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paracha de la semaine

Metsora

9 Avril 2011

5 Nissan 5771

deux nerot HORAIRES DE CHABBAT

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Quiconque vient pour se purifier bénéficie d’une aide du Ciel

(par Rabbi David Hanania Pinto Chelita)

Nos Sages ont affirmé que « quiconque vient pour se purifier bénéficie d’une aide divine ». (Chabbat 104a). Il s’ensuit que l’on a tout d’abord le devoir de chercher à se purifier, et seulement alors, on méritera l’aide du Ciel. En effet, nous trouvons aussi dans Chir Hachirim Rabba que Hachem dit à Israël : « Mes fils, il vous suffit de M’ouvrir une porte de repentir ténue comme la pointe d’une aiguille et Je vous ouvrirai des portes d’une largeur à laisser passer des chariots. »

Ces propos demandent à être expliqués : comment peut-on attendre de quelqu’un qui serait plongé dans l’impureté, D. préserve, qu’il commence de lui-même à se purifier sans l’aide préalable de Hachem et lui demander de débuter le processus avant de mériter un soutien d’en haut ? La première étape, le premier pas, est pourtant le plus difficile !

Par ailleurs, il faudrait considérer de plus près ce qui est évoqué dans le traité Berakhot (33b) : « Tout est entre les mains de D., sauf la crainte de D. » Rachi explique (ibid.) : « tout dépend de D. », tout ce qui arrive à l’homme est décidé par Hachem, comme par exemple le fait qu’il soit grand, petit, riche, pauvre… mais pas le fait d’être juste ou impie. Il a laissé ce domaine sous notre responsabilité, nous a placés face à deux chemins, et à nous de choisir celui de la crainte de D. Il en résulte donc que craindre Hachem est une obligation qui incombe à tout un chacun, qui doit y parvenir sans aide divine. Il devient alors d’autant plus difficile de comprendre le verset « quiconque vient pour se purifier bénéficie d’une aide divine », selon lequel on reçoit une aide du Ciel !

Ce qui vient facilement se perd facilement

Tentons d’expliquer tout cela à l’aide d’une parabole. Cela ressemble à quelqu’un qui, du jour au lendemain, recevrait une immense somme d’argent, qu’il s’agisse d’un héritage inattendu, ou encore d’un gain à une loterie… Il est très probable que cet homme qui n’est pas habitué à gérer des biens importants et ne sait donc pas comment investir tant d’argent va perdre très rapidement toute sa fortune. De plus, il en viendra certainement à gaspiller cet argent, puisqu’il l’a acquis avec facilité et sans effort. Ce qui nous vient aisément et sans fatigue se perd également facilement. En revanche, quand on se fatigue pour obtenir un bien, on l’apprécie et on le garde soigneusement pour ne pas le perdre. Ce principe, valable dans tous les domaines et plus particulièrement pour les biens matériels, l’est aussi pour la crainte de D. Si l’on perçoit soudain un éclair de compréhension et que l’on reçoit une aide de D. sans avoir fait le moindre effort de notre côté, il y a de grands risques que l’on ne sache pas évaluer à sa juste valeur la précieuse aide qui nous a été offerte. Ainsi, on ne saura pas comment réagir à cette lueur, son effet se dissipera rapidement, on récidivera et on tombera facilement dans de mauvais comportements. Alors, il sera bien plus difficile de faire techouva.

Pour quelle raison Hachem ne veut-Il pas nous aider à nous purifier à priori et préfère-t-Il attendre un réveil de notre part ? D’autant qu’Il en a évidemment la capacité, comme Rachi l’explique en ces termes (Meguila 25a) : « La crainte de D. n’est pas entre Ses mains. Il nous l’a confiée afin que nous orientions notre cœur en fonction, même s’Il pourrait le faire pour nous. En effet, il est dit ‘Certes, vous êtes sous Ma main comme l’argile sous la main du potier, ô maison d’Israël’ » (Jérémie 18, 6). Mais lorsque, sans recevoir aucun soutien, on prend l’initiative de servir Hachem, on ressent la difficulté de cette démarche. Alors ensuite, quand on méritera de bénéficier d’une aide divine, on saura l’apprécier et la conserver précieusement afin de ne pas en perdre le bénéfice, et afin qu’elle continue à nous guider durant toute notre vie, nous permettant de progresser de plus en plus dans le service de D.

