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paracha de la semaine

Chabbat Pessah

7 Avril 2012

15 NISSAN 5772

deux nerot HORAIRES DE CHABBAT
Allumage Vendredi soir

Allumage Samedi Soir

Fin de Yom Tov

Paris

20:11

21:21

21:23

LYON

19:58

21:05

21:07

Marseille

19:53

20:57

20:59

       

ARCHIVES DE L'ANNEE 2002 A 2012 ARCHIVES

Temps de notre liberté pour toute l’année, par l’influence de la fête de Pessa’h

(par Rabbi David Hanania Pinto Chelita)

Dans la prière de la fête (plus précisément dans la ‘amida), on dit : « Dans Ton amour, Hachem notre D., Tu nous a donné des époques consacrées à la joie, des fêtes solennelles consacrées à l’allégresse, cette fête de Pessa’h, époque de notre délivrance, que Tu as déclarée sainte et solennelle en mémoire de la sortie d’Egypte. »

Ces propos semblent comporter des contradictions : Au début nous déclarons « cette fête de Pâque, époque de notre délivrance » comme pour remercier D. de la liberté qui est la nôtre aujourd’hui, mais nous poursuivons en disant « en mémoire de la sortie d’Egypte », ce qui signifierait que toute la fête de Pessa’h n’est qu’un souvenir de la délivrance de nos ancêtres, et non un souvenir de la liberté. De plus, nos Sages ont déclaré que chacun doit se considérer comme étant lui-même sorti d’Egypte. Ceci est apparemment difficile à comprendre : comment exiger d’un juif de se sentir à présent libre comme s’il était sorti d’Egypte, alors qu’il n’y a jamais été asservi ?

Tentons d’expliquer cela : le seul moyen d’acquérir une foi stable, d’atteindre ce niveau élevé qui permet de ressentir que si D. n’avait pas libéré nos pères d’Egypte, nous et nos enfants y serions encore les esclaves de Par’o, est de prier abondamment. De même, il nous incombe d’inculquer à nos enfants une foi solide dès leur plus jeune âge. Il faut donc, cette nuit-là, raconter longuement le récit de la sortie d’Egypte, afin d’enraciner dans le cœur des enfants une foi sincère en D., dépourvue de doutes.

Alors que je rédigeais cet article le lendemain de la fête, mon jeune fils m’a demandé : « Pourquoi à Pessa’h nous ne mangeons que de la matsa, alors que durant le reste de l’année, le ‘hamets et la matsa sont autorisés ? » et je lui ai répondu : « Tu m’as déjà posé cette question le soir du séder en chantant ‘en quoi cette nuit-là est-elle différente des autres nuits ? (Ma nichtana halayla hazé mikol haleilot)’ et je t’ai donné la réponse ! » Mais il a répliqué : « Les réponses que tu m’as données n’étaient pas suffisantes », et j’ai donc commencé à le lui expliquer de nouveau.

Finalement, le voyant toujours sceptique j’ai déclaré : « C’est ainsi que D. a ordonné. » Il m’a alors lancé : « C’est ce que tu affirmes à chaque fois que tu n’as pas de réponse à mes questions. » J’ai souri et répondu : « Tu as raison. Laisse-moi le temps de consulter des livres et je te donnerai une réponse. »

Ainsi, si nous laissons un enfant se développer avec des doutes, que D. préserve, il grandira certainement avec ces doutes-là, et peut-être même davantage, et ne ressentira plus les miracles et les choses extraordinaires que D. a réalisés pour nos pères en les faisant sortir d’Egypte. Puis lorsqu’il atteindra l’âge de se marier et de fonder un foyer et qu’il célèbrera le séder chez lui avec sa famille, il lira la haggadah comme une histoire, sans éprouver intérieurement que sans Hachem qui, dans Sa miséricorde, avait délivré nos pères d’Egypte, lui-même y serait encore assujetti.

