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paracha de la semaine

NOAH

29 OCTOBRE 2011

1ER HECHVAN 5772

deux nerot HORAIRES DE CHABBAT

DEBUT

FIN

Paris

18:20

19:26

Lyon

18:16

18:19

Marseille

18:18

19:20

ARCHIVES DE L'ANNEE 2002 A 2012 ARCHIVES

Le joug de la Torah remédie à toute maladie

 (par Rabbi David Hanania Pinto Chelita)

« Noa’h, homme de la terre, commença par planter une vigne. Il but de son vin, il s’enivra et se mit à nu au milieu de sa tente. » (Béréchit 9, 20-21)

Après le terrible déluge qui avait inondé le monde, Noa’h a quitté l’arche, planté une vigne et s’est enivré. Rachi rapporte que le terme « Vaya’hel » (« commença ») est à rapprocher du mot « ‘houlin » (« œuvre profane »). Ainsi, la Torah cite Noa’h pour son déshonneur car il s’est « rendu profane » en plantant une vigne et en s’enivrant.

Essayons d’analyser cette allusion faite par la Torah au sujet de Noa’h qui s’est, tout de suite après la fin du déluge, tourné vers le vin. En effet, essayons de comprendre ce qui a poussé cet homme ‘intègre’, comme le précise le verset au début de la paracha, à s’enivrer immédiatement à sa sortie de l’arche. En réalité, si l’on se penche de plus près sur la vie que menait Noa’h dans l’arche, il s’avère (selon les explications de nos Sages) qu’il était loin d’être oisif. Noa’h ne s’est pas reposé (« na’h »). Il a, sans aucun répit, assumé son travail difficile de nourrir tous les animaux, en respectant l’heure et la ration de chacun. S’il dépassait l’horaire de repas d’une bête, celle-ci se « mettait en colère ». Le lion l’avait d’ailleurs une fois mordu alors qu’il avait oublié de lui apporter son plat à temps. Plus encore, Noa’h, en homme juste et droit, s’affairait constamment à la Torah et à l’accomplissement des mitsvot. On peut comprendre que nourrir les animaux et s’en occuper était une charge très pesante pour lui.

Ainsi, même s’il a été sauvé du déluge et est resté presque seul dans le monde, Noa’h a traversé une période extrêmement difficile. Or quand une personne se trouve dans une situation pénible ou est touchée par une souffrance, elle doit immédiatement examiner ses actes afin de trouver la cause de cette détresse.

Pourquoi Noa’h, ce juste qui a très certainement procédé à un examen de conscience minutieux, a-t-il dû subir tant d’épreuves dans l’arche pour être sauvé ? Il est probablement arrivé à la même conclusion que nos Sages : il avait le potentiel d’influencer le monde et de le sauver de la destruction en incitant les hommes à se repentir. N’ayant pas exercé cette influence, il a été puni par l’obligation de fournir ce dur travail. On trouve une allusion à cela dans le texte : « Noa’h a construit (Vayven) » signifie que Noa’h a compris (hevin) pourquoi ces difficultés lui ont été imposées.

Après avoir compris le pourquoi de ses épreuves, il s’est demandé comment réparer son erreur et comment panser sa plaie. C’est ici qu’arrive notre argumentation contre Noa’h, car il est évident que la véritable solution pour lui était de s’occuper à nouveau de Torah et de sainteté. J’ai déjà moi-même rencontré de nombreuses personnes qui se sont rétablies miraculeusement après avoir accepté le joug de la Torah.

On raconte par exemple que le Maharcha avait de longs cheveux et qu’il les attachait au plafond de sa salle d’étude afin d’être sûr de ne pas s’endormir. Aussi, certains géants en Torah trempaient leurs pieds dans de la glace par des nuits très froides car ils savaient que la réelle solution à tous les problèmes et à toutes les circonstances malaisées était l’étude de la Torah avec abnégation. Plus particulièrement il est dit que « la nuit a été créée uniquement pour qu’on y étudie la Torah », et aussi « Tu en parleras jour et nuit. »

Or Noa’h, après sa sortie de l’arche, au lieu de s’occuper d’étude et de mitsvot, a choisi de planter une vigne, de boire du vin et de s’enivrer : il cherchait en cela à atténuer son épreuve de la période du déluge. De ce fait, il a baissé de rang et a été appelé « Noa’h, homme de la terre » et non plus, « juste et droit » comme par le passé. C’est pourquoi la Torah a introduit le récit de son geste (la plantation d’une vigne) par l’expression « Noa’h commença (Vaya’hel) », du terme « ‘houlin », œuvre profane. Au lieu de résoudre son problème par la Torah et la sainteté, il a choisi de le faire par des activités profanes et l’ivresse.

