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paracha de la semaine

BEMIDBAR

28 Mai 2011

24 Iyar 5771

deux nerot HORAIRES DE CHABBAT

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FIN

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ARCHIVES DE L'ANNEE 2002 A 2012 ARCHIVES

Nous sommes toujours comptés devant Hachem

 (par Rabbi David Hanania Pinto Chelita)

« Hachem parla en ces termes à Moché […] Faites le relevé de toute la communauté des enfants d’Israël etc. » (Bemidbar 1, 1-2)

Rachi, au nom de nos Sages (Midrach Aggada), rapporte : « C’est l’amour qu’Il leur porte qui L’incite à les compter à tout moment : Il les a comptés lorsqu’ils sont sortis d’Egypte, puis après la faute du Veau d’or afin de connaître le nombre des survivants, et de nouveau lorsqu’Il est venu pour faire résider Sa présence parmi eux. Le 1er Nissan, le Sanctuaire a été érigé et le 1er Iyar, D. les a comptés. »

L’auteur de « Chiourei Torah » s’étonne des paroles de Rachi : comment pouvons-nous attribuer à D. cette attitude, certes courante chez l’humain, qui consiste à compter ceux qui lui sont chers à chaque instant ? Comment peut-on affirmer que Lui aussi, compte les bnei Israël à tout moment par amour ? En effet, on évalue régulièrement ce qui nous est précieux afin d’en déterminer la quantité avec précision, mais Hachem, pour qui rien n’est un mystère, a-t-Il besoin d’un dénombrement pour cela ?

Parfois, par manque de clarté d’esprit, les hommes recomptent même lorsque la « quantité » leur est à priori connue : ceci pour s’assurer que leur bien est vraiment préservé dans son intégralité et lever tout doute à ce sujet. Mais peut-il y avoir un doute pour D. ?

Tentons d’expliquer cette idée : il est certes impossible de comparer le « compte » effectué par le Créateur à celui qui est réalisé par un être humain, puisque comme nous l’avons déjà mentionné, rien ne Lui est caché. Lui seul scrute le cœur et les reins, sachant tout ce qui se trame en chacun de nous. « Il détermine le nombre des étoiles, à elles toutes Il attribue des noms… Sa sagesse est sans limite… Il donne leur pâture aux bêtes, aux petits des corbeaux qui la réclament » (Téhilim 147, 4-9) : s’Il connaît le nombre exact des animaux, a fortiori connaît-Il celui de Ses enfants, les êtres humains, et n’a-t-Il pas besoin d’un dénombrement.

Mais c’est par amour qu’Il les compte à tout moment. Pourquoi donc ? Afin que les hommes sachent qu’ils sont dénombrés par D. en toute circonstance. Lorsque nous nous conduisons mal, Hachem sonde notre for intérieur et nous recense pour décider du châtiment à nous infliger : une grande punition ou une moins importante, ou alors un jugement plus approfondi prenant en compte des détails que seul Hachem connaît et que notre pauvre intellect ne peut saisir.

De même, lorsque nous nous élevons vers un niveau supérieur, D. nous recense et nous juge avec amour et minutie afin de faire résider en nous Sa sainte présence. Ainsi, nous mériterons tout le bien qui nous est réservé pour le monde à venir, à proximité de D.

« C’est l’amour qu’Il leur porte qui L’incite à les compter à tout moment » : Hachem nous aime lorsque nous nous propulsons vers le haut, mais même quand nous trébuchons et adoptons une conduite vile. En effet, il est dit (Michlei 3, 12) : « Car celui qu’Il aime, l’Eternel le châtie »… or nous sommes Ses enfants, et nous pouvons citer à ce sujet le verset (Devarim 8, 5) « Tu reconnaîtras donc en ta conscience que si Hachem, ton D., te châtie, c’est comme un père qui châtie son fils. »

Nous devons intégrer le fait que même dans nos moments de relâchement dans la Torah, même lorsque nous fautons, nous sommes comptés par D. et c’est pourquoi nous sommes punis par Lui. Si nous nous améliorons dans l’accomplissement des mitsvot et dans l’étude de la Torah, nous serons également dénombrés. Par conséquent nous devons nous attacher à examiner notre conduite et à scruter nos actes continuellement afin de ne pas être comptés en période de chute mais plutôt en en phase ascendante.