Méditer et nous lier au passé, à l’époque où les bnei Israël étaient opprimés en Egypte et où ils y ont terriblement souffert, éprouver leur douleur, prendre la mesure des miracles et prodiges réalisés en leur faveur ainsi que des grandes plaies qui ont frappé les Egyptiens et nous réjouir pour nos ancêtres nous permet de ressentir nous-mêmes le passage à cette liberté. Mais si nous ne sommes pas affligés par la détresse de nos pères, ni réjouis par leur délivrance, il nous est impossible de reconnaître le miracle qui a été fait pour eux et pour nous-mêmes et nous n’éprouvons aucun sentiment de liberté.

C’est précisément pour cela que la fête de Pessa’h est la véritable époque de notre délivrance, puisque sans l’affranchissement de nos ancêtres en Egypte, obtenu avec de grands et redoutables prodiges, nous ne serions pas libres aujourd’hui. En effet, lorsque D. a réalisé ce miracle pour nos pères, Il a fait en sorte que son impact et les forces de sainteté qu’il a attirées sur terre se prolongent jusqu’aux générations suivantes et que celles-ci reçoivent l’immense et infinie lumière de la sainteté de la première fête et des miracles qui s’y sont produits. En nous éveillant avec une grande joie au service de Hachem, nous ressentons, sans aucun doute, la même joie de la liberté que celle de nos ancêtres lors de la sortie d’Egypte.

Pour illustrer cette idée, voici une histoire qui m’est arrivée : le lendemain de Pessa’h, pendant le repas, j’ai remarqué qu’un des invités qui était à ma table semblait pensif. Je l’ai interpellé : « Tsion, pourquoi êtes-vous soucieux ? C’est aujourd’hui le lendemain de la fête (issrou ‘hag), il faut donc se réjouir ! J’ai pourtant expliqué hier que nous devons prolonger la sainteté de la fête de Pessa’h, qui veut dire « enjamber », se soustraire à tous les problèmes et avoir confiance uniquement en D. ! Avez-vous oublié que Pessa’h est une allusion à l’adhésion à Hachem, à l’attachement rétroactif au passé au point de ressentir la souffrance ainsi que la joie de nos ancêtres asservis en Egypte puis libérés, que c’est un Pessa’h pour Hachem, quand Il les a fait sortir d’Egypte, et que sans cela, vous y auriez encore été esclave ? Avez-vous oublié que Pessa’h représente l’attachement aux mitsvot, elles-mêmes comparées aux matsot qui sont dures : il n’est donc pas facile de les respecter correctement et il nous incombe de fournir des efforts pour les accomplir, en étant soumis à la volonté de D. ! Pour quelle raison consomme-t-on de la matsa pendant sept jours ? En parallèle aux soixante-dix années de la vie d’un homme durant lesquelles nous devons nous fatiguer dans le service de Hachem sans recevoir de récompense dans ce monde-ci, car le salaire d’une mitsva ne vient pas dans ce monde. »

Alors Tsion m’a répondu : « C’est exactement pour cela que je suis inquiet. La grande élévation d’âme que j’ai éprouvée durant la fête de Pessa’h me manque à présent et je ressens une petite faiblesse. »

En entendant cela, j’ai déclaré : « C’est l’œuvre du Satan, qui veut introduire en vous le désespoir « par amour du Ciel » ! Ce découragement entache de doutes votre foi en D., vous fait tomber entre les mains du Satan, et vous perdez ainsi toute la confiance acquise durant la fête et voyez votre bénéfice détruit par cette tristesse. D. sait que la sainteté de Pessa’h est grande et sa lumière puissante au point de causer une certaine chute en nous lorsqu’elle prend fin. Il nous a alors donné, juste après la fête, la mitsva de compter le ‘omer afin de faire durer le lien avec Lui de Pessa’h à Chavouot, temps du don de la Torah, qui était le but de la sortie d’Egypte. C’est pourquoi Hachem nous a demandé de continuer à ressentir la lumière de la fête à travers le compte du ‘omer jusqu’à Chavouot, qui est le moment du don de notre Torah. Ainsi, à travers celle-ci, nous pourrons atteindre par nos propres forces l’objectif de notre création : comment accomplir la volonté de D. »

