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paracha de la semaine

Chabat Hol Hamoêd Soukot

6 Octobre 2012

20 Tichri 5773

deux nerot HORAIRES DE CHABBAT

DEBUT

FIN

Paris

19:03

20:02

Lyon

18:55

19:52

Marseille

18:54

19:50

ARCHIVES DE L'ANNEE 2002 A 2012 ARCHIVES

LA MITSVA DE SOUKA – LA FOI EN D. ET EN SES MITSVOT

On connaît la célèbre question : pourquoi le Saint béni soit-Il a-t-Il ordonné d’accomplir la mitsva de souka en Tichri et non en Nissan, moment où nous sommes sortis d’Egypte, ainsi qu’il est dit : « Pour que vos générations sachent que j’ai installé les bnei Israël dans des soukot quand Je les ai fait sortir du pays d’Egypte. »

Le Tour Ora’h ‘Haïm (par. 625) répond à la question de la façon suivante : Même si nous sommes sortis en Nissan, nous n’avons pas reçu l’ordre à ce moment-là de faire une souka, car c’est le moment de l’été, tout le monde a l’habitude de faire une souka pour avoir de l’ombre, et il serait impossible de savoir que la construction de cette souka résulte d’un ordre du Créateur. Il nous a ordonné de la faire en Tichri, qui est le moment des pluies, où la plupart des gens ont l’habitude de sortir de leur souka pour rentrer dans la maison, alors que nous sortons de la maison vers la souka, montrant ainsi à tout le monde que nous agissons pour obéir aux ordres du Roi.

Le fait même d’accomplir la mitsva de souka en Tichri et non en Nissan nous enseigne un merveilleux principe dans le service de Hachem. On sait que l’homme est constamment assailli d’épreuves, mais il veut toujours les surmonter. Et effectivement, le moment de s’améliorer dure pendant toute l’année. Comment ? En Nissan, le mois de la délivrance, l’homme fait sortir de sa maison (de son cœur) ‘hamets et levain, et ainsi il se rapproche de Hachem. Ensuite, en Iyar, il continue à s’élever, car ce sont les jours du compte du omer, et du travail sur soi-même.

Et si cela ne suffit pas, en Sivan l’homme s’élève encore plus, car alors il reçoit la Torah, et il s’attache à Hachem par la Torah. Quand arrivent les mois de Tamouz et Av, il continue à travailler sur lui-même, car chacun veut réparer les raisons qui ont provoqué la destruction du Temple, comme le Lachone HaRa et la haine gratuite. Et par-dessus tout, en Eloul, et en Tichri, les jours de jugement et de miséricorde, l’homme revient vers Hachem, et alors il est sans tache et pur de toute faute.

Par conséquent, après tout cela, l’homme risque d’en arriver à s’enorgueillir en se disant : « J’ai tout réparé et maintenant je suis parfait. » Et ainsi, il risque de retomber de tous les niveaux qu’il a acquis.

C’est pourquoi, comme Hachem a pitié de nous, Il nous a ordonné justement à ce moment-là de construire une souka, de sortir de nouveau de la maison vers la souka et de s’abriter à l’ombre de Ses ailes, car la souka est l’ombre de la foi (Zohar III 103a), pour qu’ainsi la foi grandisse de nouveau dans le cœur de l’homme, et qu’il ne succombe plus aux épreuves. De plus, à la fête de Soukot le Saint béni soit-Il vient rendre visite à l’homme dans sa souka avec les sept bergers saints et fidèles, les ouchpizin. Tout cela pourquoi ? Pour que ces ouchpizin épanchent une profusion de bénédiction et de réussite sur l’homme, et ainsi il pourra surmonter toutes les épreuves qui l’assaillent. De plus, les ouchpizin se tiennent aux côtés de l’homme non seulement pendant la fête de Soukot, mais pendant tous les jours de l’année, pour l’aider à se renforcer dans la Torah, les mitsvot et le travail sur soi. En réfléchissant, nous verrons que la présence des sept ouchpizin est un signe de Hachem que toutes nos fautes ont été pardonnées en Tichri. Cela ressemble à un homme qui a beaucoup fauté contre son ami. Mais ensuite, il lui demande pardon. Comment saura-t-il si son ami lui a vraiment pardonné de tout son cœur ? Si cet ami vient chez lui en amenant de beaux cadeaux, alors il saura que sa faute a vraiment été pardonnée. Il en va de même pour le Saint béni soit-Il. A Soukot, nous invitons dans la souka les sept ouchpizin, et effectivement le Saint béni soit-Il arrive dans notre petite souka. Il nous montre ainsi clairement qu’il nous a vraiment pardonné tous nos péchés à Roch Hachana et à Yom Kippour. De plus, Hachem nous donne aussi un beau cadeau, qui est la foi, pour que nous continuions à croire en lui éternellement. Nous savons ainsi que toutes nos fautes ont été pardonnées. Et on peut ajouter à cela une allusion : le mot ikhaper (« sera expié ») a la même valeur numérique que le mot chaï (« cadeau »), à savoir 310, car par le fait même de l’expiation, Hachem nous donne un cadeau.

