La Paracha de la semaine en format PDF

la Paracha en PDF

paracha de la semaine

Behaalotkha

9 Juin 2012

19 Sivan 5772

deux nerot HORAIRES DE CHABBAT

DEBUT

FIN

Paris

21:34*

23:00

Lyon

21:11*

22:30

Marseille

20:59*

22:13

* On allumera selon sa communauté

ARCHIVES DE L'ANNEE 2002 A 2012 ARCHIVES

Prolonger sa Nezirout

(par Rabbi David Hanania Pinto Chelita)

« Il offrira son sacrifice à Hachem, un agneau d’un an sans défaut pour l’holocauste, une agnelle d’un an sans défaut pour l’expiatoire et un bélier sans défaut pour le rémunératoire » (Bemidbar 6, 14).

Le Ramban objecte qu’on apporte un sacrifice expiatoire pour une faute, or quelle faute a commise le nazir ? Il explique que comme jusqu’à présent, pendant sa période de nezirout, il était saint et pur et ne cessait de s’élever en spiritualité, il était couronné de sainteté, ainsi qu’il est dit « car la couronne de son D. est sur sa tête. » Mais à présent que sa période de nezirout est terminée, il descend pour ainsi dire du niveau qu’il avait atteint, c’est pourquoi il doit amener un sacrifice pour racheter cette chute spirituelle. Mais cela reste difficile, parce qu’en fin de compte, il n’a tout de même pas commis la moindre faute, alors pourquoi apporter un sacrifice expiatoire ?

Pour répondre, évoquons tout ce que les Sages ont dit contre l’orgueil, qui est la source amère de tous les défauts. Le Saint béni soit-Il dit de l’orgueilleux : « Moi et lui ne pouvons pas vivre en bon voisinage ». Il repousse la Chekhina et il est répugnant pour Hachem, ainsi qu’il est dit « Tout orgueilleux est en horreur à Hachem. »

Ils ont également enseigné que (Avot 4, 21) « la jalousie, les désirs et l’amour des honneurs font sortir l’homme du monde » ; il faut savoir que cela ne signifie pas que ces vilains défauts le font sortir uniquement du monde à venir : ils l’expulsent également de ce monde-ci, car l’orgueilleux ne sera jamais disposé à reconnaître son erreur et à avouer sa faute. Même quand il verra que la corde se resserrer autour de son cou, il restera ferme dans sa révolte et s’efforcera à tout prix de purifier l’insecte impur qu’il tient en main en disant : « Je n’ai pas fauté. » Il est probable que ce défaut est ce qui se cache derrière la conduite de la femme « sota » (soupçonnée d’infidélité). L’orgueil qui est en elle ne la laisse pas reconnaître ses mauvaises actions et elle n’est pas prête à admettre qu’elle a mal fait, si bien que même lorsqu’elle voit sa mort approcher et se rend compte que dans un instant, elle va boire les eaux amères qui provoqueront sa perte, elle continue à maintenir sa version, affirmant avec effronterie : « Je suis pure. » En effet, c’est la façon de se comporter de l’orgueilleux : il est prêt à perdre ce monde-ci et le monde à venir pour ne pas reconnaître son erreur.

C’est pourquoi cette paracha est lue immédiatement après la fête de Chavouot, la fête du don de la Torah, afin de proclamer combien l’orgueil est détestable, lui qui fait descendre l’homme au fin fonds des abîmes. Même la Torah ne reste pas chez celui qui est habité par l’orgueil, comme l’ont dit les Sages (Ta’anit 7a) : « Pourquoi les paroles de la Torah sont-elles comparées à l’eau ? Pour nous enseigner que de la même façon que l’eau quitte un endroit élevé pour couler vers un endroit plus bas, les paroles de la Torah ne demeurent que chez celui qui est humble. C’est pourquoi le passage sur la sota est juxtaposé au don de la Torah, afin que l’homme sache se garder de l’orgueil, s’en écarter dans toute la mesure du possible et acquérir l’humilité, qui est la racine de toutes les qualités, par laquelle on mérite la présence en soi de la Torah et sa pérennité.