En effet, le préfixe « Vay » du mot « Vaya’hel » est indicateur de détresse : il séduit pour ensuite accuser.

De tels conseils

Selon tout ce qui précède, on peut expliquer l’échange entre Noa’h et le Satantel qu’il est rapporté dans le Yalkout Chim’oni : « Il a planté une vigne. Le Satan est venu à la rencontre de Noa’h et lui a proposé : ‘Veux-tu que nous la plantions ensemble ?’ Noa’h a accepté. Immédiatement, le Satan a apporté une brebis qu’il a égorgée sur la vigne. Puis il a agi de même avec un lion et enfin avec un porc. Quel est le sens de cette conduite du Satan ? Quand on boit un verre de vin, on devient comme une brebis, modeste et humble. Après deux verres, on se rapproche de l’apparence arrogante du lion et on commence à parler avec prétention…. Enfin, si l’on atteint les trois ou quatre verres, on devient semblable au porc qui se salit dans la boue et la vase, voire dans sa propre urine. »

Plusieurs questions se posent sur ce midrach : premièrement, avons-nous jamais vu le Satan se joindre à l’homme et lui donner des conseils, comme il semble le faire ici avec Noa’h ? De plus, comment Noa’h a-t-il pu accepter sa participation ? Enfin, pour quelle raison n’a-t-il pas empêché le Satan de tuer tous ces animaux sur la vigne ? En réalité, le Satan est extrêmement rusé : dans ce monde-ci, il s’évertue en permanence à nous séduire et à nous faire transgresser les ordres de D., alors que dans le monde à venir il dévoile son vrai visage de celui qui étudie la Torah. En effet, c’est lui qui avait enseigné le secret de la Ketoret à Moché Rabbenou, alors que la Ketoret (qui est un mélange savant d’encens) renferme de nombreuses associations de noms et beaucoup de secrets de la Torah et de la Kabbala. C’est le Satan lui-même qui nous incrimine et nous assigne en justice : « Pourquoi m’as-tu écouté et es-tu allé fauter au lieu d’étudier la Torah ? » Très souvent, le Satan pénètre notre esprit, de sorte que nos propres décisions ne sont en réalité que ses conseils. Comme nous l’avons expliqué, Noa’h cherchait un moyen d’atténuer les souffrances qu’il avait endurées dans l’arche, et sa tête s’est emplie de pensées du Satan l’incitant à fuir en se tournant vers le vin : c’est pourquoi il est immédiatement descendu au niveau d’« homme de la terre ». A ce moment-là, le Satan s’était déjà joint à lui dans ses faits et gestes : il était déjà impliqué dans la décision de planter une vigne et a détérioré Noa’h un peu plus à chaque étape.

C’est la raison pour laquelle l’accusation contre Noa’h est si terrible.

AUTOUR DE LA PARACHA

Comme l’arc-en-ciel dans un nuage

Une fois Noa’h sorti de l’arche, D. lui a promis de ne plus amener de déluge sur le monde (détruisant toute chair) et lui en a même donné un signe : l’arc-en-ciel, ainsi qu’il est écrit (Béréchit 9, 13) : « J’ai placé mon arc dans la nuée et il deviendra un signe d’alliance entre Moi et la terre. A l’avenir, lorsque J’amoncellerai des nuages sur la terre et que l’arc apparaîtra dans la nuée, Je Me souviendrai de Mon alliance avec vous et tous les êtres animés et les eaux ne deviendront plus un déluge, anéantissant toute chair. »