C’est pourquoi le verset dit « Faites le relevé », qui se dit en hébreu « Séou et roch » (littéralement, « levez la tête ») : il nous est recommandé d’être continûment dans un processus d’élévation (le mot « tête » étant un langage de « montée ») et de pouvoir ainsi être comptés pour le bien et la bénédiction, afin de devenir un réceptacle de bienfaits. Dans le cas contraire nous serons punis, et même si nous n’en percevons pas immédiatement les raisons, seul D. en détient les secrets, car toutes ses actions sont justice.

Les paroles du midrach nous sont à présent plus compréhensibles. « C’est l’amour qu’Il leur porte qui L’incite à les compter à tout moment » : en période d’ascension spirituelle tout comme en celle de régression. A leur sortie d’Egypte, ils ont été comptés alors qu’ils étaient plongés dans quarante-neuf degrés d’impureté, avant d’être sauvés. Malgré tout, D. les a dénombrés par amour pour eux en utilisant non pas l’attribut de Rigueur mais celui de Miséricorde pour les libérer du creuset de l’Egypte.

De même, Il les a comptés lorsqu’ils ont fabriqué le Veau d’or afin d’identifier et de punir ceux qui avaient commis cette faute, comme il est dit (Yirmiyah 17, 10) « Moi, l’Eternel, Moi Je scrute les coeurs, Je sonde les reins, Je sais payer chacun selon ses voies, selon le fruit de ses œuvres » : ceci est valable dans leur moment de faiblesse afin de leur faire comprendre qu’Il les punit parce qu’ils ont abandonné le puits qui dispense la vie pour aller puiser dans des puits souillés.

Enfin, Il les a comptés au moment de l’édification du Sanctuaire, alors qu’Il désirait faire résider Sa présence parmi eux, comme il est dit (Chemot 25, 8) « Et ils Me construiront un Sanctuaire, pour que Je réside au milieu d’eux ». Ce dénombrement avait pour but de les préparer à atteindre le niveau idéal, car ils ne pouvaient recevoir la présence divine que dans l’état décrit par le verset « Les sages resplendiront comme l’éclat du firmament » (Daniel 12, 3).

Ainsi, tout un chacun doit savoir et comprendre qu’il est compté à chaque instant, qu’il soit dans un état d’esprit de progrès ou au contraire, de dégradation. Hachem observe d’en haut et analyse les actes de l’homme pour décider s’ils penchent vers le bien ou vers le mal. Alors ses actions seront soupesées et pourront le rendre méritant, ou coupable (par le jugement ou l’approfondissement du jugement). Même les petites actions dont on ne saisit pas la valeur ne sont pas occultées devant le Trône de gloire, et Hachem sait « payer chacun selon ses voies, selon le fruit de ses œuvres ». D’ailleurs, même les bonnes pensées sont prises en compte lors d’un jugement plus scrupuleux et récompensées, comme c’est le cas pour Ya’akov, au sujet duquel il est dit : «…D. comble l’homme pieux selon son action. »

LES PAROLES DES SAGES

Acquérir sa propre carte d’identité

Rabbi Ya’akov Galinski a commencé un discours en disant : « Lorsque je vivais encore en Pologne, on nous avait raconté une histoire riche d’enseignement ! En Pologne, les goyim travaillaient dur pour quelques pièces par jour : ils puisaient de l’eau et coupaient du bois. De nombreux goyim travaillaient dans les maisons des juifs et savaient donc parler yiddish.

