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paracha de la semaine

VAYAKHEL PIKOUDEI

17 MARS 2012

23 ADAR 5772

deux nerot HORAIRES DE CHABBAT

DEBUT

FIN

Paris

18:40

19:48

LYON

18:30

19:35

Marseille

18:28

19:31

     

ARCHIVES DE L'ANNEE 2002 A 2012 ARCHIVES

La sainteté du Chabbat a la priorité absolue

(par Rabbi David Hanania Pinto Chelita)

« Moché rassembla tout la communauté des bnei Israël et leur dit : voici les choses que Hachem a ordonné de faire. Pendant six jours le travail sera fait, et le septième jour sera pour vous sacré, un repos de chômage pour Hachem, celui qui y fera un travail sera mis à mort. » (Chemot 35, 1-2)

La parachat Vayakhel commence par un ordre que Moché donne aux bnei Israël sur l’observance du Chabbat. Certes, ils avaient été rassemblés essentiellement pour leur demander de donner pour la construction du Sanctuaire, mais malgré cela, la Torah commence par écrire l’interdiction de faire un travail le Chabbat, et ensuite seulement elle rappelle que Moché a demandé au peuple d’Israël de donner de l’argent, de l’or et du cuivre, dans le noble but de construire le Sanctuaire. « Prenez de chez vous une offrande pour Hachem, tout homme généreux de cœur apportera l’offrande à Hachem ; de l’or, de l’argent et du cuivre. »

L’ordre du déroulement des événements dans la Torah n’est pas un hasard. Il est là pour nous donner un enseignement. Moché voulait faire pénétrer chez les bnei Israël la prise de conscience que même s’il les avait réunis pour rassembler les matériaux nécessaires à la construction du Sanctuaire, l’observance du Chabbat était infiniment plus importante que la mitsva de tsedaka. En effet, il est courant que certaines personnes qui foulent aux pieds la sainteté du Chabbat et le profanent allègrement distribuent de l’argent pour se justifier à leurs propres yeux, et donnent aux nécessiteux très généreusement. Ces personnes-là se consolent en se disant que certes, elles n’observent pas la sainteté du Chabbat, mais qu’elles font extrêmement attention à donner de la tsedaka, or il est dit (Michlei 10, 2) : « La tsedaka sauve de la mort », c’est pourquoi elles se sentent certaines qu’il ne leur arrivera aucun mal et qu’elles ne seront pas punies pour leur profanation du Chabbat.

Moché, en parlant de la mitsva du Chabbat, a fait pénétrer le message suivant dans le cœur des gens : certes, la mitsva de tsedaka est extrêmement importante, et quiconque veille à l’accomplir mérite une grande récompense, et l’on sait que le kabbaliste Rabbi ‘Haïm Vital, que son mérite nous protège (Cha’arei Kedoucha IIème partie, 7) a écrit qu’on peut perdre n’importe quelle mitsva à cause d’une transgression, mais que la mitsva de tsedaka n’est repoussée par aucune faute. Pourtant la mitsva de Chabbat n’est non seulement pas moins importante que celle de tsedaka, mais elle l’est même davantage, car le Saint béni soit-Il a créé le monde en six jours, et le septième jour Il a cessé de créer, c’est pourquoi nous aussi nous devons respecter ce jour-là où Hachem a cessé Son travail, et le sanctifier pour Lui.

Betsalel a reçu l’ordre de construire le Sanctuaire, et il est dit dans les ouvrages saints que pendant qu’il l’érigeait, il avait des intentions très élevées et profondes et pensait à des mystères et à des Noms sacrés par lesquels le Saint béni soit-Il a créé le monde en six jours. Comme dans le Sanctuaire, les Noms sacrés se trouvaient en intention, il a été interdit a peuple d’Israël d’y travailler le Chabbat, pour ne pas profaner les Noms sacrés qui y avaient été placés.