Dans la Guemara, traité Berakhot (59a), Rabbi Yéhochoua ben Lévi affirme que quiconque voit apparaître un arc-en-ciel dans un nuage doit se prosterner (car, selon Rachi, il reflète la gloire de D.), ainsi qu’il est écrit « Comme un arc-en-ciel dans une nuée… j’ai vu et je me suis prosterné. » Cependant en terre d’Israël on conteste cette habitude, car on peut s’imaginer que c’est une prosternation devant l’arc lui-même. En revanche, il est certain que l’on doit réciter une bénédiction. Laquelle ? « Béni soit Celui qui se souvient de l’alliance », répond la Guemara. D’après Rabbi Ychmaël, fils de Rabbi Yohanan ben Broka il faudrait dire « fidèle à Son alliance et qui maintient Sa parole ». Rav Papa conclut donc que l’on doit dire les deux : « Béni soit Celui qui se souvient de l’alliance, qui est fidèle à Son alliance et maintient Sa parole. »

Voici l’interprétation de la bénédiction selon le Maharcha. « Fidèle à Son alliance » : il s’agit de l’alliance que D. a conclue avec Noa’h de ne plus jamais amener de déluge sur le monde. Mais puisqu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil et que l’arc-en-ciel avait déjà été créé lors des six jours de la Création (la veille du Chabbat au crépuscule, avec neuf autres choses), la bénédiction se conclut par « qui maintient Sa parole » : le principe de l’arc avait déjà été conçu par Sa parole lors des six jours de la Création même s’il n’apparaît au monde que maintenant.

Rabbi David Aboudarham interprète cette bénédiction d’une manière un peu différente. « Qui se souvient de l’alliance » : lorsqu’Il voit les impies Il veut détruire Son monde. Puis il voit l’arc, se souvient de l’alliance par laquelle Il S’est engagé à ne plus détruire le monde par le déluge et Se retient. D. n’a pas besoin de rappel puisqu’Il ne connaît pas l’oubli, mais par l’intermédiaire de l’arc-en-ciel, Il indique au monde que les impies d’Israël sont devenus trop nombreux et que sans ce serment, Il l’aurait détruit. « Fidèle à Son alliance » : Il n’annulera pas Son alliance malgré la multiplication des impies. « Qui accomplit Sa parole » : même s’il n’avait pas conclu d’alliance, sa parole s’accomplira.

On inverse la formule

Le Choul’han Aroukh (Ora’h ‘Haïm 229, 1) indique le texte de la bénédiction à énoncer : « Béni sois-Tu Hachem, notre D., Roi de l’univers, qui Se souvient de l’alliance, qui est fidèle à Son alliance et maintient Sa parole. » L’auteur de « Knesset Haguedola » précise que seule cette formulation, qui est par ailleurs rapportée dans la Guemara, est convenable, et que ceux qui inversent la formule commettent une erreur.

Rabbi Yossef ‘Haïm de Bagdad, dans son livre « Ben Ich ‘Haï » (1ère année, parachat Ekev), rapporte l’avis de Rabbi Yehonathan Eibeschütz dans « Ye’arot Devach » (Partie 1, Droch 12) selon qui il n’y a pas lieu de mentionner le nom de D. dans la bénédiction puisqu’il existe deux sortes d’arc-en-ciel : l’arc naturel que nous connaissons, et un autre portant des teintes différentes, qui seul est un signe de l’alliance. Or nous ne savons pas les identifier ! Mais le Ben Ich Haï s’insurge contre cet avis et précise qu’une explication qui relève du midrach ne peut annuler la coutume d’Israël de bénir avec le nom de D. à la vue de l’arc-en-ciel. Et ce, d’autant plus que tous les grands décisionnaires s’accordent avec le Choul’han Aroukh. Cependant celui qui préfère bénir sans prononcer le Nom de Hachem y pensera dans son cœur et ne sera pas blâmé.

Le ‘Hayé Adam rapporte (Principe 63, 4) : « J’ai trouvé dans un livre dont j’ai oublié le titre, qu’il ne faut pas informer son ami de la présence d’un arc-en-ciel car ‘quiconque raconte des calomnies est un sot.’ »

Certains pensent au contraire qu’il y a lieu d’en signaler l’apparition afin que d’autres personnes le voient aussi et s’éveillent à la techouva. Elles remercieront alors Hachem pour Sa bonté car Il se souvient de l’alliance conclue avec Ses créatures et épargne au monde un nouveau déluge (Rabbi Moché Lévi dans son livre « Birkat Hachem, Partie 4, Chapitre 4, Paragraphe 35).

