La Paracha de la semaine en format PDF

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paracha de la semaine

Vayelekh

22 Septembre 2012

6 Tichri 5773

deux nerot HORAIRES DE CHABBAT

DEBUT

FIN

Paris

19:32

20:32

Lyon

19:22

20:19

Marseille

19:19

20:15

ARCHIVES DE L'ANNEE 2002 A 2012 ARCHIVES

Chabbat Chabaton

(par Rabbi David Hanania Pinto Chelita)

Penchons-nous un peu sur l’importance de ce grand et saint jour de Kippour, dont nous sortons à peine et dont l’influence se prolonge jusqu’à la « signature » finale d’Hochana Rabba. Dans la Torah, il est appelé « Chabbat Chabaton ». En effet, ce jour-là nous cessons toutes nos activités matérielles, nous ne mangeons pas, ne buvons pas, ne nous lavons pas, et ne portons pas de chaussures en cuir. Nous sommes entièrement « spiritualité », nous nous revêtons de blanc, nous ressemblons aux anges, et nous prions à D. avec supplications et soumission.

La grandeur du Chabbat

Le Ben Ich ‘Haï a expliqué ainsi (Chana Chenia, Parachat Vayéra) l’essence du saint Chabbat hebdomadaire : « Il n’existe rien qui n’ait à la fois un aspect extérieur et un aspect plus profond. Il en est ainsi pour toute mitsva, en l’occurrence pour celle des plaisirs du Chabbat : tout d’abord le corps jouit de ce jour, puisque nous nous habillons mieux, faisons des repas de fête, et profitons de plus de plaisirs que durant la semaine. On peut également se reposer, car on est déchargé de toute contrainte et de toute activité matérielle. Il s’agit de l’aspect dévoilé. Quant au côté plus profond, il s’agit du plaisir qu’éprouve l’âme grâce au rajout d’un souffle de sainteté du Chabbat, et à l’illumination des mondes supérieurs et des associations de midot faites en Haut. Tout ceci ne nous est bien sûr pas apparent. »

Puis il a ajouté : « Ceci nous permet de comprendre pourquoi, lors de l’accueil du Chabbat, on dit deux fois ‘Boï kala, boï kala’ à voix haute, et une fois à voix basse. Les deux fois à voix haute sont à mettre en parallèle avec les aspects extérieurs, apparents et liés au corps, qui sont : d’une part le plaisir de la nourriture et de la boisson, qui relèvent de l’aspect positif, et d’autre part le bien-être dû à la cessation de toute activité, qui relève de l’aspect négatif. Quant au ‘Boï kala’ récité à voix basse, il correspond à l’intériorité, à la voie cachée appartenant à l’âme qui reçoit un supplément de sainteté, et à l’âme supplémentaire du saint Chabbat. »

Ainsi, pendant le Chabbat, nous sommes détachés de toutes nos autres activités, ainsi que de nos préoccupations financières de subsistance. « Avec le Chabbat, arrive le repos » : un repos à la fois matériel et spirituel, extérieur et intérieur. Le Chabbat signifie le répit, la paix, la tranquillité et la sécurité, tant par rapport à D. que par rapport à autrui. Or ce repos a le pouvoir de guérir notre âme. En effet, toute la semaine nous nous affairons, et de nombreux soucis nous préoccupent. Puis arrive un jour de repos et de pause, et cela procure d’immenses bienfaits à notre être. Mais ces effets positifs nous apparaissent clairement ! Or sachons que de manière cachée aussi, l’arrivée du Chabbat entraîne la venue d’une âme spirituelle, d’une âme supplémentaire s’habillant d’un corps et installant un supplément de sainteté et de pureté.

S’il en est ainsi lors d’un Chabbat ordinaire, à combien plus forte raison de Yom Kippour, Chabat Chabaton, jour qui n’est pas seulement repos, mais également une véritable pause, un détachement complet de toutes les activités de ce monde, tant extérieures (comme la subsistance) que personnelles (comme la nourriture et la boisson). Ainsi, l’influence sur notre âme en est décuplée.