Ne pas se livrer aux travaux du Sanctuaire le Chabbat constitue une preuve que bien que l’endroit de la Présence de Hachem soit construit grâce aux offrandes des bnei Israël, néanmoins on ne doit pas y travailler le septième jour, pour montrer que l’observance du Chabbat est supérieure en importance à la mitsva de tsedaka. Cela ne vient pas diminuer la valeur de la mitsva de tsedaka, mais nous donner un enseignement, et nous faire prendre conscience de la gravité de la mitsva de Chabbat, et de l’extrême attention qu’il faut y porter, dans les moindres détails.

La voix de Ya’akov le Chabbat

Quelqu’un qui vit dans une foi totale en Hachem mérite que toute la Torah s’accomplisse en lui, et comme on l’a dit, le Chabbat est ce qui amène l’homme à ce niveau. J’ai vu cité au nom du Ben Ich ‘Haï que chacun doit s’efforcer d’étudier la Torah le Chabbat, et même si quelqu’un se dispense de cette étude pendant tous les jours de la semaine parce qu’il travaille beaucoup, le Chabbat il ne peut pas s’en dispenser sous prétexte qu’il n’a pas le temps, parce que le Chabbat est un repos, et que même le Saint béni soit-Il S’y repose de Son travail de création. Il doit donc consacrer de son temps de repos à l’étude de la sainte Torah.

On peut dire que le mot « Vayakhel » se divise en deux. Les lettres « vav youd » ont la valeur numérique du terme « tov » (en comptant le mot lui-même), ainsi qu’il est écrit (Michlei 4, 2) : « Car je vous ai donné un bon (tov) cadeau, n’abandonnez pas Ma Torah. » Alors que les lettres « kouf lamed » correspondent à ce qui est dit : « La voix (kol) est la voix de Ya’akov » (Béréchit 27, 22). On peut donc dire que la voix de Ya’akov, qui est la voix de la Torah (appelée « leka’h tov », un bon cadeau) doit résonner et faire entendre le Chabbat avec encore plus de puissance. Le fait que la mitsva de Chabbat soit citée dans la parachat Vayakhel fait allusion à ce sujet très élevé.

On sait que Jérusalem a été détruite parce qu’on n’y observait pas le Chabbat (Chabbat 119b). Or a priori, il semblerait que cette génération ait observé le Chabbat, mais le reproche qu’on lui fait est de n’avoir pas veillé à étudier la Torah le jour du Chabbat, ce qui est l’étude la plus élevée et la plus purifiée. De plus, si un malheur arrive à quelqu’un, qu’il examine sa conduite et vérifie pourquoi cela lui est arrivé. S’il a cherché et n’a rien trouvé, qu’il le fasse dépendre de la faute de la négligence dans l’étude de la Torah (Berakhot 5a). La négligence la plus grave en la matière est celle qui a lieu le Chabbat, car alors on a le temps, c’est pourquoi on doit consacrer ses moments libres à l’étude de la Torah le Chabbat.

HOMMES DE FOI

Récits sur les tsaddikim de la famille Pinto

Va te promener dehors

Rabbi ‘Haïm Pinto, que son mérite nous protège, avait l’habitude d’aller faire tikoun ‘hatsot toutes les nuits à la synagogue. Une certaine nuit, en arrivant à la synagogue pour réciter le tikoun ‘hatsot, le Rav rencontra dans les escaliers un homme qui avait été frappé dans tout son corps et était paralysé, au point de devoir se déplacer vraiment à quatre pattes, sans pouvoir se lever.

« Que faites-vous ici ? » lui dit Rabbi ‘Haïm, « Levez-vous et marchez dehors comme tout le monde ! » Alors, l’homme lui répondit d’une voix larmoyante qu’il ne pouvait pas, et c’est justement à cause de cela qu’il était arrivé ici : « Je demande au Rav de prier pour moi, qu’il demande par le mérite de ses saints ancêtres que je puisse guérir de la terrible maladie qui m’a frappée. »

Rabbi ‘Haïm, que son mérite nous protège, l’invita à prier avec lui tikoun ‘hatsot, et lui promit de voir après la prière en quoi il pourrait l’aider.

