La Paracha de la semaine en format PDF

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paracha de la semaine

HOUKAT

9 JUILLET 2011

7 Tamouz 5771

deux nerot HORAIRES DE CHABBAT

DEBUT

FIN

Paris

21:37

23:00

Lyon

21:14

22:31

Marseille

21:02

21:15

ARCHIVES DE L'ANNEE 2002 A 2012 ARCHIVES

ACCOMPLIR LES MITSVOT DE TOUT SON ETRE

(par Rabbi David Hanania Pinto Chelita)

Il est écrit (Bemidbar 25, 1) : « Les bnei Israël s’installèrent à Chittim et le peuple se mit à se débaucher avec les filles de Moav », et encore (ibid. 7) : « Pin’has fils d’Elazar fils d’Aharon HaCohen vit, se leva au milieu de la communauté et prit en main une lance. » Il est dit dans le Zohar (III 237a) sur les mots « il prit une lance » que le mot roma’h (lance) fait allusion aux 248 (rama’h) membres de l’homme, et quand Pin’has s’est enflammé de zèle pour Hachem, il est passé à l’action de tous ses 248 membres.

Cela présente une difficulté, car les livres de moussar et de ‘hassidout nous disent que toute mitsva que l’homme accomplit doit être de tous ses 248 membres et 365 nerfs. En effet, les 248 membres correspondent aux 248 mitsvot positives, et les 365 nerfs correspondent aux 365 mitsvot négatives (Makot 24a), qui ensemble constituent les 613 mitsvot. La mitsva de souka, qu’on accomplit de tous ses 248 membres et 365 nerfs, puisqu’on rentre à l’intérieur de la souka avec son corps entier, et même avec ses vêtements, est un enseignement concernant toutes les mitsvot de la Torah, pour nous dire qu’il faut les accomplir de tout son corps. Dans ce cas, pourquoi Pin’has, quand il a été enflammé de zèle pour Hachem, n’a-t-il engagé que ses 248 (rama’h-roma’h) membres, à l’exception de ses 365 nerfs ? La vérité est qu’il est effectivement parti accomplir la mitsva également avec ses 365 nerfs, ce qui se trouve en allusion dans les mots « il prit en main (beyado) une lance », où le mot « beyado » semble superflu, puisque Pin’has aurait difficilement pu prendre la lance avec ses pieds, alors qu’a-t-on besoin de dire « en main » ? C’est que le mot « beyado » (en comptant le mot lui-même) fait allusion aux 365 nerfs, car « beyado » a la valeur numérique de « guido » (son nerf). « Il a pris en main une lance », « roma’h » comme les 248 membres, et « beyado » pour les 365 nerfs.

Cela représente un très grand principe, à savoir qu’on doit littéralement prendre toutes les mitsvot en main et les accomplir de tout son être, c’est un aspect capital du service divin, et c’est difficile, car tout homme a par nature un peu d’orgueil, et s’il n’annule pas cet orgueil et ne se soumet pas à Hachem avant d’accomplir une mitsva, il l’exécutera de façon incomplète, car il ne l’aura pas accomplie de tout son être. Pour annuler l’orgueil qui est en son cœur, il doit se préparer convenablement à la mitsva. Ainsi, il sait devant Qui il se tient et il se soumettra profondément, alors que dans le cas contraire, il ne pourra pas accomplir la mitsva comme il convient, à cause de l’orgueil qui est en lui. Comment se prépare-t-on comme il faut ? On peut donner l’image d’un ivrogne quand il voit du vin : dès qu’il l’a vu, il ne peut plus en détourner sa pensée, rien ne peut arriver à l’en distraire, et il ne trouvera aucun paix avant de s’être versé un verre de vin.

Il en va de même dans le domaine sacré. Quand quelqu’un s’apprête à accomplir une mitsva, dès qu’il commence à s’y préparer il ne détournera plus son attention de la mitsva pour quoi que ce soit au monde. Toute sa pensée se portera uniquement vers elle, jusqu’à ce qu’il l’ait accomplie convenablement, car c’est seulement de cette façon, en réfléchissant à ce qu’il va faire, qu’il saura pourquoi il le fait, alors automatiquement son cœur sera rempli de soumission et il accomplira la mitsva de tout son être.