A condition de soumettre ses pulsions

En approfondissant davantage, on peut affirmer, selon ce qui est écrit dans Erouvin 19a : « les fauteurs d’Israël sont remplis de mitsvot, à l’instar de la grenade (qui est pleine de grains). » A ce sujet, il est écrit (Chir Hachirim 4, 3) « ta tempe (rakatekh) est comme une tranche de grenade » : il ne faut pas lire « ta tempe (rakatekh) », mais « tes personnes vides (rékatekh) », ce qui signifie que même les personnes simples de ton peuple sont remplies de mitsvot, à l’image de la grenade qui est pleine de grains. De même que la grenade est pleine de grains, de même aucun ben Israël ne peut être vide de mitsvot. En effet, il n’existe pas de juif qui ne fasse pas au moins une mitsva de temps à autre… et ce, parce qu’il est doté d’une âme divine (Zohar III, 219) qui le rattache à son Créateur.

S’il en est ainsi et que l’on naît avec une parcelle divine, on ne peut jamais être en position de débutant dans le service de D. : on est déjà de toute façon au niveau de « celui qui vient pour se purifier ». Alors, rien qu’en maintenant notre relation avec Hachem par le respect de Ses mitsvot dans la sainteté et la pureté, on méritera de recevoir Son aide pour continuer à évoluer…. Cependant, tout cela n’est valable que si l’on soumet son cœur et ses désirs matériels et que l’on transcende ces derniers pour le service de Hachem. Ceci n’est pas le cas lorsque l’on est totalement enlisé dans les futilités de ce monde et que l’on en vient à rompre le lien avec D., à l’image du verset « mais tu étais nue et dénudée » (Ezéchiel 16, 7). On est « nu » de la Torah et des mitsvot qui liaient autrefois à Hachem : on détruit tout son univers, son image divine et la potentialité de sainteté qui habitait l’âme. Ainsi, on ne reviendra pas facilement pour se purifier puisqu’on est prisonnier du mauvais penchant, et même si l’on reçoit un éclair divin, on ne voudra pas se libérer du mauvais penchant car on aura déjà goûté à tous les plaisirs de ce monde-ci.

Mais Hachem, que Son nom soit loué, dans Sa grande miséricorde et Sa grande bonté, continue de nous maintenir et ne nous fait pas mourir. Il attend malgré tout notre repentir, comme il est dit « Je ne souhaite pas que le méchant meure, mais qu’il renonce à sa voie et qu’il vive ! » (ibid. 33, 11). Ce n’est qu’après notre réveil et le début de notre purification qu’Il nous restituera notre parcelle divine et nous aidera à nous purifier intégralement.

HISTOIRE VECUE

Les Sages seront honorés

« Sur l’ordre du cohen, on apportera, pour l’homme à purifier, deux oiseaux vivants, purs, du bois de cèdre, de l’écarlate et de l’hysope » (Vayikra 14, 4)

Le midrach explique que ces plantes, choisies avec soin par Hachem, viennent suggérer au lépreux que son orgueil est la cause des disputes qu’il a engendrées par sa parole et des querelles qu’il a fomentées entre les hommes ou au sein d’un couple. « Quel est alors son remède? Qu’il s’abaisse au niveau d’un ver de terre et se sente aussi insignifiant que l’hysope. »

Les grands d’Israël se sont toujours efforcés de fuir l’orgueil, les honneurs et tous les penchants qui détruisent la belle âme d’un homme éminent. Par cette attitude s’accomplit en eux la maxime : « Quiconque fuit la gloire   la gloire le poursuit. » Ainsi, leur grandeur est reconnue par leurs congénères, et du fait de leur humilité, ils sont finalement honorés comme des rois.