LES PAROLES DES SAGES

Le seul moyen d’être débarrassé de toutes les souffrances de cet amer exil

Voici une description saisissante faite dans l’ouvrage « Meïr ‘Einei Israël » par un élève de la yéchiva de Radin, Rav Zelig Guelz, qui a mérité de passer un soir de séder auprès du « cohen gadol » Rabbi Israël Meïr HaCohen, le ‘Hafets ‘Haïm. Près de la ruelle de la cour de la synagogue se trouve une maison petite et basse : l’étroite demeure du ‘Hafets ‘Haïm. Les petites fenêtres répandent de la lumière sur un fond de blanc éclatant à travers les rideaux blancs lavés en l’honneur de la fête. Les bougies de la fête illuminent la sombre ruelle et éclairent les fidèles qui se pressent pour rejoindre leur maison afin d’y accomplir le séder comme il se doit.

Le ‘Hafets ‘Haïm non plus ne tarde pas ce soir-là. Dès la fin de « ma’ariv », il demande aux responsables du partage de « Kim’ha DePiss’ha » s’ils n’ont oublié aucun nécessiteux dans leur distribution de produits. Quelle n’est pas sa joie lorsqu’il rencontre en chemin deux personnes qu’il invite à rejoindre sa table ! Ainsi, le « Kol Dikhfin » (que quiconque a faim, vienne et mange…) ne sera pas récité en vain !

A l’intérieur, tout est arrangé pour la fête. La lampe à pétrole accrochée au plafond ainsi que les bougies de la fête éclairent discrètement la nappe blanche, brodée de fleurs. Un travail simple qui reflète la simplicité caractéristique du comportement de ce tsaddik. Tout autour de la table du séder, des chaises sont disposées pour tous les membres de la maison. Le tsaddik a lui-même décidé de s’asseoir entre les deux invités. Près de lui s’installent, disciplinés et avec une modestie enfantine, les trois petits-fils, pleins de la grâce de la pureté. Ils ont oublié à présent leur enfance, abandonné leurs jeux. Ils se tiennent prêts à chanter le « ma nichtana » et à entendre ce que leur célèbre grand-père a à dire.

C’est dans un silence soutenu que s’enfilent les perles d’une profonde pensée, des paroles qui éclaircissent bien l’essence et le but du grand miracle de la sortie d’Egypte, accompagnées d’allusions sur l’exil actuel.

Et voici qu’en plein milieu, au sein d’une humeur sombre, une lumière intense se met à briller de l’intérieur de l’obscurité. « Machia’h… délivrance… liberté… c’est évidemment maintenant le moment le plus propice à cela ! » s’exclame le ‘Hafets ‘Haïm. « Ne le ressentez-vous pas ? » demande t-il aux présents.

Puis il poursuit : « D’après un avis de la Guemara, il y a six millénaires de Torah dont deux représentent la période du Machia’h. Nous sommes aujourd’hui dans le dernier millénaire. Allez, allez, demande le tsaddik avec insistance, pourquoi nous attardons-nous sur nos doutes ? C’est sûr, c’est certain ! Il viendra. Une toute petite chose manque : une minuscule miette de repentir. Aïe, aïe, bêtises … un petit quelque chose de techouva et nous sommes sauvés ! ‘Aujourd’hui, si vous écoutez Sa voix…’ »

Le silence sérieux prend à nouveau place et remplit l’étroite pièce. Chacun des présents est attentif et pensif, prêt à écouter et à intégrer les grandes et authentiques paroles énoncées par le tsaddik. Le regard méditatif, ils rêvent et pensent à des mondes de liberté et de délivrance d’Israël. Même les enfants paraissent songeurs. Ils interrompent leur respiration et observent de leurs yeux écarquillés la splendeur qui émane de leur grand-père.