Mais nous aussi de notre côté nous devons apprécier les cadeaux que Hachem nous accorde. Nous devons nous renforcer dans la foi, la crainte du Ciel et la Torah, pour que nous soyons des ustensiles dignes de recevoir les présents. Donc de notre côté nous construisons la souka. Et non seulement nous la construisons, mais immédiatement dès la fin de Yom Kippour nous plantons les piquets de la souka, comme il est écrit dans la halakhah (Rema Ora’h ‘Haïm 624, 5), c’est-à-dire qu’immédiatement après le pardon de nos fautes, nous voulons être de bons ustensiles pour recevoir les influences positives de Hachem, c’est pourquoi nous commençons immédiatement à construire la souka, ce qui prouve que nous sommes reconnaissants à Hachem de tout le bien qu’Il nous fait à chaque instant. De ce qu’il nous a pardonnés, et de ce que nous voulions nous rapprocher de Lui de plus en plus. C’est pourquoi immédiatement dès que tout le mal nous a quitté à Yom Kippour, nous commençons tout de suite à construire la souka, pour que le Satan ne puisse plus entrer en nous et s’y établir, mais pour remplir tout notre corps et notre âme uniquement de mitsvot, uniquement de foi en Lui avec amour. Et si nous nous conduisons effectivement ainsi, nous montrons par là notre amour total envers Hachem et Ses mitsvot.

HISTOIRE VECUE

Les etroguim sculptés qui ont sauvé les juifs de Varsovie grâce au conseil du ‘Hidouchei HaRim

Cette année-là, il y avait une atmosphère soucieuse et triste chez les juifs de Varsovie. L’absence d’etroguim casher pour la fête de Soukot qui approchait pesait sur leur joie de vivre.

En Pologne, comme on le sait, il ne pousse pas d’etroguim. Les marchands d’etroguim avaient l’habitude d’importer tous les ans des etroguim magnifiques et cashers des pays chauds. Ce n’était pas facile, et ils étaient particulièrement chers. Mais l’amour pour la mitsva repoussait toutes considérations, financières ou autres, et quiconque en avait les moyens faisait de grands efforts pour acheter un bel etrog pour la fête de Soukot.

Cette année-là, le temps était particulièrement mauvais, et rendait très difficile la culture des etroguim, qui sont sensibles par nature aux variations du climat. Ce qui provoqua naturellement une récolte particulièrement peu abondante, et dans la Varsovie juive, il n’y avait pas un seul etrog casher pour faire la bénédiction.

Dans les prières de Roch Hachana, les habitants de Varsovie supplièrent le Tout-Puissant de voir leur douleur et de leur faire trouver un bel etrog, avec lequel ils pourraient accomplir la mitsva des quatre espèces comme il se doit. Et dans leur cœur, ils croyaient que le Saint béni soit-Il ne laisserait certainement pas leur grande ville sans etrog pour la mitsva des quatre espèces.