Voici ce que l’on raconte au sujet de Rabbi Yitz’hak Taïeb, grand Rabbin de Tunis : il n’a jamais cherché la gloire, il étudiait la Torah assidûment, restait discret et en retrait. Un jour, alors que, encore jeune homme il se trouvait à la synagogue, il est allé consulter un livre après la prière. Un des fidèles, un riche notable doté de discernement et de finesse, a remarqué le jeune homme plongé dans son livre. En observant sa façon d’étudier et d’approfondir le texte, il a tout de suite compris qu’il se trouvait en présence d’un homme d’excellence. Il s’est alors approché de lui et l’a abordé. De fil en aiguille, ils en sont arrivés à discuter de sa situation financière, et il s’est avéré que le jeune homme était orphelin et qu’il vivait très pauvrement. Immédiatement, le généreux notable lui a offert son aide, lui proposant de l’accueillir dans sa propre maison et de subvenir à ses besoins tant qu’il étudierait la Torah. Dès lors il n’était plus visible car il passait son temps à étudier, isolé dans la mansarde de cet homme riche.

C’est alors que s’est produit l’événement qui a fait dévoiler au grand jour sa qualité. Cette année-là, la veille de Pessa’h, on a égorgé une bête dans la maison pour les besoins de la fête du notable et on a trouvé de l’eau dans la tête de l’animal. La maîtresse de maison, affairée par les préparatifs de la fête, a demandé au jeune qui logeait chez eux si cet animal était autorisé à la consommation ou non. Après avoir consulté les livres des décisionnaires, il a répondu par l’affirmative.

Pendant Yom Tov, le notable s’est trouvé chez le Rav de la ville et lui a raconté par hasard ce qui s’était passé. Celui-ci, qui tenait à sa position de Rav de la ville, a reproché que la question ne lui ait pas été adressée et a exigé que l’on fasse venir immédiatement celui qui avait osé trancher : « Est-ce toi qui as autorisé la consommation de cette bête ? » a-t-il demandé avec sévérité. « Oui », a répondu le jeune garçon.

« En vertu de quoi as-tu tranché ainsi ? » a-t-il poursuivi.

Sans la moindre hésitation, Rabbi Yitz’hak a sorti de son sein un épais livret dans lequel étaient abordés tous les aspects de la question avec une érudition stupéfiante et une précision extrême. A cette vue, le Rav, ébahi, l’a embrassé sur la tête et lui a dit : « Désormais, tu ne t’appelles plus Yitz’hak Taïeb mais le gaon Rabbi Yitz’hak Taïeb. » Sans plus attendre, il l’a nommé dayan dans son tribunal.

Par la suite, il a été désigné comme Grand Rabbin de Tunis, mais a refusé de porter « l’habit d’honneur » traditionnel des rabbins que sa position élevée imposait. Après de nombreuses tentatives de la communauté, il a obtempéré, pour l’honneur de l’assemblée et en vertu de son statut vis-à-vis des autorités locales.

Suite à cette nomination, les membres de sa communauté lui ont proposé de déménager vers un plus grand appartement, mais il a refusé catégoriquement. Ils lui ont alors demandé de leur permettre au moins de remettre en état son logement, mais il a également décliné cette offre avec énergie. Ils ont donc rusé et un jour, alors que le Rav devait s’attarder au tribunal, ils ont fait venir des ouvriers qui, dans la même journée, ont remis sa demeure à neuf et l’ont agrandie. Le soir, en rentrant du tribunal, il n’a pas réintégré son appartement, et finalement, son épouse l’a trouvé rôdant dans le quartier, plongé dans son étude…

Veux-tu me faire trébucher ?

Rav Zusche d’Anipoli, qui avait eu le mérite d’épurer son cœur de toute particule d’orgueil, était toujours étonné d’une chose : il ne comprenait pas comment on pouvait poursuivre la gloire de toutes ses forces alors que le monde est rempli de la gloire de D.