Nous comprenons maintenant pourquoi à la fin de la période de nezirout il faut amener un sacrifice expiatoire : c’est que son but était essentiellement d’apprendre à s’abstenir du vin pour améliorer sa conduite. En effet, le fait d’avoir vu la sota dans sa déchéance a prouvé au nazir qu’il souffrait d’un manque de pudeur et de crainte du Ciel, et la Torah lui ordonne d’éviter le vin pour se sanctifier. Maintenant que les jours de sa nezirout sont terminés et qu’il veut revenir à la consommation du vin, il doit de nouveau examiner sa conduite et vérifier s’il s’est incontestablement débarrassé de ses erreurs précédentes, s’il s’est libéré du mal qui s’attachait à lui auparavant.

Effectivement, qui lui garantit qu’il a bien réussi à éliminer la plaie spirituelle qui était en lui, au point de vouloir se délier du joug de la nezirout et recommencer à boire du vin ? C’est pourquoi cette démarche comporte, pour ainsi dire, une faute, et il doit apporter un sacrifice pour l’expier. En effet, il aurait dû continuer sur la voie de la nezirout et redoubler de pureté. Après les jours de sainteté de la fête du don de la Torah, on doit se renforcer dans le domaine spirituel et progresser sans cesse, sans se contenter de la sainteté et de la pureté qu’on a déjà réussi à atteindre.

C’est pourquoi après la fête de Chavouot on lit les parachiot Nasso et Beha’alotkha, dont les deux noms évoquent la notion d’élévation spirituelle constante. Il y a en effet deux élévations, la préparation pour la Torah et le don de la Torah. Pendant les jours du décompte du omer, on s’est préparé à être un ustensile digne de recevoir la Torah qui va reposer en soi, et à la fête de Chavouot, ce moment tant attendu est enfin arrivé. Il faut préserver cette élévation spirituelle et ne cesser d’y ajouter.

J’ai eu le très grand plaisir, la nuit de la fête de Chavouot, de voir le peuple d’Israël dans toute sa beauté et sa gloire. Je me suis promené dans tout le onzième arrondissement pendant toute cette nuit sainte, et j’ai vu comment les synagogues étaient bondées, comment les jeunes et les moins jeunes s’y côtoyaient pour étudier la Torah ensemble. J’ai vu comment des centaines de jeunes gens, dont une partie avait l’air tout à fait laïques, se presser autour de mes fils en écoutant et buvant avidement des paroles de Torah. Je leur ai donné un cours de moussar et je leur ai demandé : « Que faites-vous ici en pleine nuit, pourquoi n’allez-vous pas dormir ? » Et ils ont répondu avec chaleur et droiture : « Nous sommes venus recevoir la Torah. » J’ai été très ému à ce moment-là et j’ai ressenti une grande affection envers eux. Il est certain que le Saint béni soit-Il Lui aussi S’est réjoui d’eux et les aime profondément.

C’est une grande révolution spirituelle qui se produit dans le monde avant la venue du Machia’h, un esprit de pureté passe et tous sont assoiffés de la parole de D. Comme le dit le prophète (Amos 8, 11) : « Pas une faim de pain, et pas une soif d’eau, mais d’entendre la parole de Hachem ». Continuons tous dans ce même élan, et utilisons à bon escient cet esprit de pureté que nous avons reçu à la fête de Chavouot. Comme nous le savons, « Celui qui veut se purifier, on l’aide », Amen, Amen.

HOMMES DE FOI

Récits sur les tsaddikim de la famille Pinto

Le frère de Madame Lévy de Lyon avait perdu un portefeuille important qui contenait tous ses papiers et documents ainsi que l’énorme somme de cinq mille francs. Dans sa détresse, il s’est adressé à Rabbi ‘Haïm Pinto le petit et lui a raconté en pleurs avoir perdu toute sa richesse. Le Rav a répondu : « Revenez demain. Cette nuit je demanderai en rêve à mon grand-père où se trouve votre portefeuille. »

Le lendemain matin, c’est le Rav lui-même et non un émissaire qui s’est rendu chez son visiteur, lui a demandé de descendre et lui a annoncé : « N’ayez crainte, votre portefeuille est entre les mains de la police. Allez les voir. » Et effectivement…

Cet épisode nous révèle l’humilité du tsaddik, qui a choisi de se déplacer lui-même vers son interlocuteur sans attendre que celui-ci vienne à lui. Il est également extraordinaire que la personne ayant trouvé le portefeuille, ainsi que les policiers, n’aient pas touché à l’argent qu’il contenait. Nous voyons donc la grande force et la sainteté du tsaddik.