Dans son ouvrage « Ma’hazik Berakha », le ‘Hida déclare que l’on doit réciter la bénédiction même si on voit l’arc-en-ciel deux fois en moins de trente jours.

Le « Michna Beroura » ajoute qu’on peut la prononcer même plusieurs fois par mois, comme la bénédiction relative au tonnerre.

La Michna (traité ‘Haguiga) affirme : « Quiconque n’a pas d’égards pour son Créateur aurait mieux fait de ne jamais venir au monde. » Au sujet de ce verset, la Guemara (‘Haguiga 16a) demande de qui il s’agit, et Rav Abba répond : « de celui qui regarde l’arc-en-ciel. ». En effet, il est écrit : « Tel l'aspect de l'arc qui se forme dans la nue en un jour de pluie, tel apparaissait ce cercle de lumière, c'était le reflet de l'image de la gloire de Hachem. » Quiconque observe les trois choses suivantes, sa vue s’affaiblira : l’arc-en-ciel, un prince et le cohen qui fait la birkat cohanim.

L’auteur de « Iyoun Ya’acov » précise qu’il est interdit « d’observer » mais pas de « voir ». Ceci est permis dans tous les cas, et c’est même une mitsva, comme il est dit au sujet du prince « tes yeux regarderont ton maître », et à propos de l’arc qu’il faut bénir. C’est aussi l’avis du Roch dans une réponse halakhique et du « Maguen Avraham ».

L’ouvrage « Zekhira » mentionne qu’il y a danger à regarder l’arc de manière trop intense. Il précise aussi que l’arc apparaissant dans la pluie est un signe de miséricorde, tandis que celui qui se montre sans pluie est un signe de rigueur. Enfin, s’il apparaît le matin, il donne un message aux fils de Ya’acov, alors que le soir il concerne les nations du monde.

GARDE TA LANGUE

Il lui raconte, sans but précis

Même si on ne précise pas le nom de la personne qu’on calomnie, en parlant sans but précis, mais qu’à travers le récit, l’interlocuteur comprendra de toute façon de qui et de quoi il s’agit, c’est interdit.

(‘Hafets ‘Haïm)

A LA LUMIERE DE LA PARACHAH

Extrait de l’enseignement du gaon et tsadik Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita

Ainsi a été dévoilé l’infamie de la génération de la dispersion

D. dit : « Voici un peuple uni, tous ayant une même langue. C’est ainsi qu’ils ont pu commencer leur entreprise. »

Rachi demande à propos du verset (11, 9) ‘Et de là Hachem les dispersa’ : « Quel a été le plus grave péché, celui de la génération du déluge ou celui de la génération de la tour de Babel ?

Les premiers n’avaient pas récusé le principe de l’existence de D. tandis que les seconds l’ont récusé en entrant en guerre contre Lui. Et pourtant les premiers ont été anéantis, alors que les seconds ne l’ont pas été ! C’est parce que la génération du déluge pratiquait le vol et se livrait à des violences, d’où sa destruction, alors que celle de la tour pratiquait l’amour et la fraternité. »

En réalité, ils ne pratiquaient pas l’amour et la fraternité par véritable affection entre eux mais tout simplement parce qu’ils savaient que la génération du déluge avait été anéantie à cause de la discorde. Ils se sont donc unis pour ne pas provoquer le courroux de D. contre eux.

« Voici un peuple uni, tous ayant une même langue. C’est ainsi qu’ils ont pu commencer leur entreprise » : forts de leur union, ils ne craignent pas D. et se permettent de L’affronter en construisant une tour.

Or Hachem, qui scrute le cœur et les reins, savait que l’amour de l’autre qu’ils laissaient voir n’était pas véritable, et pour divulguer ce fait au monde entier, Il a mélangé leurs langues. Ceci les a amenés à des querelles et à des meurtres révélant à tous leur bassesse ainsi que la profondeur de leur pensée malsaine.

Le châtiment qu’ils ont alors reçu était adapté : D. les a dispersés sur toute la surface de la terre en les séparant réellement les uns des autres.