Les dix jours de repentir, parallèlement aux dix sefirot

Les dix jours qui vont du premier jour de Roch Hachana à Yom Kippour sont appelés « les dix jours de repentir », durant lesquels D. Se rapproche de nous. Nos Sages attribuent à cette période le verset d’Isaïe (55, 6) « Cherchez le Seigneur pendant qu’Il est accessible ! Appelez-Le tandis qu’Il est proche ! » : durant ces jours-là, le Roi se trouve dehors, proche de Son peuple et de Ses fils.

Ces dix jours sont à mettre en parallèle avec les dix sefirot du monde, qui constituent les canaux et les ustensiles reliant la réalité du Créateur au monde inférieur. En effet, D. ne pourrait résider parmi nous sans Se rétracter, car le monde ne pourrait subsister dans cette extrême sainteté. Or ces dix sefirot sont précisément les voies que la présence divine emprunte pour rejoindre notre monde.

A quoi cela ressemble-t-il ? A quelqu’un qui tenterait de regarder le soleil. S’il lève simplement les yeux vers lui, il sera ébloui par la lumière puissante qui en émane, ne pourra rien voir, et détériorera même sa vue. C’est uniquement en utilisant divers filtres qu’il pourra observer le soleil. Tel est le principe des dix sefirot : elles nous permettent d’être les réceptacles de la profusion céleste.

Mais pendant les dix jours de repentir, un miracle se produit : le Roi se trouve dehors, le Créateur Se rapproche de nous, « Appelez-Le tandis qu’Il est proche », Il Se trouve à notre portée sans aucune distance. Chaque jour, Il Se rapproche davantage : c’est comme si une sefira disparaissait. Ainsi, si nous en prenons conscience, et profitons de ces jours-là avec les intentions adéquates, nous pourrons ressentir cette proximité particulière, et comprendre que le jour que nous vivons est plus élevé que la veille… jusqu’à atteindre le jour le plus redoutable : le saint jour de Kippour.

Comme nous l’avons dit, l’essence même de Yom Kippour est la présence de Hachem parmi nous, sous sa forme la plus élevée. D’ailleurs, Rabbi a expliqué que l’essence de ce jour opère un rachat, même sans aucun repentir ni geste de notre part, car D. Se rapproche de nous et vient à notre rencontre. Il s’agit du plus fort degré de proximité entre le peuple d’Israël et Hachem.

Il est vrai que selon la halakha, l’expiation n’est possible que grâce au repentir associé à Yom Kippour. Dans les termes du Rambam : « Le jour de Kippour opère une expiation pour ceux qui se repentent. » En réalité, pour ressentir cette proximité, il faut une préparation, une réflexion adaptée, et essentiellement une techouva : revenir (lachouv) vers Lui en abandonnant les fautes et les mauvaises habitudes, et en adhérant au bon chemin.

Ainsi, dans la Guemara Ta’anit, nos Sages témoignent au sujet de Yom Kippour que le peuple d’Israël n’a pas de plus grande fête que lui, d’une part à cause de l’essence même de ce jour, où D. Se rapproche de nous avec la plus grande proximité qui soit, et d’autre part grâce à nos actions, c’est-à-dire le respect des cinq interdictions et le détachement de la matérialité. Par tout cela, ce jour devient Chabat Chabaton. Et ce, avant même d’avoir évoqué le merveilleux cadeau que D. nous a offert en ce jour-là : « Car en ce jour il vous sera pardonné, devant Hachem purifiez-vous », cadeau sans équivalent !