Un soir, après un jour de travail exténuant, un de ces hommes est passé près de la synagogue et a aperçu un juif de ses connaissances qui mendiait, devant la synagogue. Il avait les mains pleines de sous, une pleine poignée de pièces. Il s’est approché, a observé la paume du mendiant et a questionné « Combien avez-vous ramassé ? » « Trois zlotys », a-t-il répondu (une petite somme). »

« Comment avez-vous ramassé autant ? » a-t-il demandé. Le pauvre lui a expliqué : « Ici, tout le monde passe près de moi entre min’ha et arvit, environ trois-cents fidèles qui viennent à la synagogue tous les jours. Les juifs étant miséricordieux fils de miséricordieux, il suffit de crier ‘Juifs, donnez de l’aumône !’ pour qu’ils vous lancent une pièce. C’est ainsi qu’on arrive à accumuler trois-cents petits sous… »

Cette rencontre lui a donné à réfléchir : « Suis-je fou d’aller travailler une journée entière pour si peu d’argent ? A partir de demain, je m’installerai devant la synagogue et je tendrai la main. » Le lendemain, il s’est reposé toute la journée, s’est réveillé vers le soir et s’est alors dirigé immédiatement vers la grande synagogue. Puis il a commencé à crier en yiddish « Juifs miséricordieux, donnez de la tsedaka à un pauvre ! » Les fidèles ont vu un mendiant et lui ont donc donné un sou, un demi-sou, et encore un sou… Il a ramassé une grande somme mais il n’était pas satisfait. Pourquoi donc ? Car il avait remarqué que le mendiant qui se trouvait de l’autre côté de la synagogue recevait dix sous à la fois !

A la fin d’arvit, après le départ de l’assemblée des fidèles, le goy a interrogé le mendiant en question : « Dites-moi votre secret, pourquoi vous donne-t-on jusqu’à dix sous à la fois et pas à moi ? » Il lui a répondu : « Ecoutez, je suis converti et les juifs éprouvent une certaine sympathie pour les convertis. C’est pourquoi ils leur donnent l’aumône plus généreusement. »

Le lendemain, le mendiant polonais s’est mis à crier, en yiddish bien entendu : « Juifs miséricordieux, ayez pitié d’un homme pauvre et converti ! » Ils lui ont alors donné charitablement. Tout se passait donc bien pour lui mais il a vu que l’autre mendiant recevait vingt sous d’un coup, et même parfois une demi-lire…

Après la prière d’arvit, il s’est approché de lui et lui a demandé discrètement « Pourquoi vous donne-t-on davantage qu’à moi ? » « Voyez-vous, je suis le petit-fils du Ba’al Chem Tov. En tant que descendant d’un tsaddik, je reçois beaucoup plus », a été sa réponse.

Le lendemain, le non-juif est arrivé tôt et a commencé à crier « Mes maîtres, donnez de l’aumône à un pauvre, converti et descendant du Ba’al Chem Tov… ! » Dès lors, il n’a plus reçu un seul sou… il criait, criait, et les gens passaient près de lui avec un sourire. Il ne saisissait même pas la contradiction frappante que reflétaient ses propos : soit tu es le petit-fils du Ba’al Chem Tov, soit tu es converti. ! »

La tête d’un Non-Juif.

C’est aussi parfois notre problème : nous menons une vie de contradiction et l’éducation de nos enfants se trouve mise en péril. Phénomène tragique et redoutable. Certains d’entre nous ne décident pas qui ils sont : pieux ou non, pointilleux dans l’application des mitsvot ou négligents, descendants du Ba’al Chem Tov ou convertis. Ils n’ont pas encore déterminé clairement quelle est leur carte d’identité… or quand un parent vacille dans ce domaine, il lui est malaisé d’éduquer ses enfants.

Nous devons nous procurer une seule et unique carte d’identité pour toute la vie et ne pas la changer au gré des situations, de l’âge, de là où la vie nous mène… Nous devons avoir la carte d’identité d’un roi, comme il est dit au sujet des justes « Et le roi David était âgé » : malgré son âge avancé, il était roi.

Si quelqu’un déclare un beau jour « Je suis un converti » et annonce le lendemain : « Je suis le petit-fils du Ba’al Chem Tov », tout le monde se moquera de lui en lui disant : « Décide qui tu es ! » Un matin, on prie avec minyan, et le lendemain on dort… : tel un mouton de panurge qui suit le mouvement de ses amis. Une fois, on se lève du pied gauche et une fois du pied droit. Un jour on vient au cours puis on n’y assiste plus pendant deux jours.

