent ceux qui sont purs pour étudier ce qui est pur. On commence l’étude de la Torah par le livre de Vayikra, et Moché se réjouit de toutes les paroles de la Torah comme quelqu’un qui a trouvé un grand trésor, à l’instar de ces petits enfants qui se réjouissent de la lettre « aleph ».

On peut encore dire autre chose d’après ce qui est expliqué dans les écrits du Ari : dans la façon dont on écrit la lettre « aleph » (qui est formée d’un « vav » et de deux « youd ») se trouve en allusion le Nom de Hachem, qui s’écrit avec deux youd et la lettre vav. Le petit « aleph » nous renvoie aux paroles des Sages selon lesquelles l’orgueil est méprisable au point que le Saint béni soit-Il dit de l’orgueilleux : « Moi et lui ne pouvons vivre en un seul endroit. » Mais à propos de celui qui est petit à ses propres yeux, il est écrit : « Je demeure avec les cœurs contrits et humbles », c’est pourquoi Moché, qui était le plus humble des hommes de la terre, a mérité des révélations et des discernements supérieurs à ceux de tout autre être humain.

Les Sages ont dit : « Par la voie que l’homme veut prendre, on le conduit », c’est pourquoi le Saint béni soit-Il, quand il a vu l’humilité de Moché, lui a manifesté de l’affection. Tout ce qui lui était révélé n’était que pour les besoins d’Israël. En ce qui concerne le Saint béni soit-Il, c’était pour Moché, mais en ce qui concerne Moché, c’était une révélation en fonction de l’importance du peuple d’Israël. Alors qu’en réalité le Saint béni soit-Il Se révélait à lui à cause de sa propre importance.

C’est ce qui nous permettra de comprendre les précisions du verset dont nous avons parlé. La parole de D. s’est adressée à Moché dans la Tente d’assignation, qui est le lieu des bnei Israël, et où se révèle un témoignage pour les habitants du monde que la Chekhina repose sur eux. Et comme nous l’avons dit, le Saint béni soit-Il désire faire la volonté de Son serviteur, Il lui a donc montré qu’Il ne lui parlait que pour Israël, c’est pourquoi Il lui a parlé là, dans la Tente d’assignation. On comprendra également ainsi la question que nous avions posée : de quelles paroles attirantes s’agit-il ? On le comprend maintenant parfaitement bien : Moché demande au peuple d’Israël de constamment se renforcer dans une techouva totale, d’étudier la Torah, de faire de bonnes actions, car c’est uniquement pour lui que Hachem parlait, puisque pendant tous les trente-huit ans dans le désert Il ne s’était adressé à Moché que pour les besoins du peuple d’Israël. Il aurait été digne de révélations, mais D. fait la volonté de ceux qui Le craignent, si bien que la parole ne s’adressait à Moché que lorsque c’était nécessaire pour le peuple d’Israël. Cela comporte donc évidemment un aspect attirant, et ainsi se trouvent également expliquées les paroles du Admor de Satmar, que son mérite nous protège, de façon merveilleuse.

Il m’est venu une autre idée intéressante, d’après l’explication ci-dessus selon laquelle le Nom de Hachem se trouve en allusion dans la lettre « aleph », en la rattachant à la fin de la parachat Pekoudei, où il est écrit : « Car la nuée de Hachem était sur le Sanctuaire le jour et le feu y était la nuit, aux yeux de tout Israël, dans tous leurs périples. » Il y a peut-être là une allusion au fait que lorsque quelqu’un réussit dans la vie de façon claire comme le jour, il ne doit pas s’enorgueillir, mais examiner ses actes comme s’il vivait un jour nuageux où il est possible de se tromper. Ainsi, il n’en arrivera pas à l’erreur. Et s’il s’aperçoit qu’il a des malheurs et qu’il erre dans le brouillard, qu’il se souvienne que Hachem est un feu dévorant, un D. puissant et redoutable, qui guette la venue du jour. Tout le peuple d’Israël doit se rappeler de cela dans tous ses voyages, c’est-à-dire dans toute situation où les bnei Israël se trouvent. S’ils se comportent ainsi, le « vav » de « vayikra » insinue à l’homme qu’il a été créé le sixième (vav) jour, et un tel homme est « yakar » (cher) aux yeux du « aleph », c’est-à-dire aux yeux de Hachem.