Ils absorbent avec avidité chaque mot et chaque parabole. Ils semblent s’imprégner profondément avec leur joie d’enfants, de toutes les belles descriptions excitantes de leur grand-père sur la délivrance future. Doucement, mais dans une ambiance festive, les heures s’écoulent. La petite horloge annonce l’heure et sonne comme une mélodie qui se réjouit du temps qui passe et s’écoule vers son éternité éloignée. Le tsaddik semble retenu par la halakha : « Allez, allez, dit-il aux convives, il est déjà tard, c’est bientôt ‘hatsot. » Les membres de la maison, les intimes, restent autour de la table, buvant chaque mot. Leur regard se pose sur chaque expression, sur chaque pli dans le large front de celui qui raconte la sortie d’Egypte.

Puis lorsque tout s’enfonce dans un profond silence, on entend soudain frapper à la porte. Sur le seuil se tient le facteur, tenant à la main un télégramme de Chicago. Un malade en danger, Chelomo ben Myriam, a besoin d’une grande miséricorde. Un silence pesant envahit la pièce remplie de l’atmosphère de fête. Elle est coupée par le ‘Hafets ‘Haïm, qui murmure, comme pour lui-même, quelques mots qui s’intensifient dans une voix tremblante : « Aha, un malade en danger… quel est le remède pour le peuple d’Israël ? Seulement la prière pour la miséricorde… il viendra c’est certain… la délivrance promise arrivera, mais pourquoi devons nous souffrir ? »

« Pour quelle raison tous ces malheurs ? Entre-temps, il nous faut attendre jusqu’à qu’on nous envoie d’En-Haut une délivrance gratuite, ‘Le pain de la honte’… une libération qui nous revient par justice est quand même préférable, une liberté que l’on mérite, pour laquelle nous avons travaillé ! Qu’est-il écrit dans la Guemara (Sanhédrin 98a) ? Il y a deux circonstances possibles pour la délivrance : l’une ‘en son temps’ et l’autre ‘Je la précipiterai’. Si les bnei Israël le méritent ‘Je la précipiterai’, sinon, elle ne viendra qu’‘en son temps’. Cela signifie que si nous sommes méritants nous ne devrons pas attendre ! Ainsi, pourquoi nous entêtons-nous comme des enfants à attendre justement le dernier moment du ‘en son temps’ ? Il en découle deux mots, conclut le tsaddik : ‘repentir, et repentir.’ M’entendez-vous, mes maîtres ? Le seul vrai moyen de se débarrasser des souffrances et des maladies pernicieuses de cet amer exil n’est autre que le repentir et le repentir. Un peu de techouva, une goutte de foi enthousiaste, de foi simple. »

Les bougies se sont déjà éteintes et dans l’obscurité le ‘Hafets ‘Haïm avance à pas mesurés sur les petites marches tortueuses menant vers la « mansarde » pour s’isoler calmement. « Chelomo ben Myriam a besoin d’une grande miséricorde… Allez, Maître du monde, attendre jusqu’au ‘moment prévu’ ne vaut la peine ni pour Toi, ni encore moins pour nous. Pourquoi prolonger l’épreuve ? Mais avant que n’arrive le ‘moment prévu’, il y a un autre chemin : ‘Je précipiterai !’ Que ce chemin soit ! »

C’est ainsi, avec une foi profonde et pure que le tsaddik vivait la soirée du séder et se préparait, plein d’espoir et de nostalgie, les yeux ouverts rivés vers la délivrance et vers la venue du Machia’h. Et mon cœur battait comme si nous avions déjà atteint ce moment, cette époque de notre liberté éternelle et authentique.

A LA LUMIERE DE LA PARACHAH

Extrait de l’enseignement du gaon et tsadik Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita

La générosité de Hachem s’éveille pendant les fêtes

« Parle aux bnei Israël et dis-leur les fêtes de Hachem que vous célébrerez comme des convocations saintes, voici Mes fêtes » (Vayikra 23, 2).