Si nous avons raison en cela, il semble qu’en fait, c’était cela la différence entre Avraham et Bilam. Apparemment, les deux ont fait la même chose, les deux se sont levés tôt le matin en préparation à une mitsva. Il est écrit à propos d’Avraham (Béréchit 22, 3) : « Avraham se leva tôt le matin et sangla son âne », en prévision de la mitsva d’égorger Yitz’hak, ordonnée par Hachem. Et il est écrit à propos de Bilam (Bemidbar 22, 21) : Bilam se leva le matin et sangla son âne », car il partait pour bénir les bnei Israël.

Et pourtant, les bénédictions de Bilam sont considérées comme de vaines paroles, parce qu’il ne les a pas bénis en son cœur, mais uniquement pour montrer au Saint, béni soit-Il qu’il désirait le bien d’Israël, alors qu’au fond de lui-même, il les détestait.

La différence entre les deux est qu’Avraham s’est levé tôt le matin en préparation à la mitsva que lui avait donnée D. Il savait que pour faire la volonté de Hachem en sacrifiant son fils Yitz’hak, il fallait beaucoup se préparer, c’est pourquoi il n’a pas détourné son attention de la mitsva un seul instant, au point que lorsque l’ange a voulu l’empêcher d’égorger Yitz’hak, il a dû lui dire : « Ne porte pas la main sur le jeune homme et ne lui fais absolument rien » (Béréchit 22, 12), parce qu’Avraham était tellement concentré sur son idée d’accomplir la mitsva que rien ne semblait pouvoir l’en empêcher.

Ce qui n’était pas le cas de Bilam. Quand il s’est levé le matin pour aller bénir le peuple d’Israël, il n’avait pas l’intention de le faire convenablement, car ses bénédictions ne sont pas considérées comme des bénédictions mais comme de vaines paroles, étant donné qu’il ne les a pas prononcées de tout son cœur et de toute sa volonté, mais malgré lui. Quand il est allé bénir les bnei Israël, il n’y est pas allé pour les bénir, mais pour faire entrer de la haine contre eux dans le cœur des autres nations.

Il faut faire très attention à ne pas ressembler en cela à Bilam. A cause de nos nombreuses fautes, nous voyons des gens qui se lèvent le matin pour aller avec empressement à la synagogue, s’enveloppent de leur talit et mettent les tefilin, et on a l’impression qu’il n’y a pas de plus grande préparation que cela à la prière, mais en fin de compte ils se laissent aller au lachon hara et à des propos inutiles. Comment cela peut-il arriver ?

On est obligé de reconnaître que leur préparation à la mitsva n’était pas parfaite, ils n’étaient pas concentrés sur elle, c’est pourquoi en fin de compte ils ont échoué ; mais s’ils s’étaient concentrés convenablement sur la prière sans en détourner leur attention, ils ne seraient certainement pas tombés dans les travers en question, et auraient prié et accompli les mitsvot comme il convient.

C’est pourquoi il était très nécessaire que Pin’has se prépare de tous ses 248 membres et 365 nerfs pour accomplir la mitsva de zèle pour Hachem, sans que rentre en son cœur aucune jalousie ni aucun orgueil individuels. Il s’est donc levé de l’intérieur de la communauté, a pris en main une lance, a vu l’acte et s’est rappelé la halakha. On pouvait croire qu’il avait l’intention d’enseigner une halakha devant son maître, auquel cas il aurait perdu la récompense de la mitsva. C’est pourquoi il est dit de lui qu’il l’a fait de tous ses 248 membres et 265 nerfs, tout cela uniquement pour Hachem.

HOMMES DE FOI – Histoires des justes de la famille Pinto

Le prophète d’Essaouira

Le grand tsaddik Rabbi David ben ‘Hazan, ami et compagnon de Rabbi ‘Haïm Pinto, n’a pas mérité d’avoir d’enfants pendant de nombreuses années. Il profitait de chaque occasion pour supplier Hachem de lui accorder une descendance sainte, un garçon qui puisse servir D. et Le craindre.

Sa prière a porté ses fruits, et à son grand bonheur il a été béni par l’arrivée d’un fils quelques temps plus tard. Mais sa joie n’a été que de courte durée puisque ce garçon est décédé dans des circonstances particulières, alors qu’il était encore un enfant.