Effectivement, moins d’une semaine avant la fête de Soukot, une réjouissante nouvelle traversa la ville comme un éclair. Un marchand grec était arrivé sur la Vistule dans un bateau chargé de beaux etroguim. Au bout de très peu de temps, une foule de juifs, vieux et jeunes, se pressa en courant vers les berges du fleuve, en regardant les yeux brillants les étals chargés des etroguim tant convoités.

Mais le rusé marchand grec s’aperçut immédiatement de la grande valeur de sa marchandise, et d’une voix fière il ordonna à la foule de s’écarter des étals et de venir choisir les etroguim par petits groupes, pour qu’il puisse dominer la situation.

La foule, dont les yeux brillaient de bonheur à la vue des etroguim superbes qu’elle désirait si ardemment, était prête à faire tout ce qu’on lui ordonnerait, à condition d’avoir un etrog pour la fête, car ce n’est pas une petite chose.

Cette joie ne dura pas longtemps. Le premier groupe d’acheteurs revint en ville avec une grande déception. « Le marchand est devenu fou », murmuraient-ils avec stupéfaction. Apparemment, le rusé marchand avait exigé pour chaque etrog une somme colossale, qui valait le prix d’une centaine d’etroguim magnifiques de l’année précédente.

Toutes les tentatives de le convaincre de la part des dirigeants de la communauté juive ne servirent à rien, et même quand ils le menacèrent de ne pas lui acheter un seul etrog, s’il ne baissait pas ses prix, il ne s’amadoua pas. D’après le regard affamé qu’il avait vu dans les yeux, il estimait qu’en fin de compte, il pourrait effectivement obtenir la somme qu’il demandait pour ses etroguim.

A présent, les dirigeants de la communauté se trouvaient devant un dilemme : fallait-il acheter quelques etroguim avec l’argent du public, pour les mitsvot de toute la communauté, malgré leur prix exorbitant, ou valait-il mieux faire pression sur le marchand jusqu’à ce qu’il baisse ses prix ? Ils exposèrent leurs hésitations à l’auteur de ‘Hidouchei HaRim de Gour zatsal, qui se trouvait alors à Varsovie, et qui était connu pour sa grande perspicacité.

Le Rav écouta attentivement les dirigeants de la communauté, en s’intéressant à chaque détail. Ensuite il resta quelques instants à réfléchir, et à la fin il demanda à son fidèle serviteur de lui appeler Rabbi Na’houm et Rabbi Avraham Yéchaya, deux marchands d’etroguim connus dans la ville, car il voulait discuter de la situation avec eux.

Le serviteur obéit au Rav, et les deux marchands d’etroguim arrivèrent rapidement chez lui. Au bout d’un moment chez le Rav, on vit les deux marchands en sortir avec un sourire mystérieux et plein de sous-entendus sur les lèvres. Quand on leur demanda ce que leur avait dit le Rav, ils ne répondirent absolument rien.

Le matin de la veille de la fête de Soukot, une rumeur parcourut de nouveau les rues de la ville, selon laquelle un grand chargement d’etroguim était arrivé dans les boutiques des deux vendeurs d’etroguim, Rabbi Na’houm et Rabbi Avraham Yéchaya, et qu’à telle heure ils ouvriraient leur boutique et fourniraient des etroguim en abondance à tous ceux qui en voulaient.

Les habitants de la ville étaient stupéfaits, et sans pouvoir se contenir, ils se rassemblèrent autour des boutiques des vendeurs d’etroguim, quelque deux heures avant l’ouverture. Effectivement, par la fenêtre vitrée, on voyait de grandes caisses qui reposaient sur des couches de lin, où apparaissaient de beaux etroguim jaunes.

Parmi la foule qui se rassembla à l’entrée des boutiques apparut aussi le marchand grec, qui avait aussi entendu la rumeur, et qui se dépêchait de venir vérifier si elle avait la moindre vérité. Quand il vit les montagnes de caisses par les fenêtres vitrées, il pâlit comme de la craie. Il savait que dans peu de temps, sa marchandise n’aurait plus aucune valeur. Son cœur battait de n’avoir pas eu l’habileté de baisser un peu ses prix, ce qui lui aurait valu une fortune. Quel dommage !