A LA SOURCE

« Ceci est l'histoire des descendants (toldot) de Noa’h. Noa’h fut un homme juste, irréprochable, entre ses contemporains. » (6, 9)

Pour expliquer ce verset, Rabbeinou Yossef ‘Haïm de Bagdad rapporte celui de Michlei (27, 19) : « Comme dans l’eau le visage répond au visage, ainsi chez les hommes les cœurs se répondent. » La relation que notre prochain établit avec nous est à l’image de ce que nous sommes réellement avec lui.

Ainsi, de la même façon que l’image d’une personne apparaît dans l’eau, fidèle et sans fard, de même le comportement de quelqu’un se reflète dans la relation que son entourage entretient avec lui.

C’est le sens de la phrase « Ceci est l’histoire des descendants de Noa’h » : par allusion, la Torah nous apprend ici que si une personne est agréable (noa’h) avec les autres, si elle réagit avec tranquillité (noa’h) dans ses réactions, si sa façon de parler, sa démarche et ses manières sont empreintes de bonnes midot, les conséquences (toldot) de ses gestes seront également agréables (noa’h) puisque l’entourage et la société proche se montreront aimables (noa’h) vis-à-vis d’elle. Le Rav précise que « Noa’h » est composé des mêmes lettres que « ‘hen », qui signifie « la grâce » : en agissant ainsi, tu trouveras grâce aux yeux de tous ceux qui te voient…

« Munis-toi aussi de tout aliment qui sera mangé, et mets-les en réserve : pour toi et pour eux, cela servira de nourriture. » (6, 21)

Rabbi El’hanan Wasserman tente d’expliquer la redondance du texte dans l’expression « tout aliment qui sera mangé » : le midrach rapporte qu’avant le déluge les créatures étaient de bien meilleure constitution et de nature plus forte que les générations qui l’ont suivi.

En effet ils semaient leurs champs une fois tous les quarante ans, le temps dont nous bénéficions entre Pessa’h et Chavouot était le leur toute l’année, et un nourrisson d’un jour avait une force supérieure à celle des démons. Enfin, il ne fait pas de doute que les fruits avaient meilleur goût et meilleur parfum qu’à présent.

Afin que Noa’h ne soit pas tenté de garder de ces fruits-là pour après le déluge, D. le met en garde en lui ordonnant de prendre uniquement tout « aliment qui sera mangé ». Puis, afin de le dissuader ‘d’économiser’ sa nourriture dans l’arche pour plus tard, le verset ajoute « pour toi et pour eux, cela servira de nourriture » : il a été averti de ne rien laisser mais que lui et ceux qui sont avec lui mangent tout ce qu’il a amassé.

« De tout animal pur, tu prendras sept couples, le mâle et sa femelle. » (7, 2)

Rachi explique : « ‘pur’ : qui sera pur pour Israël. Nous en déduisons que Noa’h a étudié la Torah. »

Le « Levouch » s’étonne que Noa’h ait pu étudier la Torah alors qu’il est dit dans la Guemara (Sanhédrin 59a) qu’un idolâtre qui étudie la Torah est passible de mort.

Il répond joliment dans l’ouvrage « Pardess Yossef » d’après l’histoire relatée dans le traité Chabbat :

Un idolâtre s’est rendu chez Chamaï et lui a demandé : « Convertis-moi à condition que tu puisses m’enseigner toute la Torah sur un pied. » Chamaï l’a renvoyé. L’idolâtre s’est alors présenté à Hillel, qui l’a converti.

Il lui a dit :

« Ne fais pas à ton prochain ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse : voici toute la Torah. »

Le Maharcha s’étonne que Hillel ait enseigné toute la Torah à cet homme qui n’était pas encore converti. Il répond que cela était permis puisque l’idolâtre était venu étudier dans le but de se convertir.

Il en est de même pour Noa’h : il a étudié principalement pour apprendre à distinguer les animaux purs de ceux qui ne le sont pas afin de savoir, plus tard, quelles espèces pures il pourrait offrir en sacrifice à Hachem.

C’est pourquoi Rachi écrit : « ‘pur’ : qui sera pur pour Israël. D’où nous apprenons que Noa’h a étudié la Torah. »

La lumière du Zohar

« Dieu considéra que la terre était corrompue » (6, 12)

Rabbi ‘Hiya dit : « Constate que lorsque les gens sont méritants et respectent les mitsvot, la terre se renforce et toutes les joies s’y trouvent. »

Pour quelle raison ? Parce que la présence divine réside alors sur la terre, et alors toutes les sphères supérieures et inférieures se réjouissent.