Rabbi David était connu pour son étude assidue de la kabbale et des secrets de la Torah. Une fois, alors que son fils était âgé de sept ans seulement, Rabbi David était assis et approfondissait un texte sacré. Soudain, l’enfant a rejoint son père et a commencé à étudier avec lui la Torah cachée, la sagesse cachée et ses merveilleux secrets.

Il comprenait bien ce qu’il apprenait. Cet enfant extraordinaire a même dévoilé aux disciples de son père de nombreux secrets de Torah (livres « Chenot ‘Haïm » et « Mekor ‘Haïm »). Dès lors, tous les habitants de la ville le surnommaient « le prophète ». En effet, tout ce qu’il percevait s’avérait être juste. Cependant, Rabbi ‘Haïm a eu très peur de cette situation et a donc prié pour que son fils quitte ce monde et n’effraye plus les gens en leur révélant leurs secrets intimes.

Ainsi, le jeune enfant a quitté ce monde. Sa tombe est connue au cimetière d’Essaouira et se trouve à côté de celle de Rabbi ‘Haïm Pinto le grand. Il y repose en paix jusqu’aujourd’hui. [Cheva’h ‘Haïm]

HISTOIRE VECUE

L’électricien qui a établi une connexion entre les bnei Israël et leur Père du Ciel

« Quand Balak me donnerait de l’argent et de l’or plein son palais, je ne saurais désobéir à la voix de Hachem » (24, 13)

Un Rav qui est actif dans un organisme de diffusion de la Torah en Israël a une fois raconté une histoire éloquente, grâce à laquelle une famille entière est revenue vers le chemin de la Torah. Pour dénoncer des hausses démesurées dans le prix des services dans le pays, certains médias ont décidé de dévoiler au grand public l’identité des usurpateurs et leur malhonnêteté d’une part, ainsi que celle des commerçants corrects et justes d’autre part. Personne n’était prévenu de ce programme, hormis une certaine maîtresse de maison dont on a sollicité dans le plus grand secret la participation. Celle-ci était chargée de provoquer un court-circuit dans son appartement. Elle devrait inverser les fils de l’un de ses appareils électriques puis le brancher, déclenchant ainsi un court-circuit. Ensuite elle contacterait plusieurs électriciens qui lui établiraient un devis…

La femme a donc agi ainsi et fait appel à trois électriciens, non sans que l’on ait installé au préalable des caméras sur tous les murs de sa maison pour filmer et enregistrer ces professionnels, afin de pouvoir les confondre.

Le premier électricien est arrivé. Quelques secondes seulement après avoir écouté la cliente lui faire part de l’incident, et sans même s’approcher du compteur d’électricité ni effectuer les vérifications élémentaires, il avait déjà « déterminé », avec beaucoup de sérieux, « que tout le circuit était endommagé et qu’il devrait beaucoup travailler pour rétablir la situation… »

« Quel prix demandez-vous ? » a-t-elle demandé.

« 3.000 chékels » a été sa réponse.

Elle a tenté de négocier avec l’électricien qui a accepté de ramener le prix de l’intervention à 2.800 chékels. « Il n’y a plus à discuter sur un tel rabais car il s’agit d’un travail important. Que me resterait-il ? »

Ensuite, le second électricien est arrivé. Presque sans rechercher l’origine du problème, il a également déclaré que celui-ci était assez important. Il demandait 2.000 chékels pour la réparation, sans aucune réduction possible.

C’est alors que le troisième technicien est arrivé. C’était un juif religieux de ‘Holon qui répondait au nom de ‘Hasdian. Il a écouté le récit de l’incident, et, avant d’annoncer un prix, il a demandé : « Comment cela s’est-il produit ? » et : « Quelle a été la dernière manipulation qui a entraîné le court-circuit ? »

La maîtresse de maison a désigné l’appareil électrique et a raconté que lorsqu’elle avait essayé de le brancher, le disjoncteur avait sauté.

Notre ami s’est donc dirigé vers l’appareil, l’a ouvert et a vérifié les connexions. Il a aussitôt repéré les fils inversés et les a remis en place en quelques secondes. Puis il a soulevé le commutateur du disjoncteur et le courant a été rétabli… Tout s’était arrangé.

Le prix ? 120 chékels. ‘Hasdian a précisé qu’en réalité le tarif pour une telle intervention était de 200 chékels, mais qu’il lui faisait une remise et ne lui en demandait que 120.