LES PAROLES DES SAGES

Position sociale oblige

 « Si une personne (nefech : âme) veut présenter une offrande (min’ha) » (Vayikra 2, 1)

Rachi commente ainsi ce verset : « Hormis pour la min’ha, le mot ‘âme’ n’est employé pour aucune autre offrande volontaire. Qui offre habituellement une min‘ha ? Le pauvre. D. dit alors : ‘Je considère son offrande comme s’il avait offert sa propre ‘âme’’ » (Rachi).

Parfois, on peut mériter d’être puni, mais on se trouve dans une situation qui laisserait le châtiment infligé par D. sans effet notoire. En effet, un homme déjà pauvre ne souffrira pas vraiment si D. l’empêche d’accéder à la grandeur et à la richesse. Il ne percevra presque pas la sanction, puisqu’il est déjà habitué à mener une vie pénible et de manque.

En revanche, si quelqu’un d’aisé subit un revers de fortune, la sentence sera terrible et redoutable. Avant de se rendre à une réception, il sera contraint d’emprunter des sommes importantes auprès d’un guema’h afin de pouvoir offrir à ses hôtes le cadeau auquel ils s’attendent, car il ne peut pas se permettre d’être l’objet de commentaires humiliants… il préférera donner ses meubles en gage afin d’organiser une somptueuse fête à la mesure des attentes de tous ses amis et connaissances, il s’engagera dans de lourdes dettes… tout cela pour éviter le qu’en dira-t-on et préserver sa position sociale.

A ce sujet, le livre Oumatok HaOr raconte l’histoire d’un juif aisé qui s’est rendu auprès du gaon Rabbi ‘Haïm Krizwirth pour lui confier : « Tout le monde pense que je suis riche : on me voit m’habiller avec élégance, rouler en voiture de luxe… Mais en réalité j’ai perdu toute ma fortune et je n’ai pas de quoi vivre. Je n’ai même pas de pain pour me nourrir. » Affecté par ce récit, Rabbi ‘Haïm a décidé de collecter de l’argent pour lui.

Le Rav s’est alors rendu avec son gabaï chez un homme fortuné de la communauté et lui a fait part de cette histoire. Après l’avoir écouté, celui-ci a demandé : « Rabbi, quel montant espérez-vous atteindre ? »

« Cent mille dollars » a-t-il répondu.

« Je dois savoir qui est cet individu riche qui a fait faillite. Je suis prêt à donner trente mille dollars en espèces, à condition que vous me révéliez son nom. »

Mais le Rav lui a répliqué : « Il m’a demandé de ne pas divulguer sa situation, cela m’est donc impossible. »

Le riche a augmenté la somme promise : « Si le Rav me dévoile son nom, je suis disposé à offrir cinquante mille dollars. »

Mais Rabbi ‘Haïm a persisté dans son refus.

L’homme a fixé un montant encore plus élevé et a même fini par promettre de donner immédiatement l’intégralité de la somme à condition que le Rav lui révèle le nom de son destinataire.

Le Rav s’est alors tourné vers son gabaï : « Venez, partons d’ici. S’il ne veut pas donner sans conditions, nous n’accepterons rien de sa part. »

Ils étaient déjà sur le pas de la porte lorsque l’homme a rappelé Rav Haïm : « S’il-vous-plaît, voudriez-vous bien rentrer dans la pièce avec moi, j’aimerais vous parler en tête-à-tête. »

Le Rav a consenti à l’accompagner dans la chambre.

Au moment où l’homme aisé a fermé la porte, il s’est assis et a éclaté en sanglots.