Après le tikoun ‘hatsot, Rabbi ‘Haïm appela plusieurs personnes, et leur demanda de porter ce juif paralysé sur leurs mains et de l’amener au cimetière, où était enterré son grand-père, le saint tsadik et kabbaliste Rabbi ‘Haïm le grand, que son mérite nous protège.

Quand ils arrivèrent au cimetière, Rabbi ‘Haïm s’approcha de la tombe de son saint grand-père, et se mit à pleurer et à crier : « Grand-père, grand-père, prie Hachem pour cet homme. Ni moi ni lui ne bougerons d’ici avant qu’il n’ait guéri de sa maladie. »

Alors que Rabbi ‘Haïm était en prières et supplications, le paralysé se mit à sentir des douleurs dans son corps, et au bout de quelques minutes il se leva et se mit à marcher normalement.

Quelques temps plus tard, cet homme mérita de se marier et d’avoir des enfants, et il raconta à toute sa famille le miracle qui lui était arrivé par le mérite de Rabbi ‘Haïm Pinto le petit et le mérite de son grand-père Rabbi ‘Haïm le grand.

(Raconté par Rabbi Hillel ben ‘Haïm, qui habite Beer Chéva et a servi dans la synagogue de Rabbi ‘Haïm Pinto.)

LES PAROLES DES SAGES

Le repos que Tu désires

Le Chabbat a un niveau tellement élevé qu’en ce jour-là, nous sommes semblables à des anges. En effet, tous les jours nous disons dans la kedoucha « Sanctifions et glorifions à l’instar des murmures secrets des saints anges », c’est-à-dire que le peuple d’Israël n’a pas la prétention de dire la kedoucha en même temps que les anges, mais tout au plus il le fait comme les anges. Alors que dans la prière de moussaf du Chabbat, on dit « Les anges en haut te donneront une couronne avec Ton peuple Israël en bas. »

Les anges et le peuple d’Israël ensemble sanctifient, le Chabbat, le Nom du Saint béni soit-Il. En de nombreuses occasions, notre maître Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita fait remarquer qu’il convient de profiter de chaque instant du Chabbat pour un repos véritable, qui s’accompagne de crainte du Ciel, « le repos que Tu désires ». Détachons-nous totalement du travail profane, dépouillons nos vêtements souillés et revêtons le voile de la royauté. Le Saint béni soit-Il, juge de toute la terre, n’exige pas de l’homme ce qu’il n’est pas capable de faire. Si nous réussissons à élever l’atmosphère de la maison, fût-ce de la façon la plus légère, fût-ce un tout petit peu, le Chabbat sera déjà totalement différent. Et alors notre âme se réjouira en chantant le chant du Chabbat, du jour entièrement fait de repos pour la vie du monde à venir.

Ce qu’un seul mot peut accomplir

« La majesté divine remplissait le Tabernacle » (40, 35)

Qui parmi nous n’a jamais assisté à cette scène : un homme court en direction de l’arrêt de l’autobus pour sauter dans ce dernier, qui se trouve déjà à la station. Mais presque toujours, il a une seconde de retard et l’autobus démarre ; il se trouve même déjà à quelques mètres de la station.

L’homme ne renonce pas. Il court après l’autobus, le rattrape au niveau d’un carrefour, à un feu rouge. Il frappe obstinément à la porte, adresse au chauffeur des signes d’imploration et de supplication, et ce dernier, par amabilité et afin de lui rendre service, lui ouvre la porte.

Un maître de Bnei Brak écrit : « Il m’est souvent arrivé de constater que le passager monte alors dans le bus, paye son ticket, mais oublie juste une chose : de dire ‘merci’ au conducteur. »

C’est un manque d’éducation auquel nous nous heurtons souvent. En effet, dans cette situation le chauffeur a agi par bonté. Il est même possible qu’il se soit mis ainsi en infraction, et qu’il ait à se justifier d’avoir pris des passagers hors de la station. Mais il a eu sincèrement pitié de la personne, et n’a pas voulu la laisser transpirer dans la chaleur accablante qui règne dehors, alors pourquoi ne pas le remercier de tout cœur ?