LES PAROLES DES SAGES

Les kapparot et Hochana Rabba

Dans son commentaire du traité Chabbat (81b), Rachi nous révèle pour la première fois la coutume des « kapparot », aujourd’hui répandue dans toutes les communautés juives :

« Dans les responsa des Gueonim, j’ai trouvé qu’on fabriquait des paniers à partir de branches de palmiers, et qu’on les remplissait de sable et de fumier. Puis 22 ou 15 jours avant Roch Hachana, on en préparait un pour chaque enfant du foyer, et on y semait une fève égyptienne ou une légumineuse et un végétal. La veille de Roch Hachana, chacun prenait le sien, et le faisait tourner sept fois autour de sa tête en disant ‘Celui-ci vient en place de celui-là, voici mon échange, voici ma substitution’, puis le jetait au fleuve. »

La différence entre échange (‘halifa) et substitution (temoura) est la suivante : la ‘halifa consiste à obtenir quelque chose de bien en échange de quelque chose de mal, tandis que la temoura est l’échange de quelque chose de bon contre quelque chose de mauvais. En effet, il est écrit (Vayikra 27, 10) : « On ne peut ni le changer ni le remplacer, s’il est bon par un mauvais ou s’il est mauvais par un bon », donc le changer est pour quelque chose de mauvais, et le remplacer pour quelque chose de bon. Dans ce cas, comme le fauteur a un niveau moral pire que celui d’un animal, le coq peut constituer sa « ‘halifa ». Mais puisqu’au moment des kapparot, il se confesse et se repent complètement, il devient plus élevé que les animaux, et ce coq ne représente plus qu’une « temoura ».

L’habitude admise la plus répandue dans les communautés juives est de faire tourner un coq au-dessus de la tête de la personne concernée par la kappara. On la trouve exprimée clairement dans les responsa des Gueonim et chez le Mordekhaï : « Lorsque l’on égorge un coq la veille de Kippour, on doit le faire avec une intention pure. De même, il est de coutume chez les sages d’Israël et dans l’ensemble des familles de faire tourner des coqs et des poules encore vivants au-dessus des têtes des membres du foyer, en déclarant : ‘Celui-ci vient en place de tel, il vient en échange de tel, celui-ci entre pour la vie tandis que celui-là va pour la mort’. Ensuite on égorgeait rituellement ces volailles, et on les distribuait aux pauvres, aux veuves et aux orphelins afin que cette tsedaka constitue une expiation pour l’âme. Certains procédaient ainsi également à Roch Hachana. Certaines personnes particulièrement aisées faisaient de même avec des béliers, des moutons ou des agneaux, et les distribuaient aux pauvres. »

« Et nous avons l’habitude de prendre un coq et de l’amener à un homme sage ou pieux qui saura avoir la concentration nécessaire, et ensuite on envoie ce coq à quelqu’un à qui il n’est pas destiné pour en faire une tsedaka, car on sait qu’elle protège de la mort. Et on cherche un coq blanc, pour que nos fautes qui étaient écarlates blanchissent comme la neige (Or Zaroua, Chiboleï HaLéket, Kol Bo et d’autres).

Dans une réponse faite par les Gueonim à Rav Sasna Gaon, le choix du coq pour les kapparot est expliqué ainsi : « Vous avez demandé pourquoi nous avons l’habitude de prendre pour les kapparot un coq; en effet, s’il s’agit de donner un animal en échange de sa personne, quelle particularité présente le coq par rapport à un autre animal domestique ou sauvage ? C’est une vraie question. Nous pouvons expliquer cette habitude par deux raisons. Tout d’abord, il est plus aisé pour tous de se procurer un coq qu’un animal domestique ou sauvage. On trouve d’ailleurs dans nos contrées certaines familles riches qui choisissent de prendre des béliers afin d’évoquer le bélier de la ligature de notre père Yitz’hak. Toutefois, nous avons entendu de nos maîtres qu’il était préférable de prendre un coq plutôt qu’une bête plus onéreuse, car, comme l’homme, il est appelé guéver ! »