Après s’être un peu calmé, il a commencé à raconter : « Rabbi, je me trouve exactement dans la même situation que votre protégé. J’ai également perdu toute ma fortune et aujourd’hui j’ai à peine de quoi survivre. Jusqu’à présent, je n’ai requis l’aide de personne même si ma famille et moi souffrons de la faim. Je préférais mourir de faim plutôt que de solliciter l’aide de quiconque, de peur que ma situation ne s’ébruite. Jusqu’à présent, je n’avais aucune solution, je n’ai compté sur personne. Mais maintenant je sais pouvoir vous faire confiance pour garder le secret : c’est pourquoi je vous demande de bien vouloir m’aider également. »

Ainsi, l’homme est prêt à supporter de grandes difficultés s’il est assuré que les gens ignoreront tout de sa déchéance ! La plus grande des punitions est d’être « le dépositaire d’une richesse qui finira par se retourner contre soi. »

S’il en est ainsi, lorsque D. veut infliger une punition particulièrement sévère à quelqu’un, Il lui donne d’abord la possibilité de gravir des échelons, Il lui permet de vivre une vie de plaisirs au sein d’une société à son image. Alors, une fois qu’il a pris l’habitude de mener une vie confortable et qu’il s’est fait connaître dans la « haute » société, D. lui reprend sa richesse et il tombe du sommet du toit jusqu’au fond du puits.

C’est exactement ainsi que Hachem a agi avec Lot.

Il lui a donné du menu bétail, du gros bétail et des tentes. Il l’a habitué à occuper une position sociale élevée, puis Il lui a tout fait perdre en un instant.

Quelle en a été la conséquence ? « Comme il tardait à quitter les lieux » (Béréchit 19, 16) : Lot s’est trouvé si déstabilisé qu’il semblait avoir perdu tout discernement. Tout cela pourquoi ? Il s’est dit « Combien vais-je perdre d’argent, d’or, de pierres et de pierres précieuses ? » Il n’était pas en mesure d’emporter son argent, ses gendres s’étaient moqués de lui et ne lui avaient rien laissé prendre, et maintenant, qu’allait-il devenir ?

De cette manière-là, Lot a ressenti la punition dans toute son intensité : « Parfois la richesse est donnée à une fin de punition. » L’épreuve est d’autant plus pénible et le coup d’autant plus douloureux.

Ce principe (que l’octroi de la richesse peut finir par être une punition) est valable dans tous les domaines. « Richesse » ne signifie pas forcément « argent », mais aussi honneurs, talents, enfants… tout bienfait est susceptible de devenir une richesse qui se retourne en mal contre son propriétaire.

Il est donc évident que si Hachem ne nous procure pas tel ou tel bienfait, ce n’est pas par manque d’amour à notre égard. Au contraire, c’est peut-être précisément parce qu’Il nous aime qu’Il ne nous comble pas d’un bien excessif. Il sait que l’octroi de richesse peut devenir source de souffrance, et puisqu’Il est juste et droit, Il ne veut pas occasionner un mal que nous ne méritons pas.

Nous devons toujours nous souvenir que si nous ne possédons pas telle ou telle « richesse », cela résulte de la volonté de D. de ne pas nous l’attribuer et que cette volonté même n’est motivée que par Son amour pour nous et Son désir de nous faire du bien.

GARDE TA LANGUE

Même pas à sa femme

Il n’y a aucune différence dans l’interdiction de dire du lachon hara, qu’on le raconte à d’autres personnes, proches ou lointaines, ou à sa femme, à moins que ce ne soit quelque chose dont il faut l’informer pour que cela ait une utilité dans l’avenir, par exemple si elle vend à crédit à des gens peu fiables, dont il sera difficile plus tard de se faire payer, on l’informe qu’ils sont mauvais pour la mettre en garde et qu’elle ne leur vende rien à crédit.