Ce Rav avait une fille en âge de se marier, mais il n’avait pas les moyens de financer un mariage. Sa famille s’inquiétait pour sa subsistance et le pressait d’aller chercher de quoi la faire vivre, mais lui plaçait sa confiance en Hachem. Un jour, Rav Zusche reçut un message de son Rav, le Maguid de Mezeritch, qui l’invitait à se rendre chez lui. Il est donc parti chez le Maguid, qui a immédiatement déclaré : « Je sais que vous n’avez pas de quoi marier votre fille. Voici déjà cinq cent roubles, et Hachem vous aidera à trouver le fiancé qui lui convient. »

Sur le chemin du retour, alors qu’il s’était arrêté dans une auberge, il a soudain entendu un tumulte accompagné de pleurs amers. En regardant par la fenêtre de sa chambre, il a compris que le mariage d’une orpheline de père venait d’être annulé, car le fiancé ne voulait plus épouser celle qui lui était destinée.

Le Rav est descendu s’enquérir des causes de cette situation, et les invités lui ont appris que la veuve (la maman de la fiancée) venait de s’apercevoir que l’argent destiné à la dot, une somme de cinq cent roubles amassée avec peine, avait disparu. Le fiancé avait alors annoncé que s’il ne recevait pas la totalité de cette somme avant la ‘houpa, il ne dirait pas : « Voici que tu m’es consacrée. » Les sanglots de la fiancée et de sa mère ont éveillé la pitié du Rav, qui a annoncé à l’assemblée : « J’ai trouvé l’argent ! » La joie des assistants était immense ! Mais à la surprise de tous, Rav Zusche a ajouté qu’il exigeait une commission de dix pour cent de la somme « restituée ».

L’assemblée, choquée par l’audace de cet hôte pauvre et anonyme, l’a vilipendé : « N’avez-vous pas honte de vouloir ainsi humilier publiquement la fiancée ? » Mais rien n’y a fait, le Rav campait sur ses positions : soit on lui accordait cette commission, soit il ne donnait pas l’argent. Les convives ont commencé à perdre patience et failli en venir aux mains.

Finalement, ils l’ont traîné auprès du Rav de la ville. Celui-ci, après avoir écouté les arguments des deux côtés, a évidemment conclu que Rav Zusche devait rendre l’argent sans conditions. Les présents lui ont pris la somme de force et l’ont chassé honteusement de la ville.

Quelques temps plus tard, le Maguid de Mezeritch est passé par cette ville. Le Rav local lui a relaté le comportement honteux de ce passant misérable qui semblait faire parti du « groupe » de ses ‘hassidim. Le Maguid, comprenant bien qu’il s’agissait de Rav Zusche, a saisi la première occasion pour demander à ce dernier des explications sur son étrange attitude. Le Rav a répondu : « Face à leur chagrin le jour de leur ‘houpa, ma pitié s’est émue en leur faveur et j’ai décidé de leur céder la somme que le Rabbi m’avait donné pour marier ma propre fille. Mais en allant leur apporter cette somme d’argent, le mauvais penchant m’a « accompagné » et s’est mis à me souffler des pensées d’orgueil : « Tu es plus grand qu’Avraham Avinou ! » Qu’ai-je alors répondu à ce vieil imbécile ? « Cherches-tu à me faire trébucher ? Tu verras qu’ils me prendront cet argent de force ! »

GARDE TA LANGUE

C’est elle-même qui lui fera honte

Beaucoup de gens se trompent et racontent à leur femme tout ce qui leur est arrivé avec Untel et Untel au beit hamidrach ou ailleurs. Outre l’interdiction du lachon hara, cela augmente les conflits, car elle leur portera certainement rancune et se disputera avec eux à cause de cela, et elle le poussera aussi à se disputer avec Untel pour cette raison. En fin de compte, elle-même le méprisera de cela, c’est pourquoi il faut soigneusement s’en garder.