Immédiatement, le marchand grec annonça que celui qui se dépêcherait d’acheter un etrog chez lui dans l’heure qui venait, avant l’ouverture des boutiques des marchands juifs, pourrait le faire à un prix symbolique. Le prix qu’il fixa était effectivement ridiculement bas.

Rapidement, des centaines de personnes se rassemblèrent autour de l’étal du Grec, qui cette fois-ci ne fit plus de manières, car tout ce qu’il désirait était de se débarrasser de sa marchandise le plus rapidement possible.

C’est seulement quand le dernier juif de Varsovie termina d’acheter son bel etrog que le marchand s’en alla tristement. La grande intelligence du ‘Hidouchei HaRim s’était manifestée : les beaux etroguim qui l’on voyait par la fenêtre des deux marchands juifs n’étaient que des etroguim en bois soigneusement sculptés et peints en jaune…

LES PAROLES DES SAGES

Il n’y a rien de plus urgent

Dans quelques jours, nous allons tous danser ensemble autour des sifrei Torah le jour de Sim’hat Torah. Et en vérité, la joie est grande. Le Zohar (I 92a) se répand en louanges sur ceux qui étudient la Torah, s’accrochent à l’arbre de la vie et méritent de grands bienfaits. Voici ce qu’il dit : « Quand quelqu’un est attaché à la Torah, sa vie tourne autour d’un seul point central : la Torah. Rien ne peut l’en détacher, et il n’a rien d’autre qu’elle, qui est sa vie et la longueur de ses jours. »

Un jour, au cours d’une réunion du Conseil du Grand Rabbinat, le gaon Rabbi Israël Gustman zatsal, auteur de « Netsa’h Israël », a téléphoné aux bureaux du rabbinat à Heikhal Chelomo en demandant à parler avec le Grand Rabbin Rabbi Avraham Shapira zatsal. La secrétaire s’est excusée en disant qu’une réunion du Conseil du Grand Rabbinat était en cours, et qu’il était impossible de parler au Grand Rabbin en ce moment. Mais le Rav Gustman a répondu : « Dites au Rav Shapira que le Rav Gustman a besoin de lui de toute urgence ! » La secrétaire a pris peur et a transmis le message à la salle de conférence. Quand le Rav Shapira l’a reçu, il est sorti rapidement pour parler avec le Rav Gustman et savoir ce qui s’était passé. Le Rav Gustman, s’apercevant que le Rav était en ligne, lui a dit : « Rabbi Avrom, dans la conversation que nous avons eue, nous avions du mal à comprendre ce que dit Rachi, et maintenant une interprétation claire de ses paroles m’est venue à l’esprit. » Il s’est alors mis à exposer son idée. Le Rav Shapira l’a écouté jusqu’au bout, puis a exposé des objections et tenté de démolir son idée. Le Rav Gustman expliquait sa conception, lui en exprimait une autre, et ainsi de suite, ces deux grandes figures étaient plongées dans le monde différent de l’étude, qui était leur vrai monde, oubliant tout ce qui les entourait.

Après la fin de la conversation, le Rav Shapira est rentré dans la salle de réunion en s’excusant de son retard, et alors il a raconté aux participants ce qui était arrivé : le Rav Gustman l’avait appelé en urgence, la secrétaire lui avait dit que c’était extrêmement urgent, et qu’est-ce qui était si urgent ? Il avait du mal à comprendre certains propos de Rachi et ne pouvait pas continuer à étudier, en ce moment c’était pour lui la chose la plus urgente et la plus importante du monde, c’est pourquoi il avait dit à la secrétaire que c’était urgent. Qu’est-ce que vous en pensez ? Il avait raison ! C’était vraiment la chose la plus urgente du monde de comprendre ce que dit Rachi afin de pouvoir continuer à étudier. C’est cela un véritable gaon, il voit les choses avec urgence. Il n’a rien d’autre au monde que son étude, qui est ce qu’il y a de plus urgent et de plus important au monde.