Le doigt qui n’a pas été coupé

Un habitant de Mogador s’est un jour tranché le doigt. La coupure était si profonde que le doigt n’était plus stable et pouvait se détacher à chaque instant.

Les médecins qu’il avait consulté pensaient qu’il serait impossible de rétablir le doigt comme il était au départ et préconisaient de le couper le plus tôt possible.

En bon juif croyant, le blessé s’est précipité chez Rabbi ‘Haïm Pinto, et c’est là que le miracle s’est produit : le Rav a touché l’endroit de la coupure et le doigt a retrouvé sa posture de départ, comme s’il n’avait jamais été tranché

LES PAROLES DES SAGES

Votre abonnement au cimetière

« On donna à ce lieu le nom de Kivrot-Hataava, parce que c’est là qu’on ensevelit (kavrou) ce peuple pris de convoitise (hamitavim). » (Bemidbar 11, 34)

Si vous aussi cherchez le cimetière « Kivrot-Hataava », vous ne le trouverez probablement nulle part entre les plaines d’Egypte et la vallée du Jourdain. Il se trouve chez vous à la maison. Au milieu du salon, près de la main, près du cœur.

Il s’agit d’un cimetière vaste, spacieux, qui n’est pas surpeuplé et dont l’entretien n’est pas particulièrement cher. Bon, ce cimetière se nomme « moussar » et nous pouvons supposer qu’au moins un ouvrage de moussar orne votre étagère de livres. Au passage, quand l’avez-vous feuilleté pour la dernière fois ?

Seule l’étude du moussar peut nous préserver et nous protéger des mauvais esprits et des traits de caractère méprisables. Elle seule peut nous renforcer et nous rendre apte à surmonter les mauvais désirs et à les ensevelir à « Kivrot Hataava ».

Le ‘Hafets ‘Haïm a écrit dans son ouvrage « Beit Israël » que nos Sages ont dit (Chabbat 31b) : « Quiconque est rempli de Torah mais démuni de crainte divine est semblable à un trésorier à qui on aurait donné les clefs intérieures sans lui fournir les clefs extérieures !’ »

Ainsi, une personne qui est savante en Torah mais n’est pas emplie de crainte de D. ne verra pas sa Torah se maintenir. C’est pourquoi de nombreux ouvrages au nom du Ari zal ainsi que du commentaire du gaon de Vilna sur Michlei ont fait part de l’obligation de se pencher sur des livres de moussar tous les jours. Ceci est d’autant plus vrai à notre époque, car de par nos nombreuses fautes, renégats et propagateurs d’idées mensongères se sont multipliés au sein du peuple. Il nous faut donc absolument nous renforcer dans l’étude du moussar, car elle seule nous aidera à ne pas nous décourager.

A quoi cela est-il comparable ? A quelqu’un qui se promène et est soudain frappé par une violente tempête. S’il n’est pas bien couvert par ses habits, le vent peut le dénuder complètement. Il en va de même dans notre domaine : de nos jours, alors que la tempête de l’hérésie s’enracine dans le monde, nous devons entretenir fermement l’étude du moussar, qui est l’habit protecteur de notre Torah, pour éviter d’être entraînés par le mouvement de l’époque.

C’est pourquoi, ajoute le ‘Hafets ‘Haïm, il convient et il est même nécessaire que toutes les yéchivot instituent chaque jour un moment pour l’étude du moussar. J’avais auparavant discuté avec des grands de la génération qui s’étaient alors opposés à cette idée. Or ils ont reconnu aujourd’hui que cette étude est devenue indispensable et que sans elle, nous ne sommes pas assurés de pouvoir acquérir la Torah et la crainte de Hachem. Tant les jeunes de yéchiva que les pères de famille pratiquants doivent consacrer un moment quotidien à l’étude des ouvrages menant à la crainte divine, comme le livre ‘Cha’arei Techouva’ etc. »

Lors d’une des visites du Gaon Rabbi El’hanan Wasserman à la yéchiva de Radin, le ‘Hafets ‘Haïm s’est enquis de la situation spirituelle à la yéchiva de Baranowitz.