(‘Hafets ‘Haïm)

A LA LUMIERE DE LA PARACHAH

Extrait de l’enseignement du gaon et tsadik Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita

La leçon à tirer des plaies dans les maisons, les vêtements et le corps

« Ceci sera la loi pour le lépreux le jour de sa purification, il sera amené au cohen. »

On sait bien ce qu’ont dit les Sages : le mot « metsora » (lépreux) évoque « motsi chem ra » (le médisant), c’est-à-dire que cette punition de la lèpre vient pour la faute d’avoir dit du lachon hara, d’avoir médit de quelqu’un. En vérité, si on y réfléchit, on s’aperçoit que tout ce qui concerne la lèpre a pour but d’amener des épreuves à l’homme (comme le dit la Guemara dans Berakhot 5b, les plaies sont un autel qui rachète), et ces épreuves font sortir le mal de l’homme, parce que du fait qu’il souffre, il est purifié et nettoyé de toutes ses fautes.

C’est donc la raison de la juxtaposition entre : « Une femme qui engendre et donne naissance à un mâle… Le huitième jour il sera circoncis », et tout de suite après la paracha de Metsora, pour nous enseigner que de même que dans la circoncision, nous relions le nouveau-né à l’alliance d’Avraham, de même les souffrances que la lèpre fait subir à l’homme fait sortir de lui et éloigne le mal et le rattache à Hachem. En effet, les épreuves sont uniquement pour le bien de l’homme, et il ne doit pas le regretter quand cela lui arrive.

Le machguia’h de Poniewitz, Rabbi Eliahou Dessler, disait toujours que la lèpre arrive sur l’homme progressivement et non d’un seul coup. Au début, elle s’étend sur la maison, qui est éloignée de l’homme, mais dont il a besoin parce qu’elle le protège du froid et de la chaleur. Quand il ne sent rien et ne fait pas attention qu’il a commis une faute, alors elle attaque ses vêtements, qui sont déjà beaucoup plus proches de lui. Quand il ne se repent pas, elle atteint son corps, qui est ce qui lui est le plus proche. Cela donne une grande leçon à quiconque sait réfléchir ; il ne doit pas s’habituer aux épreuves, mais être sensible à la leçon que veut lui enseigner Hachem.

On peut encore expliquer que cela comporte également une merveilleuse allusion sur la façon d’examiner ses actes et de se repentir totalement, à partir de la leçon qu’on tire des plaies sur les maisons et des plaies du corps, et ainsi on méritera de se purifier et de se rapprocher de plus en plus de Hachem.

A LA SOURCE

« Voici quelle sera la loi pour le lépreux le jour de sa purification, il sera amené au cohen » (14, 2)

Une raison pour laquelle la Torah a fait dépendre la purification du lépreux du cohen est donnée dans le livre « Ta’am VaDa’at ». C’est que c’est l’habitude des médisants de parler sur les talmidei ‘hakhamim, et de dire du mal de ceux qui dirigent le peuple d’Israël.

C’est pourquoi il convient que le metsora soit amené aux cohanim qui servent Hachem, qui enseignent la loi et sur qui reposent les sacrifices, et qu’il s’abaisse devant eux pour expier ses fautes, et se garde désormais de transgresser.

Le « ‘Hovot HaLevavot » écrit que celui qui dit du mal d’autrui lui prend ses fautes. Il est donc possible que ce soit pourquoi il est si fréquent qu’on dise du mal des talmidei ‘hakhamim, cela fait partie des voies de la Providence pour nettoyer et purifier Ses fidèles de leurs fautes, en les faisant transférer aux méchants qui disent du mal d’eux.

« On prendra pour celui qui se purifie deux oiseaux vivants purs, du bois de cèdre, de l’écarlate et de l’hysope » (14, 4)

Le ‘Hida, dans son livre « Midbar Kedmot », donne comme raison pour la purification du lépreux par le fait de mettre du sang et de l’huile sur le gros orteil et le lobe de l’oreille, et d’apporter le bois de cèdre et l’hysope, le fait qu’il y a cinq sortes de lachon hara :

A. Celui qui parle uniquement, c’est la raison des oiseaux qui pépient.

B. Celui qui va à pied pour dire du lachon hara, c’est pourquoi on met sur son pouce et son gros orteil.

C. Celui qui écoute le lachon hara avec l’oreille, c’est pourquoi on le met sur le lobe de l’oreille.

D. Celui qui voit celui qui dit du lachon hara, aurait la possibilité de le lui reprocher et ne le fait pas, c’est pourquoi on le met sur son pouce.

