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paracha de la semaine

Lekh Lekha

27 Octobre 2012

11 Hechvan 5773

deux nerot HORAIRES DE CHABBAT

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FIN

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19:23

Lyon

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19:17

Marseille

18:20

19:17

ARCHIVES DE L'ANNEE 2002 A 2012 ARCHIVES

Qui a peur des encaisseurs d’œuvres de bienfaisance ?

(par Rabbi David Hanania Pinto Chelita)

 « Hachem a dit à Avraham : ‘Va pour toi, pars de ton pays, de ta terre natale, et de la maison de ton père, vers le pays que Je t’indiquerai.’ » (Béréchit 12, 1)

Rachi : « Va pour toi, pour ton bonheur et pour ton bien. » A première vue, une explication est nécessaire : il est évident qu’Avraham n’attendait ni récompenses ni bontés de la part du Créateur pour Lui obéir, quitter son pays et son lieu d’habitation ! En effet, on enseigne dans Avot (1, 3) « Ne soyez pas comme des serviteurs qui servent le maître dans le but de recevoir un salaire. » S’il en est ainsi, qu’a voulu signifier D. par les mots « Va pour toi, pour ton bonheur et pour ton bien » ? Ceci laisserait entendre que sans ces promesses-là, notre père Avraham n’aurait pas écouté Sa parole !

Expliquons plus profondément : Avraham savait que son rôle ici-bas consistait uniquement à servir D., devoir qui ne lui procurait que du bien. Il retirait un bonheur spirituel intense de tout ce qui était lié au service divin. Par exemple, il considérait comme un bienfait céleste et une immense bonté le fait de pouvoir accomplir des mitsvot. C’était d’ailleurs son sentiment lorsqu’il a converti de nombreux habitants de ‘Haran, et qu’il les a introduits sous les ailes de la Chekhina (Béréchit Rabba 39, 14). Ainsi, il sentait qu’on lui accordait une grande faveur en lui permettant d’amener ces personnes au repentir, et c’était cela sa jouissance et sa satisfaction.

Donc lorsque Hachem lui a ordonné de tout abandonner, et de quitter son pays pour une terre inconnue, Avraham s’est trouvé confronté à une très grande épreuve : celle de délaisser le lieu où il avait grandi et s’était élevé, où il avait étudié et enseigné. Là-bas, le nom de D. était sanctifié publiquement, et Avraham en retirait profit, bonheur, et plaisir spirituel.

C’est pourquoi Hachem l’a assuré qu’« on mène l’homme vers le chemin qu’il veut emprunter » (Makot 10b). En d’autres termes, tout comme il avait été heureux à ‘Haran que de nombreuses mitsvot se présentent à lui, de même, « vers le pays que Je t’indiquerai », il aurait l’occasion d’accomplir des mitsvot par milliers, et en serait comblé. Il s’agit en particulier de la mitsva qui consiste à parcourir quatre coudées sur la terre d’Israël (Baba Batra 100a), et qui n’était donc pas réalisable à ‘Haran. Ainsi, en constatant que de nombreuses occasions de bonnes actions s’offraient à lui, il serait à nouveau empli d’une jouissance spirituelle suprême, intense.

Tel est le sens de la phrase adressée par D. à Avraham : « Va pour toi, pour ton bonheur et pour ton bien. » En effet, en surmontant l’épreuve de « Va pour toi, pars de ton pays, de ta terre natale, vers le pays que Je t’indiquerai », il trouvera le bonheur et le bien, car la réalisation de nombreuses mitsvot lui sera possible, et il considèrera que le Ciel lui accorde ainsi un bienfait. C’est pour cette raison que nous pouvons affirmer qu’Avraham aimait les épreuves : il en a reçu dix et les a toutes surmontées (Avot 5, 3). Il y a vu l’expression d’une générosité divine et en a retiré de la satisfaction. Il en est de même du roi David, qui a dit (Psaumes 119, 71) : « C’est un avantage pour moi d’avoir connu la misère, pour mieux apprendre Tes préceptes », autrement dit : « les malheurs et les souffrances que D. m’envoie sont la preuve de Son amour pour moi. Comme nous le savons, ‘les souffrances nous sont chères’. » Le roi David réagit complètement à l’inverse de ceux qui rejettent le joug de la royauté divine dès qu’ils sont confrontés à certaines épreuves ou souffrances. Ces derniers se rebiffent contre Hachem à l’occasion de chaque contrariété, sans se rendre compte qu’ils sont en réalité l’objet d’une grande générosité : en effet, D. leur envoie des souffrances en ce monde-ci afin qu’ils puissent mériter la vie éternelle dans le monde à venir.