Les initiateurs de ce stratagème se trouvaient alors dans la pièce voisine. A l’issue de cette « mise en scène », ils sont sortis de leur « cachette ». Ils ont demandé aux deux premiers électriciens comment ils avaient osé fixer un prix si élevé avant même d’avoir effectué une quelconque vérification dans le système électrique de la maison.

Les deux professionnels étaient couverts de honte. Ils ont essayé de nier avoir exigé une telle somme mais évidemment aucun démenti n’était possible puisque les caméras devaient présenter ultérieurement tous leurs gestes de la manière la plus précise et qu’ils seraient d’autant plus humiliés par ces stupides contradictions.

Avant de révéler aux trois hommes la présence des caméras dans l’appartement, ils ont demandé à ‘Hasdian pourquoi il n’avait pas tenté de duper la cliente et n’avait pas confirmé la présence d’un disfonctionnement important du court-circuit. Ils lui ont dit : « Même sans atteindre les montants réclamés par vos deux confrères, vous auriez au moins pu demander 700 ou 1.000 chékels… »

‘Hasdian était un homme craignant D. Il les a observés avec curiosité comme s’il ne saisissait pas le sens de leur question, puis il s’est presque écrié : « Ai-je le droit de mentir ? Hachem est installé dans les hautes sphères et enregistre tous mes faits et gestes. Après cent-vingt ans, quand je devrai rendre des comptes pour chacun de mes actes, pourrai-je nier les faits ? »

Puis, a-t-il ajouté : « Nos Sages assurent que la subsistance de chacun est déterminée d’un Roch Hachana à l’autre. S’il en est ainsi, ce que je volerais ici sans permission me serait repris par des médecins ou des avocats… Qu’ai-je besoin de ces souffrances ? »

« Pourquoi lui avez-vous accordé une réduction de 80 chékels ? » ont-ils poursuivi. ‘Hasdian de répondre : « En entrant dans cette demeure, j’ai tout de suite remarqué que ses habitants n’étaient pas riches et j’ai donc décidé de me montrer généreux. D’ailleurs la Torah nous enseigne que nous ne perdons rien à ce comportement. En effet, si j’agis avec bonté envers les gens, D. fera de même avec moi et me procurera ma subsistance avec largesse. »

Tout ce qui s’est déroulé dans cette maison a été enregistré, filmé et diffusé à des centaines de milliers de personnes. L’immense foi de ce juif pratiquant, qui n’a pas été tenté de duper la cliente et lui a demandé le tarif minimum pour sa réparation, a permis une belle sanctification du nom divin.

Comme il est rapporté dans le livre « Alénou Lechabéa’h », l’intervenant de l’organisme de diffusion de la Torah a raconté qu’il avait essayé en vain et pendant des années d’amener une certaine famille à faire techouva. Suite à la diffusion de ce reportage, tous les membres de la famille lui ont confié que « s’il existe d’autres personnes de ce genre sur terre, pour lesquelles la foi porte à tant de grandeur d’âme, nous désirons nous joindre à cette assemblée. » C’est ainsi qu’ils ont réalisé une parfaite techouva.

Ainsi, nous-mêmes avons également conscience « qu’un œil observe, une oreille écoute, et tous les actes sont inscrits dans un livre. » Mais que faisons-nous de cette connaissance ? La laissons-nous pénétrer au plus profond de notre cœur ou bien s’agit-il d’un savoir superficiel sans effet sur notre intériorité ?

GARDE TA LANGUE

Puisqu’on tend l’oreille

Il est interdit d’habiter dans un quartier de médisants et à plus forte raison de s’installer parmi eux et de les écouter parler, même si l’on n’a pas l’intention d’accorder un quelconque crédit à leurs paroles, car on tend tout de même l’oreille pour entendre.

(‘Hafets ‘Haïm)

A LA LUMIERE DE LA PARACHAH

Extrait de l’enseignement du gaon et tsadik Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita

La Torah protège et sauve

« Ce peuple vit solitaire et ne se confondra point avec les nations » (Bemidbar 23, 9)

Ce verset concerne précisément notre amer exil qui précède immédiatement la venue du Machia’h, au cours duquel tout juif est empêché de sortir de sa maison… Chaque coin de rue est plein de souillure et il est impossible de ne pas regarder et de ne pas trébucher. Comment éviter la faute ?