Dans le Chema, nous récitons : « Tu les enseigneras à tes enfants et tu en parleras installé dans ta maison. » Le ‘Hatam Sofer fait remarquer qu’il aurait fallu écrire : « Tu les enseigneras à tes enfants et ils en parleront » ! On s’attendrait à ce que les enfants en parlent, par exemple : « Tu leur enseigneras et ils en parleront, installés à la maison, et en voyage » ! Mais il explique : « Tu les enseigneras à tes enfants », si tu désires que tes enfants étudient, si tu veux accomplir pleinement « Tu les enseigneras à tes enfants », alors étudie, sois pour eux un exemple, « Et tu en parleras installé chez toi, en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras… » Lorsque des enfants voient leur père, après un jour harassant, courir à la synagogue étudier, et fixer des moments d’étude pour la Torah au lieu de se reposer, ils comprennent l’importance de surmonter le mauvais penchant, puisque leur père brise le yetser hara de sa fatigue.

Mais si le père accomplit le verset « qui explique Ses paroles à Ya’akov, Ses lois et Ses préceptes à Israël », sans pour autant les mettre en pratique lui-même, que peut-on alors attendre de la part des enfants ?

GARDE TA LANGUE

Dire du bien d’autrui

Il y a des choses qui sont interdites à cause de la « poussière de lachon hara », par exemple de dire : « Qui aurait cru qu’Untel deviendrait ce qu’il est aujourd’hui », ou encore : « Ne dites rien sur Untel, je ne veux pas vous raconter ce qui s’est passé », et ainsi de suite.

Cela fait également partie de la « poussière de lachon hara » de dire ces choses devant l’ennemi de la personne, car cela le poussera à en dire du mal.

(‘Hafets ‘Haïm)

A LA LUMIERE DE LA PARACHAH

Extrait de l’enseignement du gaon et tsadik Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita

La Torah n’a été donnée que par le mérite d’Avraham

Les Sages ont dit (Chemot Rabba 28, 1) : « A ce moment-là, les anges du service ont voulu porter atteinte à Moché. Le Saint béni soit-Il lui a donné le visage d’Avraham. Il leur a dit : Vous n’avez pas honte ? N’est-ce pas celui chez qui vous avez mangé ? »

Cela demande explication. En effet, le sceau du Saint béni soit-Il est la vérité (Chabbat 55a), donc comment a-t-il utilisé quelque chose qui n’est pas la vérité, en disant de Moché qu’il était Avraham chez qui ils étaient descendus ?

On peut l’expliquer d’après le verset (Béréchit 24, 1) : « Avraham était vieux, avancé en jours, et Hachem avait béni Avraham en tout. » Les Sages ont enseigné (Yérouchalmi Berakhot 9, 5) : « Partout où il est dit et Hachem, cela veut dire Lui et son tribunal. » Cela signifie que les anges aussi étaient d’accord avec Lui qu’Avraham était digne d’une bénédiction, parce qu’il avait subi dix épreuves et avait triomphé de toutes. Qu’est-ce que Hachem a dit aux anges : « Ce Moché fait partie des descendants de cet Avraham chez qui vous avez mangé, et vous avez été d’accord avec Moi qu’il était digne de bénédiction ; et comme il a été béni, ses enfants et ses petits-enfants jusqu’à la fin de toutes les générations ont aussi été bénis. Donc comment pouvez-vous l’attaquer ? »

Est-ce que cela signifie qu’Avraham a été béni et avec lui ses enfants et ses petits-enfants, ou est-ce que lui seul a été béni sans que ses descendants soient inclus dans cette bénédiction ? Il est écrit : « Et Hachem avait béni Avraham en tout. » On aurait pu dire simplement que Hachem avait béni Avraham, que vient ajouter « en tout » ? Le mot « en tout » (bakol) a la même valeur numérique que « ben » (fils). Cela nous enseigne qu’il a été béni, lui et ses fils avec lui, et les petits-enfants sont comme les enfants (Yébamot 62b). Disons par conséquent que la Torah n’a été donnée que par le mérite d’Avraham. Qu’est-ce qui a fait que les bnei Israël reçoivent la Torah ? Cette bénédiction que Hachem a donnée à Avraham.