E. Celui qui dit du bien de son ami, mais il en ressort du mal, c’est pourquoi il apporte du bois de cèdre, qui l’élève, et de là lui vient qu’il est humilié comme l’hysope.

« Le septième jour il se rasera tout le poil » (14, 9)

Le Ben Ich ‘Haï explique ainsi la raison pour laquelle la Torah ordonne que celui qui se purifie se rase le septième jour :

Le rasage fait allusion au fait que les cheveux et les poils de l’homme sont touffus, mais chacun puise sa vie à sa propre source. Il en va de même de la subsistance et des autres besoins de l’homme : personne ne peut toucher le moins du monde à ce qui est préparé pour un autre, à la manière dont chaque cheveu de la tête a sa propre source individuelle.

La Guemara dit à ce propos au nom de Ben Azaï : « On t’appellera par ton nom, on t’installera à ta place, on te donnera de ce qui est à toi, et personne ne peut toucher à ce qui est destiné à un autre, aucun royaume ne peut empiéter sur ce qui est à un autre le moins du monde. »

« Il me semble qu’il y a comme une plaie dans la maison » (14, 35)

Le « Tossefot Yom Tov » zatsal fait remarquer que selon la loi, c’est le maître de maison qui doit dire au cohen « comme une plaie » et non « une plaie », ceci pour ne pas « ouvrir la bouche au Satan », car tant que le cohen n’a pas décidé que la maison est impure, il n’y a aucune impureté.

Le Admor de Gour objecte que la source de l’idée qu’on ne doit pas « ouvrir la bouche au Satan » se trouve dans le verset « nous étions presque comme Sdom », et il est dit tout de suite après : « Ecoutez la parole de Hachem, magistrats de Sdom. »

Donc à quoi sert de dire « comme une plaie » et non « une plaie » ? Dans cet autre cas, il est dit également « nous étions presque comme Sdom », et pourtant la porte a été ouverte au Satan, au point que le prophète les appelle « magistrats de Sdom » !

Mais la différence est que là-bas, ils n’auraient pas dû mentionner « Sdom » du tout, même en ajoutant « presque ». En revanche, en ce qui concerne la plaie des maisons, la Torah a ordonné au maître de maison de venir trouver le cohen et de lui raconter ce qui est arrivé, il est donc obligé de dire quelque chose, mais il doit faire attention à ne pas « ouvrir la bouche au Satan », c’est pourquoi il s’exprime en disant « Il me semble qu’il y a comme une plaie. »

Par allusion

« Le jour de sa purification il sera mené au cohen »

Les lettres du mot « véhouva » (il sera mené) sont les mêmes que « véahouv » (il sera aimé).

C’est une allusion à ce que dit le Rambam, que le pénitent, avant sa techouva, était haï de D. et lui était en horreur, et après, il est aimé, proche et ami. Ainsi on peut lire ici : « Le jour de sa purification il sera aimé du cohen », immédiatement, dès qu’il se repent, outre le fait qu’il sera purifié, il devient aimé de D.

(« ‘Homat Anakh »)

UNE VIE DE TORAH

L’une des lois de la nature fixées par le Créateur du monde est que « l’homme est né pour le travail », et les Sages ont loué celui qui délaisse les vanités de ce monde et les travaux qui les accompagnent pour se consacrer au travail de la Torah, « heureux celui dont le travail est dans la Torah. »

Rabbi Ben Tsion Abba Chaoul zatsal, Roch Yéchivah de Porat Yossef, définit ainsi ce « travail » dans « Or LeTsion, ‘Hokhma OuMoussar, p. 43 » :

La notion de « travail » s’applique également à l’étude, qui ne doit comporter aucune paresse. La paresse dans l’étude de la Torah comporte deux choses (…) la deuxième porte sur le corps de l’homme : il faut s’habituer à étudier sans mettre les mains sur la table, et sans s’appuyer, dans la joie, une intense application de tous les membres, y compris les cheveux et les ongles, et alors on trouve du plaisir, et si l’on n’en trouve pas il manque quelque chose.