Les exemples dans ce domaine ne manquent pas : ceux qui se révoltent contre les vicissitudes de la vie sont les mêmes qui fuient les encaisseurs d’œuvres de bienfaisance comme la peste ! Ils leur ferment la porte, et les considèrent comme des anges malfaisants venus détruire leur richesse. Au lieu de cela, ils pourraient voir en eux l’expression d’une immense bonté divine qui leur permet de faire de la charité qui, elle-même, a justement le pouvoir de les sauver, comme il est dit (Proverbes 10, 2) : « La tsedaka sauve de la mort. » Ils pourraient également comprendre qu’ils ont le mérite d’être associés à D. en agissant avec générosité envers les nécessiteux. Enfin, même s’ils donnent l’aumône, ils ne se sentent pas privilégiés par le Ciel d’avoir pu s’associer au soutien de telle institution par exemple, mais se considèrent plutôt lésés et exploités.

Par exemple, lorsqu’un commerçant est en route pour ouvrir son magasin, et qu’on lui demande justement de venir compléter un minyan à la synagogue, il se sent parfois lésé, exploité, et contrarié de s’être vu « proposer » cette mitsva précisément à ce moment-là. Au lieu de cela, il devrait être heureux d’avoir mérité de pouvoir accomplir une mitsva si importante.

Mais l’attitude d’Avraham était différente, et il a gravé son comportement chez ses descendants pour toutes les générations. Il nous enseigne que si on nous dit : « Va pour toi, pars de ton pays (artsekha) », si certaines circonstances nous mènent à nous éloigner de la matérialité (artsiout), des futilités de ce monde et de ses plaisirs pour aller vers un autre endroit, un lieu de spiritualité où l’on pourra davantage étudier la Torah, il faut savoir apprécier cette chance. En effet, elle est la preuve d’une bonté infinie de D qui nous propulse pour nous permettre d’accomplir cette grande mitsva qu’est l’étude de la Torah.

Ainsi, si nous sommes sollicités pour apporter une quelconque aide, nous devons considérer qu’il s’agit d’un grand mérite venu du Ciel. Sachons que la richesse n’appartient qu’à D, et que c’est Lui qui nous octroie le mérite d’accomplir cette action extraordinaire de soutenir les pauvres, les bnei Torah, et les nécessiteux. Aussi, si une mitsva se présente à nous précisément sur le chemin de notre travail, ne nous sentons ni lésés ni exploités… réjouissons-nous plutôt d’avoir été choisis par le Ciel pour réaliser des mitsvot ! Voilà l’enseignement qu’Avraham a légué à toutes les générations.

LES HOMMES DE FOI

Récits sur les tsaddikim de la famille Pinto

Je te promets

Au cours des années qui ont précédé la Deuxième guerre mondiale, l’antisémitisme commençait déjà à lever la tête et à distiller son venin dans le monde entier. Les gouvernements édictèrent diverses lois dont tout le but était de limiter la liberté de mouvement des juifs. L’une de ces lois était que celui qui possédait de l’argent en devises étrangères était immédiatement arrêté.

Reb Avraham Moyal possédait à l’époque une grosse somme d’argent en devises étrangères, et il allait de soi qu’il avait très peur.

A l’un de ses voyages pour rentrer au Maroc, il avait des sacs remplis d’argent étranger. Et voici qu’en chemin, la police se mit à le suivre, et de peur, il pria que par le mérite de Rabbi ‘Haïm Pinto il puisse lui échapper.