Hormis le ‘hiloul Hachem que cela provoque, s’abstenir de dire merci est également très incorrect. « J’ai vu, raconte ce même maître, comment le chauffeur serre les dents avec colère, comme pour signifier ‘cela ne vaut pas la peine de rendre service à ce genre de personne.’ » Tout cela aurait pu être évité grâce à un seul mot : merci. On ne vient pas dans ce monde pour agir sans réfléchir. Que ce soit dans le domaine spirituel ou matériel, quiconque se conduit sans réflexion n’arrive pas loin. C’est en réalité notre Torah de vie qui, contrairement aux autres sciences, nous enseigne comment réfléchir et nous comporter, comment guider nos pas durant notre vie sur terre.

La force d’un seul mot

L’histoire suivante provient d’une autre lettre envoyée par un avrekh de ‘Haïfa. Dans cette lettre, il raconte que l’un de ses amis, ba’al techouva, a témoigné explicitement que le mérite de son premier pas vers le monde de la Torah revenait à un voisin religieux qui ne manquait jamais de le saluer chaleureusement dans la cage d’escalier.

Cet ami, qui demeure à ‘Haïfa, raconte : « Ce juif religieux logeait à l’étage supérieur et était le seul habitant pratiquant de l’immeuble. On se croisait chaque matin lorsqu’il revenait de la prière et que je me rendais au travail. Chaque jour, j’étais à nouveau surpris du visage avenant et souriant que m’offrait ce voisin.

Sa façon de dire bonjour m’enchantait d’autant plus que je me rendais compte qu’aucun autre voisin ne m’adressait un regard bienveillant ni ne me saluait. Tous les voisins de mon étage, ou même ceux qui habitaient plus près de mon appartement, ne m’ont jamais dit bonjour et ne m’ont jamais souri. Il était le seul à le faire ! Un jour j’ai pensé qu’il y avait certainement des raisons à cela !

Il est évident que si quelqu’un vit sa Torah quotidiennement, il est gratifié d’une richesse intérieure si puissante qu’il devient capable de déverser la profusion de cette richesse sur son entourage aussi, et de le faire profiter également de la joie authentique qu’il irradie. Au bout de quelque temps, je suis arrivé à la conclusion univoque que si j’aspire à la vie, à la véritable vie, je dois revenir au respect de la Torah. C’est donc ce que j’ai fait. » La force d’un seul mot ! Faisons le calcul : combien cela a-t-il coûté à cet homme de saluer chaque matin ? A-t-il dû vider tout son compte en banque pour cela ? Non, bien sûr que non ! Juste un peu d’attention, et voilà toute une famille (les parents, les enfants et toutes les générations à venir), qui fait une techouva complète et se rapproche du Créateur, grâce à un seul mot, à une seule personne. Est-ce peu de chose ?

GARDE TA LANGUE

Se boucher les oreilles

Si on est installé avec un groupe de personnes qui se mettent à tenir des propos interdits, et qu’on estime qu’il ne servira absolument à rien de le leur reprocher, on doit s’en aller si c’est possible, ou se boucher les oreilles, c’est une grande mitsva d’agir ainsi. Et si c’est impossible de leur échapper, et qu’on estime qu’il sera également difficile de se boucher les oreilles de peur des sarcasmes, on veillera tout au moins à s’inciter à lutter contre son mauvais penchant et à ne pas tomber dans l’interdiction de la Torah d’écouter et de croire du lachon hara.

(‘Hafets ‘Haïm)

A LA LUMIERE DE LA PARACHAH

Extrait de l’enseignement du gaon et tsadik Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita

Le mot « al » fait allusion à une ascension et à une élévation

 « Les hommes en plus (al) des femmes accoururent. Tous les gens dévoués de cœur apportèrent boucles, pendants, anneaux, colliers, tout ornement d’or ; quiconque avait voué une offrande en or pour le Seigneur. » (Chemot 35, 22)

Dans ce verset, il s’agit de la contribution des bnei Israël pour le Sanctuaire. Pourquoi est-il écrit « les hommes en plus (al) des femmes » et non « ainsi que les femmes » ? En réalité, le Sanctuaire vient expier la faute du Veau d’or, que seuls les hommes devaient réparer puisqu’ils en étaient les uniques responsables.