Certain que Rachi viendrait à sa rencontre

Nous pourrons nous faire une idée d’une petite partie de l’intensité de l’étude du gaon Rabbi Ben Tsion Abba Chaoul zatsal à travers un certain nombre d’expressions qui ont été entendues de sa bouche en diverses occasions, où il parlait comme sans y prendre garde :

« Il y en a qui réfléchissent pendant une minute et qui parlent pendant dix minutes, et d’autres qui réfléchissent pendant dix minutes et qui le disent en une minute », voici comment il s’est exprimé devant un élève. L’élève souligne que cette phrase correspond parfaitement à celui qui l’a prononcée – dans ses cours il donnait en quelques mots la conclusion et le condensé de dix heures de travail.

Une autre fois, il a dit : « Tous les jours quand je rentre chez moi, je suis fatigué et en transpiration de l’effort de l’étude. » Il a aussi révélé à un élève en un moment favorable : « Sache que j’ai mis dans l’étude de la Torah, un effort plus considérable que quiconque. »

Plusieurs fois, le Rav a dit à ses élèves : « Je pénètre dans les profondeurs de la « souguia » et je ne m’arrête pas avant d’avoir senti un mal de tête, et une impossibilité de continuer. » Il a aussi dit qu’à force d’efforts dans l’étude, il avait l’habitude d’aller dormir avec un mal de tête.

Il faisait particulièrement attention au moindre petit détail de ce que dit Rachi, et revenait de nombreuses fois sur le moindre petit détail de la souguia pour comprendre parfaitement son raisonnement. Il n’y avait aucun endroit de la Guemara où Rachi commence son explication par les mots « cela signifie » ou « c’est-à-dire » sans que le Rav Ben Tsion explique à ses élèves ce que Rachi avait trouvé difficile et ce qu’il voulait expliquer de cette façon, et quelle façon de comprendre la souguia il venait contredire.

En une certaine occasion, il a raconté qu’il s’était donné beaucoup de mal pour comprendre une explication de Rachi pendant dix-huit heures, jusqu’à ce qu’il trouve la bonne façon de l’interpréter dans le contexte. On a également entendu de sa bouche que plus d’une fois, quand il avait finalement réussi à comprendre à fond un Rachi, il était au bord de l’évanouissement ! (Il investissait tellement d’assiduité dans Rachi qu’il lui arrivait de dire que Rachi viendrait à sa rencontre quand il arriverait au monde de la vérité.)

Voici l’oraison funèbre qu’a prononcée sur lui un de ses élèves : « La peine qu’il se donnait dans l’étude de la Torah était quelque chose de stupéfiant. Quiconque l’a vu au plus profond de l’étude se souvient qu’il rougissait sous l’effort. Il étudiait une souguia en profondeur de nombreuses fois, jusqu’à ce que ses vêtements soient mouillés de transpiration.

Se donner du mal pour la Torah de tout son corps et de toute sa pensée

Le gaon Rabbi Ya'akov Kaminetski zatsal disait que même l’attitude corporelle du gaon Rabbi Moché Feinstein zatsal témoignait de la raison pour laquelle il s’était élevé au-dessus de ses pairs dans l’étude de la Torah. Rabbi Moché ne s’appuyait jamais en arrière sur le dossier de la chaise pour se reposer, son corps était toujours tourné vers l’avant,  son front était plissé dans l’effort pour découvrir le véritable sens des paroles de la Torah.

Dans les batei hamidrach de la yéchivah « Tiféret Yérouchalayim » et de la yéchivah de « Steiten Island », les élèves étaient assis devant des tables, et non pas devant de grands shtenders comme c’est l’habitude dans la plupart des yéchivot. Rabbi Moché craignaient que les shtenders, qu’on peut facilement pencher vers la chaise quand on s’appuie vers l’arrière, puisse mener l’élève à somnoler, et l’empêcher de faire les efforts nécessaires à l’étude de la Torah.