Les policiers fouillèrent toutes ses affaires, ils palpèrent également les sacs remplis de devises, mais ils ne sentirent rien, exactement comme il est dit dans le verset : « ils ont des yeux mais ne voient pas »…

Il a raconté à notre maître Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita qu’en arrivant à Mogador, il avait rencontré Rabbi ‘Haïm Pinto, qui lui avait dit : « Tu as prié par le mérite de mes ancêtres, et le tsaddik t’a sauvé de leurs mains. »

LES PAROLES DES SAGES

Ra’hel protège ses enfants

Histoire extraordinaire à l’occasion de la hilloula de Ra’hel Iménou

Cette histoire s’est déroulée à la fin de ‘Hanouka. Le Rav Mordekhaï Eliahou avait eu droit à sa première sortie de l’hôpital. Chaque jour, il sortait pour quelques heures, et revenait le soir pour la suite des soins, jusqu’à la fin de son traitement. Pendant les trois derniers jours, lorsqu’il quittait l’hôpital, il demandait à se rendre sur le tombeau de Ra’hel Imeinou. Il y priait, puis nous retournions à l’hôpital. Nous ne savions pas pourquoi, mais telle était sa demande, et nous l’avons respectée.

Vers la fin de la fête de ‘Hanouka, l’opération « Plomb durci » a démarré, et à l’issue de cette opération, des informations récurrentes parvenaient : des soldats avaient rencontré à divers endroits une femme qui leur avait indiqué des terrains piégés où il ne fallait pas s’aventurer. Elle avait prétendu être « Ra’hel Imeinou ». Cela semble très irréel ! Ra’hel, décédée depuis des milliers d’années, apparaît soudainement ?

Nous avons mené des investigations, et il s’est avéré que ces informations cachaient des hommes. Pas un, pas deux. Pas des hommes rêveurs susceptibles de confondre l’imaginaire et le réel. Des officiers responsables. Des soldats combattants. Des hommes qui distinguent bien la réalité de l’illusion.

Une des histoires se trouve ici, devant vous, racontée par David Ezra, père d’un soldat de l’unité des parachutistes :

Le chef a demandé d’entrer dans l’un des bâtiments pour le nettoyer. Nous savions que ces immeubles risquaient d’être piégés. Les terroristes s’étaient longuement préparés à notre venue, et avaient prévu des embuscades. Leur principal objectif était d’attraper un soldat vivant et d’en faire un prisonnier de guerre, un Guilad Shalit numéro deux.

Nous progressions lentement, mais sûrement. Nous nous méfiions des endroits qui risquaient d’être piégés, mais nous ne pouvions pas cesser d’avancer. Nous rentrions dans les maisons avec une grande protection, les nettoyions et poursuivions notre mission.

Un jour, nous avons reçu l’ordre d’entrer dans une des maisons abandonnées. Nous avons suivi la procédure habituelle : un coup frappé à la porte, puis la préparation à une explosion. Mais soudain, une femme est apparue derrière nous et nous a dit en hébreu : « N’entrez pas. C’est piégé. »

Nous ne savions pas qui elle était, mais elle nous a fait bonne impression. « N’entrez pas par là », a-t-elle dit en pointant du doigt la porte à laquelle nous avions frappé, « Entrez de l’autre côté. » Je ne sais pas pourquoi nous l’avons écoutée, peut-être parce qu’elle nous parlait avec amour et compassion. Nous avons suivi son conseil. La maison était vide, mais piégée : si nous étions entrés par la première porte, comme nous le voulions, nous aurions pu être blessés, et peut-être même tués.

Dans l’agitation de la guerre, nous n’avions pas le temps de poser de questions superflues : qui était cette femme ? Peut-être une juive mariée à un arabe ? Où peut-être est-elle mariée à un complice ? Nous avons donc continué à passer au peigne fin une maison après l’autre, et soudain nous l’avons à nouveau aperçue. Elle nous faisait signe : « N’entrez pas par là ! Passez de l’autre côté ! »

Cette fois, nous avons veillé à suivre sa recommandation, mais nous n’avons pas raté l’occasion de la questionner : « Qui êtes-vous ? »

« Ra’hel, votre mère », nous a-t-elle répondu avec un sourire rayonnant. « Ne vous inquiétez pas, je suis toujours avec vous », a-t-elle dit, avant de se retourner et de disparaître.