Son élève Rabbi Yitz’hak Dadoun parle de ce comportement dans son livre « Roch Devarkha » : « Notre maître faisait lui-même ce qu’il conseillait. Un jour est arrivé à Heikhal Chelomo un groupe de rabbanim et de dayanim importants qui ont attendu qu’il les reçoive. Et voilà qu’est venu en même temps qu’eux un jeune homme d’une yéchiva avec à la main une Guemara dans laquelle il était plongé. Ce garçon avait rencontré une difficulté dans l’étude, et il était venu demander une explication à notre maître. Quand ce dernier a vu un élève de yéchiva dans la queue, il l’a appelé et lui a demandé ce qu’il voulait. Quand le garçon lui a raconté la raison de sa venue, qu’il avait du mal à comprendre une certaine souguia et était venu lui en demander l’explication, il lui a dit : « Tu es le premier, la Torah passe avant tout ! »

Dans le même ordre d’idées, le Rav David Samson chelita, Roch Yéchiva de « Lekh Lekha » à Jérusalem, a raconté : « Pendant une session d’étude à la yéchiva, moi et ma ‘havrouta, le Rav Pessa’h Yaffé zatsal, avions du mal à comprendre un problème difficile dans ce que disent les Tossefot, et nous n’arrivions pas à trouver de solution. Après plusieurs tentatives, j’ai décidé que c’était une bonne occasion d’aller chez le Roch Yéchiva zatsal pour lui demander de nous aider, et ainsi ma ‘havrouta, qui n’était pas aussi proche de lui que moi, pourrait également le connaître. Nous sommes arrivés chez le Roch Yéchiva, nous avons frappé légèrement à la porte, la rabbanit a ouvert, et quand elle nous a vus, elle a dit que le Rav se trouvait dans une réunion importante et que nous devrions attendre jusqu’à ce qu’il ait terminé.

Le Roch Yéchiva avait réuni chez lui plusieurs représentants importants de la communauté, avec qui il discutait d’affaires d’intérêt public. Et tout à coup, au milieu de la discussion qui se déroulait dans sa chambre, il est sorti pour une raison quelconque, et à sa surprise, nous a vus en train d’attendre. Il s’est arrêté à côté de nous et nous a demandé ce que nous voulions. Nous lui avons dit que ce n’était pas important, puisqu’il avait une réunion, et que nous attendrions jusqu’à ce qu’il soit libre. Mais le Roch Yéchiva a insisté, il voulait savoir pourquoi nous étions venus. Alors nous lui avons raconté que nous avions un problème dans Tossefot que nous n’arrivions pas à résoudre. Il nous a bien regardés et nous a dit sur un ton de reproche : « Ce n’est pas important ? C’est la chose la plus importante et la plus urgente ! S’il y a un problème et qu’on ne trouve pas de solution, il n’y a rien de plus urgent que cela ! »

Il a voulu entendre immédiatement ce qui nous posait problème, et alors que ses invités importants l’attendaient dans sa chambre, lui était assis avec nous en train de discuter et de proposer des solutions. Après une longue discussion, il nous a donné une réponse à notre problème, et avant de se séparer de nous, il nous a dit : cette solution ne vaut que pour que vous puissiez dormir cette nuit, mais d’ici demain j’espère en avoir trouvé une meilleure…

C’est en fait l’amour de la Torah qui palpite dans le cœur de ceux qui l’étudient. Le Rav Yossef Binyamin ben Ya'akov raconte encore que le Roch Yéchiva zatsal lui avait dit que quand on vient parler de Torah avec lui, cela renforce vraiment sa santé et il se sent revivre. Un jour, quand ils sont venus parler de Torah avec lui, il a dit à ses élèves : « Merci beaucoup d’être venus, j’avais un fort mal de tête, et maintenant grâce à vous il est parti. »

GARDE TA LANGUE

Les journaux

A cause de nos nombreuses fautes, le mauvais penchant, qui est le Satan, a trouvé une nouvelle ruse pour faire fauter nos frères juifs par la moquerie, provoquant ainsi le départ de l’influence divine dans le monde. J’ai nommé la lecture de journaux, qui s’est beaucoup répandue à notre époque. Ils sont remplis de moquerie et de lachon hara, de médisance, de dissensions et de paroles impies et mécréantes. Et s’il n’y avait personne pour les lire, on ne les imprimerait pas. Personne ne s’aperçoit que tout le monde devra en répondre, au moment de rendre des comptes devant le Roi des rois, le Saint, béni soit-Il.