Le Levouch émet l’opinion particulière que l’on peut, a posteriori, utiliser des poissons pour les kapparot. Quiconque n’aurait pas de coq à sa disposition pourra utiliser des poissons. Mais il ne faudra pas prendre des bêtes destinées à être offertes en sacrifice comme des tourterelles ou des colombes. Toutefois, le gaon Rabbi Chem Tov Ganin a réfuté cette opinion dans son livre « Keter Chem Tov » (page 225) : « Comment est-il possible d’utiliser des poissons comme expiation ? En quoi serait utile un poisson mort, inanimé comme un morceau de bois ? Comment proclamera-t-on ‘Ce poisson mourra’, alors qu’il est déjà mort, pourri, et disparu de ce monde ? »

Dans son saint Choul’han Aroukh, Rabbi Yossef Karo a tranché qu’il vaut mieux éviter de faire la kappara la veille de Kippour en égorgeant un coq pour chaque garçon et en récitant les versets. Il s’est basé sur le Ramban et le Rachba, qui interdisent cette coutume à cause des habitudes des Emorim. Le Rachba l’a écrit lui-même : « J’ai beaucoup œuvré pour cela, et par une grande bonté divine, mes paroles ont été écoutées, et il ne reste plus rien de ce genre dans notre ville. »

Malgré cela, nous avons coutume d’égorger les kapparot chaque année la veille de Kippour. Bien que quelques Richonim ne suivent pas cette habitude, elle s’est déjà répandue selon l’avis de la plupart des Gueonim, d’autant plus que le saint Ari zal veillait particulièrement à la respecter. Voici les termes employés par son disciple Rabbeinou ‘Haïm Vital dans « Cha’ar Hakavanot » :

« Mon maître faisait très attention à respecter la coutume des kapparot mentionnée dans les livres des Gueonim. Il prenait un coq pour chaque garçon de la famille, et une poule blanche pour chaque fille de la maison. Pour les femmes enceintes, dans le doute, il égorgeait deux bêtes (un coq dans le cas où elle attendait un garçon, et une poule dans le cas où elle attendait une fille), et encore une poule pour la mère elle-même. » Il est écrit dans le fascicule des principes du Rav Sithon dans le livre « Eretz Ha’haïm » que l’on suit l’avis du Ari zal, même s’il s’oppose à celui de Maran.

Les Yéménites, quant à eux, ne suivent pas la coutume des kapparot, car le Rambam ne l’a jamais mentionnée. En revanche, dans les villes du Maroc, les gens sont restés très fidèles à cette coutume, et égorgent même un coq ou une poule pour des gens malades. Ils font la kappara la veille de Yom Kippour, en ayant foi qu’une âme est prise à la place de l’autre. Puis la kappara est enterrée au cimetière près du tombeau d’un mort.

En Egypte, il est de coutume d’égorger les kapparot la veille d’Hocha’ana Rabba, comme en témoigne le gaon Rabbi Raphaël Aharon ben Chimon dans son ouvrage Nahar Mitsraïm. Ils fondent cette coutume sur le fait que le jour d’Hocha’ana Rabba est considéré comme un petit Yom Kippour, et que le jugement y est scellé. En effet, le midrach rapporte : « Hachem a dit à Avraham ‘Je suis unique, et tu l’es aussi. Je vais donc donner à tes enfants un jour unique pour pardonner leurs fautes, et ce sera Hochana Rabba, le 21e jour de Tichri. Si tes enfants ne sont pas pardonnés à Roch Hachana, ils le seront à Yom Kippour. Et s’ils ne le sont toujours pas, ils le seront à Hochana Rabba.’ » D’où leur coutume de procéder aux kapparot la veille de Hochana Rabba.

GARDE TA LANGUE

Quiconque médit de son prochain transgresse un commandement négatif, puisqu’il est dit « Ne va point colportant le mal parmi les tiens. » Ceci constitue une grande faute, pouvant causer la mort de nombreux membres du peuple d’Israël. C’est pourquoi le verset qui suit immédiatement est « Ne sois pas indifférent à la mort de ton prochain » : en effet, la médisance de Doeg HaEdomi a provoqué la mort de tous les habitants de Nov, la ville des Cohanim.