Les femmes n’y avaient pris aucune part (Pirkei DeRabbi Eliezer 45). Ainsi, afin de se racheter et de réparer leur faute, les hommes aspiraient plus que les femmes à participer à la construction du Sanctuaire. C’est pourquoi ils ont apporté leur contribution avec davantage d’empressement. L’expression « les hommes en plus des femmes » nous enseigne que les hommes ont fait preuve d’un zèle supplémentaire. Etant donné la faute du Veau d’or qu’ils avaient commise, il leur incombait de se dépêcher de construire le Sanctuaire afin de retrouver le niveau qu’ils avaient perdu. Les femmes, quant à elles, ont offert leur contribution par simple amour de la mitsva. Ceci apparaît dans les lettres mêmes des mots nachim (femmes) et anachim (hommes). La lettre « aleph », présente uniquement dans le mot anachim, fait référence au Maître (alouf) du monde : Hachem. Ceci indique qu’en réalisant le Veau d’or, les hommes ont fauté envers Hachem. De plus, il y a lieu de souligner que contrairement aux femmes, les hommes ont l’obligation d’étudier la Torah. Or il est bien connu que « quiconque agit pour respecter un ordre est plus grand que celui qui agit sans en avoir l’obligation » (Kidouchin 31a). En effet, le mauvais penchant s’attache à celui qui est soumis à une obligation pour l’empêcher de respecter la volonté de D. Pour vaincre son yetser hara et réaliser le commandement de Hachem comme il se doit, l’homme a besoin d’investir plus d’énergie et de faire preuve d’un zèle supplémentaire.

Ainsi les hommes, à qui revenait l’obligation d’apporter une contribution pour l’édification du Sanctuaire, ont dû montrer un empressement particulier pour accomplir leur devoir. C’est pourquoi il est dit « les hommes en plus des femmes » : le terme ‘en plus’ fait allusion à une ascension et à une élévation. Il signifie que pour pouvoir s’élever, les hommes avaient besoin d’un élan supérieur à celui des femmes.

A LA SOURCE

« Moché convoqua toute la communauté des enfants d’Israël » (35, 1)

Lors du don de la Torah au Sinaï les bnei Israël étaient unis, comme il est dit « Israël campa là, face à la montagne » (19, 2). Nos Sages expliquent sur place : « comme un seul homme, avec un seul cœur ». Cependant après la faute du Veau d’or, cette unité s’est défaite et le Satan accusateur a provoqué des divisions et des querelles au sein des tribus d’Israël.

Dans son livre « Erets ‘Hemda », le Malbim explique : comme nous le savons, la construction du Sanctuaire devait, entre autres, expier la faute du Veau d’Or commise par Israël. Ainsi Moché s’est efforcé de rassembler « toute la communauté des enfants d’Israël » pour leur parler de l’œuvre du Sanctuaire. Il voulait à travers cela restaurer l’ancienne splendeur et rétablir l’unité d’Israël telle qu’elle était au moment du don de la Torah.

« Puis, que les plus habiles d’entre vous se présentent pour exécuter tout ce qu’a ordonné Hachem. » (35, 10)

C’est ce qu’expliquait Rabbi Yossef Patsanewski dans son livre « Pardess Yossef » :

La plus grande sagesse consiste à ne pas être plus intelligent que nécessaire. On doit tendre constamment à exécuter l’ordre de Hachem avec la plus grande fidélité, sans rien y retrancher ni rien y ajouter, car chaque acte doit être réalisé exactement selon Sa prescription.