Il s’agit aussi bien de ceux qui les impriment, de ceux qui les vendent ou de ceux qui les lisent : pour beaucoup de nos frères juifs c’est devenu quelque chose d’absolument indispensable, au point qu’il est impossible de vivre un seul jour sans journal, que l’on perd des heures à lire.

(Les lettres du ‘Hafets ‘Haïm)

A LA LUMIERE DE LA PARACHAH

Extrait de l’enseignement du gaon et tsadik Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita

En nous attachant à la Torah, nous aspirons à servir D.

Le jour de Chemini Atséret est appelé « Sim’hat Torah (la joie de la Torah) », car en ce jour nous achevons la lecture du rouleau de la Torah. J’aimerais expliquer joliment pourquoi nos Sages ont institué de conclure la lecture de la Torah justement ce jour-là, après toutes les fêtes et les jours redoutables.

Nous savons que le chiffre « sept » représente tout ce qui est naturel, tandis que le chiffre « huit » se réfère aux phénomènes qui dépassent la nature. En effet, Hachem a créé le monde en sept jours, et tout dans cet univers correspond au chiffre « sept » : les sept planètes, les sept midot, les sept jours de la semaine…

Mais puisque le chiffre « huit » représente ce qui est au-delà de la nature, la fête de Chemini Atseret fait allusion à ce qui précédait la Création du monde, lorsqu’il n’y avait que D. et la Torah. C’est donc le meilleur moment pour se réjouir avec celle-ci.

Plus encore, penchons-nous sur l’interprétation citée par Rachi et par le midrach dans la Aggada : pendant les fêtes de Soukot, les bnei Israël offraient en sacrifice soixante-dix taureaux, correspondant aux soixante-dix nations du monde. Alors qu’ils s’apprêtaient à clôturer la fête, D. leur a demandé : « S’il-vous plaît, accordez-Moi un petit repas. Restez encore un peu avec Moi. » Il a employé un langage d’affection, à l’image d’un père qui dirait à ses enfants sur le point de le quitter : « Il m’est difficile de me séparer de vous, restez avec moi encore un jour etc. »

Ainsi, nous devons tous avoir la nostalgie des jours de fête passés, éprouver du mal à nous en séparer et à quitter leur sainteté, ainsi que le service divin que nous y avons accompli. Par cette nostalgie, nous prolongerons la sainteté de la fête et cette proximité avec Hachem durant toute l’année. Voici donc le but essentiel de Chemini Atséret : ressentir qu’il est difficile de se séparer de D. et de quitter les jours de fête, et faire en sorte que la sainteté de ces jours-là influence le reste de l’année, et que notre lien avec Hachem subsiste aussi.

Or le seul moyen de rester influencé par cette période, de se sentir lié à notre Créateur et de faire perdurer la sainteté de la fête pendant l’année est d’étudier la Torah. En effet, en y adhérant, nous désirerons ardemment servir D. et nous rapprocher de Lui.

C’est pour cette raison que nos Sages ont institué de finir la lecture de la Torah lors du dernier jour de fête, et d’entourer cet événement d’une grande joie : ceci nous permettra d’adhérer à la Torah, de l’aimer et de prolonger la sainteté de la fête, ainsi que l’exaltation qui nous enveloppait alors en ces jours saints, pendant tout le reste de l’année.

Plus encore, c’est pour cela que l’on conclut la lecture de la Torah et qu’on la recommence juste après, justement à Chemini Atséret : pendant les fêtes et les jours saints, tous les bnei Israël ont réalisé un repentir complet, inspiré à la fois par la crainte de D. et par l’amour, et se sont engagés à réparer leurs actes pour ne plus agir que selon la voie de la Torah et la volonté divine.