L’unique moyen d’échapper à la débauche est d’être attaché à la Torah à chaque instant, car elle seule a le pouvoir de nous protéger et de nous sauver. Dans la Guemara (Ketoubot 17a) il est écrit : « On raconte que Rabbi Yéhouda bar El’aï prenait une branche de myrte et dansait devant la mariée en disant ‘La mariée est belle et gracieuse.’ On rapporte également que Rav Chemouël bar Rav Yitz’hak dansait avec trois branches de myrte. Rabbi Zéra s’est exclamé : ‘En se donnant ainsi en spectacle, le vieux nous fait honte !’ Pourtant, lorsque Rav Chemouël bar Rav Yitz’hak rendit l’âme, une colonne de feu a séparé sa dépouille du reste du monde .Or on sait par tradition qu’une colonne de feu ne fait séparation que pour un seul homme par génération, ou deux tout au plus ! Rav A’ha, quant à lui, portait la mariée sur ses épaules et dansait ainsi. Les Sages lui ont demandé : ‘Est-ce que nous pouvons nous aussi agir de la sorte ?’ Il leur a répondu : ‘Si elle vous semble être une simple poutre, vous pouvez le faire. Sinon, il faut vous en abstenir.’ » Rachi explique l’expression « comme une simple poutre » : « comme quelque chose de naturel qui n’éveille pas votre mauvais penchant ».

Comment ces hommes justes pouvaient-ils agir de la sorte sans que leur esprit en soit troublé ? En étant constamment plongés dans la sainte Torah. En effet, celle-ci les protégeait et les empêchait d’avoir de mauvaises pensées. Certes, ils voyaient le spectacle qui s’offrait à eux, mais ils n’y prêtaient pas attention et leur mauvais penchant ne s’éveillait pas pour autant. Dans le même esprit, la Guemara raconte (Berakhot 20a) : « Rav Guidel avait coutume d’aller s’asseoir près de l’entrée du mikveh des femmes afin de les instruire sur la façon de s’immerger. Il leur disait : ‘Trempez-vous de telle et de telle façon.’ Les Sages lui dirent : ‘Ne redoutez-vous donc pas le mauvais penchant ?’ Mais il leur répondit : ‘Elles m’apparaissent exactement comme des oies blanches (elles n’exercent sur moi aucun effet).’ »

Un sage, le Rambam, nous enseigne (Issourei Bia 22, 21) : « L’inclinaison vers les unions interdites ne se développe que dans un cœur dépourvu de sagesse. » Cette notion est d’ailleurs sous-entendue dans le verset « ce peuple vit solitaire », car la valeur numérique du terme « solitaire (levadad) » est quarante, allusion à la Torah qui a été donnée au bout de quarante jours. Ainsi, se consacrer à l’étude de la Torah nous permettra d’accomplir « il ne se confondra point avec les nations. »

L’étude de la Torah nous aide à échapper aux mauvaises pensées même si des scènes incorrectes se présentent à nos yeux. « Il ne se confondra point avec les nations » signifie que nous n’aurons pas les mêmes préoccupations que les peuples qui nous entourent, puisque nous nous adonnons à l’étude de la Torah.

A LA SOURCE

Son nom est Lavan

« Il envoya des messagers à Bil’am, fils de Bé’or » (22, 5)

On enseigne que Bé’or n’est autre que Couchân-Richatayîm, et également Lavan l’araméen.

Il a été appelé Bé’or car il s’accouplait avec les animaux (« ba’ir »). On le surnomme aussi Couchân-Richatayîm car il s’est comporté en impie (« racha ») envers Israël à deux reprises : une première fois lorsqu’il a poursuivi Ya’akov pour le déposséder de tout, et plus tard à l’époque des juges, comme il est écrit : « Hachem s’indigna contre Israël, et Il le livra au pouvoir de Couchân-Richatayîm » (Choftim 3, 8).

Mais quel est son vrai nom ? Lavan l’araméen.