A LA LUMIERE DE LA PARACHAH

Extrait de l’enseignement du gaon et tsadik Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita

Sur la grandeur de l’étude de la Torah

A propos de la récitation des sacrifices, nos Maîtres disent (Méguila 31b) qu’Avraham a demandé à Hachem : « Maître du monde ! Qu’adviendra-t-il de mes enfants lorsque le Temple ne sera plus là et qu’ils ne pourront plus offrir de sacrifices pour expier leurs fautes ? » D. lui a répondu : « J’ai déjà préparé pour eux un ordre de récitation des sacrifices. Je considèrerai chacune de leurs lectures comme s’ils M’avaient offert un sacrifice et Je pardonnerai toutes leurs fautes. »

Dans le même esprit, il est dit (Mena’hot 110) : « Quiconque étudie la Torah n’a besoin ni d’holocauste, ni d’oblation, ni de sacrifice de rachat. Quiconque étudie un passage concernant le sacrifice expiatoire est considéré comme s’il l’avait offert. De même pour le sacrifice de rachat. » Cela signifie que le principe « l’étude équivaut à l’accomplissement » ne concerne pas uniquement les enfants : quiconque lit le passage sur les sacrifices est considéré comme s’il avait offert le sacrifice correspondant.

Expliquons cela à la lueur des paroles de nos Maîtres (Chabbat 83b) : « On ne se dispensera jamais de fréquenter le beit hamidrach ni d’étudier la Torah, même sur son lit de mort, comme il est dit : « Voici la Torah (règle), lorsqu’il se trouve un mort dans une tente » (Bemidbar 19, 14). Même proche de la mort, l’homme doit étudier la Torah. Reich Lakich explique pour sa part : « Les paroles de Torah ne s’accomplissent que chez celui qui est prêt à mourir pour elle. »

Dans son ouvrage ‘Hidouchei Aggadot, le Maharal explique : « la Torah est du domaine de l’intellect, comment peut-elle s’implanter chez l’homme qui est entièrement matériel ? Les deux sont absolument antinomiques ! C’est pourquoi cette Torah (intellect) ne peut se réaliser que chez celui qui est prêt à mourir pour elle, qui fait abstraction de son corps, de sa vie matérielle. Se séparant de son corps, il n’est plus considéré comme tel par rapport à la Torah et celle-ci, qui est ‘intellect’, pourra alors s’accomplir en lui, et non en celui qui, à côté de la Torah, donne de l’importance à son corps. »

Ceci demande à être approfondi : comment se détacher de tout ce qui est corporel au moment où l’on étudie ? Après tout, l’homme a été créé à partir de la matière ! La matière peut-elle se dissocier de la matière ? En réalité, en se consacrant à l’étude de la Torah avec abnégation, on se détache de son côté matériel pour permettre aux paroles de Torah d’entrer dans son cœur.

De quelle abnégation s’agit-il ? De celle que décrivent nos Sages lorsqu’ils commentent l’expression ‘de toute ton âme’ : « Même si on t’enlève la vie (ton âme). » Cela signifie qu’au moment où l’on étudie la Torah, on doit avoir l’esprit libéré de toutes ses préoccupations matérielles, et que même si on est absorbé toute la journée par son activité professionnelle, on doit fixer des temps d’étude au cours desquels on oublie totalement ses affaires. A fortiori n’est il pas question d’introduire son travail au beit hamidrach… par exemple avec le téléphone portable ou autres moyens de ce genre !

A LA SOURCE

Là où sont les grands

« D. appela Moché » (1, 1)

Le « aleph » du mot « Vayikra (appela) » est écrit en petit caractère afin de nous enseigner que D. ne Se dévoile aux nations du monde que partiellement, comme il est dit : « D. advint à Bil’am » (Bamidbar 23, 4), vayiker par opposition à vayikra (qui dénote un appel), employé pour les prophètes d’Israël auxquels D. s’adresse de manière claire.

Mais alors, pourquoi le aleph n’est-il pas écrit en grand ? Afin de faire la différence entre l’appel adressé aux anges et celui adressé à Moché.