Par leur grande sagesse et leur vision profonde des choses, nos Sages ont voulu que nous commencions une nouvelle vie immédiatement après les fêtes, selon notre engagement. Ils ont donc institué que la lecture de la Torah recommence à son début dès la fin des jours de fête. De plus, ces parachiot racontent la Création du monde et son renouvellement. Ainsi, nous aussi devons agir comme une nouvelle créature.

A LA SOURCE

La Torah et ceux qui la soutiennent

Le Admour de Gour, auteur de « Imrei Emet », a dit : « Le toit de la Souka fait allusion aux Sages. C’est pourquoi il doit être constitué d’un matériau auquel l’impureté ne s’attache pas et doit être une espèce végétale, car un érudit doit être absolument dépourvu de toute impureté. Mais les murs de la Souka représentent ceux qui soutiennent la Torah : ainsi, même s’ils ne sont pas parfaits et sont constitués d’un matériau qui peut devenir impur, ils restent aptes à faire partie intégrante de la Souka.

Se réjouir de la vue des quatre espèces

Rabbi Moché Bolvine a raconté qu’une fois, à Grodna, il était le seul à posséder les quatre espèces.

Bien évidemment, il allait tôt le matin les apporter au gaon Rabbi Chim’on Shkop afin qu’il puisse être le premier à les tenir ensemble pour la mitsva, avant de les donner aux autres habitants de la ville.

Mais quand tout le monde avait procédé à la mitsva, Rabbi Chim’on demandait à garder les quatre espèces chez lui afin de les poser sur sa table pendant la journée, et de se réjouir de leur vue.

Il embrassait l’etrog

Le gaon Rabbi Chemouël Chinavir a raconté au sujet de son maître Rabbi Chelomo Yéhouda Leib de Lentchna :

« Lorsqu’il réalisait la mitsva des quatre espèces, il devenait fou d’amour pour la mitsva, et embrassait l’etrog à chaque fois qu’il récitait le hallel. »

Il embrassait les lauriers

Rabbi Yitz’hak de Letsan a témoigné à propos du gaon Rabbi ‘Haïm Leib de Stevisk :

« Un homme de confiance qui a été invité dans sa souka m’a rapporté qu’il l’avait vu se lever à plusieurs reprises alors qu’il croyait que son invité dormait, pour embrasser les murs de sa souka avec un enthousiasme et un amour incroyables. De plus, il n’avait presque pas quitté la souka durant toute la fête. »

C’est cela la beauté de la souka !

Rabbi El’hanan Heilperin rapporte une anecdote que son grand-père Rabbi Chemouël Engel avait l’habitude de raconter : Une veille de Soukot, l’Admour « Divrei ‘Haïm » de Tsanz est entré dans la souka. Ses petits-enfants lui ont alors montré la beauté de leur souka, ainsi que les décorations et ornements qu’ils y avaient accroché. Mais par souci d’éducation, le Rav s’est exclamé : « Est-ce cela la beauté de la souka ? La véritable beauté réside dans le fait d’étudier le traité Souka tout en résidant dans la souka ! »

SUR LA VOIE DE NOS PERES

Les larmes qui avaient mouillé le loulav

S’asseoir à l’ombre de la souka nous élève à des sommets, bien au-dessus du sol. Cette élévation donne à chacun d’entre nous un renforcement de la crainte du Ciel et d’un service de D. pur et intègre.

Le Maguid de Jérusalem, Rabbi Shalom Schwadron zatsal, parlait à ce propos de Rabbi David Beharan zatsal, dont le nom n’est peut-être plus tellement connu aujourd’hui, mais dont quiconque le connaissait de près savait qu’il était entièrement Torah et pure crainte du Ciel, sans compter que c’était un homme de halakha de tout son corps et de toute son âme.