[Sanhédrin 105a]

Mouvement des lèvres

« Hachem mit Sa parole (davar) dans la bouche de Bil’am » (23, 5)

D. a dit à Israël :

« Mes enfants ! Cet impie a voulu vous maudire, mais J’ai déformé sa parole et J’ai transformé ses mots en bénédictions. » En effet, il est dit : « Mais Hachem, ton D., n’a pas voulu écouter Bil’am » (Devarim 23, 6). Un ange s’est installé dans sa gorge. Lorsque Bil’am voulait prononcer une bénédiction, l’ange le laissait faire. En revanche, s’il s’apprêtait à maudire le peuple, l’ange lui fermait la bouche et l’en empêchait. Ainsi, le terme « Sa parole » désigne en réalité « un ange », comme dans le verset « Il envoya Sa parole pour les guérir » (Téhilim 107, 20).

Selon Rabbi Yo’hanan, Il a placé dans sa gorge un clou de fer qui lui permettait d’ouvrir la bouche pour bénir les bnei Israël mais qui le freinait quand il s’agissait de malédictions. « Davar » désigne donc ce clou de fer comme dans le verset « Toute chose (davar) qui supporte le feu » (Bemidbar 31, 23).

[Midrach Yelamdenou]

Protection complète

« Comment maudirais-je celui que D. n’a point maudit ? Comment menacerais-je, quand Hachem est sans colère ? » (23, 8)

« Maudirais-je » se dit « Ekov » en hébreu. Que cachent les lettres de ce mot ?

Les trois lettres qui le composent sont les initiales des mots : « Amen », « Kadich », « Barekhou ».

En réalité, Bil’am l’impie a dit : « Comment pourrais-je les maudire alors qu’ils disent plusieurs fois par jour « Amen », le « Kadich » et « Barekhou » ? »

[Menorat HaMaor]

Séparation absolue

« Effectivement (hen), ce peuple vit solitaire et ne se confondra point avec les nations. » (23, 9)

Que nous enseigne l’emploi de ce terme ‘hen’ » ? Toutes les lettres de l’alphabet hébreu peuvent s’apparier, hormis le ‘hé’ et le ‘noun’ qui composent le mot « hen ». En effet, en considérant les valeurs numériques des lettres on constate que ‘aleph’ et ‘tet’ font dix ; ‘guimel’ et ‘zayin’ font dix ; ‘daleth’ et ‘vav’ font dix, mais le ‘hé’ se retrouve seul. De même, le ‘noun’ n’a pas de conjoint puisque ‘youd’ et ‘tsadé’ font cent ; ‘kaf’ et ‘pé’ font cent ; ‘lamed’ et ‘ayine’ font cent ; ‘mem’ et ‘samekh’ font cent mais le ‘noun’ n’a pas à qui se joindre.

Hachem a dit : de même que ces deux lettres-là ne peuvent s’associer à aucune autre lettre qu’elles-mêmes, les bnei Israël ne peuvent s’attacher à aucune autre nation que la leur. Ainsi, si un de leurs ennemis leur ordonne de profaner le Chabbat, de ne pas accomplir la circoncision ou de servir des idoles, ils préféreront se laisser tuer plutôt que d’accepter l’assimilation. Telle est la signification du verset : « Effectivement, ce peuple vit solitaire et ne se confondra point avec les nations. »

[Chemot Rabba]

La bénédiction du Chabbat

« Bil’am dit à Balak : ‘Construis-moi ici sept autels’ » (23, 29)

« Construis-moi ici sept autels » : parallèlement aux sept jours de la Création.

Le premier jour, il a voulu les maudire par les cieux et la terre qui ont été créés en premier. Seulement, sa malédiction s’est transformée en « Qu’elles sont belles tes tentes, Ya'akov ! » puis « D. les a plantées comme des tentes. » D’où sait-on que le ciel est appelé « ohel (tente) » ? Parce qu’il est dit « c’est Lui qui déroule les cieux comme une tenture, qui les déploie comme un pavillon (ohel), pour Sa résidence. »

Le deuxième jour, il a voulu les maudire par le firmament d’où l’eau ruisselle, mais ses paroles sont devenues : « La sève ruisselle de ses branches. »

Le troisième jour, il a voulu les maudire par les mers et les semences. Au lieu de cela, il a dit : « Elles se développent comme des vallées, comme des vergers le long d’un fleuve… et sa graine est abondamment arrosée. »

Le quatrième jour, il a cherché à les maudire à travers les astres et les luminaires, mais ses paroles se sont transformées en : « Un astre s’élance de Ya’akov. »