Les Sages ont dit (Yérouchalmi Chabbat 15, 3) : « Les Chabbats et les fêtes n’ont été donnés que pour pouvoir étudier la Torah ». Et lorsqu’on étudie la Torah pendant les fêtes, sans perdre son temps dans des promenades et des bavardages insignifiants, on mérite immédiatement de jouir de la lumière de la Torah et de recevoir en soi une âme supplémentaire. En effet, la Torah s’appelle lumière, ainsi qu’il est dit (Michlei 6, 23) : « Car la mitsva est une lampe et la Torah est la lumière », et l’âme de l’homme est appelée lampe (ibid. 20, 27) : « l’âme de l’homme est la lampe de Hachem ». Lorsque l’homme étudie la Torah, il s’attache à ses paroles et mérite ainsi qu’une âme nouvelle pénètre en lui, celle qui est créée par le mérite de la Torah étudiée pendant les fêtes, qui relève de la sainteté de la fête. Et quand quelqu’un se livre à l’étude alors que la plupart des gens se trouvent dehors en train de bavarder, manifestant ainsi leur mépris pour la fête, c’est vraiment pour l’amour du Ciel, et il mérite une âme supplémentaire pour la Torah qu’il a étudiée pendant la fête, parce que le Saint béni soit-Il se rapproche davantage pendant les fêtes que pendant les jours ordinaires.

On peut donc dire que l’âme supplémentaire de la fête n’est pas semblable à celle qui se manifeste le Chabbat. L’âme supplémentaire du Chabbat vient en l’homme même s’il ne l’a pas mérité, alors que s’il n’a pas étudié, il ne connaîtra pas celle de la fête. C’est pourquoi il n’a pas été fixé de dire une bénédiction sur les herbes odorantes à la sortie des fêtes : en effet, l’âme supplémentaire dont on ressent alors le départ ne se trouve pas chez tout le monde mais seulement chez ceux qui ont mérité d’étudier la Torah pour l’amour du Ciel.

Je pense que c’est la raison pour laquelle l’Ecriture a juxtaposé la sortie d’Egypte aux fêtes : elle veut nous dire que le Saint béni soit-Il n’a fait sortir les bnei Israël d’Egypte que pour qu’ils prennent sur eux la Torah et les mitsvot. Et lorsqu’ils étudient la Torah pendant la fête et respectent les fêtes, elles seront les fêtes de Hachem, et non leurs fêtes à eux, si bien qu’ils seront dignes sans aucun doute que la Chekhina repose parmi eux. Mais s’ils les utilisent pour perdre leur temps sans étudier, il ne s’agit plus de « convocations saintes » mais de « convocations profanes », et ce ne seront pas les fêtes de Hachem mais « vos fêtes, que J’ai en abomination ». C’est pourquoi la Torah a dit deux fois « Voici quelles sont Mes fêtes. » Quand est-ce que Je serai sanctifié parmi les bnei Israël ? Lorsque les fêtes seront Mes fêtes et non vos fêtes. « Vos fêtes » ne représentent pas plus pour vous qu’une fête de famille, pour manger, boire et en tirer un plaisir personnel, en faisant un signe ou une allusion qui évoque la vraie fête, celle de Hachem. C’est pourquoi la sortie d’Egypte figure à proximité des fêtes afin de nous insinuer qu’au moment de la sortie d’Egypte, la Chekhina a reposé sur les bnei Israël parce qu’ils avaient pris sur eux la Torah, et avaient déjà commencé à recevoir la fête de Pessa’h pour toutes les générations. Par conséquent, même quand ils allaient recevoir les autres fêtes de Hachem, la Chekhina reposerait sur eux. Et j’ai pensé que la raison pour laquelle le Saint béni soit-Il a voulu que les bnei Israël célèbrent les fêtes et les appellent « fêtes de Hachem » est que les nations consacrent leurs fêtes à l’idolâtrie, ainsi qu’il est écrit par exemple que Par’o avait fait une fête pour son anniversaire, et il est évident qu’il s’y joignait une fête pour l’idolâtrie. C’est pourquoi Hachem a voulu que les bnei Israël célèbrent des fêtes qui comportent des souvenirs bénéfiques pour eux, afin que cela provoque chez eux un éveil aux bontés de Hachem à leur égard dans ces moments-là.