 [Midrash Otiot Ketanot]

Il recherche celui qui est poursuivi

« Du gros ou du menu bétail vous offrirez vos sacrifices. » (1, 2)

Les seules espèces que l’on peut offrir en sacrifice sont celles qui appartiennent au menu et au gros bétail, c’est-à-dire « le bœuf, la brebis et la chèvre » (Devarim 14, 4). Qu’ont-ils de spécifique pour avoir été choisis ? Ils sont sans défense et soumis. Rabbi Yéhouda ben Simon dit au nom de Rabbi Yossi bar Noukray : le bœuf est la proie du lion, la brebis celle du loup, et la chèvre est attaquée par la panthère.

Hachem a dit : « Ne M’offrez pas des animaux prédateurs mais plutôt ceux qui sont pourchassés par d’autres », comme il est dit : « les sacrifices [agréables] à D., c’est un esprit contrit. »

Autre explication : « Comment Te suis-je devenu à charge, réponds contre Moi ! » D’après Rabbi Yéhouda bar Simon, D. a dit : « Il existe dix animaux purs, trois espèces domestiques et sept espèces sauvages. Les espèces domestiques sont : le bœuf, la brebis et la chèvre, et les sauvages sont le cerf, la gazelle et le daim…’. Je n’ai pas voulu faire peser sur vos épaules la tâche d’aller chasser les bêtes des champs et des collines pour M’offrir des sacrifices parmi les espèces sauvages. Je ne vous demande que des animaux qui vous sont accessibles, et qui se sont nourris dans vos mangeoires. C’est pourquoi il est dit : « C’est dans le gros ou le menu bétail ».

 [Midrach Hagadol]

Des poissons vivants

« Si c’est un oiseau qu’on veut offrir en holocauste à D. » (1, 14)

Pourquoi a-t-on la possibilité d’offrir en sacrifice des oiseaux, des brebis, du menu bétail, des chèvres, et non des poissons ? En effet, il est dit : « Si c’est un oiseau qu’on veut offrir en holocauste ».

Comme l’homme, tous ces animaux sont constitués de chair et de sang, et comme lui, ils sortent du ventre de leur mère : ils peuvent donc être une expiation pour ce dernier. Les poissons, quant à eux, pondent des œufs qui deviennent des poissons vivants. (Les oiseaux n’éclosent pas d’eux-mêmes à partir des œufs, mais ils doivent être couvés par leur mère, ce qui n’est pas le cas des poissons.)

 [Midrach Tan’houma]

Une âme élevée

« Parle ainsi aux enfants d’Israël: ‘lorsqu’une âme, qui a fauté…’ » (4, 2)

Dix organes sont mis au service de l’âme (essentiel de la vitalité de l’homme).

L’œsophage permet de se nourrir, la trachée de parler, le foie est pour la colère, le poumon pour la boisson, le feuillet pour moudre la nourriture ingérée, la rate pour le rire, l’estomac pour le sommeil, la bile est le siège de la jalousie, les reins ceux des pensées, le cœur transforme la pensée en action et l’âme est au-dessus de toutes ces fonctions.

Hachem dit : « Je t’ai faite plus importante que tous les autres éléments et toi, tu sors, tu voles, tu agis avec violence et tu fautes ? Comme il est dit ‘lorsqu’une âme qui a fauté…’ »

 [Vayikra Rabba]

Ne pas humilier

« Il posera sa main sur la tête de ce bouc, et l’égorgera à l’endroit où l’on égorge l’holocauste » (4, 24)

Rabbi Yo’hanan a dit au nom de Rabbi Chim’on bar Yo’haï :

Pourquoi a-t-on institué de prononcer la prière à voix basse ? Afin de ne pas humilier les fauteurs (qui confessent leurs péchés pendant leur prière). En effet, le verset indique que le sacrifice expiatoire et l’holocauste doivent être réalisés au même endroit (pour ne pas humilier le fauteur). N’y avait-il vraiment pas de distinction ? Où versait-on le sang ? Le sang du sacrifice expiatoire était répandu sur la moitié supérieure de l’autel. S’il en est ainsi, la faute de la personne était mise au grand jour ! Dans ce cas, seul le cohen avait connaissance de cette faute et non le reste du monde, et il n’y a donc pas d’humiliation.