A LA LUMIERE DE LA PARACHAH

Extrait de l’enseignement du gaon et tsadik Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita

La Torah constitue un bouclier face au yetser hara

« Reviens, Israël, jusqu’à Hachem (ad Hachem), ton D., car tu es tombé à cause de ton péché. Armez-vous de paroles (devarim), et revenez à Hachem (el Hachem) ! » Pourquoi est-il dit au début « ad Hachem » et ensuite « el Hachem » ? De plus, que signifie « Armez-vous de paroles » ? Penchons-nous sur l’explication que nos maîtres nous livrent sur ce verset (Sifri Devarim 306) : « Le terme ‘devarim’ désigne les paroles de la Torah, comme il est dit (Devarim 5, 18) ‘Ces paroles (hadevarim), Hachem les a adressées à toute votre assemblée.’ » Ainsi, notre verset signifie que le fait de regretter nos mauvaises actions ne suffit pas, et que le véritable repentir n’est possible que par une immersion dans l’étude de la Torah, grâce à laquelle nous ne reproduirons plus nos fautes. Ces deux éléments sont indissociables : en effet, quiconque étudie la Torah mais ne regrette pas ses péchés quittera ce monde sans s’être repenti. Et quiconque se repent, mais n’étudie pas la Torah, finira par retomber dans la transgression, car rien n’est aussi efficace que les paroles de Torah pour résister à la faute.

Le prophète se demande en quoi consiste la mitsva de techouva, et répond qu’il s’agit avant tout pour le fauteur d’abandonner sa faute, et de la regretter sincèrement. C’est le sens de l’injonction « Reviens, Israël, jusqu’à Hachem (ad) » : Comment pouvons-nous revenir jusqu’à Hachem, et réaliser une techouva complète ? En nous « armant de paroles », de paroles de Torah. A ce moment-là, nous serons revenus vers Hachem : nous serons assurés de ne plus jamais retomber dans nos fautes, car nous étudions la Torah, et que celle-ci constitue un bouclier face au yetser hara.

Sachons que l’essentiel du repentir réside dans l’étude de la Torah. En effet, quiconque se repent sans étudier est susceptible de transgresser de nombreux commandements qu’il ne connaît pas, puisqu’il ne les a jamais étudiés ! C’est pourquoi le repentir doit être immédiatement suivi de l’étude, afin de savoir ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas. C’est pourquoi il est écrit dans le Choul’han Aroukh (Rema Ora’h ‘Haïm 624, 5) : « Ceux qui sont pointilleux commencent dès l’issue de Yom Kippour à construire la Souka afin de passer d’une mitsva à une autre. » Après s’être amendés à Kippour, ils s’affairent tout de suite à accomplir les mitsvot, afin de se préserver de la faute.

A LA SOURCE

« Convoque le peuple entier, hommes, femmes et enfants » (31, 12)

La phrase « Convoque le peuple entier » sous-entend « tout le peuple, sans exception ». Pourquoi alors le verset détaille-t-il « hommes, femmes et enfants » ?

Le « Me’am Lo’ez » répond que ceci vient faire allusion aux trois devoirs qui incombent à l’homme et à la femme : l’homme a l’obligation d’étudier la Torah, la femme doit écouter les paroles de son mari, comme il est dit « Qu’appelle-t-on une femme vertueuse ? Celle qui accomplit la volonté de son mari » (Tanna DeBei Eliahou 9), et tous deux ont le devoir de guider leurs enfants dans le chemin de la Torah et des mitsvot.

C’est donc parallèlement à ces trois comportements qu’il est écrit « hommes, femmes et enfants ». Nos Sages ont d’ailleurs expliqué : « Les hommes, pour qu’ils apprennent. Les femmes, pour qu’elles écoutent. Et les jeunes enfants, pour procurer du mérite à ceux qui les ont amenés, c’est-à-dire à leurs parents qui les ont amenés sous les ailes de la présence divine, et qui les guident sur la voie de la Torah et des mitsvot. »

« Et nombre de maux et d’angoisses viendront l’assaillir. Alors, il se dira : ‘En vérité, c’est parce que mon D. n’est plus au milieu de moi que je suis en butte à ces maux.’ » (31, 17)

Le gaon Rabbi Eliezer Mena’hem Shakh, directeur de la yéchivat Poniewitz, se demande pourquoi le verset commence par « nombre de maux (raot) et d’angoisses (tsarot) », et se termine uniquement par « maux » (raot), et non par « je suis en butte à ces maux et ces angoisses » ?