En effet, si les fêtes s’appelaient « les fêtes de l’homme », en se contentant de commémorer tout ce qui leur est arrivé, elles ne seraient remplies que de futilités profanes. Mais comme elles s’appellent « les fêtes de Hachem », il est évident que les hommes ne vont pas les traiter avec mépris, car ce sont des convocations saintes.

A LA SOURCE

La récompense d’une mitsva

Le livre « Korban Acher » explique pourquoi c’est justement le sacrifice de Pessa’h et la circoncision qui ont valu aux bnei Israël la récompense de la sortie d’Egypte. D’après ce qu’ont dit les Sages (Kidouchin 39a), « les mitsvot n’ont pas de récompense en ce monde ». « Tevouot Chor » écrit que c’est uniquement dans des périodes de colère divine que d’avoir négligé d’accomplir une mitsva positive entraîne une punition. C’est pourquoi parallèlement, même quand on accomplit une mitsva positive, il est impossible d’accorder une récompense.

Les exceptions sont le sacrifice de Pessa’h et la circoncision, qui sont des mitsvot positives dont la négligence entraîne le retranchement. Comme on est puni si on ne les accomplit pas, on reçoit également une récompense en ce monde quand on les accomplit. Or comme les bnei Israël n’avaient pas de mitsvot et avaient besoin d’une récompense grâce à laquelle ils sortiraient d’Egypte, ils ont reçu l’ordre du sacrifice de Pessa’h et de la circoncision, dont la récompense existe en ce monde.

Le mérite des pères

« Nous avons crié vers Hachem le D. de nos pères et Hachem a entendu notre voix »

Pourquoi n’est-il pas dit « Hachem le D. de nos pères a entendu notre voix », comme il est dit au début du verset à propos du cri ?

Le « Avnei Nezer » de Sokhotchov répond que les Sages ont dit (Berakhot 10b) : « Quiconque fait dépendre ce qui lui arrive de son propre mérite, on le fait dépendre du mérite des autres, et quiconque estime qu’il dépend du mérite des autres, on le fait dépendre de son propre mérite », c’est pourquoi comme « nous avons crié vers Hachem le D. de nos pères », nous faisons dépendre du mérite des autres, alors « Hachem a entendu notre voix », Il nous aide par notre propre mérite !

Le « travail » de l’étude de la Torah

« Et notre travail – ce sont les enfants ». D’où savons-nous que « notre travail » soit les enfants ? Est-ce que les bnei Israël n’ont pas travaillé en Egypte du matin jusqu’au soir en exécutant des travaux forcés pour les Egyptiens ? Et peut-être que c’est à ce « travail » que fait allusion le verset ?

Mais, dit Rabbi Chelomo Zalman Auerbach zatsal, le mot « ‘amal » (travail) désigne un travail que l’on fait volontairement, de son plein gré, ainsi qu’il est dit « Heureux celui dont le « travail » est dans la Torah », ou encore « nous travaillons et recevons une récompense ».

Par conséquent, quand le verset utilise l’expression « ‘amal », il n’est pas possible que cela se rapporte à l’esclavage et aux travaux forcés pour les Egyptiens, mais uniquement aux enfants, qui sont notre « travail » et qui nous avaient été pris !

Nous ferons et nous entendrons

« Cette matsa que nous mangeons, à cause de quoi ? »

Nous ne demandons pas : « Cette matsa, pourquoi la mangeons-nous ? » mais « cette matsa que nous mangeons, à cause de quoi ? »

Le Maharam de Lublin écrit à ce propos au nom de son beau-père : parce que nous accomplissons de toutes façons la mitsva, que nous en connaissions la raison ou non, et c’est seulement ensuite que nous cherchons à comprendre « à cause de quoi ».