 [Sota 32b]

LA PRIERE

Une description extraordinaire de la prière de Rav Yéhouda Tsadka, Roch Yéchiva de « Porat Yossef », est donnée dans sa biographie, « Vézot Liyhouda ».

Chaque jour, lorsqu’il se préparait pour aller à la prière, il fredonnait le verset « Prépare-toi à aller à la rencontre de ton D., Israël ». Durant la prière elle-même, il tenait le siddour entre les mains et ne levait pas les yeux du texte. On distinguait sur son front et sur les traits de son visage une tension puissante.

On sentait en le voyant que, comme le dit Rabbeinou Avraham fils du Rambam dans son commentaire de la Torah, « la prière est une situation de rencontre entre le fidèle et son Maître », une adhésion à la présence divine.

Son visage reflétait aussi des marques de joie et de bonheur, comme le préconise le Tanna Rabbi Ayabo (Midrach Cho’har Tov) : « Quand tu te tiens en prière, que ton cœur soit comblé car tu t’adresses à D., Qui n’a pas de semblable. » Les mots qu’il prononçait étaient aussi mélodieux que le chant du rossignol. Il était une harpe au service des chants du roi David quand il entonnait les Pessoukei DeZimra. Lorsqu’il lisait le Chema, son visage était empreint d’une lumière suprême.

Pendant la répétition de la ‘amida, il avait coutume de rester debout, les yeux et le cœur centrés sur son siddour ouvert, et d’écouter avec crainte et ferveur la prière de l’officiant, mot après mot. Il n’a jamais renoncé à son habitude de rester debout pendant la répétition, à l’image des « anges qui se tiennent debout », et ce même dans ses vieux jours alors qu’il devenait plus faible, et même lors des jours redoutables lorsque la prière était longue.

Lorsqu’il lisait d’une voix émouvante et en se prosternant « Notre père, notre roi, Tu es notre père », et qu’il accentuait particulièrement le mot « Notre père », tout son corps s’exaltait, s’embrasait comme une flambeau. On voyait qu’il vivait et percevait vraiment de tout son être que : « Vous êtes les fils de Hachem votre D. », « nous sommes Tes fils et Tu es notre père ».

Son aspect animé durant la prière évoquait l’image du véritable fidèle, qui se tourne directement vers D., comme le décrit le Rambam avec sa langue d’or (dans Pirkei Hatsla’ha) : « Le fidèle se tient debout, se réjouit dans son cœur et se délecte de ses paroles, ses mains sont déployées, sa bouche articule chaque mot, ses autres membres tremblent et sont saisis de frissons, et il ne cesse d’émettre des sonorités agréables ; il s’attache (à D.), se prépare, implore, s’incline et se prosterne. Il pleure. Parce qu’il se trouve face au Roi grand et redoutable. »

En lisant ces paroles du Rambam, l’image pure de Rabbeinou Yéhouda debout en train de prier nous apparaît naturellement. Un personnage humble et plein d’abnégation, épanchant son cœur de tout son être et récitant des supplications, empli de nostalgie et de repentir.

« Je me souviens des jours d’antan, a raconté l’un de ses proches, lorsque dans la synagogue qui porte le nom de son père, ‘Chaoul Tsadka’, notre Rav se tenait devant la table de l’officiant et qu’il arrivait à la répétition de cha’harit de Yom Kippour. Quand il commençait à dire le ‘vidouy’ de Rav Nissim Gaon, sa voix s’étranglait à cause de ses sanglots contenus et on ne parvenait presque plus à l’entendre. A ce moment, le cœur de tous les fidèles fondait comme de la cire alors qu’ils se trouvaient face à un séfer Torah vivant, pleurant et se confessant avec des torrents de larmes. Si lui était si inquiet et dans une telle détresse, que dirons-nous, pauvres de nous… »

 

 
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