Il y apporte une réponse merveilleuse dans son livre « Avi Ezri » : le mot « raot », traduit par « maux », correspond au mal même. Mais le terme « tsarot (angoisses) » représente le désespoir qui nous accable à cause de notre situation délicate, au point d’être déprimés et de ne plus voir que le mal dans notre univers. Or ceci nous arrive à cause d’un manque de confiance et de foi en D., et nous en devenons opprimés et accablés.

En revanche, quiconque est empreint de crainte divine et croit solidement en D. ne donnera pas d’importance à ces « tsarot (angoisses) », rien ne l’importunera ni ne le tourmentera. Comme l’a dit le roi David, « Même si je vais dans la sombre vallée de la mort, je ne craindrai aucun mal, car Tu es avec moi » : dans chaque chose on peut trouver la tranquillité et la consolation, car ceux qui mettent leur espoir en D. trouvent leurs forces renouvelées.

Or après que Hachem a envoyé des souffrances pour expier les fautes, et qu’on voit clairement que « c’est parce que mon D. n’est plus au milieu de moi etc. », alors les « angoisses (tsarot) » disparaissent, car nous comprenons la raison des « maux (raot) » qui nous ont frappés. C’est pourquoi il est dit uniquement« je suis en butte à ces maux ».

« Et maintenant, écrivez pour vous ce cantique, qu’on l’enseigne aux enfants d’Israël » (31, 19)

Il est écrit dans le Séfer Ha’Hinoukh : « Sache, mon fils, que bien que l’essentiel de nos obligations se trouve uniquement dans la Torah écrite, il ne fait aucun doute que nous devons faire tout notre possible pour respecter aussi les autres livres composés selon cette même Torah, même s’ils sont très nombreux. Telle a été l’attitude adoptée par tous les hommes de qualité craignant D. qui nous ont précédés : aménager un lieu d’étude chez eux pour que les auteurs puissent écrire de nombreux ouvrages, selon la bénédiction que Hachem leur a accordée. »

Puis l’auteur conclut : « Quiconque agit ainsi sera béni, lui et ses enfants deviendront sages. »

« Vienne alors la multitude de maux et d’angoisses qui doivent l’atteindre » (31, 21)

Le Maguid de Doubno écrit : le soir, le marchand ambulant qui se tient au marché avec ses paniers a déjà vendu l’essentiel de sa marchandise, il ne détient plus que les restes, et il est pressé de rentrer chez lui. Il prend le peu de poires qui restent dans un panier, les quelques prunes de l’autre panier, les mélange puis les vend à moitié prix, car il veut s’en débarrasser le plus vite possible.

C’est pourquoi la Torah a dit « Vienne alors la multitude de maux et d’angoisses qui doivent l’atteindre » : lorsqu’on constate que de nombreux malheurs et souffrances s’abattent sur le peuple d’Israël, c’est un signe que la marchandise est déjà épuisée, et qu’il n’y a plus que des restes, nous sommes déjà sur les « talons du Machia’h », proches du moment de sa venue ; puisse-t-il arriver rapidement !

« Or, lorsque Moché eut achevé de transcrire les paroles de cette loi sur un livre » (31, 24)

Rabbi Raphaël Moché Elbaz se réfère dans son livre « ‘Eden Mikedem » aux paroles du midrach qui dit que lorsque le jour de sa mort, notre maître Moché a fini d’écrire le livre de la Torah, l’ange Gabriel est descendu du Ciel et a pris le séfer Torah pour le porter dans les mondes supérieurs et y répandre la grandeur de Moché. Les tsaddikim qui se trouvent dans les cieux lisent dans ce séfer Torah le Chabbat, les jours de fête, et les lundi et jeudi.