Plus amer que la mort

« Ils rendirent leur vie amère par de durs travaux »

L’auteur de « Keli ‘Hemda », Rabbi Chemouël Laniado, écrit que la nature humaine est de redouter extrêmement la mort, qui s’appelle « très amère », ainsi qu’il est dit : « l’amertume de la mort est partie », ou encore « leur fin est un jour amer ». Mais dans l’exil de l’Egypte, nos pères ont tellement souffert que la mort ne leur semblait pas du tout amère, ils sentaient qu’elle était préférable à la vie.

Et c’est en fait ce que signifie le verset « ils rendirent leur vie amère » : les Egyptiens avaient transformé la vie des bnei Israël en amertume, si bien que la mort leur était douce, jusqu’à ce que le Saint béni soit-Il les prenne en pitié et les délivre de la mort vers une vie agréable…

SUR LA VOIE DE NOS PERES

Un chant qui brise les barrières

Dans toutes les communautés juives, on a l’habitude de réciter chaque jour à Cha’harit après les Pessoukei DeZimra le Cantique de la Mer (Chirat HaYam), comme louange et glorification au Créateur pour toutes les bontés, miracles et prodiges qu’Il a réalisés pour nous et nos pères. En ces jours de Pessa’h, fête de la délivrance d’Israël où nous chantons à D. et Le remercions pour les bienfaits extraordinaires dont Il a gratifié nos ancêtres en Egypte et sur la Mer Rouge, il nous faut réfléchir et reconnaître la valeur de ce chant que nous récitons devant Lui chaque jour.

Déjà dans les temps anciens, certaines communautés d’Israël avaient coutume de lire le passage du Cantique de la Mer comme l’expression d’un remerciement et d’une louange à D. pour un miracle ou un salut quelconque dont elles avaient bénéficié. C’est ce qui apparaît également dans la réponse écrite par le gaon Rabbi Mordekhaï Carmi, un des grands Rabbanim du Maghreb, dans son ouvrage « Maamar Mordekhaï » : « Dans sa région, à des époques plus reculées, on avait l’habitude, lorsqu’un miracle s’était produit un certain jour, de fixer cette date comme jour de fête afin de remercier et de louer Hachem. Puis on lisait dans les rouleaux de la Torah, avec les bénédictions, le passage du Cantique de la Mer. S’il s’agissait d’un lundi ou d’un jeudi, on repoussait la lecture de la paracha de la semaine et on lisait d’abord la Chira. Cette coutume est fondée sur la sainteté, et nos ancêtres avaient sur quoi se baser. »

Dans le saint Zohar (parachat Bechala’h page 54) est mentionnée explicitement l’importance de réciter le Cantique de la Mer chaque jour : « Quiconque prononce ce chant chaque jour en y mettant les intentions requises méritera de le prononcer dans les temps futurs. En effet, ce texte contient ce monde-ci et le monde à venir, on y trouve aussi bien les liens à la foi que des allusions aux temps messianiques. En dépendent également toutes les autres louanges récitées par les créatures d’en haut et celles d’en bas. Quiconque a le mérite d’entonner ce cantique dans ce monde, le méritera aussi dans le monde à venir. Il pourra, par ce même chant, glorifier D. au temps du Machia’h, dans la joie de la présence divine ! »

Il est écrit à ce sujet dans le livre « Yessod Vechorech Ha’avoda » : « la distinction qu’attribue le Zohar à celui qui récite ce cantique ne concerne pas une personne qui ne ferait que prononcer les mots sans l’intention particulière de remercier et de louer D. Au contraire, cette description concerne quelqu’un qui se souvient constamment de la grandeur de Ses puissances et de Ses prodiges accomplis pour le peuple d’Israël en Egypte et sur la mer. »