Lorsqu’ils ont demandé au Rav si cette histoire était plausible, il s’est exclamé « Evidemment ! » et il a ajouté que le Rav Yéhouda Pétayia avait à l’époque prié sur le tombeau de Ra’hel, accompagné d’un quorum de dix kabbalistes, pour arrêter les armées de Rommel.

Rommel était un officier militaire nazi qui avait conquis avec ses soldats les pays d’Afrique du nord et progressait vers l’Egypte. Rien ni personne ne pouvait l’arrêter. A cette époque-là, l’armée britannique reculait sur plusieurs fronts face aux allemands. Rommel se tenait déjà à l’entrée de la terre d’Israël, avec pour objectif de conquérir la localité juive et de la soumettre aux redoutables lois racistes d’Hitler.

Alors qu’ils priaient sur les tombes de Ra’hel et de Rabbi Ya’akov Abou’hatseira à Damenhour pour stopper ce projet d’extermination, Rav Pétayia a vu Ra’hel prier avec eux, réellement ! Il avait dit à ses compagnons : « Je vois Ra’hel prier avec nous, en direction du caveau de Makhpéla. » Il était le seul à la voir, mais ils ont tous ressenti sa présence.

Rav Eliahou a ajouté : « J’étais sur le tombeau de Ra’hel il y a quelques jours, et je lui ai dit : ‘Tes enfants partent à présent en guerre, va les aider. Ce sont tes fils !’ »

Certains demandent : Est-il possible que Ra’hel se dévoile de nos jours ? Est-il possible qu’elle se révèle à tant de soldats à la fois ? Comment peut-on faire un bond de tant de millénaires depuis son époque jusqu’à nos jours ? Le prophète Yirmiyah voit Ra’hel lors de l’exil du premier Temple. Deux mille ans après sa disparition, il la voit pleurer ses enfants (31, 14) : « Ainsi parle le Seigneur : ‘Une voix retentit dans Rama, une voix plaintive, d’amers sanglots. C’est Ra’hel qui pleure ses enfants, qui ne veut pas se laisser consoler de ses fils perdus !’ » La vision d’Yirmiyah n’est pas un leurre. Il voit une prière authentique de Ra’hel. Une prière que D. écoute, et à laquelle Il répond : « Or, dit Hachem, que ta voix cesse de gémir et tes yeux de pleurer, car il y aura une compensation à tes efforts, dit Hachem, ils reviendront du pays de l’ennemi. Oui, il y a de l’espoir pour ton avenir, dit Hachem : tes enfants rentreront dans leur domaine. » C’est une promesse qui se réalise de nos jours. Elle se concrétise par l’intermédiaire de ces soldats. Comment donc Ra’hel ne serait-elle pas présente ?

Les soldats qui ont « vu » Ra’hel ont vécu une expérience authentique. Dans la réalité des soldats qui se sacrifient pour leur peuple, cela peut se produire. Au moment d’un tel dévouement, lorsque le soldat se trouve intégralement avec le peuple d’Israël, cela arrive ! Il aurait été surprenant que Ra’hel ne soit pas là pour aider ses enfants ! (« Avihem Chel Israël »)

GARDE TA LANGUE

Faire mériter la collectivité

Quiconque a fauté jusqu’à présent, a poussé les autres à la transgression dans ce domaine et veut maintenant se repentir, suivra le conseil de nos Sages : « Les tsaddikim se repentent avec le même élément par lequel ils ont fauté. » Ainsi, il devra tout d’abord s’habituer à s’éloigner des groupes et assemblées de personnes, même si cela contrarie sa nature. Comme l’écrit le Chla, il y est fait allusion dans le verset « Tu n’iras pas colportant, parmi ton peuple. » De plus, il veillera à faire mériter le public par sa parole, en les réprimandant, en les poussant vers la Torah et les mitsvot, et en installant la paix entre les hommes.