UNE VIE DE TORAH

Lorsque le Admor Rabbi Issakhar Dov de Belz zatsal se trouvait à Vienne, une nuit de Chabbat, à deux heures du matin, il sortit un peu dehors et entendit la voix de la Torah qui montait d’une petite synagogue se trouvant à proximité. Il s’en approcha, et se tint longtemps à côté de la porte fermée, ne voulant pas entrer pour ne pas interrompre celui qui étudiait.

Quand il a fini par entrer, il a vu devant lui un soldat qui était assis en train d’étudier avec une grande concentration. Quand celui-ci a senti sa présence, il s’est levé et s’est approché de lui. Rabbi Issakhar lui a demandé qui il était.

Voici ce que lui a raconté le soldat viennois : « Quand j’ai été réquisitionné pour servir dans l’armée, j’ai supplié Hachem de m’aider à ne pas profaner le Chabbat. Comme premier poste, on m’a envoyé servir l’un des officiers supérieurs. Et quand je suis rentré dans cette charge, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai demandé à l’officier dont je dépendais de me donner congé le jour du Chabbat. Il a accepté. Et depuis, j’ai pris sur moi que le Chabbat soit entièrement consacré à Hachem ; pendant toute la journée du Chabbat j’étudie la Torah, et je m’efforce de ne pas me laisser distraire de cette étude.

Rabbi Issakhar Dov a dit là-dessus : « Qui sait si des gens comme cela ne retardent pas la gueoula ! » Et il s’expliquait ainsi : Il se peut que pour le Saint, béni soit-Il, l’étude de ce soldat soit plus importante que le sacrifice de Pessa’h et l’holocauste quotidien, comme l’ont dit les Sages : « l’étude de la Torah est plus grande que les holocaustes quotidiens », et en particulier quand on étudie avec tant de dévouement. Mais comment est-il possible de dire que la sainte Torah provoque un retard de la délivrance…

Des pleurs derrière l’écurie

Lorsque l’un des enfants du gaon Rabbi Yossef Chalom Eliachiv zatsal a été hospitalisé pour être opéré, la rabbanit Sheina ‘Haya a pensé qu’il fallait en parler à son mari. Elle est allée à la synagogue Ohel Sara, et quand elle s’est approchée et a entendu la voix qui chantait la mélodie de la Torah, elle a fait marche arrière. En chemin, elle s’est dit : tout de même, il faut qu’il le sache, et qu’il demande la miséricorde du Ciel pour l’enfant. Elle est revenue sur ses pas, jusqu’à ce qu’elle entende cette voix, et alors elle a rebroussé chemin. Et encore une troisième fois, elle s’est approchée de la synagogue, mais la voix de la Torah l’a arrêtée. Elle est partie seule à l’hôpital, et c’est seulement tard dans la nuit que le père a entendu que l’enfant avait été opéré avec succès.

Pour mieux apprécier ce récit, il faut y ajouter l’histoire suivante : le Rav Yossef Chalom Eliachiv zatsal était né après dix-sept ans de mariage de ses parents, pendant lesquels ils n’avaient pas eu d’enfant. Voici ce qu’on raconte sur ce qui leur a fait mériter un fils aussi grand :

Au moment de la mort de l’épouse du kabbaliste Rabbi Chelomo Eliachiv zatsal, auteur de « Lechem, Chevo VéHa’hlama », sa fille et son gendre, le Rav Avraham Eliachiv, père de Rabbi Yossef Chalom, vinrent habiter chez lui dans la ville de Shavil. Un jour, les époux reçurent une réponse des plus grands médecins de Vilna, selon laquelle ils n’avaient aucune possibilité d’avoir un enfant. La femme ressentit le besoin d’exprimer son chagrin par des larmes, mais comme elle craignait de faire de la peine à son père en le détournant de son étude, elle alla se cacher derrière l’écurie, et là elle éclata en sanglots.