Le cinquième jour, alors qu’il voulait les maudire par le biais des animaux, il a affirmé : « Il a le vigoureux élan du réêm. »

Le sixième jour il a voulu les maudire par le destin de la création de l’homme, mais sa langue a fourché et il s’est exclamé : « Qui peut compter la poussière de Ya’akov ? »

Le jour du Chabbat est arrivé, et Bil’am s’est dit : « Aujourd’hui, je parviendrai à les maudire car aucun de leurs prophètes ne peut écrire le Nom explicite ni s’opposer à moi de quelque manière. » Mais le Chabbat l’a devancé par une bénédiction, comme il est dit : « D. bénit le septième jour. » Ses paroles se sont alors transformées en bénédiction, comme il est dit : « Bil’am a vu que Hachem aimait qu’Israël soit béni. » De même que D. a béni le jour du Chabbat, Il aime bénir Israël. Aussitôt, Bil’am a proclamé : « Heureux ceux qui te bénissent ! »

(Midrach Hagadol]

LA PRIERE

Le 17 Tamouz, date du jeûne du quatrième mois, cinq événements malheureux se sont produits : les premières Tables de l’Alliance ont été brisées ; l’holocauste perpétuel a cessé d’être offert au Temple ; une brèche a été faite dans la muraille de Jérusalem ; l’impie Apostomos a brûlé un séfer Torah ; une idole a été dressée dans le Temple.

Les Tables ont été brisées

Le matin du 7 Sivan, après la révélation de D. au Sinaï, Moché est monté sur cette montagne (que les bnei Israël n’avaient toujours pas le droit d’approcher) afin d’apprendre auprès de Hachem les principes, les détails et les précisions de la Torah, ainsi que de recevoir les Tables de l’Alliance. Avant de les quitter, il a dit aux bnei Israël : dans quarante jours, dans les six premières heures de la journée, je vous apporterai la Torah. Le peuple a inclus le jour du départ dans son compte. Mais pour Moché, il s’agissait de quarante jours complets (jour et nuit). Or le 7 Sivan n’entrait pas dans le décompte, puisque la nuit n’y était pas comprise. Ainsi le quarantième jour correspondait au 17 Tamouz.

Le 16 Tamouz, le Satan est venu jeter la confusion dans le monde, lui donnant l’apparence de ténèbres, d’obscurité, de nuages, de brouillard et de désordre, de sorte que le bruit s’est répandu : « Moché est sûrement mort, six heures se sont déjà écoulées et il n’est toujours pas rentré ! »

Le Satan leur a demandé : « Où est votre maître Moché ? », et ils lui ont répondu : « Il est monté chez Hachem. » Il a rétorqué : « Pourtant les six premières heures de la journée sont déjà passées ! » mais ils ne lui ont pas prêté attention. « Il est mort » a-t-il ajouté sans que les bnei Israël considèrent ses paroles. Alors, il leur a montré l’image de son cercueil. Ils se sont rendus chez Aharon dans l’agitation, la panique et le trouble en demandant : « Fabrique-nous des dieux ! »

Le lendemain, Moché est descendu de la montagne. Les Tables que D. lui avait confiées se portaient d’elles-mêmes, mais lorsque, s’approchant du camp, il a aperçu le Veau d’or, le pouvoir magique des lettres gravées par D. s’est envolé et les Tables ont soudain pesé lourd dans ses bras. Immédiatement : « Le courroux de Moché s’alluma et il jeta de ses mains les Tables. »

C’est aussi au mois de Tamouz qu’une brèche a été ouverte dans le mur qui entourait la ville. Cela s’est passé le 9 de ce mois. Mais pour ne pas infliger trop de gêne à la communauté, nos Sages n’ont pas voulu fixer deux jours de jeûne très proches l’un de l’autre et n’ont institué que celui du 17 Tamouz, puisque la destruction du second Temple nous est plus douloureuse.