C’est à cela que le verset fait allusion en disant : « Puis, que les plus habiles d’entre vous se présentent pour exécuter tout ce qu’a ordonné Hachem. » Tout ce qu’a ordonné Hachem, et pas davantage…

« Voici les comptes du Sanctuaire » (38, 21)

Quand le prophète a demandé : « Pourquoi le pays a-t-il été perdu ? », Hachem lui a répondu : « Parce qu’ils ont abandonné Ma Torah »   c’est-à-dire que la destruction du Temple a été provoquée essentiellement par l’abandon de la Torah, c’est pourquoi le prophète Malakhi a dit : « Souvenez-vous de la Torah de Mon serviteur Moché… voici que Je vous envoie le prophète Eliahou », si vous prenez à cœur de vous rappeler la Torah de Mon serviteur Moché, vous mériterez immédiatement d’être délivrés. »

C’est cela, explique l’auteur de « Toldot Ya’akov Yossef », que la Torah nous dit ici : « Voici les comptes du Sanctuaire »   c’est par là que le Sanctuaire pourra être visité et sauvé « par l’ordre de Moché » : si les bnei Israël se souviennent de la Torah de Moché. Le Temple a été détruit à cause de l’abandon de la Torah. Donc, quand on se rappelle la Torah, le Temple peut être reconstruit.

« Moché vit tout le travail (39, 43)

« Moché vit »   qu’a-t-il vu ? Moché a vu les anges qui avaient été créés par les mitsvot accomplies par les bnei Israël lorsqu’ils ont apporté leur contribution au Sanctuaire, puisque celui qui fait une mitsva acquiert un ange défenseur. Ils avaient atteint une perfection et un niveau très élevé, et il a compris de là que la mitsva avait été faite de tout cœur, comme Hachem l’avait ordonnée, avec une pensée très pure et très sainte, c’est pourquoi il les a bénis. (Birkat Chamaïm)

LA LUMIERE DU ZOHAR

« L’argent venu du dénombrement de la communauté » (38, 25)

Rabbi Yitz’hak a demandé à Rabbi Chimon : Les Sages ont déjà établi qu’il n’y a pas de bénédiction sur une chose mesurée ou comptée. Alors pourquoi ici, pour le Sanctuaire, tout a-t-il été fait avec calcul ? Il a répondu : Il a déjà été dit que la chose est différente dans tous les cas où il y a sainteté. Si le calcul vient du côté de la sainteté, la bénédiction repose toujours dessus et ne le quitte pas. D’où le savons-nous ?

Du ma’asser. Quand le compte a pour but de sanctifier un dixième, la bénédiction se trouve dedans, à plus forte raison quand il s’agit du Sanctuaire, qui est saint et vient de la sainteté. Mais pour toutes les autres choses du monde, qui ne viennent pas de la sainteté, la bénédiction ne repose pas sur elles quand on les compte, parce que les forces impures, qui sont le « mauvais œil », peuvent avoir une prise sur elles, et à ce moment-là, la bénédiction ne peut pas s’y trouver.

C’est pourquoi il est dit « l’argent venu du dénombrement de la communauté ». L’argent avait été compté avec exactitude, et ils n’ont pas eu peur du mauvais œil à cause de ce compte, car en tout cela il y avait une bénédiction d’en-haut.

SUR LA VOIE DE NOS PERES

Le zele dans l’accomplissement des mitsvot

« Les chefs de tribus apportèrent les pierres de choham » (35, 27)