Mais quand les hommes pervertissent leurs voies, ne respectent pas la Torah et fautent devant leur Maître, ils repoussent du monde, si l’on peut dire, la Présence divine, et la terre se corrompt.

Pourquoi se corrompt-elle ? Parce qu’un vent destructeur plane alors sur le monde. C’est pourquoi nous avons dit qu’Israël donne de la force à D. et ainsi, le monde se maintient à l’existence.

SUR LA VOIE DE NOS PERES

« Car la terre est remplie de vol à cause d’eux »

Nos Sages ont enseigné : « Voyez combien est grande la force du vol ! En effet, la génération du déluge a tout transgressé, mais n’a pas été condamnée avant de s’être livrée au vol, ainsi qu’il est dit : car la terre est remplie de vol à cause d’eux et Je vais les détruire avec la terre. » (Sanhédrin 108a)

Voici ce que disent les commentateurs :

Les ba’alei hamoussar se sont penchés sur cette faute du vol et son châtiment, et manifestent un grand étonnement : pourquoi la punition de la génération du déluge, qui a été scellée parce qu’ils s’étaient livrés au vol, a-t-elle pris cette forme-là, de la descente d’un déluge, et non celle d’une autre forme de destruction ?

Le Keli Yakar l’explique très bien :

« Comme tout ce qui est volé rentre dans le domaine de quelqu’un d’autre, il est juste de leur infliger des cataractes d’eau, car alors chaque goutte touche l’autre et rentre dans son domaine. Il est dit à propos des pluies de bénédiction : « Qui a creusé des rigoles à l’averse », d’où l’on peut déduire que chaque goutte a un canal particulier, et il y a de la place entre chaque goutte, pour que l’une ne pénètre pas dans le domaine de l’autre. Or si quelqu’un a volé en entrant dans le domaine de l’autre, il est juste que les pluies de bénédiction se transforment pour lui en déluge, car alors toutes les gouttes se mélangent. »

Les grands d’Israël ont porté une extrême minutie à la moindre crainte de vol, et nous ont laissé un témoignage fidèle de leurs bonnes actions. Nous devons les imiter et apprendre de leurs actes. Ainsi par exemple, Rabbi Alter Touvia Wein zatsal, élève de la yéchivah de Radin, rapporte :

« Je me souviens de quelque chose qui est arrivé vers 5687-5689. La ville de Radin (où vivait le gaon Rabbi Israël Méïr Hacohen zatsal, le saint ‘Hafets ‘Haïm) était en tumulte. Pourquoi ? Le grand public avait appris que le ‘Hafets ‘Haïm avait dit qu’il fallait s’enfuir de Radin…

Pourquoi fallait-il fuir Radin, s’étonnait tout le monde ? Alors, il s’avéra que le ‘Hafets ‘Haïm avait appris que l’ouvrier qui travaillait dans le nettoyage des cheminées des fours exigeait un demi-zloty pour un seul nettoyage, ce qui à son avis était un prix exagéré.

C’était du brigandage ! Du vol ! Il était interdit de vivre dans un pareil endroit. Toutes les supplications des habitants de la ville, et même de personnalités importantes de l’extérieur de la ville pour l’inciter à bien vouloir modifier cette décision n’y changèrent rien. Tant que le ‘Hafets ‘Haïm voyait quelque chose qui frisait le vol, il estimait qu’il était interdit de vivre dans une telle ville… »

A la poursuite de la poule

On raconte l’histoire suivante sur le gaon de Jérusalem Rabbi Isser Zalman Meltzer zatsal, qui était le Roch Yéchivah de la yéchivah Ets ‘Haïm :

Rabbi Isser Zalman, comme tout le monde le sait, était plongé dans l’étude de la Torah avec une extraordinaire intensité, au point qu’en marchant dans la rue, il ne distinguait pas les objets qui se trouvaient sur sa route, et il était arrivé plus d’une fois qu’il trébuche dessus.