Nos Sages ont affirmé explicitement (Chemot Rabba 28, 1) que le Saint béni soit-Il a dit à Moché : « La Torah ne t’a été donnée que par le mérite d’Avraham. »

A LA SOURCE

« Fais le compte (littéralement : Elève la tête) de toute la communauté des bnei Israël »

Dans de nombreux endroits, le Saint béni soit-Il a dit à Moché : « Elève la tête », « quand vous élèverez la tête », etc. Pourquoi ?

Il lui a dit : Moché ! Elève ce peuple autant que tu peux l’élever, c’est comme si tu M’élevais Moi-Même, ainsi qu’il est dit : « Elève la tête ». Il n’est pas dit « Elève les bnei Israël », mais « la tête », or leur tête est le Saint béni soit-Il, ainsi qu’il est dit : « Leur roi les précède et Hachem est à leur tête » (Mikha 2, 13). A quoi est-ce que cela ressemble ?

A quelqu’un qui était en train de fabriquer une couronne et la sertissait de pierres précieuses. Un autre est passé et l’a vu. Il lui a dit : « Tout ce que tu peux y mettre, mets-le dedans, car elle est appelée à être placée sur la tête du roi. »

Ainsi, le Saint béni soit-Il a dit à Moché : « Veille sur ce peuple qui a fait de Moi à la mer des joncs le roi de toutes les nations, en Me disant : « C’est mon D. et Je le glorifierai. » C’est pourquoi « Elève leur tête. »

(Pessikta Rabbati)

Ils hériteront la gloire

« Avec vous sera un homme par tribu, un homme chef de sa famille paternelle » (1, 4)

Pourquoi fallait-il les compter un homme par tribu ? C’était pour donner de la grandeur et de l’importance à chaque tribu. On trouve également qu’il n’y a aucune des tribus qui n’ait pas donné des Juges et des prophètes.

(Leka’h Tov)

Ils demandent et ils expliquent

« Pour Issakhar, Netanel ben Tsoar »

Pourquoi s’appelle-t-il Netanel [ce qui signifie littéralement : a donné D.] ?

Parce que la tribu d’Issakhar s’est entièrement donnée à la Torah, elle a donné D. à Israël.

Ben Tsoar : Les membres de la tribu d’Issakhar ont pris sur eux la peine (tsa’ar) et la difficulté de tout Israël. Les bnei Israël leur demandaient la halakha, et Issakhar leur répondait, ainsi qu’il est écrit (I Divrei Hayamim 12, 32) : « Tous leurs frères suivaient leurs instructions. »

(Midrach Agada)

Il a mérité de passer avant

« Pour les enfants de Gad, classés selon leur origine, leur famille, leur maison paternelle, d’après le compte des noms » (1, 24)

Pourquoi Gad a-t-il mérité de passer avant Yéhouda ?

La raison pour laquelle les enfants de Gad passent avant en plusieurs endroits est que Moché est enterré sur le territoire de Gad.

(Maor Haafela)

Le travail sur soi

« Les enfants de Naftali, classés selon leur origine, leur famille, leur maison paternelle » (1, 42)

La raison pour laquelle les enfants de Naftali sont cités en dernier partout où il y a un décompte est qu’ils n’avaient pas assez travaillé sur leurs midot.

Les Sages ont dit : pourquoi Naphtali a-t-il appelé ses enfants Ya’htseel, Gouni, Yetser et Chilem ?

« Ya’htseel » – parce qu’ils étaient insolents (me’houtsafim) envers Hachem.

« Gouni » – parce qu’ils disaient des choses méprisantes (gnaï) les uns sur les autres.

« Yetser » – parce qu’ils suivaient leur yetser hara.

« Chilem » – parce qu’ils rendaient (mechalmim) le mal pour le bien.

C’est la raison pour laquelle les enfants de Naftali venaient après les autres tribus, en signe de dédain.