Rabbi Nathan a dit : pourquoi les chefs de tribus ont-ils été les premiers à donner pour l’inauguration de l’autel, alors que pour la construction du Sanctuaire ils n’avaient pas donné en premier ? C’est qu’ils ont dit : « Que la communauté donne ce qu’elle veut donner, et ce qui manquera, nous le compléterons. » Comme la communauté a donné tout ce qu’il fallait, ainsi qu’il est dit : « Les matériaux suffirent et au-delà », ils se sont demandés : « Que devons-nous faire ? » et ils ont amené les pierres de choham. Et comme au début ils s’étaient montrés peu empressés, il manque une lettre à leur nom, le mot « VéHanessiïm » est écrit sans « youd » (Rachi). En revanche, qu’est-il dit de la communauté ? : « Ils continuèrent de lui apporter, chaque matin [littéralement : le matin le matin], des offrandes » (36, 3). Le ‘Hatam Sofer établit une comparaison entre ce que les Sages ont expliqué au sujet verset « ce qui en restera jusqu’au matin » où il s’agirait du « matin du matin » soit l’extrême première lueur du matin, et ce qui se trouve ici en allusion, que les bnei Israël se sont empressés d’apporter leurs offrandes le « matin du matin », c’est-à-dire dès les premières lueurs du jour. Pourtant, ils n’ont pas apporté dès la veille au soir, parce que le zèle pour les mitsvot s’applique seulement depuis le matin, comme on le trouve à propos de la mitsva de la circoncision, qu’on apprend des mots « Avraham se leva tôt le matin. »

Rabbi Yérou’ham Leivovits zatsal a donné un merveilleux témoignage à ce propos (cité dans « Da’at Torah ») : « Celui qui a connu le grand prêtre de notre époque, Rabbi Israël Méïr HaCohen, auteur de ‘Hafets ‘Haïm zatsal, a vu qu’il ne parlait jamais d’une mitsva. On ne l’a jamais entendu dire des phrases du genre « Je vais faire telle chose », car il le faisait avant même de l’avoir dit. Ainsi, par exemple, quand quelqu’un lui demandait une lettre de recommandation pour telle ou telle chose, avant de lui répondre oralement, il était déjà en train de l’écrire, et disait au demandeur : « Voici votre lettre, elle est prête… »

Rentre chez toi immédiatement !

Voici une autre histoire sur la vivacité des tsaddikim, qui « parlent peu et font beaucoup » : un jour où Rabbi Eizik zatsal allait rendre visite à son frère le Admor Rabbi David de Lelow zatsal, Rabbi David s’adressa à lui au bout de quelques minutes en lui disant : « Ce n’est pas très poli de dire à un invité de rentrer chez lui, et pourtant je te dis : rentre chez toi immédiatement ! » Rabbi Eizik eut très peur et une pensée lui traversa l’esprit : « Qui sait ce qui a pu se passer chez moi, il y a peut-être eu une catastrophe, pour que mon frère Rabbi David me renvoie à la maison avec tant de précipitation ! »

Inutile de dire que Rabbi Eizik n’est pas rentré chez lui en marchant, mais en courant. Il s’est dépêché autant que possible, et quand il est arrivé chez lui, il a trouvé toute sa famille en bonne santé. Il a remercié le Créateur de Sa bonté, et s’est étonné de l’attitude de son frère : pourquoi l’avait-il tellement pressé de rentrer chez lui ? Il était encore en train d’y réfléchir que la porte de la maison s’est brusquement ouverte et qu’un juif étranger est tombé à l’intérieur, évanoui. Rabbi Eizik s’est immédiatement approché de lui, l’a porté sur un lit, l’a ranimé et lui a demandé ce qui lui était arrivé. L’homme a raconté : « Aujourd’hui, mon fils a eu huit jours. J’ai couru dans tous les sens toute la journée pour trouver un mohel, et partout on me disait qu’il était parti en voyage, ou n’était pas chez lui, et j’avais l’impression de devenir fou, qu’est-ce que cela veut dire, une circoncision qui ne sera pas à temps ?

J’ai poursuivi mon chemin en allant de village en village, jusqu’à ce qu’on m’envoie ici. J’ai couru sur tout le chemin, je n’avais plus de forces et je me suis évanoui ! » Rabbi Eizik, sans dire un mot, s’est empressé de prendre le couteau de la circoncision, est parti avec le juif, et ils sont arrivés chez lui avant le coucher du soleil. Il a donc fait entrer le bébé dans l’alliance d’Avraham au jour voulu. C’est seulement alors qu’il a compris pourquoi son frère l’avait renvoyé chez lui avec tant d’empressement…

 

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