Il a cherché à savoir sur quel aspect de l’éducation morale de ses disciples Rabbi El’hanan mettait l’accent. « Une yéchiva dans laquelle on n’étudie pas le moussar a peu de valeur, lui a-t-il répondu, elle est comme de la poussière qui s’envole. » Tout en parlant, il a fait mine de fermer son poing de rouler du tabac entre ses doigts, comme pour montrer concrètement l’aspect insignifiant de la chose.

Etudier des livres de moussar

Pour illustrer l’importance de l’étude du moussar, Rabbi Yéhouda Zéev Segal a raconté : « J’ai été témoin d’une histoire terrible concernant Rabbi Yossef Chemouël, chef du tribunal rabbinique de Francfort et auteur des Hagaot HaChass. Il était l’un des plus éminents sages de son époque et a enseigné la Torah à de nombreux disciples. Après son décès, ses élèves ont décidé de poursuivre leur étude ensemble dans le même lieu et se rassemblaient donc quotidiennement. Un jour, alors qu’ils étudiaient, ils ont soudain vu leur Rav défunt qui se tenait près de son bureau. Ils sont restés stupéfaits un instant avant que celui-ci ne les rassure : ‘N’ayez crainte, je vais vous expliquer la raison de ma venue.’ Voici ce qu’il leur a dit :

‘Dès mon arrivée dans le monde supérieur, il a été décidé que je siège dans le Gan Eden, aux côtés du Chla Hakadoch. Mais celui-ci a répliqué : ‘Certes Rabbi Yossef Chemouël a étudié toute la Torah et l’a propagée, mais j’ai pour ma part enseigné également le moussar et j’ai même écrit un ouvrage à ce sujet, tandis que lui non.’ Alors le tribunal céleste m’a permis de retourner chez mes élèves pour les éveiller à l’importance de l’étude du moussar et à la crainte divine.’

Puis il a conclu : ‘Je me tiens à présent devant vous et vous demande de vous engager à étudier des livres de moussar.’ Les élèves ont bien entendu accepté et le Rav a immédiatement disparu. »

Cette histoire est extraordinaire. Un gaon n’a pas pu accéder à la place qui lui revenait au Gan Eden uniquement parce qu’il n’avait pas exigé de ses élèves d’étudier du moussar ! (« Yira Vada’at »)

Il faisait fondre les cœurs

« Lorsqu’on entendait le gaon Rabbi Naftali Trop étudier du moussar avec ferveur et enthousiasme chaque soir avant de prier ma’ariv, il faisait fondre les cœurs et un saint respect nous emplissait tous. L’esprit se purifiait et s’élevait.

Il servait D. sans cesser d’aspirer à la perfection spirituelle. Il ne restait jamais indifférent et se parait de toute bonne mida.

Il était totalement soumis à autrui et annulait sa propre personne. Lorsqu’il épanchait son cœur devant le Créateur, il se perdait en supplications, avec la nostalgie d’un enfant qui cherche à ce que son père accepte sa requête (« Noten Imrei Chefer »). On a dit que quiconque n’avait pas vu Rabbi Ye’hiel Morde’haï Gordon, un homme déjà âgé, étudier du moussar au ‘beit hamoussar’ n’avait jamais vu une étude digne de ce nom. Avec une simple mélodie et une voix chevrotante, il étudiait chaque paragraphe, mot par mot, jusqu’à que sa voix s’élève et fende les cieux alors que de ses yeux coulaient des torrents de larmes et que l’émotion secouait toute sa personne… »

GARDE TA LANGUE

Le principe qui permet de se préserver

La décision de se préserver de la médisance n’est pas une simple résolution du cœur. Celle-ci doit s’accompagner d’un moment quotidien consacré à l’étude des halakhot et du moussar concernant la parole. Pour remédier à la médisance, il faut se pencher sur les détails des lois l’interdisant selon le Talmud et les midrachim de nos Sages. C’est d’ailleurs uniquement au sujet de cette étude que ceux-ci ont déclaré : « Qu’est ce qui nous permet de ne pas tenir de propos diffamatoires ? L’étude de la Torah. » En revanche, cette étude ne sera bénéfique que si nous nous engageons véritablement à ne pas transgresser ces interdits.