Alors quelle pleurait encore, son père, l’auteur du « Léchem », passa par là et lui demanda : « Ma fille, pourquoi ces pleurs, qu’est-ce qui t’est arrivé ? » Elle lui répondit dans sa peine : « Tu le sais bien, père ! » Il insista : « Mais pourquoi pleurer dehors plutôt qu’à la maison ? » Elle répondit qu’elle n’avais pas voulu que ses sanglots le dérangent dans son étude.

Le gaon fut émerveillé de la belle âme de sa fille, et dit : « Si tu fais tellement attention à ne pas détourner quelqu’un de l’étude de la Torah, tu as des mérites, et avec l’aide de Hachem tu auras un fils qui éclairera les yeux d’Israël par sa Torah et sa crainte du Ciel, et que rien ne pourra détourner de son étude. » (Touvkha Yabiou)

Comment peut-on dormir ?

Le Admor de Klausenbourg zatsal a raconté : « On a un jour demandé à mon saint grand-père, l’auteur de « Divrei ‘Haïm », pourquoi il dormait si peu. Il a répondu : « Quand on a demandé à Alexandre de Macédoine pourquoi il dormait peu, il a répondu que lorsque l’homme dort, il n’est pas roi, et comment peut-on renoncer à la royauté ? Or de nous, il est dit : « Vous serez pour Moi un royaume de prêtres », et les créatures célestes nous craignent et tremblent devant nous, comment donc pourrions-nous dormir ? »

Il a continué par des paroles d’éveil : « Celui qui perçoit une infime partie du goût exquis de la sainte Torah ne peut pas fermer la Guemara pour aller manger, échanger un plaisir continu contre un plaisir transitoire. Cela ressemble à quelqu’un qui a une immense fortune et à qui il ne manque rien de tout ce qu’il pourrait désirer, mais qui préfère manger un bonbon ! »

C’est lui que je veux comme Roch Yéchiva

Le gaon Rabbi Elazar Man Shakh zatsal a été dans sa jeunesse Roch Yéchiva de Karlin, dans la ville de Luninetz. Comment un Rav lituanien en est-il arrivé à être Roch Yéchiva d’une yéchiva ‘hassidique ? Voici ce qu’on raconte à ce sujet :

Un jour, des grand de la Torah de Lituanie et de Pologne se rassemblèrent, avec la présence de Rachei Yéchivot et d’Admorim, tous éminents. Au plus fort de la réunion, un jeune avrekh rentra, bouleversé, et sans regarder personne des rabbanim assemblés, il alla vers la table d’honneur. Quand on essaya de l’arrêter, il tint bon, en disant à ceux qui l’entouraient : « Il faut absolument que je rentre. »

Il s’adressa au plus important d’entre eux, le gaon Rabbi ‘Haïm Ozer Grodzenski zatsal, et lui dit : « En ce qui concerne la question d’hier, j’ai une réponse simple… » L’un des présents se leva et protesta : « Jeune homme, un peu de politesse ! »

L’avrekh demanda pardon à l’assemblée et s’en alla.

Lorsqu’il fut sorti, Rabbi ‘Haïm Ozer s’adressa avec un sourire aux participants et dit : « Tant que cet avrekh a une question ou une réponse, il ne sait rien de ce qui se passe autour de lui, donc il n’y a rien à lui reprocher. »

L’Admor Rabbi Avraham Elimélekh de Karlin zatsal, qui était présent, s’adressa à Rabbi ‘Haïm Ozer et dit : « Dans ce cas, c’est lui que je veux comme Roch Yéchiva pour ma yéchiva. C’est une telle personnalité que je cherche ! »

La demande du Admor de Karlin fut exaucée, et cet avrekh, qui n’était autre que le Rav Elazar Mena’hem Shakh, fut accueilli à la tête de la yéchiva, où il enseigna la Torah et la crainte du Ciel pendant quatre ans.

 

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