(Maor Haafela)

L’azur et la pourpre

« Ils enlèveront les cendres de l’autel et étendront dessus une étoffe de pourpre » (4, 13)

En quoi l’autel de l’holocauste est-il différent de tous les autres ustensiles du Temple, pour qu’il ne soit pas recouvert d’une étoffe d’azur ? Comme il n’était pas à l’intérieur, on ne le recouvrait pas d’azur, mais de pourpre. Pourquoi de la pourpre (argaman) ? Parce qu’il protégeait (oreg) les bnei Israël de la faute, puisqu’on sacrifiait sur lui tous les jours les holocaustes perpétuels, ainsi que des sacrifices expiatoires et rémunératoires.

(Bemidbar Rabba)

LA PRIERE

L’élève du ‘Hafets ‘Haïm, Rabbi Meir Yachar zatsal, qui a eu le mérite d’étudier dans la yéchiva de ce Cohen illustre parmi ses frères, Rabbi Israël Meir Hacohen de Radin, a consigné pour les générations à venir les habitudes et la manière qu’avait son maître, le ‘Hafets ‘Haïm, de faire sa prière. Ainsi, il décrit ce qu’il a eu la chance d’observer :

Quiconque a déjà vu notre Rav durant sa prière n’oubliera jamais cette image. Il était évident que l’amour du Créateur brûlait jusqu’au tréfonds de son âme. Il apparaissait totalement détaché de ce monde, et seule son âme semblait émettre une supplication. Son esprit rayonnait d’une lumière suprême et son visage reflétait la présence divine qui l’habitait. Il prononçait chaque mot avec sainteté et une intense concentration. Durant toute l’heure qui suivait sa prière, il lui était difficile de s’occuper d’autre chose et de descendre « de la montagne vers le peuple ».

Pendant sa prière, il était toujours empreint d’un saint respect, son dos était courbé et sa tête restait baissée. Son visage enthousiaste dégageait une expression de joie, tandis qu’il était intérieurement saisi de frémissements et que dans son cœur était contenue une sainte flamme. Ses épaules se mouvaient lentement alors que tout son corps tremblait et frissonnait, ses lèvres murmuraient la prière d’une voix émue, à peine audible. Il exprimait tout entier la simplicité, la soumission et l’humilité.

Le gaon Rabbi Yé’hezkel Avramski raconte qu’une fois, dans sa jeunesse, il s’était arrêté dans une certaine ville et avait passé la nuit dans un hôtel. Avant le lever du jour, il avait été tiré de son sommeil par une voix mélodieuse, envoûtante tant elle était douce, et qui s’était faite entendre à travers le mur. Un homme répétait la prière de « nichmat », mot par mot, avec sa traduction en yiddish. Il en a été si ému qu’il n’a pas pu se rendormir. Plus tard, il a appris que cette voix était celle du ‘Hafets ‘Haïm, qui logeait dans la chambre voisine.

Un de ses plus importants disciples, le gaon Rabbi Yossef Cahneman, a raconté que lorsqu’il étudiait à la yéchiva de Novardok, il désirait ardemment rencontrer le ‘Hafets ‘Haïm et s’était donc rendu à Radin. Arrivé chez le Rav, il l’avait trouvé debout dans un coin de la pièce, suppliant, murmurant d’un cœur brisé et sanglotant. Il pleurait à chaudes larmes et priait pour un enfant en souffrance de son quartier…

Le Rav Cahneman en avait été profondément impressionné : Voir une personne qui ressent à ce point la douleur de l’autre et verse des larmes pour le bien d’autrui comme s’il s’agissait d’elle même ! Dès lors, il s’est personnellement attaché à lui.