A LA LUMIERE DE LA PARACHAH

Extrait de l’enseignement du gaon et tsadik Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita

Les bonnes actions rapprochent de la Chekhina

« Il arrivait (vayéhi) que lorsque l’Arche partait, Moché disait : Lève-Toi Hachem, Tes ennemis seront dissipés et Tes adversaires s’enfuiront devant Toi » (Bemidbar 10, 35)

Les Sages ont dit (Meguila 10b) : « Nous avons une tradition venant des hommes de la Grande Assemblée selon laquelle partout où il est dit « vayéhi », c’est une façon d’exprimer une douleur. » Il faut donc comprendre de quelle douleur il est question ici au moment où l’Arche se mettait en route. On trouve dans la Guemara (Tan’houma Vayakhel 7) que : « Tous les miracles qui se produisaient pour les bnei Israël à cause de l’Arche se produisaient parce que la Chekhina s’y trouvait. » Or il est écrit : « L’Arche de l’alliance de Hachem avançait devant eux sur une distance de trois jours pour leur trouver un lieu de repos » – et elle tuait les serpents et les scorpions, brûlait les ronces et éliminait les ennemis d’Israël. Rabbi Elazar ben Pedat a dit au nom de Rabbi Yossi ben Zimra : « Deux étincelles sortaient d’entre les deux chérubins, tuaient les serpents et les scorpions et brûlaient les ronces, la fumée montait en volutes, et le monde entier était embaumé de l’odeur qui s’en dégageait. »

Par conséquent, de quelle douleur s’agit-il ? On peut dire que lorsque les bnei Israël campaient, ils étaient entourés de la Présence divine, mais quand les cohanim emmenaient l’Arche et se mettaient à marcher, ils ressentaient immédiatement l’absence de sainteté, c’est pourquoi cela leur causait de la peine. Que disait alors Moché ? « Lève-Toi, Hachem ! » Ils étudiaient la Torah et la crainte du Ciel au point de mériter de se tenir constamment devant D., ainsi qu’il est écrit (Téhilim 24, 2) : « Qui montera à la montagne de Hachem et qui se tiendra au lieu de Sa sainteté ? » Lorsque vous ferez de bonnes actions et des mitsvot, vous mériterez de vous lever au lieu de Sa sainteté et vous ne serez plus en deuil parce que l’Arche quitte sa place, puisque à tout instant vous vous tiendrez en Sa présence.

A LA SOURCE

« Pourquoi serions-nous privés d’offrir le sacrifice de Hachem en son temps ? » (9, 7)

Le ‘Hidouchei HaRim de Gour s’étonne :

Hachem ne tient pas rigueur dans un cas de force majeure, or quelqu’un d’impur est dispensé par la loi, alors pourquoi y aurait-il lieu de se plaindre ? Il n’y a pas ici de privation mais d’exemption !

Il explique : Ces hommes aspiraient tant à offrir le sacrifice de Pessa’h que par la force de ce désir, ils ont attiré une nouvelle mitsva, Pessa’h Chéni. Comme ils ont crié du plus profond du cœur « Pourquoi serions-nous privés », par leurs cris ils ont ouvert une nouvelle porte, par l’intermédiaire de laquelle la lumière de la sainteté s’est étendue jusqu’à Pessa’h Chéni.

« L’homme qui était pur et n’était pas en chemin » (9, 13)

L’ouvrage « Maoran chel Israël » rapporte au nom de Rabbi Akiva Eiger que ce verset contient une allusion au déclin spirituel provoqué par les aléas des voyages : Qui est l’homme qui est pur ? Il n’était pas en chemin, car les voyages poussent l’homme à la faute.

Voici un enseignement du même ordre du gaon Rabbi Itzele de Volojine :

« L’homme qui était pur, et n’était pas en chemin », car le voyage entraîne une négligence dans l’étude de la Torah et un trouble dans la concentration de la prière, et de nombreuses autres embûches.