(« Cha’ar Hazekhira »)

A LA LUMIERE DE LA PARACHAH

Extrait de l’enseignement du gaon et tsadik Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita

« Et Hachem dit à Avram : va, quitte ton pays, ta ville natale et la maison de ton père, vers le pays que Je te montrerai » (Béréchit 12, 1)

Pourquoi le Saint, béni soit-Il a-t-Il ordonné à Avram de quitter son pays et sa ville natale ? Peut-être dira-t-on que c’est pour pouvoir connaître Hachem et accomplir Ses mitsvot, mais c’est impossible, car nos Sages ont dit (Béréchit Rabba, 39, 14) qu’Avraham convertissait les hommes et Sara convertissait les femmes, par conséquent ils accomplissaient toute la Torah même lorsqu’ils étaient encore à ‘Haran. S’ils faisaient des convertis, lui et sa femme, c’est nécessairement qu’ils accomplissaient eux-mêmes la Torah et les mitsvot. Il est évident que ce n’est pas pour cela que D. lui a dit de quitter son pays et sa ville natale, mais parce qu’Il a voulu lui montrer qu’il est impossible à l’homme d’osciller entre deux attitudes. Etant donné qu’il avait reconnu que c’est D. et non des idoles Qui est le maître du monde, il devait immédiatement se séparer totalement de l’idolâtrie, quitter le pays où on la pratiquait et aller en Terre sainte.

Avraham savait qu’il y avait dans le pays de Canaan plus de sainteté que dans tout autre, comme l’écrit le Ramban (Béréchit 12, 1) : Avraham savait que le pays de Canaan était l’héritage de Hachem, c’est pourquoi D. lui a dit dès qu’il a reconnu qu’Il était le maître du monde : sors de ton pays, de ta ville natale et de la maison de ton père, fais attention à ne pas rester dans un pays où il n’y a pas de sainteté, et dès que tu seras rentré en Erets Israël, tu Me percevras encore mieux.

Comme l’ont dit nos Sages (Ketoubot 110b) : « On doit toujours habiter en Erets Israël, même dans une ville où la plupart des gens sont idolâtres, et non en dehors, même dans une ville à majorité juive, car quiconque vit en Erets Israël est semblable à quelqu’un qui a un D., et quiconque vit ailleurs est semblable à quelqu’un qui n’a pas de D. » Et comme Avraham avait quitté ce pays idolâtre, c’était une démarche pour son bien et son agrément, car tout son désir était de connaître son Créateur de mieux en mieux.

A LA SOURCE

« Tu seras bénédiction »

Rachi : quand on dira « D. d’Avraham ».

Dans le traité Chabbat (55, 1), il est dit que le mérite des Patriarches est épuisé depuis longtemps, la seule question étant de savoir depuis quand exactement. Les « Tossefot » objectent que tous les jours, nous évoquons dans la prière le mérite des Patriarches, « D. d’Avraham, D. d’Yitz’hak et D. de Ya'akov, Qui Se souvient de la générosité des Patriarches ». Comment peut-on dire dans ce cas que leur mérite s’est épuisé ?

Le gaon Rabbi Israël Salanter a expliqué qu’il y a deux aspects dans le mérite des patriarches, l’un qui découle des actions d’un homme, pour lui et sa descendance après lui. Un tel mérite a joué en notre faveur depuis l’époque de nos ancêtres pendant de nombreuses générations et a été utilisé jusqu’au bout pour parer à nos fautes, et c’est à ce propos qu’il est dit que le mérite des Patriarches est épuisé.

Mais il y a aussi un mérite des ancêtres qui est comme une « lumière qui revient ». Cela signifie que les Patriarches sont la base et la véritable racine de toute bonne action accomplie par ceux qui sont venus après eux, dans leurs générations, et ce mérite porte constamment des fruits, sans limite et sans fin, car à chaque génération il se trouve des justes, et même les criminels d’Israël sont remplis de mitsvot comme une grenade est remplie de grains, tout cela par la force spirituelle des Patriarches. Et comme les actes des enfants ajoutent à ce mérite extraordinaire des Patriarches et l’amplifient, il se trouve sans cesse renouvelé, s’appliquant également à leurs enfants après eux.