Un jour, il était plongé tellement profondément dans l’étude qu’il entra par erreur dans une cour de Jérusalem, et quand il ouvrit la porte, une poule s’en échappa et se mit à courir sur la route. Qui n’a pas vu Rabbi Isser Zalman prendre toute la Torah qu’il avait dans la tête pour courir après la poule avec des efforts désespérés pour l’attraper n’a jamais vu de sa vie une véritable crainte de la faute. Le gaon, qui craignait que son entrée dans cette cour ne soit ce qui avait fait fuir la poule, comprit que la responsabilité de son retour à sa place en bon état reposait sur lui, c’est pourquoi, sans tenir aucun compte de sa respectabilité ni de sa santé, il courait après cette poule pour la ramener chez elle.

Dans une autre histoire qu’on raconte sur lui, et qui est aussi en rapport avec la profondeur de son étude de la Torah, Rabbi Isser Zalman rentra droit dans une fosse de chaux, dont la couleur blanche s’attacha à ses vêtements. Qu’aurait fait à sa place n’importe qui d’autre ? Il aurait immédiatement secoué ses vêtements et aurait essayé d’enlever le blanc qui y était collée. Mais ce n’est pas ce qu’a fait Rabbi Isser Zalman.

Ses pensées n’étaient pas dans ces ennuis-là. Il ne bougea pas de sa place avant l’arrivée du propriétaire de la fosse de chaux, et à ce moment-là il lui demanda pardon pour la chaux qui était restée collée à son vêtement, car cela relevait d’une crainte de vol.

Voici des comportements qui ont leur racine dans une « fosse chaulée qui ne perd pas une goutte » de crainte du Ciel. Voici les niveaux élevés d’un juif qui se sanctifiait par la sainteté de la Torah, et dont toutes les préoccupations portaient sur des détails de halakha qui nous enseignent un beau chapitre sur l’attention à porter à l’argent d’autrui, et sur le fait que dans ce domaine, une petite somme est aussi importante qu’une grande. (« Touvkha Yabiou »)

Voler la communauté

Voici encore un regard de moussar jeté sur le concept de vol, et la façon dont le conçoivent les sages de la Torah.

On raconte sur le ‘Hazon Ich qu’un jour, il partit à Tel-Aviv pour participer au mariage d’un proche. Après la fin de la cérémonie, il fut obligé d’attendre la voiture qui devait le ramener à Bnei Brak. Entre temps, il se trouvait sur le trottoir à l’extérieur de la salle. Quelqu’un lui proposa de s’asseoir sur une chaise jusqu’à l’arrivée de la voiture.

Mais à son grand étonnement, le ‘Hazon Ich refusa, en expliquant que s’il s’asseyait là, les passants devraient contourner le trottoir, et cela constituait un vol de la communauté !

LES HOMMES DE FOI

Récits sur les tsaddikim de la famille Pinto

Heureux es-tu d’avoir mérité

Le Chabbat était extrêmement cher à Rabbi ‘Haïm Pinto, que son mérite nous protège, plus que tous les autres jours de la semaine. Ses élèves ont raconté que le Chabbat, il ressentait une grande élévation de l’esprit, et un soufflé de poésie et de chants reposait sur lui.

A chaque repas du Chabbat, il avait l’habitude de chanter des zemirot d’une voix agréable, car Rabbi ‘Haïm s’y connaissait en musique, et sa belle voix portait au loin (beaucoup de ses piyoutim figurent dans le livre « Roni VéSim’hi ». Comme on le sait, il laissa après lui des sacs entiers d’écrits, parmi lesquels des chants et des poèmes, mais beaucoup d’entre eux ont été perdus au moment où des brigands étaient venus à Mogador et avaient volé le précieux trésor de tous ses poèmes. Grande en est la perte.)

Un certain Chabbat, c’est ce que nous avons entendu de nos saints ancêtres, Rabbi ‘Haïm chantait comme à son habitude de sa belle voix des piyoutim du poète et kabbaliste Rabbi Israël Najara zatsal.

Il chantait avec un tel enthousiasme que Rabbi Israël Nadjara en personne se révéla à lui à l’état de veille, le serra dans ses bras et l’embrassa pour l’intention du cœur et la belle voix avec lesquels il chantait ses piyoutim.

 

 
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