L’holocauste perpétuel a cessé au Temple

Lors de la destruction du premier Temple, le 9 Tamouz, une brèche a été faite dans la muraille de Jérusalem, les ennemis se sont emparés de la ville et l’ont dévastée. Mais ils n’ont pas pu entrer dans le Temple car les cohanim s’y étaient barricadés, assurant ainsi leur sacerdoce jusqu’au 7 Av. Cependant, déjà depuis le 13 Tamouz, les agneaux pour l’holocauste perpétuel avaient fait défaut (on gardait toujours dans « la loge aux agneaux » des bêtes examinées à cet effet pour une durée de quatre jours). A partir du 13 Tamouz, alors que le siège s’était resserré autour d’eux, les assiégés faisaient descendre de l’argent et de l’or de l’autre côté de la muraille à l’aide d’une corde et les assiégeants leur faisaient remonter des agneaux. C’est ainsi qu’ils ont agi jusqu’au 17 Tamouz, où une brèche a alors été ouverte dans la muraille de la ville.

Lors de la destruction du Second Temple, le mur d’enceinte de Jérusalem a été enfoncé le 17 Tamouz, et Titus et ses légions se sont emparés de la ville. Quant au premier Temple, détruit à l’époque du roi Sédécias, il est écrit (Jérémie 52) à son sujet : « Le quatrième mois, le neuvième jour du mois, la famine sévit dans la ville et les gens du peuple manquèrent de pain. Alors la ville fut ouverte par une brèche. Aussitôt tous les hommes de guerre s’enfuirent en quittant la ville de nuit. »

D’après le Talmud Yérouchalmi, pour le premier Temple aussi la prise de la ville a eu lieu le 17 Tamouz, mais en raison des souffrances inhumaines qui les avaient alors frappés, il y a eu confusion dans leurs comptes et ils ont pensé que cela s’était produit le 9 Tamouz. La chronologie des événements a alors été relatée de façon erronée.

D., ainsi que le prophète Jérémie, connaissaient la vérité. Néanmoins, D. a laissé le prophète avancer, dans son récit des événements, cette date du 9 Tamouz, comme le supposaient les bnei Israël, afin de leur montrer qu’Il partageait, si l’on peut dire, leurs souffrances et que Ses comptes également avaient été faussés… chose bien sûr inconcevable !

Apostomos a brûlé la Torah

Cet événement est mentionné dans la Michna, mais nous ne disposons pas de détails issus des sources originales. Le Talmud Yérouchalmi souligne seulement : « Où l’a-t-il brûlé ? Rav A’ha répond : ‘dans les passages de Lod’, et nos maîtres disent ‘dans les passages de Tarlossa’ ».

Les A’haronim situent cet événement à l’époque du procurateur romain Cumanus, environ seize ans avant la grande révolte contre les Romains. Les légionnaires romains avaient combattu les juifs, s’en étaient pris à leurs objets sacrés et de grands troubles avaient suivi. Voici un passage du livre de Flavius Josèphe sur cette période :

« Après ce malheur (environ dix-mille hommes avaient été tués sur le mont du Temple suite à une émeute causée par les Romains), un nouvel incident allait se produire, car des brigands avaient pillé les biens de Stephanus, un des serviteurs de l’Empereur, sur la grande route près de Beit ‘Horon. Aussitôt, Cumanus a envoyé sa troupe dans les villages proches du lieu du forfait pour arrêter leurs habitants, leur reprochant de ne pas avoir poursuivi les assaillants. Dans un de ces villages, un soldat s’est emparé d’un séfer Torah, l’a déchiré et l’a livré au feu. Partout, les juifs ont été effrayés comme si leur pays tout entier était la proie des flammes. En entendant la nouvelle, ils ont été saisis de zèle sacré pour leur objet saint, et tels des flèches, se sont rendus à Césarée pour implorer Cumanus de permettre la vengeance contre l’homme qui avait insulté leur D. et leur Torah. Comprenant que l’agitation du peuple ne se calmerait pas aisément, le procurateur a fait chercher le soldat et l’a fait exécuter, au milieu des foules qui se plaignaient de lui. Puis les juifs sont rentrés dans leurs villes. »

Cet épisode a eu lieu un 17 Tamouz, quelques années avant la destruction du Second Temple. Il faut admettre alors que le nom de Stephanus a été changé en Apostomos : des modifications de ce genre étaient assez fréquentes à l’époque.

Une idole a été dressée dans le Temple

D’après certains commentateurs, cet acte infâme doit aussi être attribué à Apostomos l’impie et a eu lieu un jour de 17 Tamouz. Selon d’autres, il s’agit de l’idole que le roi Menaché a confectionnée et placée dans le Temple un 17 Tamouz.

 

 
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