« Fût-ce un fil ou un lacet de chaussure, je ne prendrai rien de ce qui est à toi » (14, 23) (14, 23)

Avraham n’a absolument rien pris pour lui, et il n’a même pas voulu recevoir la compensation de ses efforts. Et d’après ce qu’ont dit les Sages, que les Patriarches ont accompli les mitsvot de la Torah avant qu’elle soit donnée, il faut expliquer la raison de ce refus de prendre fût-ce la juste récompense de ses efforts, puisque cela constitue en quelque sorte un cadeau gratuit à un non-juif, ce qui est interdit par la Torah.

Le ‘Hatam Sofer explique que la poursuite en question a eu lieu, comme on le sait, la nuit de Pessa’h, à un moment où il est interdit de recevoir une contrepartie financière pour un travail qui y a été fait, car cela représente un salaire qui aurait été perçu pour un travail effectué pendant un Chabbat ou une fête. Et même s’il y a des façons permises de recevoir cette compensation, le traité Chabbat enseigne que les hommes pieux ne les utilisent pas. C’est donc pourquoi Avraham a évité de prendre quoi que ce soit, « fût-ce un fil ou un lacet de chaussure ».

« Il crut en Hachem et cela lui fut considéré comme un mérite » (15, 6)

Jusqu’où doivent aller la foi et la confiance en D. ? Le traité Méguila (18) raconte que les Sages ne savaient pas ce que signifie le verset « Décharge-toi sur D. de ton fardeau », jusqu’à ce que Rabba bar bar ‘Hana raconte qu’un jour, il était allé dans le désert avec son baluchon sur l’épaule, un paquet lourd, et il avait rencontré un Arabe qui lui avait dit : ‘Jette ton fardeau sur le dos de mon chameau », et alors il avait compris.

Et Rabbi Aharon Yossef Louria, auteur de « Avodat Pnim », explique : Les Sages hésitaient sur la signification exacte du verset, s’il est nécessaire de s’appuyer sur Hachem mais aussi de « L’aider » pour ainsi dire à porter, ou si on pouvait rejeter la totalité du fardeau sur Lui, jusqu’à ce qu’ils apprennent de l’histoire de l’Arabe qui avait dit de jeter tout le fardeau sur le dos de son chameau, qu’il n’y avait aucune nécessité d’« aider », mais qu’il fallait uniquement faire confiance à la bonté de Hachem.

La vie dans la paracha

L’enseignement de Rabbeinou ‘Haïm ben Attar, le saint Or Ha’Haïm

« Et pour Yichmaël, Je t’ai entendu » (17, 20)

Cela signifie qu’Avraham ne priait pour Yichmaël que parce qu’il était son unique descendant, mais une fois que Hachem lui avait donné une descendance de Sarah ce n’était plus le cas, alors il ne devait plus rien demander pour Yichmaël. C’est à ce propos que Hachem lui a dit : « pour Yichmaël, Je t’ai entendu », ce qui veut dire : « J’ai accepté tes paroles. » C’est comme lorsque les Sages disent (Makot 11a) : « La malédiction d’un sage s’accomplit même s’il y avait une condition qui ne s’est pas réalisée », ou encore « le bien vient en plus grande abondance que les catastrophes » (Yoma 76a).

Et d’après ce que j’ai expliqué, la prière d’Avraham pour Yichmaël était qu’il soit un juste, et Hachem lui a insinué qu’il se repentirait, quand Il lui a dit : « Oui, Je l’ai béni », Je lui ai donné la bénédiction qu’il se repente, car la bénédiction consiste à ce qu’il soit inclus dans la source de la sainteté. Il a dit au passé « Je l’ai béni », c’est ce qui se trouve en allusion dans la promesse « tu seras enterré après une bonne vieillesse », et les Sages disent qu’effectivement, il s’est repenti.

LES CEDRES DU LIBAN

Rabbi Ben Tsion ‘Hazan zatsal

Le gaon et tsaddik Rabbi Ben Tsion Mordekhaï ‘Hazan zatsal, qui a fait partie des fondateurs de la grande yéchiva Porat Yossef, comme fidèle délégué de Rabbeinou Yossef ‘Haïm, le « Ben Ich ‘Haï », est mort un 12 ‘Hechvan.