Cette histoire, disait le Maguid, je ne l’ai pas vue de mes yeux, mais je l’ai entendue de quelqu’un de fiable au nom de Rabbi Betsalel, qui en avait été lui-même le témoin oculaire. Voici de quoi il s’agit :

Rabbi David Beharan avait coutume de prier tous les jours tôt le matin, avec les vatikin, étant déjà debout depuis minuit en train d’étudier jusqu’au début de la prière. Parmi les fidèles qui fréquentaient régulièrement ce minyan figurait Rabbi Betsalel, qui a raconté l’histoire.

Pendant l’un des jours de ‘Hol HaMoed Soukot, quand Rabbi Betsalel arriva à la prière de Cha’harit, avant le lever du soleil, il s’apprêta à prendre les quatre espèces.

Il se prépara à dire la bénédiction, et tout à coup arrivèrent à ses oreilles des pleurs bruyants. Il lui suffit d’un regard rapide pour en identifier la source : c’était Rabbi David Beharan qui se tenait à sa place habituelle à côté du stender et qui se répandait en sanglots.

Quand Rabbi Betsalel vit Rabbi David en train de pleurer amèrement, il s’approcha immédiatement de lui et lui demanda en tremblant : « Hélas, Rabbi David ! Pourquoi Rabbi David pleure-t-il ? » Et Rabbi David répondit tout en gémissant doucement : « Les hadassim et les loulavot sont tombés de mon loulav ! Je ne m’en suis pas aperçu, et je crois que j’ai dit une bénédiction sur le loulav tout seul sans les hadassim et les aravot, donc j’ai dit une bénédiction inutile ! » termina Rabbi David en continuant à pleurer.

Rabbi Betsalel s’éloigna et laissa Rabbi David tranquille. Il n’était pas capable de rester à côté du gaon en ce moment de si grande peine pour un doute de bénédiction inutile. Mais quand il s’aperçut que Rabbi David Beharan avait repris ses esprits, et qu’il était en train d’arranger les quatre espèces en y remettant les aravot et les hadassim, et même les balançait de nouveau, il s’approcha encore de lui et lui demanda :

« Rabbi David, il y a une opinion selon laquelle on a accompli son devoir même si on a enlevé les espèces l’une après l’autre ! Donc même si les hadassim et les aravot étaient tombées, cela ne veut pas nécessairement dire que votre bénédiction était inutile. » Mais Rabbi David restait inconsolable… « Oui, mon cher Rabbi Betsalel, cette opinion existe, mais la halakha ne la suit pas ! » répondit le tsaddik…

C’est comme cela que se termina l’histoire ce jour-là, mais longtemps après, j’en ai rencontré un chapitre supplémentaire, qui comporte de quoi incarner la leçon et renforcer l’impression que doit nous laisser dans le cœur la crainte du Ciel de ce tsaddik.

C’était quelques années plus tard, quand je suis venu personnellement à la synagogue un des jours de ‘Hol HaMoed Soukot, et que j’ai trouvé Rabbi David Beharan en train de pleurer… cette fois-ci, c’est moi qui me suis approché de lui pour lui demander ce qui s’était passé, mais il m’a évité en répondant : « Il ne s’est rien passé ! »

Je l’ai supplié de me révéler pourquoi il pleurait, et alors il m’a expliqué : « Il y a quatre ans, à cette heure-ci, j’ai fait une bénédiction inutile, et c’est pour cela que je pleure ! »

J’ai noté la date intérieurement, pour vérifier l’année suivante comment Rabbi David allait se conduire. Et effectivement, l’année suivante aussi je suis arrivé à la synagogue le même jour à la même heure, et j’ai de nouveau trouvé le tsaddik à la même place et à la même heure en train de pleurer amèrement… cette fois-ci, je n’ai pas eu besoin de lui demander pourquoi il pleurait…

C’est une crainte du Ciel absolument extraordinaire !

Nous arrivons à peine à comprendre comment on peut éclater en sanglots amers quand on a eu le malheur de dire une bénédiction inutile… mais sangloter des années plus tard à cause d’un doute d’une lointaine faute passée, le même jour et à la même heure, cela dépasse complètement notre imagination, c’est sans aucun doute un exemple de crainte du Ciel d’une ampleur tout à fait exceptionnelle !

 

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