On raconte encore sur Rabbi Moché Feinstein que dans sa vieillesse, quand il allait donner un cours à la yéchivah où le Rav Réouven Feinstein chelita était Roch Yéchivah, il devait monter de nombreuses marches. L’effort de monter par ces escaliers était mauvais pour son cœur, et il était obligé de faire des pauses pour respirer profondément. Il disait à ceux qui l’accompagnaient : « En montant les escaliers, je ressens la joie de se donner du mal pour la Torah, c’est comme cela qu’on gravit les échelons de la Torah ! »

On finit par installer un ascenseur à la yéchivah, ce qui évitait à Rabbi Moché l’effort de monter les escaliers. Mais ses proches se rendaient parfaitement compte qu’il regrettait de ne plus pouvoir monter à la salle de la yéchivah par ses propres moyens. Il avait d’ailleurs l’habitude de monter sur des chaises pour faire descendre des livres de la bibliothèque, et il ne laissait personne d’autre l’aider, en disant : « Il est bon de se donner du mal pour la Torah avec son corps et sa pensée, et quand on se donne du mal, on réussit ! »

Nous couvrions les Guemarot avec une serviette

Quelques mois après le début de la Deuxième guerre mondiale, en ‘Hechvan 5700, la yéchivah de Mir dut s’exiler. Les élèves de la yéchivah passèrent par un chemin parsemé d’embûches, jusqu’à arriver la veille de Roch ‘Hodech Elloul 5701 à la ville de Shanghai. Le climat y est insupportable, l’été la température monte jusqu’à 60° ou 70° centigrades, et la chaleur brûlante et oppressante pèse sur la respiration. Mais là-bas aussi, malgré l’inconfort des conditions de vie, la voix de la Torah n’a cessé de monter, jour et nuit.

L’amour pour la Torah était plus fort que tous les obstacles qui s’amoncelaient sur leur chemin, et le travail de l’étude arriva, pendant ces sept ans, à des sommets incroyables. En particulier à la période de la guerre entre les Etats-Unis et le Japon, quand le couvre-feu fut décrété, l’étude se déroulait vraiment au péril de la vie…

Plus tard, l’un des élèves de la yéchivah a raconté :

« Quand nous montions au beit hamidrach pendant ces jours terribles, nous rampions à quatre pattes de faiblesse. La chaleur écrasante qui régnait  faisait couler de nos corps une sueur abondante, qui inondait les vêtements, la Guemara, tout. Pour que les lignes ne soient pas trempées dans un bain de sueur, nous couvrions les Guemarot avec des serviettes spéciales, et nous ne laissions à l’air libre que la ligne que nous étions en train d’étudier. »

Un autre élève ajoute avec nostalgie : « Je voudrais bien aujourd’hui pouvoir étudier comme à Shanghai. Les souguiot que nous avons étudié là-bas dans une tension extraordinaire sont gravées en moi plus que tout le reste de ce que j’ai étudié. »

Histoires sur les Tsadikim de la Famille Pinto

Rabbi Haïm Pinto et la fiole des larmes

Rabbi Haïm Pinto et son ami Rabbi David BEN HAZAN allèrent à Marrakech. Là, ce dernier mourut et ils ne purent le laver, car tout celui qui touchait au Saint corps tombait aussitôt. A ce moment Rabbi Haïm Pinto dit : “Nous ne pouvons laver le corps du Saint Homme qu’avec ses propres larmes qu’il garde dans une cruche se trouvant à Mogador”. A l’époque, cela fait environ 160 ans, il n’y avait pas les moyens de locomotion d’aujourd’hui (trains - voitures, etc...) et les habitants de Marrakech étaient ennuyés car ils se demandaient comment ils allaient faire pour enterrer le mort. Rabbi Haïm PINTO entra alors dans une petite chambre et il en ressortit quelques minutes plus tard en disant : “Rendez-vous à la synagogue AL AZAMA et vous trouverez la cruche de larmes”. Ainsi fut fait

 

 
Table de matière
 

 

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