Rav Ben Tsion est né en 5637 à Bagdad. C’était le plus grand disciple du Ben Ich ‘Haï. Son nom de famille était à l’origine « Na’houm », et en arabe on l’appelait « Morad ». Le nom « ‘Hazan » lui a été donné à cause de la belle voix avec laquelle il honorait D. dans la prière et les piyoutim.

On raconte qu’un jour, quand Rabbi Ben Tsion sortait de la grande synagogue de Bagdad pour rentrer chez lui, le cheikh l’attendait sur la route et le salua, en lui disant : « D. vous a donné une belle voix, et je voudrais vous faire une bonne proposition, accompagnée d’une riche récompense. » La proposition était que le Rav serve de muezzin dans leur mosquée. Il lui décrivit en détail la « riche récompense » qui l’attendait au Paradis, après une longue vie…

Rabbi Ben Tsion fut terrifié par cette proposition inattendue, et tenta immédiatement de louvoyer en disant au cheikh : « Sachez que j’ai besoin d’avaler dix œufs par jour pour que ma voix ne s’abîme pas. »

« Cela ne pose aucun problème », répondit le cheikh, « je vous donnerai même vingt œufs, tous les jours. De plus, ajouta-t-il, le Rav recevra un salaire élevé, autant qu’il demandera. »

Rabbi Ben Tsion se hâta d’aller directement chez le Ben Ich ‘Haï pour lui raconter l’histoire. Le Rav fut également stupéfait de cette proposition et lui ordonna de réagir en se dépêchant de partir pour Erets Israël.

Cette décision du Ben Ich ‘Haï fut pour lui comme un coup de tonnerre dans un ciel sans nuages. Les parents de Rabbi Ben Tsion et toute sa famille habitaient Bagdad, et il se demandait en lui-même d’où il trouverait de quoi vivre et de quoi faire vivre sa famille. Or il faut savoir qu’à cette époque-là, il y avait peu de juifs à Jérusalem, et la plupart d’entre eux souffraient de difficultés économiques.

La solution proposée par le Ben Ich ‘Haï plut à Rabbi Ben Tsion : le Ben Ich ‘Haï devait envoyer ses écrits en Erets Israël, et Rabbi Ben Tsion les ferait imprimer et vivrait de leur vente, lui et sa famille.

Et effectivement, en 5661, il se mit en chemin en direction de la Terre sainte en passant par Aden et le Yémen. Il s’attarda en route pendant six mois entiers avant d’arriver à Jérusalem. Une fois qu’il fut dans la ville sainte, son Rav lui envoya ses écrits et il s’occupa de les faire éditer et de les vendre, ce qui lui fournit de quoi vivre.

Il n’a pas besoin de médecin

Cette année-là, le riche Yossef Avraham Chalom rencontra le gaon Rabbi Yossef ‘Haïm. Yossef Chalom voulait financer la construction d’un hôpital à Jérusalem. Il exposa ses projets au Rav et lui demanda ce qu’il en pensait.

Le Ben Ich ‘Haï l’interrompit : « Je vous conseille de fonder à Jérusalem un établissement où quiconque étudiera n’aura aucun besoin d’hôpital. Celui qui étudie la Torah avec désintéressement n’a pas besoin d’aller chez le médecin. Vous devez fonder une yéchiva où étudieront des enfants sépharades, et beaucoup d’entre eux seront les dirigeants spirituels de la génération suivante. »

Yossef Chalom accepta la proposition du Rav et mit tous ses moyens à la disposition de la construction de la yéchiva. Le représentant fidèle du Ben Ich ‘Haï à Jérusalem pour s’occuper de fonder la yéchiva était donc Rabbi Ben Tsion ‘Hazan. Rabbi Ben Tsion acquit, en face du Mur occidental, un grand terrain où fut érigée la yéchiva, qui était grande et magnifique pour l’époque.

En signe de reconnaissance envers le donateur, la yéchiva porta son nom, « Porat Yossef », et c’est la grande yéchiva qui a donné au peuple d’Israël en Erets Israël et en diaspora de multiples générations de talmidei ‘hakhamim et de grands en Torah.

 

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