Il a un jour exprimé sa stupéfaction à l’un des élèves de la yéchiva qui était venu lui demander une bénédiction : « Sans l’aide de D., pourquoi cherchez-vous la bénédiction d’un homme misérable qui ne détient ni la volonté ni le pouvoir ? Il vaudrait mieux vous adresser à Hachem qui, Lui, peut et même veut vous procurer la bénédiction qui vous convient… Aussi, lorsque vous prierez, demandez une bénédiction pour l’ensemble d’Israël et vous serez, par là même, exaucés. »

Hachem est à l’écoute de la prière de chaque juif, même s’Il « désire particulièrement la prière des justes » (Yébamot 64a). Il ouvre également la porte à quiconque est en quête de repentir. Pourtant, la prière la plus chère à Ses yeux reste celle du pauvre qui exhale ses sentiments face à D. Comme il est dit au sujet d’Yichmaël (Béréchit 21, 17) : « Dieu entendit le gémissement de l’enfant » et Rachi explique au nom du Midrach : « De là nous apprenons que la prière du malade lui-même vaut davantage que celle qui est récitée par les autres en sa faveur, puisqu’elle est exaucée en premier. »

Ainsi, le ‘Hafets ‘Haïm s’est habitué dès son jeune âge à épancher son cœur lui-même devant Hachem et à ne pas se rendre dépendant des autres dans ce domaine, comme il l’a dévoilé : « Enfant, j’étais orphelin et pauvre. J’ai grandi et D. m’a aidé. Quand je manquais de quelque chose, je m’emparais de mon livre de psaumes, me mettais dans un coin, et Hachem m’écoutait. »

C’est pourquoi, aux milliers de gens qui se rendaient chez lui de tous les coins du globe pour solliciter sa prière, il prodiguait le conseil suivant : « Comment puis-je, moi, juif simple, vous secourir ? Seul D. dans Son immense bonté a le moyen de vous sauver, et c’est uniquement à Lui que vous devez adresser vos supplications. »

Un jour, un homme au bord du désespoir est venu lui faire part de ses malheurs : il avait des problèmes d’argent, était marié à une femme maladive et avait beaucoup de mal avec l’éducation de ses enfants. Le ‘Hafets ‘Haïm l’a alors interrompu dans son discours : « Pourquoi entrez-vous par la cuisine alors que l’entrée principale est ouverte ? Vous priez chaque jour, vous lisez le Chema… avez-vous besoin d’un remède meilleur que celui-ci pour la subsistance et la réussite ? »

Alors qu’il était de passage à Vilna, l’officiant local l’avait supplié de prier pour la guérison de sa fille souffrante. Il lui avait alors répondu : « Une telle requête m’étonne de votre part. En effet, la ‘Hazanout est votre métier et vous êtes donc habitué à prier pour les autres. Cette fois-ci, priez pour vous-même et Hachem vous aidera ! » L’officiant a suivi son conseil, a déversé ses larmes devant Hachem d’un cœur brisé et meurtri, et a ainsi mérité qu’on lui réponde…

Il avait l’habitude de dire : quand une personne adresse une prière à Hachem, elle doit le faire comme si elle s’adressait à sa propre mère, qui bien entendu ne recherche que son bien. Comme il est dit (Téhilim 131) : « Au contraire, j’ai apaisé et fait taire mon âme ; tel un enfant sevré, reposant sur le sein de sa mère », c’est-à-dire comme ce bébé qui est attaché à sa maman et totalement dépendant d’elle. Le bébé sait que sa mère ne se mettra jamais en colère contre lui, même s’il la sollicite beaucoup. Plus encore, bien que les êtres humains aient naturellement tendance à s’irriter et à tenir rigueur lorsque l’on insiste beaucoup auprès d’eux, il n’en va pas de même pour le Créateur. Au contraire, plus on prie vers Lui, plus Il exauce les requêtes.

Je suis prière

L’essentiel du combat

Le mauvais penchant s’attache de toutes ses forces à nous combattre et à nous troubler pendant notre prière, car cette mitsva est la plus apte à le soumettre. C’est pourquoi nous devons concentrer sur elle tous nos efforts. Le mauvais penchant se tient prêt à lutter contre nous, les bnei Israël, et à nous empêcher d’épancher notre cœur comme il se doit durant la prière. En effet, elle a le pouvoir de « le soumettre plus que toutes les autres mitsvot ». Nous pouvons donc en déduire combien sont grandes sa valeur et son importance.

 (« Béer Moché »)

 

 
Table de matière
 

 

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