Avec une grande joie

Sur le fait de réciter ce cantique chaque jour dans une grande joie, le Chla a écrit (Traité Yoma) : « On récitera le Cantique de la Mer chaque jour à voix haute et dans une grande joie, comme si nous sortions d’Egypte à ce moment-là. D. nous a ordonné de réciter ce texte chaque jour, ainsi qu’il est écrit « Ils ont dit pour dire », dont Rabbi Chimon bar Yo’haï déduit que nous devons le réciter tous les jours avec une grande joie, comme lors de la première occasion. Ainsi, l’impact de cette récitation sera comparable à celui du chant initial. »

Réciter le chant debout

Dans l’ouvrage « Ketsot HaChoul’han », l’auteur justifie que certaines personnes se tiennent debout en récitant ce cantique. La michna dans le traité Sota (page 27b) explique que lorsque Moché chantait la chira, le peuple d’Israël répondait comme s’il lisait le hallel. Or il est évident que le hallel se lit en étant debout. Voici donc la preuve que le cantique doit également être récité debout.

Comme s’il se tenait debout sur la terre sèche

Le fait de dire « Vayocha’ (Il a sauvé) » avec joie permet une expiation des fautes sans mortification. Il faut chanter le « Vayocha’ ». Le livre « ‘Haredim » énumère les dix actions qui permettent une expiation non accompagnée de mortification et de souffrance. Parmi elles figure le fait de lire « Vayocha’ » avec joie et en chantant comme l’ont fait les bnei Israël lors de l’ouverture de la Mer. C’est pourquoi j’ai moi-même pris le pli de le prononcer avec les signes de ponctuation comme celui qui lit dans la Torah » (« Yossef ‘Omets »).

Dans son ouvrage « ‘Avodat Hakodech », le ‘Hida mentionne encore un bon comportement à adopter : « que l’on s’imagine comme se tenant debout sur la terre sèche au milieu de la mer, seul à être sauvé, parmi les Egyptiens qui se noient. »

Ce Rav affirme aussi (Séfer Hanhagot Tsaddikim 47a) : « quiconque récite le Cantique de la Mer avec joie comme si lui-même venait d’être sauvé tandis que Par’o et son armée étaient en train de se noyer : on lui pardonnera ses fautes. »

Tous les saluts

« Az Yachir Moché Ouvenei Israël Et Hachira Hazot » (Alors Moché et les bnei Israël ont entonné ce chant).

Les initiales des mots de cette phrase ont une valeur numérique (78) identique à celle du terme « Mazala (le destin) ».

Comme cela apparaît dans nos saints ouvrages, le cantique permet de faire venir sur terre les enfants, la vie, la subsistance dans l’aisance, le butin de la mer et toutes les délivrances. Or tout cela dépend du destin.

 (« ‘Haïm VeChalom »)

Je veux encore prier

Rabbi Mordekhaï de Lakewitch zatsal a dit : « Comme il y a un oiseau qui chante des louanges à D. jusqu’à que son ventre se brise et que moi, je prie et reste en bonne santé, quelle importance a donc ma prière ? »

Un jour, il s’est longuement préparé avant de commencer à prier. Arrivé au passage du Cantique de la Mer, son poumon s’est endommagé à cause de l’enthousiasme et de la puissance de sa prière. Les docteurs de Lamberg ont abandonné tout espoir. Le Rav s’est alors adressé ainsi à D. : « Voulais-je prier une seule fois de la sorte ? Je veux encore prier ! »

Alors D. l’a aidé et il a retrouvé la santé.

Plus tard, Rabbi Mordekhaï de Lakewitch se trouvait à Lamberg et de nombreux ‘hassidim sont venus le voir. Un docteur est passé par là, et voyant des gens courant dans tous les sens, a questionné : « Que se passe-t-il ici ? » On lui a répondu que Rabbi Mordekhaï était présent. Stupéfait, le médecin s’est exclamé : « Est-il toujours vivant ? » Il était convaincu que si le Rav vivait encore, c’était évidemment sans  poumon.

(Sifran chel ‘hassidim)

 

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