« Nous voyageons vers l’endroit dont Hachem nous a dit : Je vous le donnerai, marche avec nous et nous te ferons du bien » (10, 29)

L’auteur de « Ma’alot HaTorah » apporte une précision merveilleuse : Le verset commence par le voyage (« nous voyageons ») et termine par la marche (« marche ») ! Or un verset a toujours un sens direct et littéral : « Nous voyageons », grâce aux nuées de gloire. En effet, ces derniers les soutenaient dans leurs périples, ainsi qu’il est dit : « Je vous porterai sur les ailes de l’aigle. » Mais Yitro était un converti, or les nuées de gloire n’entouraient pas les convertis, donc Moché lui dit : « marche avec nous », étant donné qu’il ne pouvait pas comme eux profiter des ailes des nuées.

« Hachem fut très irrité, et aux yeux de Moché, c’était mauvais » (11, 10)

Le livre « Min’ha Beloula » donne une raison du changement d’expression dans le verset ; quand il s’agit de Hachem il est dit « Il fut très irrité », alors que pour Moché il est dit : « c’était mauvais ». C’est parce que Moché jugeait les bnei Israël favorablement et pensait qu’en demandant « Qui nous donnera de la viande à manger », ils voulaient vraiment manger beaucoup de viande. Il ne les soupçonnait pas un instant de vouloir nier la Providence individuelle de Hachem. C’est pourquoi cela ne lui paraissait pas tellement grave. Mais le Saint, béni soit-Il, Qui sonde les reins et les cœurs, savait ce qui se cachait en eux, que ce n’était pas de la viande qu’ils voulaient, mais qu’ils cherchaient un prétexte pour tout renier. « Qui nous donnera de la viande à manger » signifiait en réalité : qui est celui qui a le pouvoir de nous fournir de la viande ? C’est pourquoi « Hachem fut très irrité », mais « aux yeux de Moché c’était mauvais », c’est-à-dire que Moché ne voulait pas les juger défavorablement , il croyait qu’ils voulaient manger beaucoup de viande, c’est pourquoi certes il estimait mauvais de pleurer pour une question de nourriture, comme des enfants, mais il ne s’est pas fâché contre eux à la manière dont Hachem S’est fâché.

La lumière du Zohar

Rabbi Abba a dit : « D. je Te prie, guéris-la (kEl na refa na la) », c’est le secret du nom de 11 lettres. Et Moché n’a pas voulu continuer à prier, parce que pour ses besoins personnels il ne voulait pas déranger davantage, c’est pourquoi le Saint, béni soit-Il a voulu qu’il soit honoré.

Partout, le Saint, béni soit-Il désire l’honneur des tsaddikim plus que le Sien propre, et dans l’avenir Il demandera des comptes sur les insultes infligées à Israël par les peuples idolâtres, et Il les réjouira par la joie de Sion, et alors « le sauveur viendra à Sion ».

SUR LA VOIE DE NOS PERES

Monsieur Klabari par exemple

Savez-vous qui le saint Zohar qualifie-t-il de « sots (chotim) » ? Cette expression commente et traduit les mots du verset relatant la chute de la manne : « Le peuple se dispersait (chatou) pour la recueillir, puis on l’écrasait sous la meule ou on la pilait au mortier » (Bemidbar 11, 8). Le Zohar précise : « Le peuple se dispersait (chatou) pour la recueillir », il s’agit des sots. Ces derniers sont donc ceux qui se sont baissés à terre pour ramasser la manne. En effet, ce qui appartient à quelqu’un et lui est destiné lui parviendra facilement, sans même qu’il ait besoin de se baisser pour l’amener à lui.

Pour quiconque voudrait un exemple concret et authentique, voici une fabuleuse histoire racontée par le gaon Rabbi Acher Weiss :

A Manchester vivait un père de famille qui passait son temps à étudier la Torah avec une confiance absolue en D.

Sa famille s’agrandissait d’année en année et c’était sa valeureuse épouse qui assumait toute la gestion de la maison, prenant garde à ne pas perturber son étude de la Torah. Le mari ne faisant qu’étudier, et comme la femme était occupée à éduquer ses enfants, ce couple vivotait dans une extrême pauvreté. Ils recevaient certes une aide de la part des parents, se contentaient de peu et étaient heureux de leur sort. Lorsque l’avrekh et sa femme eurent leur dixième enfant, les parents du mari ont exigé qu’il ailler travailler pour nourrir sa grande famille, mais il était absolument décidé à s’investir uniquement dans la Torah. Ses parents ont essayé d’obtenir de lui qu’il travaille à temps partiel, mais en vain. Il a même refusé des emplois dans un domaine de Torah.

A la naissance de leur onzième puis de leur douzième enfant, les grands-parents ont à nouveau tenté de convaincre leur fils de travailler, mais ce dernier campait sur ses positions. Il a annoncé résolument qu’il continuerait à étudier et restait convaincu que D. le soutiendrait et qu’il ne manquerait de rien. La venue au monde de leur treizième enfant n’a pas contribué à le faire changer d’avis, et son programme est resté identique. Ses parents étaient extrêmement contrariés et se sont presque fâchés avec lui. Mais c’est alors qu’une chose incroyable s’est produite :

Quelques jours après la circoncision de son dernier fils, l’avrekh a reçu un courrier provenant du « Tribunal départemental ». Il a ouvert l’enveloppe et a découvert à son grand étonnement qu’il était convoqué au tribunal à telle date pour une affaire en rapport avec un certain Monsieur John P. Klabari. Ne voyant pas le rapport entre lui, le tribunal et un tel homme dont il n’avait jamais entendu le nom, il a immédiatement renvoyé une lettre pour dire qu’il s’agissait d’une erreur.

Mais il a reçu en retour un courrier avec l’instruction univoque de se présenter obligatoirement au tribunal, au jour et à l’heure prévus pour l’affaire, afin d’exécuter le testament laissé par Monsieur John P. Klabari décédé à telle date. Notre ami s’est donc rendu sur les lieux où on l’a informé que Monsieur Klabari avait quitté ce monde sans laisser de descendants. Dans son testament, il demandait de léguer toute sa richesse (constituée de deux entreprises et de nombreux autres biens) à la plus grande famille de la ville.

Puis le juge s’est adressé au père de famille : « Nous avons vérifié à l’état civil, et il s’est avéré que votre famille était la plus nombreuse. Il y a deux semaines encore, il y avait une autre famille dans la ville composée de douze enfants. Mais grâce à votre dernier garçon né tout récemment, vous êtes devenus la famille la plus importante, et c’est pourquoi l’héritage vous revient… »

Fournir des efforts pour acquérir sa subsistance n’est qu’une « punition » et une « malédiction » : « Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front. » L’épisode de la manne dans le désert a montré publiquement que certains se sont fatigués pour la ramasser tandis que d’autres ont fourni beaucoup moins d’efforts, et finalement : « Celui qui en avait beaucoup pris n’en avait pas trop, celui qui en avait peu n’en manquait pas. » Quoi qu’il en soit, nos Sages nous ont enseigné (Betsa 16a) : « La quantité de biens qu’une personne acquerra est fixée dès Roch Hachana. » S’il en est ainsi, mieux vaut nous soustraire au maximum de la malédiction.

Dans « Messilat Yecharim », on trouve l’enseignement suivant : « Reposons-nous entièrement sur D., sachant que ce qui nous a été destiné ne nous manquera jamais. » Nos Sages ont d’ailleurs dit (Betsa 16) que ‘toute la subsistance d’une personne est fixée à Roch Hachana.’ Ils ont également affirmé (Yoma 38) : ‘Personne ne peut attenter ne serait-ce que d’une infime partie à ce qui appartient à autrui’. Nous aurions pu rester oisifs et voir le décret (de la subsistance fixée en début d’année) se réaliser, n’était la punition qui nous a tous frappés : ‘Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front’ (Berechit 3)’. C’est pourquoi nous devons nous donner de la peine pour gagner notre vie. Tel est le décret du Roi suprême. C’est comme un impôt qui frappe toute l’humanité sans que l’on puisse y échapper. » A un impôt, nous ne pouvons nous soustraire : nous essayons seulement de nous y dérober le plus possible…

 

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